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Full text of "Voyage d'un François en Italie, fait dans les années 1765 & 1766 [by J.J. Le Français de Lalande]."

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r 



VO TAGE 

ïi'UJS^ FRANÇOIS 

m ITALIE. 



10 AIE SEPTIEME. 



} 



VOYAGE 

\ UUIV FRANÇOIS 

EN ITALIE, 

ÎAIT I>ANS LES AnNÊES 

imtenam VHtJiotre & les Anecdotes lexplusSngulieref 
de firalit , f!rfa defcription; les Mœurs , les Ufages , 
ieGottvemementy te Commerce, la Littératttre y les 
ÀrtSf VHiJloire Naturelle, & les Antiquités ; avec 
desjugemens fur les Ouvrages de Peinture, Sculpittrc' 
& Architecture, & les Plans de toutes Icsgrandut 
pilUs d'Italie. 

TOME SEPTIEME. 

w\ r\ ^% .^N^%" 

xxxx 

A 'Denise. 

Et fe trouve A PARIS 
Chez Desaint , Libraire , rue du Foiflir 



M. DCC L]LIX; 



f 



.... Mi giov«rà narrar* alcrui 
Le noYuà veduce, e dir*, ia fui. 

^r. Liber. XV. iZ4. 





VO Y AGE 

EN ITALIE, 

Fait i> a n s les années 

CHAPITRE PREMIER. 

Defcripîion du Pauftlipe & de la 
route de Pouzol. . 

N 

X^ ^V^ ne pouvons mieux commen- 
cer la defcription des environs de 
Naples, que par le Paufilipe ; c'eft une 
montagne litliée le long du baffin de 
Naples , du côté du couchant ; elle 
eft ainfi appellée de ViaZtrtç riç Xvmiç , 
ce/Tarion de triftefle , nom qui répond 
très-bien à la beauté de fa fituation. 
La chofe la plus finguliere du Pau- 
Tome VIL A 



Crotte au filipe 
^''^^'' lame 



Voyage en, Italie, 
eft le chemin creufé au travers de 
montagne , fur une longueur de 4J0 
toîfes , & qu'on appelle la Gratta ; elle 
fut commencée probablement pour en ti- 
rer de la pierre & du fable , & continuée 
cour abréger le chemin de Pouzol à 
Waples , qui paffoit autrefois par-deffus 
la montagne ; le peuple dit qu'elle fut 
faîte par les enchantemens de Virgile , 
& cette fable eft même rapportée dans 
la chronique de Jean Villani. Celano dit 
-que ce furent les habitans de Cumes 
qui la creuferent , & cette ville qui fut 
en effet fi célèbre dans l'antiquité , pour- 
roit bien avoir exécuté un aufG grand 
ouvrage , pour fe faciliter le chemin de 
Naples, deNola,& celui d'une partie 
de la Campanie ; car ce genre d'ouvra- 




Chap. I. Le PauJiUque , (^e. 5 
une infcriptîon qu'y fit placer le Duc 
de Médina las Torres ; mais il eft très- 
probable que cet ouvrage eft plus an- 
cien que la domination Romaine. 

Le Viceroi Pierre de Tolède fit agran- 
dir cette grotte , qui eft aâuellement 
hrge , haute & bien percée ; elle a au 
moins yo pieds de hauteur & 30 de 
largeur^ Deux ouvertures ou foupiraux 
de la voûte y répandent un peu de 
jour, & dans le milieu il y a une cha- 
pelle dédiée à la Vierge. La direftion 
de ce percé eft telle , que vers la fin 
d'Oftobre le foleil couchant Pcclaire 
dans toute (a longueur , d'où il fuît 
qu'eWefait un angle de 18 degrés vers le 
fud avec la ligne de l'oueft , ou de 72 
degrés avec la ligne du midi , du côté 
du couchant. 

La pierre de cette grotte , auflî-bien 
que celles des grottes de Cumes , efl: 
dans certains endroits de la Pouzo- 
lane durcie ; dans d'autreê , une efpece 
de moellon tendre & d'un blanc jau- 
nâtre, dont prefque toute la montagne 
eft formée. Naples eft bâtie de cette 
pierre; celles des catacombes de Capodi 
Monte eft à peu près de même ; & fi 
elles ont eu deux milles de longueur^ 

A ij 



4 Voyage en Itajlik; 
comme on le prétend , ejles ont dû êtF^ 
auflî difficiles ^ percer qup la grotte du 
Paufilipe. Il y ^ dans la même monta- 
gne du Paufiiîpe une carrière d'où Ton 
tire encore de la pierre tendre pour les 
bâtimens du î^oi à Portici; mais la pierre 
bleuâtre que Pon tire fur le chemin de 
Pouzol pour Iç payé de Naples, & 
quelqu'autres travaux publics, pft unç 
efpecç de lave de yplcan, ( M. Gué? 
jard,p. 367,) 

Au-deffus de la grotte on voit en- 
core les reftes de l'ancien aquçduc qui 
portoit les eaux du Sçrîno à la Pifcina, 
MirabiU de Mifene , ancien réfervoic 
doiît nous aurons occafion de parler. 
TomWu 1-s TOMBEAU DE ViRqii^E eft auflî 
JçVUi^iic. fur cette colline , au-deffiis même de 




GnAP. I. LePauJîKpejÇfc. J 
fe farcophage ou l'urne cinéraire de 
Virgile , tels font Pietro di Stefano & 
Alfonfo cTEredia 5 Evêque d'Ariano. 
Depuis long-temps ce n'eft <ju'iine ma- 
fure en forme ae petite tour quarrée 
de dix à douze pieds de hauteur, & 
ouverte fur les côtés ;, comme une efpece 
de lanterne^ 

Au-deflus de Cette rtafufe , parmi 
beaucoup de ronces , de pariétaires , de 
clématites & autres herbes fauvages 9 
cftun ancien laurier dont tous leà voya- 
geurs eût parlé; Us uns difent qu'il 
cff crû de lui-même , d'auti*es qu'on 
l'a planté , & même replanté dans ce 
fiecle-cî ; quoiqu'il en foit, il en eft parlé 
dans l'infcription que fit faire le vice- 
roi Pierre d'Arragon , au-deflus de la 
grotte : 

Ëcce meas dnerés (iimulantîa Taxa corohac » ^ 

Laurus rara folo vivida Paufilipi , 
Si tumulus ruac ascerhum hic monumentaMaronû ; 

Servabic laurus lautifori cineres. 

"^«gilio Maroni flipcr hancrupcm fuperftit , cumulmo 
fpomt t vanîs lauris coronaco, fie luiic Aragon* 

C'eft ce tombeau que chantoit le Stace 
lorfqu'il s'applaudiflbit d'être à Naples. 

Maronei fedcns in margîne Templi , 

Sumo animum ac magni cumulis accanco magifttif 

A iij 



6 Voyage fiN Italie, 
Au plus haut de cette colline eft l'E- 
glife de S* Strato , qui fe préfente de 
fort loin à la vue. En defcendant du 
tombeau de Virgile on trouve la côte 
appellée Mergellina. 

Tombeau de SaNTA MaRIADEL ParTO^ 

Saaoaiar. Eglife des Servîtes; elle eft remarqua- 
ble par le tombeau de Sannazar , qui 
eft une curiofité du même genre que la 
précédente „ & fituée fur la côte ap- 
pellée Mergellina. Le Couvent fut fon- 
dé par Jacques Sanna^aro , l'un des 
modernes les plus célèbres pour la Poë- 
fie Latine , qui étoit né à Naples , & 
qui mourut en i^'^o. Il étoit Secre- 
t-aire du Roi Frédéric II , qui fut dé- 
pouillé de fon Royaume par Louis XII 
Ce Prince lui a voit de 




Chat. Ï. Le PauJiUpe , Ofe. ^ 
pr's dans la fuite que le Prince d'Oran-* 
ge avoir été tué dans un combat , il no 
put s'empêcher de dire avec une efpcce 
de fatisfaâion , que Mars avoir été le 
vengeur des Mufes : la vendetta d^Ap^ 

Ijollo ha fatto Marte^ Après la mort dtf 
Sannazar les Services , quioccupoxent foti 
EgUfe , lui firent élever un très- beau 
maufolée derrière le chœur ; il] y eft re- 
préfenxé au naturel. Deux (ïatues de 
marbre décorent Ce maufolée ; elles re- 
préfentoîent Apollon & Minerve ; mais 
un Viceroi voulant les enlever , fous^ 
préfexte que cela étoit trop peu édi-^ 
£ant dans une Eghfe , les Religieux 
firent grayer fur les piedeftaux les nomsi 
it David & de Judith^ au moyen de- 
quoi elles fe font trouvé fandifiées & hors 
de cenfure. On y voit auflî un bas- 
relief qui repréfente des Satyres , des 
Nymphes & des Tritons , pour faire 
allufion aux trois . genres de poëfier 
dans lefquels ce Poëte s'eft diftingué^ 
•Les figures font de Santa Croce , Napo-* 
j lirain , achevées cependant par Ie~Frerc 
I Ange Poggi-Bonjî , de l'Ordre des Ser- 
I vires. La difpofition générale de ce mo- 
: Hument eft aflfez bien; mais la fculp- 
r ture n'a rien qui puiffe fixer PattentionJ 

Aiv 



8 Voyage en Italie, 
des connoîffcurs,^ Le Cardinal Bembo y 
a fait mettre ce diftique où il compare 
avec raifon Sannazar & Virgile , dont 
les tombeaux font fi voHins. Le nom 
de Sinçerus ou A^^io Sincero étoit le nom 
pafloral de Sannazar. 

Da facro cineri Aorcs , hîc ille Maronî 
Sincecus Mufa ptoximus ut tumulo. 

Au-deffus du maufolée de Sannazar 
on a peint une Renommée qui U cou- 
ronne de lauriers, & un Parnafle avec 
k cheval Pëgafe; d'un côté la Pru- 
dence, de Tautre la Sageffe; plus haut 
l'on a reprefenté la Grammaire , la Rhé- 
torique , la Pbïlofophie , l'Aflronomie.. 
Il y a beaucoup d'autres peintures quL 
font toutes de Nicolas de Roflî ; le P*^ 




Chap. I. LePauJilipey &€. p 
** Fecit viRoriam^ alléluia; il faifoit 
allufîon au nom de cette Princeflfe , qui 
s'appelloit , dit-on , Vitioria Avalas. Ce 
Prélat mourut en lyjo. Il y a dans le 
Couvent près de TEglife , un cabinet oii 
Pon va pour y jouir du coup d'oeil de 
b mer , qui eft délicieux. 

En fuivant la côte on trouve un grand 
nombre de belles maîfons, entr'autres , 
une ancienne maifon delà Reine Jeanne* 
Les Vicerois & la première Noblefle de 
Naples y ont toujours eu des châteaux 
& des lieux de délices. L'endroit ap- 
pelle lo ScogliOj eft une pron(>enade très- 
fréquentée par les carroffes , les gens de 
pied 8c les gondoles qui y abordent 
de toutes parts ; c'eft-là où Pon va faire 
ks fbupers les plus agréables & les 
parties les plus intéreflantes. Le Mar- 
quis de Carpio étant Vîceroi, y donna 
des {êtes fuperbes, illuminations, feux 
d'artifices , courfes de chevaux , com- 
bats de taureaux , & mit cet endroit 
fort à la mode ; on voit encore en été , 
les lundi au matin , beaucoup de felou- 

I çues qui ramènent ceux qui ont été fou- 

! per à Paufilipe. 

Les promenades qui fe font de nuit Lumî 
au Paufilipe & dans le baffin de Na-^*^''^' 

A iv 



'to Voyage EN Itail rr,: 
f,hs , y occafionnent fouvent le fpe6fa>^ 
de de la mer lumineufe ; on a beau-^ 
coup écrit fur ce phénomène fingulier,j 
& la plupart des Phyficiens ont cru que 
cette lumière venoit d'un infeéle phof- 
phorique. Il y a véritablement dans la 
mer un infefte qui donne de la lumière j 
c'eft lé Nereis phofphorans de Linnacus , 
( Amœnitates Acaiemicœ , T, III. Dif- 
fert. 59). 

On le trouve principalement au moîs^ 
de Juin & de Juillet ; il cft blanc , 
mou y de la grofleur d'un petit grain- 
de blé; on peut l'obferver furies feuil» 
les de goefmont & fur celles dont fe 
fervent les marchands de poîflbn pour 
conferyer leurs coquillages ; car même 
au bout de deux ou trois jours on y re- 




Chaf. I. Le Paufilipe^ &c: tt 
parle dans les Mémoires de l'Acadé- 
mie pour 1750 , "page 5*7 , de même 
que LXonati , dans fon faiftoire naturelle 
de la mer AdrîaticLue , & Bartolin dans 
f^n livre de Luce animalium ; mais il 
faut bien difHnguer la lumière de ces 
infeâes de celle qui eft propre à l'eaa 
de la mer , & que l'on y apperçoit en 
tout temps , quand on l'agite avec for- 
ce ; un coup de rame fuffit pour produire 
un tourbillon de lumière , & il y a des 
temps dans les pays chauds , où l'on voit 
toute la furface de la mer briller fans 
interruption ; le fable même qu'elle a 
mouillé efl quielquefois lumineux; cela 
vient ou d'une huile phofphorique de 
k mer y ou de -la naatiere élcdrique ou 
de quelqu'autre caufe femblable. voyez 
les Mémoires préfentés à l'Académie , 
T. III. Ozanam & Beccari dans leurs 
Traités fur les phofphores. 

La pointe ou promontoire appellée 
Coroglio , qui eft vis-à-vis de l'ifle de 
de Nifida , fe fortifie ordinairement en 
temps de guerre , & il y a aftuellement 
quelques redoutes qui furent faites après* 
k départ des Anglois ; c'eft-là le pcfle* 
que le Duc de Guife attaquoit en 1 64.8 ^ 
lorfque les Efp&gnols- fe remirent e.m 

Avj) 



12 Voyage en itkLit^ , 
poffeflîon f le 7 Avril , de la ville ié 
Kaples qu'il avoit efpéré de leur enle- 
ver; cette pointe eft à quatre milles 
du port. On y fait remarquer aux 
François une maifon appelléc Pala^io 
jdelU canonnau , depuis que les vaiffeaux 
François la canonnerent, la prenant , dit- 
on , pour un fort. Un peu plus loin 
€ft Pendroit qu'on nomme Gaiola , qui 
lignifie la grotte , parce que Lucullus y 
^voit fait tailler un endroit prapre à 
prendre les bains; il y a un petit Tem- 
ple fort ancien qu'on appelle Scuola di 
Virgilio , mais que Pon croit avoir été 
un Temple de la Fortune , d'après unt 
îîîfcription ancienne trouvée près delà. 
li'Eglife de Santa Maria a Fortuna , pa- 
rQK avoir pris fonnomdu même Temple; 




Chap. I. Le Paujîlîpe , &c. 13 
On double le cap de Paufilipe quand 
on va par mer à Pouzol & à Baies , & 
1^ plupart des voyageurs le font ainfi 
dans des felouques ; cependant il eft 
néceffaire d'y aller auflî par le coté de 
la Solfatare & dû lac d'Agnano. 

Lorfqu'on veut aller à Pouzol par 
le côté de la Solfatare , on n'a qu'une 
demie- lîeue à faire au-delà de la grotte 
du Paufilipe pour arriver au lac d'A- 
gnano. L'on trouve en chemin des rui- 
nes d'anciens édifices, & l'on voit fur 
la droite la montagne des Camaldules, 
qui eft la plus haute des environs de 
Naples ; elle domine même le château 
S. Elme : on appelloît l'Eglife S. Salva- 
dore à prof petto , peut-être à caufe de 
la belle vue qu'on y a ; elle s^appelle 
aftuellement S. M. Se al a cceli , à Tocca- 
fion du fonge myftérieux de S. Ro- 
muald, fondateur des Camalduks , qui 
voyoit fes Religieux monter au ciel par 
une échelle , au fommet de laquelle 
la Sainte Vierge les recevoîN Ce Cou- 
vent eft riche ; les dehors & les jardins 
en font très- agréables. Ces Pères vivent 
dans la plus grande retraite ; il y en a 
même qui ne Tortent jamais , & qu'on 
appelle Fairi chiujî ^imis. nous avons 



%nano. 



14 VoTAffE EN ItALTE,: £,: 

déjà parlé de cet Ordre, (I.?30.J' r 

Au-deffous de cette montagne eft une r, 
carrière de pierre dure qu'on appelle à /;: 
Napks Piperno fpietra forte, comme l'on 1- 
appelle à Rome Peperino une pierre de i 
taille dont nous avons parlé. Elle fert :^ 
pour faire les portes & les fenêtres j il y ^ 
a une centaine de forçats qui y travail- 
fent , & cinquante foldats pour les gar- 
der , avec des barques pour le tranfport ■ 
de la pierre. 

Les ruines de Pancienne Agnano' 
font à peine fuffifantes pour faire juger 
qu'il y ait eu une ville dans cet en- 
droit ; mais le lac d'Agnano eft fîngu- 
Ber en ce qu'il paroît quelquefois bouil- 
lonner fur fes bords , principalement 
quand il y a beaucoup d^eau ; ce bouil* 




Chaf. r. Le PaufUpe , ôr." if 
fte foit pas un conte femblable à celui 
Au Bemora. Le plus grand danger de 
ce lac e(l celui du mauvais air en été ^ 
eaufé principalement par le chanvre 
qu^on y fait rouir; la plupart des ha- 
bitans le retirent alors vers la montagne 
des Camaldules , pour éviter la puan- 
teur & Pinfeftion, 

Sur le bord du lac d^Agnano font Etu\ 

les étuves de wS. Germain , ftufa di S. ^* ^*' 

Germano. Il-y fort de la terre une vapeur 

chaude, quî^ retenue parles bâtimens 

cju^on y a faits , fuffit pour produire 

desfoeurs abondantes & falutaires. Falco 

tn fait reloge dans fon livre , avec 

damant plus de complaifance , qu'il y 

av.#it été guéri d'une grande maladie ^ 

appellée la Sydération, efpece de pu- 

tréfadîon interne très-dangereufe. Il y 

a qaatrc chambres où Pon place les 

malades , qui la plupart fe couchent fur 

des bancs de pierre , enveloppés dans 

une couverture. La chaleur y eft de 

39 à 40 degrés fur le thermomètre de 

M. df! Réaumur , fuivant l'obfervation' 

de M*, de la Condamine , qui éprouva. 

même que fa douleur de rhumatifme y 

^toit fufpendue , (Mém^ de TAcad.. 

|our 175.7 ? p. 371 )• Il y a un endroit 



ieo, 



^1^ Voyage en Italie, 

où la vapeur eft plus condenfée , & qui 

fert pour les maux de jambes. 

On trouve dans leis trous par oh 
fort la vapeur , une matière faline , jaune 
en aiguilles , qui eft aluroineufe , & par- 
là indique affez la nature de cette ex- 
faalaifon. 
îrottcdu La Grotte du Chien eft aufîl 
près des étuves dont nous venons de 
parler, & au pied d<e la même colline ; 
fon nom de Grotta de Cani , vient fans 
doute de l'ufage immémorial où l'on 
eft de faire voir fur des chiens le dan- 
ger de cette grotte. Elle eft * creufée 
dans un terrein fablonneux , à la pro- 
fondeur de dix pieds , elle n^a que neuf 
pieds de haut à l'entrée, & beaucoup 
moins dans le fond, fur environ quatre 
ieds de la 




Chap. I. Le Paujîlipè , Grc. 17 
lable à celle du charbon ', cette vapeur 
(l humide, car l'on~obferve que le 
îrrem en eft toujours mouillé ; cette 
umidité fe communique même aux pa- 
)is de la grotte qui font humides tout 
atour à quelques pouces de hauteur, 
)uvent même le haut de la grotte eft 
iouillé, & l'on y voit comme des 
outtes d'eau qui fe condenfent à la 
jrface des parties les plus élevées ; 
m qu'elles viennent de la filtration 
l'une eau intérieure ou des parties les 
}\\xs légères de la vapeur. M. TAbbé 
NoUet qui parle de cette grotte dans 
es Mémoires de l'Académie pour 1750, 
lit à îa page 69 , que cette vapeur ne 
j>roduit ni pleurs ni écoulement fenfi- 
ble , & cela eft vrai pour l'ordinaire. 
On ne voit fur le mur aucune incruf- 
tation ni dépôt de matière faline ; on 
n'y fent aucune odeur , fi ce n'eft cette 
odeur de terre qu'un fouterrein chaud & 
enfermé a coutume de produire. 

Un chien que l'on prend par les 
pattes & que l'on tient couché dans la 
v^apcur , s'agite d'abord beaucoup ; en 
leux minutes de temps il y perd le mou- 
vement ; mais étant mis hors de la grot- 
e, il reprend aufli fes forces en deuic 



i8 Voyage en Italie, 
minutes. A en juger par les môuvem 
de fa poitrine & de fa gueule , c 
Pair qui manque à fa refpiration p 
dant qu'il eft dans la grotte , & c 
en refpirant Taîr à longs traits , qu'i 
guérit quand on l'a délivré. 

Le P. de la Torre éprouva en i ^i 
qu'un crapaud réfifloit à cette vap 
pendant une demi-heure , qu'un lez 
n'étoit pas mort au bout de cinq qua 
d'heure , & qu'une grofle fauterelle 
muoit encore dans la vapeur après \ 
de deux heures ; mais les oifeau> 
réfiflent peu. M. l'Abbé Nollet y 
un coq , à peine eut-il la tête dam 
vapeur qu'il fit des efforts pour von 
les alimens qu'il avoit pris quelq 
minutes auparavant lui revinrent d 




Chap. !• Le Paufilique , &e. i^ 
ic paroît indiquer par fa direâion , que 
la vapeur au lieu de fe mêler à Pair , 
fort de la grotte auffi-tôt qu'elle eft arri- 
vée à fix pouces de hauteur. 

M. l'Abbé Richard, (T. IV. p. 272) 
dit que ces. vapeurs font fulfureufes , 
vitrîoliques , & probablement arfenica- 
les, qu'après y avoir reflé quelque temps 
debout , fes pieds & fes jambes s'en- 
gourdiflbîcnt & y perdoient le fenti- 
ment au point qu'il avoit peine à fe 
foutenîr. Cependant je dois obferver 
que ces vapeurs ne font certainement 
pas fulfureufes , ou qu'elles le font 
très-peu; car le papier bleu laiffé dans 
la grotte pendant demi-heure , n'y chan- 
ge prefque pas de couleur , fi ce a'eft 
dune légère nuance tirant fur le vio- 
let; quoique toutes les vapeurs acides 
aient U propriété de changer en rouge 
les couleurs bleues des. végétaux. Le 
fyrop de violette mis dans un gobelet 
où il y ait de la terre de cette grotte , & 
dans un autre qui ait été renverfé long- 
temps fur la terre , ne change pas de cou- 
leur; le cuivre n'y eft point altéré. Se 
D'y perd point fon poli ; ainfi cette va- 
peur ne donne pas de marques d'acidité* 

Elle n'cft point arfenicale^ car on I2 



ao Voyage en Italie, 
refpire fans y lentir aucun goût d 
fenic ; un poulet mange fans en 
incommodé du pain qui a été lo 
temps baigné dans la vapeur 5 d' 
leurs les effets de l'arfeiîic attaquen 
parties internes du corps , & ne i 
pas de nature à ceffer auflî-tôt qu on 
à Pair, comme cela arrive près de 
grotte. Cette vapeur n'eft point alk 
ne , car elle ne fait aucune impref 
acre fur la langue ; elle ne cha 
point la couleur du fyrop violât ; 
ne donne aucun figne de fermer 
tion fur un linge trempé dans le vinai 
Pour juger par moi même de la 
ture de cette vapeur , je voulus la 
pîrer, comme avoient fait M. l'A 
Nolleten 174P, & M. de la Cor 




ChAp. I. LePàuJîlipey&^c, 21 
caufa aucune forte d'engourdiffement m 
d'incommoditë ; je recommençai plufieurs 
fois , je reliai long-temps dans la grotte , 
malgré les craintes & les inftances des per- 
fonnes qui étoient avec moi ; je mis le vi-^ 
fageplufîeurs foîsjufqu'à terre, & les yeux 
même , le plus fenfible de nos organes ^ 
n'en étoient point afFeâés. 

Le P. de la Torre regarde ces vapeurs 
comme étant vitrîoliques & métalliques , 
( V. fon Hift. du Véfu ve , art. p j- ) 5 c'eft 
pourquoi , dit-il , elles retombent dans 
Tmllant par leur pefanteur naturelle. 
Il eft vrai que cette vapeur eft plus pe- 
fiiite que Pair , puifqu'elle ne peut s'y 
élever au-delà de quatre pouces en hiver, 
& d'trn pied en été ; on voit auflî qu'elle 
lî'a ni la fraîcheur ni Pélafticité qui font 
néceflaîres pour h refpiration; cette feule 
raifon fuffiroit pour faire mourir les ani-.- 
maux dans la grotte : d'ailleurs elle 
n'eft point d'une nature malfaifante : le 
thien qu'on met plufieurs fois le jour en 
expérience pendant des années entières ^ 
tf en eft jamais incommodé 5 il ne fouffre 
pour ainfî dire que pendant le temps oii 
Ponmet obftacle à fe refpiration. M. Ser-^ 
1^0 , célèbre Médecin de Naples , ayant 
fait l'ouverture de quelques animaux 
ports daD$ la Qrottc^ n'y a jamaiit 



22 Voyage en Italie; 
trouvé d^autre vice que le poumon un 
peu afFaiffé, comme cela arrive aux ani- 
maux morts fous le récipient de la ma- 
chine pneumatique ; il eft donc probable 
que cette vapeur ne nuit aux animaux 
qu'en les noyant , ou en les privant d'air, 
& que ce n'eft point une Mephitis ou 
MofFete empoifonnée , comme il s'en 
trouve quelquefois. 

Le P. de la Torre , d'après les Méde- 
cins de Salerne, m'a afluré qu'il y a 
d'autres endroits dans le royaume de 
Naples où l'on éprouve le même effet 
que dans la Grotte du chien. Après les 
grandes éruptions du Véfuve, on obfer- 
ye quelquefois dans les caves & dans les 
puits des environs , une efpece de va- 
peur femblable, mais qui n'eft point 
permanente ; après avoir rempli le lieu 
de fa fource , elle déborde & fe répand 
dans les endroits qui font plus bas , oii 
elle s'arrête enfuite ; voyez Pouvrage de 
Leonardo di Capua fur les MofFetes , & 
le fixieme chapitre du livre de M, Ser- 
rao, qui a pour titre IJloria ddV incen^ 
dio del Vefuvio accaduto nel mefe di Mag- 
gio deW anno 1737. Scrittaper VAcadc" 
mia délie Scien:j[e , traduit & imprimé à 
Paris en 1741. 

AcgWA m Pi&ciABELLi;eft une eau 



Chap. I. .Le Paujîlipe , Gre. n^ 

femeufe dans le pays ; elle fort près du 

bc d'Agnana derrière la Solfatare , & 

paroît provenir des pluies & des neiges 

qui s'amaffent dans le badin de cette 

montagne brûlée, & qui traverfent la 

terre de la Solfatare ; elles y contraftent 

h chaleur & le goût ialin qu'on leur 

trouve au fortir de la montagne , & qui 

en fait la vertu. Quant à la chaleur , M. 

de la Condamine a trouvé vju^ellc faifoit 

monter le thermomètre à 68 degrés fur 

la divifion de M. de Reaumur , ( il eu 

faut 8b pour l'eau bouillante ) , les eau* 

de Bagneres , de Barege & de Cauterets , 

ne vont pas au-delà de 40 degrés , quoi»- 

qu'eWes fuient bitumineufes , mais elles 

ne fortent pas d'un pays auflî embrafé 

que les collines' de la Solfatare. 

LaSolfatabe eft fituée un quart sol&t 
de lieue plus loin que le lac d'Agnano, 
près de l'ancien chemin de Pouzol ; c'eft 
une petite plaine ovale , d'environ 2yO 
toifes de longueur , placée fur une petite 
hauteur & environnée de collines , à l'ex- 
ception de l'ouverture par laquelle on 
y entre , qui cft du côté du midi : 
on l'appelle Solfatare à caufe de la quan- 
tité de foufre qu'elle contient & qu'on 
y ramafle effeélivement. On l'appelloic 



24 Voyage kn Italie; ., 
anciennement Phlegra, nom qui ëtoïi!;^ 
commun aux endroits , qui donnoient]^ 
des indices de feu ; elle a été auffi appeW^f 
lée Forum Vulcani , ou Colles Leucogœi /' 
c'eft-là pricipalement où l'on difoit'^ 
qu'Hercule avoit défait les géans , '' 
(^Diod. de Sic. L. IV ) , & même avant ^ 
Féruption du Véfuve, arrivée Tan 7p, " 
on y voyoit des indices d'embrafemens , "* 
des eaux thermales , & du foufre. (Sira- ' 
bon L. V. Pline L. 3 j. Chap. i y ). 
^ Le terrein delà Solfatare eft chaud dans. ^ 
certains endroits , dans d'autres parties on ; 
fent la chaleur à trois pouces de profon- ^ 
deur ; il y en a même où il eft brûlanc ' 
à la furface ; on y fait des creux dans *^ 
lefquels fe placent certains malades à qui 
cette chaleur fulfureufe peut être utile. 




Chap. I. Le Paufîlipt , &^. a j 
rarîté lorfqu'on y met du papier , il ne 
î'enflamme point , maïs il fe feche & fe 
:onfume bien-tôt s'il y refte quelque 
remps. Le fer qu'on y met en fort tout 
nouille , quoique le papier en forte fec ; 
:ette différence vient ae ce que la va- 
peur acide condenfée par la fraicr^eur du 
fer s'y ramaffe par gouttes ; car la lame 
de couteau qu'on y laifle aflez long^ 
temps pour s'échauffer, en fort auffi fe- 
che que le papier. L'argent s'y noircit , 
le cuivre y eft dîffous , rongé & mis en 
forme de fcorie. Les pierres qu'on y met 
s'imprègnent de fel ammoniac qu'on y 
ramaffe lorfqu'elles ont refté environ un 
mois fur la vapeur. 

1/ paroît que dès le temps de. Pline 
on exploîtoit les minières de foufre dans 
ce canton-là : Invenitùrfulpkur in Na- 
folitano campanoque agro , collibus qui 
vocantur Leucogœi ; quod eft cuniculis 
tffojjum perjicitur igni. On l'y trouve en- 
core aéluellement ; M. TAbbé Nollet a 
donné la defcription de ce travail dans 
Jes Mémoires de l'Académie pour 175*0, 
page 103. On tire pendant l'hiver du 
creux de ces collines une terre durcie, 
ou plutôt une forte de pierre tendre , 
toute imprégnée de foufre j on la mec 

Tome Vlh B 



26 VOYA.GE EN ItALI», 
dans de grands pots de terre y plaçai 
dans un fourneau où ils reflent l'efpace 
de huit heures ; chacun de ces pots com- 
munique par un tiiyau à un autre pot 
vuide 9 ou le foufr^ en (è fublimant eft 
obligé de paflfer ; la vapeur s'y condenfe, 
& le foufre coule par un trou^fait à la 
partie inférieure du pot truide ; il eft reçu 
par une tinette de bois , dans laqueUe 
on le prend pour le faire fondre , Tépu- 
rer , & le mouler fuivant Tufage. Il y a 
quelquefois jufqu'à huit ou neuf ouvriers 
qui travaillent , & l'on en fait chaque 
apnée ij^ quintaux; il fe vend 12 livt 
le quintal. 

On trouve de temps en temps dc^ 
filets d'alun fur des pierres delà Solfa- 
tare ; alors on les répand fur la terre , 
rDur que la chaleur du fol commence 
les difpofer ; on ramafle auflî de l'alun 
fur Taire du baffin , dans un efpacé 
d'environ JO toifes de diamètre , où il 
fleurit de lui-même dans l'efpace d'envi» 
ron dix jours. Enfin l'alun fe tire, d'une 
terre blanche , qui reflemble à de la mar- 
ne ; on la lave dans de Peau de pluîc 9 
ic on met cette eau dans des chaudières 
de plomb enterrées ; la chaleur naturelle 
du terrçin fuflît pour diffoudrç l'alun &;. 



CflAP. T. Le Paujîlipei &e. vj 
fUre évaporer Peau ; l'alun reile aa fond ^ 
&on-k ramatfe en forme de gros cry(^ 
t»x ; on fiût dUToudre ces cryftaux pour 
avoir de l'alun d'une plus grande pbreté » 
maïs îl eft moins pur que Talun de Rome ; 
les Tanneurs l'emploient tel qu'il eft i 
mais les Apothicaires le font encore crv€« 
tatifer. On foit environ 37 quintaux aa- 
lunpar année ^ & 3 s'y vend 16 livres 
le quintaL 

On tire encore de la Solfatare » prèf 
de deux quintaux de fel ammoniac , qui 
fc vend 94 livres lé quintal , il fe fubli- 
TBC de lui-même dans l'endroit où fort 
la vapeur dont j'ai parlé, & s'attache aux 
pierres qu'on y met pour la recevoir ; 
on prétend que ce fel ammoniac n'eft 
pas tout-à-fait femblable à celui que 
nous tirons de l'Egypte , parce que Pal- 
kaU volatil minéral n'eft pas tout-à-fait 
le même que Talkali volatil animal ; ce-* 
pendant M. Henckel affure avoir trouvé 
dans les minéraux le véritable alkalî 
vobtïl y & il (è plaint même de ce que 
Ja diftinftiondes trois règnes , fuîvie avec 
trop d'exaélitude , a fait tomber les Chy- 
mifies dans des écarts confidérables. Au 
lefte , le fel ammoniac de la Solfatare a 
tme odeuc d'acide fulfureux,& répand 

Bij 



â8 Voyage eît.Italîë; 
^dans Peau une teinte Jaqnâtre qui vîenç 
d'une .terre qui fe dépofe enfiiite. 
- ' Dans l'attelief où l'on travaille l'alun ; 
on apperçoit quelques eflîorefcences vér- 
ités fur le mur ; il paroît que c'eft du 
^vitriol , mais il eft en trop petite quantî- 
,xé? pour qu'on « puifle l'exploiter ; il y a 
. cependant des auteurs qui ont écrit qu'il 
^ fe tirojt du vitripl de la Solfatare. Le pro- 
duit des exploitations delà Solfatare ap- 
partient, tant à l'hôpital de l'Annoncia-; 
tion deNaples, qu'à PEvêquedePouzol, 
La Solfatare , quoi qu'en aient dit des 
perfonnes fort habiles , n'a point de com- 
munication , ni même de relation avec 
le Véfuve ; c'eft un fourneau d'une çf- 
pece bien différente*, on n'y voit point de 
flamme , il n'en fort ni laves ni fcories ; 
. du moins je n'y en ai point vu , quoique 
M. Fougeroux dlfe qu'il y en a. Les 
pierres qu'on y voit paroîflent avoir été 
; calcinées par une chaleur qui a eu plus de 
. durée que de violence; on y trouve beajx- 
coup plus de vapeurs que de matières 
' brûlées, plus de foufre , de fe!s & de 
. pyrites , que de fer & de matières mé- 
talliques ; les métaux ne s'y trouvent 
point en fubftance, & la couleur blau- 
^ châtre y eft la plus- ordinaire» . Le fer 



Chap. I. Le Pau/îlipe , G^c. 2cf 
Sont le mélange avec le foufre peut pro- 
duire un embrafement étant ici en trop 
petite quantité , il n'en réfulte qu'une 
lîmple chaleur d'efFervefcence. 

Dans h partie orientale de la Solfa- 
tare , il y a un petit baflîn d'eau qui 
bouillonne continuellement d'un côté; 
quoiqu'il n'y ait que 34. degrés de cha- 
leur ; ce bouillonnement n'eft donc pro« 
duit que par le foulevement de quelque 
vapeur qui perce le fond dans cet en- 
droit du baflîn, à peu près comme au 
hc d'Âgnano. Au pied des collines qui 
environnent la Solfatare , on trouve des 
fouTces qui font extrêmement chaudes , 
inaîs on ne les voit point' bouillir, du 
moins à la furface. 

11 paroît que le terrera de la Solfa- 
tare eft miné par-deflTous, & que c'eft 
nne voûte qui couvre un efpace vui- 
de ou un baflîn de vapeurs ; du moins 
on en juge ainfi par le retentiflcment 
qu'on entend lorfqu'ôii jette une pierre 
avec force dans un creux qu'il y a vers 
Je milieu du baflîn. 

• Les Capucins ont un Couvent qui Capucîu 
cft un peu au midi de la Solfatare , & 
qui préfente aufll quelques veftiges de 
feu. On fcnt dans l'Eglift> à côté même 

Biij 



30 Vo y^GK KN Italie, 
de l'autel une émanation de vapeur |^ 
una ftufa ou mephitis , qui eu fuffi-i 
(ànte pour échauffer le pavé , & faire^ 
fécher le lipge de la maifon. DeuÀ 
ouvertures placées fous les marches du 
Sanâuaire donnent aufli une vapeus 
^ chaude & humide ; mais depuis Pan- 
i)ée I75'4 qii'on a repavé l'Eglife avec; 
des briques , la vapeur eft moins chaude 
q^u'elle n'étoit autrefois. 
. Dans la chapelle qui eft à gauche 
en entrant , il y a une vapeur toufrée^ 
qui ibrt de la muraille ; il y a aufSf 
une chapelle fépulchrale oà Ton con^ 
ferve plufieurs corps prefqu'entiersr 
Lorfqu'un an après U^t mort on lea 
trouve entiers dans la. biière où ils ont 
depofcîs , on les fuppofe faintsi 




/ 



Chap« I. Le Paufilipe , &t. 3 1 
Eglife la pierre &xr laquelle on croie 
qu'il fut dëcolé , fous l'Empire de Dio- 
cléden. On a mis vers le premier autel 
fur la droite en entrant, cette infcrip- 
tion « Lacus decoUationis D. Januarii & 
Sociorum qus. On montre aufli, mais 
feulement au travers d'une grille , une 
pierre teinte du fang de ce martyr » 8c 
un bufte de même Saint , qui eft très- 
ancien 5 dont on raconte beaucoup de 
merveilles ; le. frère Capucin qui me 
montroit rÈglifê, m*aflura qu'un Avo* 
cat nommé Don Girolamo Mufano, 
av(Ht perdu le nez pour avoir voulu 
&ire une expérience fur celui de ce 
bufk de & Janvier,, qui fut attaché 
miraculeuièment , au rapport de Parrino , 
(page y 5.) On porta cette figure en 
proceflîon dans la grande pefte de 16^6, 
& la pefte ceSa, quelques jours après^ 

La citerne qui eft dans le jardin des 
Capucins, & qui fe remplit d'eau de 
pluie , eft élevée en Pair fur une voûte , 
pour que les vapeurs du fol ne gâtent 
pas l'eau qu'elle renferme ; elle eft aflez* 
grande pour contenir 24 mille bottes , 
chacune de J30 pintes de Paris, 

Les vapeurs qui s'exhalent dans l'Eglife 
des Capucins augmentent en été , & ren- 

Biv 



32 Voyage en Italie, ^ 
dent Thabitation plus incommode. LesCa- 
pucins font obligés pour lors de fe retirer \. . 
à Pouzol oà ils ont une autre maifon. :. 

Ces Pères ont la permiffion de cul- ^" 
tiver du tabac pour leur ufage , & on J 
leur tolère 50 tiges par perfonne; mais ? 
on parle de fupprimer ce privilège ; on 
auroit pu craindre qu^ cette permiffion ' 
lî'occafionnât une contrebande au- de- [ 
faors ; mais les Capucins étoient retenus 
par un fort intérêt. Le Roi qui donne 
a chacune des huit Provinces de Fran- 
cifcains qui font dans le Royaume , onze 
quintaux de laine , & même 18 à celle de 
Naples, a voit déclaré qu'il retireroit cette ' 
aumône au premier cas de contrebande. 

Je remarquai dans le jardin de ces 
Pères une vigne qui étoit chargée d'une 
Caçon finguliere de raifm d'une très- 




CHkP. I. Le PauJîHpey &e. 55 
grande que les embryons font brûlées , 
k moins qu^il n'y ait beaucoup de feuilles 
& de bois pour les défendre. 

Au deflous de ce Couvent il y a une 
grotte fort large , dans laquelle un car- 
roflfe rouleroit facilement , par laquelle 
on croit qu' autrefois on alloitderou- 
aol au lac d'Agnano, fans monter juf- 
qu'à la Solfatare. Ce paffage eftaftuelle- 
ment fermé par les éboulêmens des terres» 

Le mont Olibano eft entre le Couvent 
des Capucins Se le bord de la mer ; l'on 
en tira des pierres autrefois pour paver les 
grandes routes , au rapport de Suétone» 
On y voit des conduites qui portoient à 
fiaies les éauK du Serino ; . & du côté de 
la mer eft une grande infcription au fujec 
des eaux minérales 3e Pouzol. 

En allant de la Solfatare à Pouzol ,' 
on peut voir l'amphithéâtre dont nous 
parlerons plus bas» 



CHAPITRE IL 

'Defcription de PouzoLiâ^ de Baies ^ 

JTozzuoLi ou Pouzol eft une ville de 
dix mille âmes > fuuée à deux lieues & 

Bv 



4emie de Naples, vers le couchant J 
fur le golfe appelle SinMs Puuolanuu 
Elle fut fondée , fuivanc Strabon^ ^m 
ins avant Je C» & ^yj ans après la 
fondation de Cumes^ par DiceuS;^ fils 
4e Neptune ou d'Hercule.;, felon Suidas, 
par des Samiens venus à Cumesfpus la 
conduite de Dicearchus ,. 4^5^ avant J, 
C. Elle fut appellée d'abord Diuarchia^ 
du nom de (on fondateur \, celui de 
Fo^^uoli , en Latin Puteoli j\ eft< venu 
du grand nombre de puits ou de four- 
bes minérales qui y font; d'autres dî- 
ftnt que ce fut à caufe des puits qui 
lurent creufés par les Romains , lorf- 
^ue Oyàntus Fabius y^ conduiât une co- 
fônie dans la guerre contre Annibal . 
Se qu'il h fenifia , comme le raconta 




Chap. ÏI. Poui(ot SrÊaie^. 5/ 
tes & du luxe de leurs campagnes , 
¥ouzol fut une ville confîdérable ; elle 
s'étendoit jufqu'à la coHine qui e(l du 
côté de la Solfatare , où Pon voit en- 
core des reftes d'édifices, & où l'on 
trouve des tombeaux , fur^out du côté 
de l'Eglife de S. Jacques. 

L'Eglife cathédrale étoit un Temple 
dédié à Augufte^ comme il paroit par 
Pinfcription : L. Calfurnius L. R Terri'- 
flum Augufto cum ornamentis DD. Il eft 
compofé de belles pierres de tailles a(Ièm« 
blées fans ciment; il y avoit des co* 
lonnes Corinthiennes ; il en refte une 
fartie du côté de la cour , mais elle ne 
fuffit pas pour juger de ce qu'étoit ce 
Temple autrefois. Cette cathédrale eft 
dédiée à S. Janvier & à S. Procule , 
compagnon de fon martyre, qui étoit 
de Pouzol. L'on y confcrve le corps 
de celui-ci, de même que celui de S. 
Patrobe, premier Evêque de Pouzol, 
l'un des 72 Difciples de J. C. Ce fut 
S. Paul qui le premier y prêcha PE- 
vangile , comme on le voit dans les Aéles 
des Apôtres, ch, 88. 

Le plus beau refte d'antiquité qu'il 
y ait à Pouzol eft un Temple qu'on dit 
Svoir été de Jupiter Sérapis» 11 pourroit 

Bvj 



m pie 
rapls. 



3^ VOYAGB EN ÏTktït; 
bien fe faire que c'eût été le Templd 
des Nymphes , bâti fous Domitien , ert 
pierre blanches , célèbre par les Oracles 
dont parle Filoxene dans la vie d'A- 
pollonius de Tyane. Une partie de l'em- 
placement de ce Temple appartient au 
Roi , mais il y en a une partie dans les 
jardins du Prince Ferrandina. Les fouil- 
les en ont été faites en 175*0, & l'on 
en a tiré des ftatues & des vafes d'un 
très-beau travail. Ce Temple étoit en- 
vironné de 42 chambres quarrées; il' 
«n fubfifte encore beaucoup , mais elles 
' font prefqu'entiérement ruinées ; il reftc 
quatre belles colonnes de -marbre blanc 
cannelées, dont deux font fur pied & deux 
à terre ; les autres font à Portici. Ces 
colonnes ét-oîent inégales ; les plus hau- 




Chap. II. Pou^olÇfBaUs. 37 
fcertaine hauteur par les eaux de la 
mer, font criblées de trous faits parles- 
dattes ; il refte encore dans ces trou» 
des coquilles dont quelques-unes font 
longues dç trois pouces j les deux co- 
lonnes qui font encore fur pied , & cel- 
ks qui font à terre , ont été également 
percées par ces petits animaux, (Mém. 
de M. Guétard ^ p. 371. ) 

On trouva en i6p3 à Pouzol,. un 
beau piedeftal de marbre blanc, qui 
eft élevé fur la place ; il a cinq piedsf 
huit pouces de long, & il eft chargé 
fcr fes quatre faces de bas-reliefs qui 
font beaux , mais très- mutilés ; on y 
diftingue 14 figures repréfenrant 14 
villes derAfie mineure, Tbenia, Ma- 
gnefia , Philadelpfiia , Tmohis , &c. Les 
noms font au-deffous de chacune ; l'inf- 
cription efl: à l'honneur de Tibère, & 
l'on croit que c'étoit le piedeftal d^une 
ftatue qut lui fut élevée par ces 14 
villes. On auroit creufé dans les envi- 
rons , pour y trouver la ftatue , s'il 
n^eût fallu abattre des bâtimens. Ce 
piedefl:al a été gravé & décrit dans uix 
un petit ouvrage d'Antoine Bulifon. 

En creufant pour bâtir une Eglïfe , 
en 1704, derrière les jardins de Tan- 



îjS Voyage eh Italie; 

cienne maifon du Viceroi Pierre de 1 
lede, on trouva une belle ftatue R 
mainc de fept pieds trois pouces 
haut, avec la toge, & une infcripti 
fur le piedèflal. : Q. Flavio Mafio Egr 
tiû Lolïiano. . • . àtcœtrejjium patrono i 
gnijjîmo : elle a été reftaurée avec fo 
?.î.^* Ponte di Caligola , on don 
ce nom à. des mafures qui font dans 
mer , près du port de Pouzol , du c( 
de Baies, dont il refte 13 piliers 
plufieurs arcs ; il paroît que ce font 
ruines d'un mole fait de pierres & 
briques pour brifer les flots & gara 
tir les vaiffeaux de la tempête. Cét< 
une manière de bâtir plus légère & p 
commode que celle des rtioles pie: 
& folides. Mais le nom qu'on lui don 



ubf 




ChaY. 1 1. Pout^ol & Baies, ^f 
E>yer des vaiiTeaux ; on les fixa p«f 
ancres ^ on les affembla par des 
es ; on y forma un grand chemin 
de la terre » des pavés & des pt» 
s femblables i ceux de la voie 
enne ; ce fiic par cette nouvelle 
: que PEmpereur fit fon triomphe , 
•emier jour à cheval , avec une 
>nne de chêne; le fécond joue 
un char de triomphe , ûiivi de 
us que les Panhes liû avcHent donné' 
tage. 

e port ayant été endommagé par 
er , l'Empereur Antonin le fit répdr 
comme on Tapprend par une inf- 
ion trouvée au fond de la mer , qui 
levée à la porte de la ville : les faa-^ 
\s lui élevèrent un arc de triomphe 
une infcriptîon qui eft rapportée 
Jules Capitolin^ dans la vie de 
Lmpercur» 

1 Noblefle de Pouzol eft dTiflinguée 
>rme un corps ou Seggio , ^ l'e- 
)le de celle de Naples. S. Procule^ 
)agnon de S. Janvier de Naples^ 
oit pris naiflance. Les Hiftoires 
célébré une Héroïne de Pouzol , 
\a Pox^olcuta , qui fe dîftingua par 
:ourage à la guerre , & par fit coati* 



%ô Voyage en iTALiEji 
nence au milieu des foldats avec qui elld 
^toit au fervice. / 

L'éruption de Monunuovo qui for;^. 
tit de terre en IJ38, à une demi* 
lieue de Pouzol, caufa un effroi qui fit 
déferrer les habitans. Le Viceroi Don 
Pierre de Tolède voulant la repeuplée 
& raffurer les habitans par fon exem- 
ple , y fit bâtir une belle maifon de 
campagne, appellée la Star^a, que l'on 
voit encore à un mille au nord de ÎPouzoL 
Le tcrrein des environs eft très-fertile ; il y 
a fur-tout beaucoup de jardins qui fervent 
à Papprovifionnement de Naples. 

Les anciens faifoîent grand cas des. 
teintures en bleu & en pourpre qui fe fai- 
foient à Pouzol ; ce pourpre étoit com- 
paré à celui de Tyr. 

La pouzolane eft une efpece de gra-^ 




J Chap. II. Pou^ol Çf Baies. 41 
I miftes prennent du verre pilé quand ils 
veulent lutter des vaifleaux avec un 
foin extraordinaire. La chaux qui efl 
elle-même un produit du feu , agit à 
peu près de même , quand elle çft tirée 
de certaines pierres ; car on fait de la 
chaux en Lorraine qui a la même du^ 
reté. ( Voyez PArt du Chaufournier. ) 
On trouve à Rome , & même ailleurs 
de la pouzolane , ç'eft-à-dire , du gros 
fible qui produit le même effet pour 
bâtir dans le fond de l'eau; il y en a 
lûême en Auvergne parmi d'autres tra-^ 
ces de volcans.On peut juger de la force 
de cette pouzolane en voyant les cein- 
tresde briques de trois arches du pont 
dont nous avons parlé , qui ne fe font 
rompus que vers la clef de la voûte , & 

f qui fe foutiennent parfaitement, 

: L'amphithéâtre de Pouzol, qu'ion ap- Ampi 
pelle dans le pays Colojfeo , étoit en "^* 
effet auflî grand que le Colifée de 
Rome; c'eft le morceau le mieux con- 
fervé de toutes les antiquités de Pouzol, 
quoiqu'il foit extrêmement ruiné. Sué- 
tone nous apprend qu'on y célébra des 
jeux auxquels Augufte affifta. L'arène 
qui fert aujourd'hui de jardin, a 250 
pieds de long j on voit encore les por^ 



42 Voyage en Italie; 

tiques qui fervoient d'entrée & qui ré^ 
gnoient fous les gradins , & les caves oi 
l'on enfermoit les bêtes , Âu-devaQ| 
de chaque pilier il y a une pierre crei»! 
fée pour recevoir l'eau que l'on don- 
soit à boire aux animaux renfermés, 0| 
aifure que S. Janvier ^ S. Procule & plu; 
fieurs autres Martyrs y furent expofâ 
par ordre du tyran Thimotée. L'on 3 
tàit une chapelle à l'honneur de cet 
Saints Martyrs , & l'on y a mis ei 
*734> "ï*^ infcription qui dit que 5. 
Janvier ayant été expofé à des oun 
afBimés^ ces animaux fe mirent à ge- 
noux derant lui, enforte que le tyrac 
fut obligé de lui faire couper la tête. 

Un grand bâtiment fouterrein qu'o|! 
appelle labyrinthe de Dédale, &c qui n'ef 




Chàp. ÏÏ. Fùuffol ùrSaid. 45^ 
Pon defcend avec des écheiles. 

Le golfe de Pouzol étoit autrffoisi 
adfi peuplé & auflî délicieux que Vdk 
aujourd'hui celui de Naples* C'étoit fuff 
ce rivage y i l'occident de Pouzol ^ 
qu*étoit une vafie maifotl de campa*» 
gne de Cicéroa ,. qu^il appelloit Made^ 
vùdy du nom des portiques- d'Âcade* 
mus à Athènes; c'eu-là oà il compofii 
k$ livres inckulés QuatftUmum Acaàc^ 
ïïdcarum ; on en montre encore quelf^ 
ques laafiires en briques, fur lefqud- 
ks on ne peut rien décider; la plus 
grande partie eft fans doute couverte 
par la mer , qui en étoit alors fi proche 9 
que Pon pouvoit pêcher de fes fe- 
nêtres. 

Les pêcheurs & les enfans qui vont 
dans l'eau , trouvent fouvent des reftes 
de marbres , de porphyres & d'aga- 
tes 9 des pierres gravées , des médail- 
les, des lampes; fouvent même la mer 
en jette fur le rivage , & l'on ne man-* 

Sue pas d'en préfenter aux étrangers , 
es qu'on les voit arriver. Tout ce 
que les Romains avoient ôté à la mer 
par leurs conftruftions & leurs terraf- 
fes , a été repris & recouvert par lef 
Sots* 



I«lçt. 



l|4 Voyage en Italie, ;. 
Le golfe de Pouzol a une lieue di[ 
largeur & une lieue de longueur, Ta«? 
cite l'appelle lacus Baianus ; c'étoit U, 
lieu de Tltalie le plus recherché par W 
Romains , celui où ils avoient bâti leurs, 
plus belles maifons de campagne , où. 
^Is avoient établi le centre du luxe & 
. des plaifirs. Cîcéron , de Lege Agrarîa 
tontra Rullum y §• 3^f P^rie du mont 
Gaurus & de %^ia Herculana, comme 
dés endroits les plus délicieux : MuU 
tarum deliciarum Gr magnx pecunice. 
' Baies qui occupe la partie occiden- 
tale de ce golfe, étoit fur- tout le pays 
là la mode : 



NuUus in orbe locus Baîis praducet amaç» 




Chap. II. Pûuiol Gt BaUs; 45 
Horace reproche aux voluptueux de 
ion temps , qu'au lieu de fonger â la 
inort ils s'occupent à reculer les bornes 
:ie la mer , peu contens de la vafte éten- 
due de fes rivages. 

Tu fecanda Marmora , 

Locas fub ipfum fiinus Tepulchti 

Immemor ftruis Homos, > 

Marifquc Baiis obftrfpencis urgcf ; 

Summovere littora , r 

Parum locuplcs continente rîpl, 

L. II. Od. i»; 

Enfin Martial ne fait quels élôgesf 
donner à la beauté de ce rivage. 

Lîtcus beats Venerîs aureum ; 
Baias fupetbx blanda dona naturz ; 
' Ut mille làudem Flacce verfîbus Baîas i 

Laudabo digne non fatis tamen Baias. 
Mort. L. XL 81. 

. Rien ne marque mieux la viciffi-^ 

lude & la fragilité des chofes humaines 

que la vue de ces ruines & de ces 

rivages, aâuellement deferts. L'air mêmie 

cft devenu empefté , foit à caufe de;s 

.iBarécages, foit à caufe des lacs oh l'oa 

fait rouir le lin , & des exbalaifons ou 

moffètes qui fprtent de toutes pa-rts.' 

Charles VIII & Louis XII_ y perdirent 



4<f VoYAGB Sn Itaeib; 
-imç grande ptrtîe de leurs trouj 
dans ks expéditions qu'ils firent p 
la conquête de Naples. Les maréa 
qui en'viîonnent Baies & Pouzol 
rendent Pair fi mal &în à la fin 
l'été , que fur lao hommes dt ga: 
fon il y «fiavcHC dbaque }oar , quand 
étois, huit à dix 4)ui tomboient m 
des> &:qu^onétoit obligé de remplac 
les- étrangers n'ofcnt y coucher dan 
Cemps-là. Le château de Baies , qui 
fur la hauteur , eft même la feule ps 
éiabitée de ce rivage ; le bas n'c 
que les débris d'anciennes fubftruéli 
Gui foutenoient les bâtimens , les 
dins & les terraflfes ; mais que la ra 
pour aînfi dire engloutis. 

Varron dit que cette ville avojt 




Chap. 1 1. Pou^ol &• Baies. 47^ 
.vaut la chronologie du P. Fétm. 

Jttles-Céfar y avoit une maifoii de 
cnapagne j dans laquelle MarceUus fut 
empûifonhé 123 ans avant J. C. par 
Lîvie y femme d'Âugufte^ qui vouloit à 
quelque prix que ce fût^ faire Çmpereur 
fon fils Tibère^ qu'elle avoit eu de 
Tibere-Claude Néron* C'eft ce jeune 
Marcellus dont Virgile parle à la fin 
it fon fixieme livre , d'une manière fi 
pathétique i& fi tendre 3 qu'en entendant 
CCS vers OÔavie s'évanouk. 

Varron parle auffi de la belle maifbn 
èUrrius ; Tacite de celle de Pifm , où 
fè forma la conjuration contre Néron, 
& dont il paroît encore quelques reftes ; 
il cite également celle de Domîtia , tante 
de Néron , que ce tyran fit empoifonner 
pour envahir fes biens. Domîtien y 
avoit des viviers oi il élevoit des poif- 
fons domeftiques, ceux d'Hortenfius 
dont parle Ckéron , étoient auffi fur ce 
rivage, la maifon de Julia Mammea que 
l'Empereur Alexandre Sévère y fit bâtfr , 
étoit fur-tout de la plus granae magnî*- 
ficence. 

Séneque parlant de celles de Céfar , 
de Pompée & de Marius , qui étoienc 
entre le laoAverne & les étuves de 



48 Voyage EN Italie; ;( 
Tritola fur la hauteur, dit qu'elles avoîea^^ 
été bâties avant que Baies fût devenuj^^ 
un féjour de débauches ; c'étoit des chi^ 
teaux plutôt que des maifons de c^ÇOfl— ^ 
pagne, /cwi non villas ejje,fed caJln 
mais du temps de Séneque , c'étoit uH^ 
pays où un Philofophe ne pouvoitpajjfe 
habiter ; il écrit à fon ami Lucilius qu*|!^ 
en étoit parti le lendemain de fon aniV .^ 
yée , pojtero die quam attigeram reliquil 
locum ob hoc devitandum , cùm habuii:. 
qua/dam nauirales dotes quia fibi illuvi'^ 
celebrandum iuxuria defuwpjît. . . Divef* 
forium vitiorum ejfe cœperunt ; illic JîH 
plurimumluxuriapermittiîi illic tanquam 
aliqua Ucentia debeatur loco^ magis fiU\ 
viiur. 

Ce fut à Baies que fe forma princi 
paiement le célèbre Triumvirat de Ccfar, 



1 




Ch. il Vou^ol & Saies. 49 
y a encore trois grands reftes d'an- Trow 
temples en forme de rotondes , qui ]^^^^ 
lent près du rivagei de Baies , ils 
en partie enterrés & inondés par 
lux des jmarécages , & I on eft obli- 
2 s'y faire porter fur les épaules des 
liers : fan eft un temple de Vénus ; 
:ond-, un temple de Mercure r le 
eme » un temple de Diane« 
?s Eebuques peuvent^^border -ea- 
i à cent pas au premier j on croit 
:'eft un temple de Venus Genitrix , 
î par Cefar , d'autres croient <iue 
it un bain ; cet édifice eft une roton- 
inée , dont une partie de la voûte fc 
cnt encore en Pair. Il y a trois 
ibres au bas , qu'on appelle les cham- 
ou les bains de Vénus ; l'éboulé- 
: des terres voifines en a rendu Tac- 
îifficile , il n'y en a que deux qui 
cent attention; l'une eft fur un plan 
ré , & l'autre fur un plan moitié 
ré Se moitié ovate. Au milieu de la 
e de cette dernière , il y a une ou- 
jre quarrée , doBt on ne fait point 
a pu être J'ufage. On voit fous l'ar- 
de celle-ci la racine d'un arbre qui y 
c-é & qui s'y eft comme pétrijfié. Les 
es de ces deux chambres font re-. 
Tome Vll^ C 



5"^ Voyage EN Italik; 
parties en caifTons pleins de bas- reliefs 
de ftuc , dont les fujets font fort obfce- 
jnes , & répondent à la divinité à qui ce 
^ieu étoit confacré. La plupart repréfen- 
tent des figures nues de Pun & de l'au- 
tre fexe , qui tendent à exprimer la for«- 
ce de la nature , & donnent à penfer que 
ce lieu n'étoit deftiné qu'à des myfteres 
Infâmes. Parmi ces figures on remarque 
un Gladiateur dans la mêipe attitude que 
celui de la ville Borghefe à Rome. Tous 
ces bas-rjelîcfs font beaux , fur-tout ceux 
de la dernière chambre ; les ori^emeni 
des cadres en font fimples , d un très- 
bon goût , & dans le genre de ceux de 
la fcpulrure d'Agrippine , dont nous par* 
Jerons bien-tôt. 

Le temple de Mercure que le vul- 
gaire appelle Truglio , eft à cent pas du 
premier , dans un endroit également 
marécageux ; avant que d'y arriver on 
apperçoit Pouyerturç de trois voûtes 
ruinées & pleines de ronces qui font un 
effet admirable ; il y a fous Pune de ces 
voûtes une grande pièce remplie par un 
pied & demi d'ejau , c'çft cependant celle 
par laquelle il faut paffer pour entrer 
dans le temple : on fe fait porter jufques 
fat U brèche d'un n>ur de communica*- 



i 



Cîï. II. Pou^ol & Baies. ^i 
tion , & l'on defcend dans nne grande 
rotonde de brique , dont le vaiffeau eft 
d'une belle proportion, & qui prend 
fon jour par le milieu de fa voûte, com- 
me le panthéon à Rome. On ne manque 
pas d'y faire obferver quç fi Ton parle bas 
contre la muraille , & qu'une autre per- 
fcnne fc tienne à l'oppoCte , elle entend * 
parfaitement tout ce qu'on lui dit , pen- 
dant que ceux du milieu n'entendent 
rien , ce qui prouve que la voûte eft 
elliptique* 

Le temple de Diane Lucifere fe trouve 
a Jeux cens pas plus loin ; quelques mar- 
bres qu^on y a trouvés ^vec des têtes 
de cerfs , ont fait préfumer qu'il pou-« 
voit appartenir à Diane plutôt qu'à Nep- 
tune , a qui d'autres antiquaires l'a- 
voient donné ; c'eft encore une rotonde 
de brique, dont la voûte s'eft écroulée: 
fon plan extérieur forme un oôogone ; & 
vue d'une certaine diftance , elle reffem- 
blc à une vieille tour très-large , cou- 
ronnée de ronces. 

Il faut que les anciens aient reconnu 
que la brique étoit plus durable qu'au- 
cune autre matière , & qu elle fe lioic 
mieux avec la pouzolane 9 car tous ces 
édifices font bâtis de brique dans ud 

Cij 



^t Vj^YAGE EN ItaLIJÎ, 
pays où cependant la pierre eft très- ce 
munç ; à PigarcJ des yoûtçs , elles f 
faites la plupart ayec unp lave très- fp 
gieufe & très-légjcre , qui reflerpble à 
là pierre-ponce , & qui epit fort prop; 
forn:ier ainfi de yaftes coupoles , qui n 
toiqnt pas dçftinécs à fupporter de grai 
poids, Qn trouve des Archit,eâes < 
croient que ces ruines , à commen 
depuis celles des Palais de Njéron & 
Jujes Céfar , & en y comprenant le te 
pie de Neptune , ne font que les rei 
d'un très-grand Palais , & que ces i 
fonàps êcoierjt des bains* 

Le tombçau d'Agrippîn^e eft une pai 
4e bâtînient en forn^e Ap demi-cerc 
îvec une galerie tout autour ; la voi 




Ch. ÎI. Pou:(ol Cf Bcûcj. 53 
I ï. C. Il y avoic long-temps que Ncron 
étoit fatigue par la prélence & les re- 
montrances d'Agrippine ; il étoit occupé 
i chercher un moyen de la faire mou* 
lir fans qu'on pût l'en accufer, Anr^ 
cetus,affi:anchi, qui commandoit la flotte 
de Mifene, ennemi d'Agrippine, indî*- 
gne flatteur de fon Maître , lui pro-» 
pofd un (Iratagéme qu'ils jugèrent très- 
propre à cacher leur forfait , fous l'ap- 
parence d'un naufrage ; on fit conf«- 
truire un vaiffeau dont une partie poo* 
voit fe détacher de tomber dans la mer 
au premier fignah Néron renvoya fa 
mère dans ce vaîiTeau après un grand 
fouper; elle s'entretenoit avec Acerc^ 
nia, fa confidente, du plaifir de cette 
nouvelle réconciliation ^ forfque la ma- 
chine joua ; mais reffet ne fut pas aflfez 
prompt, ceux qui n'étoitfnt point dansr 
Je fecret , embarraflerent les autresf. 
Agrippine eut l'adrefle de fe fauver à la 
nage, tandis que fa confidente, qui» 
pour être fecourue fe difoit la mefe de 
l'Empereur, fut maflaerée comme telle ^ 
agrippine ne tarda pas- à l'être atiffi dans 
fa propre maîfon : Centurioniferrunt dif 
tringtntiprotendens utcrufn , ventremferr^ 

Ciij 



J4 Voyage ek Italie, 
exclamaPUy multifque vulneribus confeB 
eji. Tac. Ann. L. XIV. §. 8. 

Elle fut enterrée par fes domeftique 
près du chemin de Mifene & de^ I 
maifon de Céfar, qui étoit fur la hat 
teur : Mox domejîicoritm cura Uvtm tu 
mulum accepit , viam Miftni propter , £ 
vïllam Cefaris diâlatoris quce fubjeSlc 
Rnus editijjima profpeliat. Tac. Anna 
t* XIV. §. p. Cette pofition ne tn 
paroît pas convenir à Pedifice que l'o 
montre aujourd'hui fous le nom d 
tombeau d'Agrippine; il n'eft point ft 
le chemin de Mifene au lac Lucrin 
& il a plutôt l'air d'un refte de théâtre 
• On donne aufli le nom de bains d 
Néroa «ux étuves de Tritûla , qui for 
auprès de Baies ; du moins c'efl fous c 




Ch. II. Pou^ot & Éaies. $f 
; les payfans qui y entrent lont 
]ue nuds ^ & ih en revîcnnen: au 

de deux nsinutes tout couverts de 
r, le vifage auffi enflamn^é que s'ils 
snt été dans un four. Lorfqu^oa 
b la tête fort près de terre , on a 
icoup' moins de peine à refpirer y 
2 que la vapeur chaude occupe 
>urs le plus haut de Pétuve , & que 
froid arrive par la partie inférieure ; 
leurs il n'y a aucun danger i re^ 
:er dans ces étuves. On fainrpardfs 
'rienccs que M. Tilîet a rapportées 
1 les Mémoires de l^Académîe de^ 
nces pour 1764, qu'on peuts'ac- 
tumer à foutenir dans un- fbur uno^ 
eur incroyable, fans aucun acci- 
• 

y a dans ces étuves Cx efpeces 
ues , qui ont fix pieds de haut & 

pieds & demi de largeur.- L'Hô- 

de l'Annonciation de Naples tient 
Maifon à Pouzol au commencement 
'été , d'où l'on envoie à ces étuves 
naïades qui ont befoin de fuer; il^ 
pour les femmes une grotte fépa^v 
ie celle des hommes.; on y palTe 
demi-heure , plus ou moins , après 

Ton fe met au lit dans un endroit 

Civ. 



55 Voy'agê en Italiï, 
moins chaud. Le nom de Tritola qi 
porte cette étuve vient di^ mot FriitoU 
parce qu^on y frotte les malades poi 
exciter encore mieux la fueur , ou d 
mot grec Tp/Tflt7oç , qui veut dire fîevi 
tierce , que. Pon guérit dans ces étuve 
Le fable même du rivage , & celui qi 
l'on raraafle au fond de l'eau , fert dai 
la Médecine ; quoique l'eau foit froic 
& entretienne la âraicheur du fab 

Su'elle touche , W fuffit de pénétr 
ans cefable^A deux travers de doigt 
pour trouver "un tcrrein brûlant où il < 
inopoflîble de tenir la main. Au-deflbi 
de cette étuve il y a une grande fal 
ivoûtéc d'ail il fort plulîeurs-ioûHreSj. av 
des'fieges .tout amour;. 

Cette côte & tous les environs c 




Ch. III. Environs de BaUs^ 57 



CHAPITRE III. 

Defcription de Monte ntiovo y dtfi 
lac d^Averne & de la grotte 
de la Sibylle^ 

Monte nuDvo eft une colline qui Monr 
peut avoir 200 pieds de hauteur , fortie ""^^^ 
du milieu des eaux du lac Lucrin , le 
50 Septembre 1538 , avec un bruit 
lK)rrible; le village de Tripergple fut 
abîmé par cette éruption. Les babitans 
de Fouzol prirent la fuite , & une par- 
lie de ce lac célèbre par la pèche qu'on 
jfaifoic autrefois , fut défféchée & rem- 
plie par la nouvelle montagne ("). 

L'éruption de Monte Nuovo eft ra- 
contée par Simone Porzio , par Giulia* 
Cefare Capaccio y dans fes Dialogues» 
imprimés en 1634, P^^ Pierre- Jacquea- 



(»)Ccn*eft'pai le feul 
nemplè qu^on' ait eu d'un 
cflet femMable de volcansr 
on trouve dânr l'hi(lo)rc 
del'Âcadémîe pour 1708, 
Tk détail de la nouvelle 
îfle formée dans T Archi- 
pel:, aupièa- d& c<Ue dé 



Sarntorin , au mo\r de 
Juillet 1707, à la fuhe 
d'un tremblementde terre.- 
V.au/Ti 1- voyage de Tour • 
nefort , &• l-hîftolre dc^^ 
PAca/émle pour 1711- ^^ 
furja^ nrouvelle îfle de« 



5^ Voyage en ItAtLie,' 
de Tolède , dans fon Dialogue fur 
tremblement de 1^38 , îroprimé à P 
pies en 153P, par Scipion Mazzell 
dans fes antiquités de Pouzol , & ] 
Leandro Alberti ,. dans fa defcripti 
de ritaliej les matières dont cette me 
tagne eft compofée, ne font que c 
laves , des pierres brûlées & fpongie 
fès , & des fcories qui paroilTent ê 
fbrtîes d'un fourneau.. 

Le feu,. le foufre, lés cavernes,! 
moffettes, les veftiges de volcans, 
voyages d*Ulyffe, d'Hercule & d'Er 
fur ces parages, les rendirent fi refp( 
tables ,. fi facrés ,. fi pittorefques , 
poétiques, pour aînfi dire , qu'on 
doit pas être; furpris de leur célébrité 
des fables dont on les a emljellis. 




tCn. in. Environs de ÈaUs. f^ 
'(foç, Avibus carens. Il pouvoir d'ail- 
urs y avoir des vapeurs lultureufes , 
qui les en écartaffent. Au bord de ce 
ic commence une (ombre caverne dont 
les avenues étroites & efcarpées prêtent 
i l'idée que Virgile nous en donne , tw 
il&rivant cette grotte de la Sibylle. 

, Spelancaralca fuie vaftoqiie îtnmatiK hiatu , 
Scnipea, cuca lacu nîgio , neiuorumque cen^rîs ,. 
Qaam Aiper haud uHz poterant impune volancer» 
Tendere iter pennis : ralis fefe halicus acrif , 
Faucibus efiùndens , fupera ad convexa ferebat»> 
^ndc iocum Graix-dixerant nomine Âvemanu 
JEntîios^yii 157. 

Cette grotte parent avoir été dans fe 
^riocîpe , PiiTue d'un chemin taillé pour 
iller cTe Curoes au lac d'Averne , & 
font on voit l'entrée du côté de la- 
rille de Cumes. La grotte du Paufilipe 
»ous donne une idée de ces fortes d'en-» 
teprîfes, qui furent du. goût des pre- 
mers habitans de Grèce & de Sicile ;* 
nais fon ancienneté perdue dans Pobf-- 
Builté des temps fabuleux y étoit- bien 
Siffifante pour monter l'imagination des- 
Poètes. Ils ont' prétendu: que Déiphobe,. 
ille dé Glaucus & Ptêtreflc d^Apollon^^ 
k de biane^ connue faus^_ ie: nom- ài&' 



^O Voir AGE EN ItALTF;. 
Sibylle de Cumes , paflbit par cetl 
caverne pour aller au. Temple d'Apo 
Ion & au lac d'Averne. On eft oblige 
çn entrant dans la grotte , & pendar 
les ij premiers pas, d^e fe tenir cou 
hé ; enluite on y marche debout l 
fans crainte , k: grotte devenant très 
haute; elle eft moins large que la pai 
lie de cette grotte qu'on voit à Gumes 
ce* qu'elle a de commun avec elle , c'e 
qu'elle eft: creufée dans h pouzolan( 
11 n'eft pa§ poffible d'y pénétrer plu 
de cent . cinquante pas , à caufe di 
terres écroulées qui la bouchent.. Lor 
qu'on a fait ce trajet ,. on renconti 
à droite un petit fenticr tournant:, o 
une féufè perfonne peut paffer à* la fois 
au bout de . quarante pas on entre dar 




Ch . III. Environs de Baies, '6 1 
)feine d'eau tiède , jufqu'à la hauteur 
! 3'on pied & demi. Les voyageurs pren- 
«nt chacun une torche , & fe font 
ifoner fur le dos de leurs guides , dans 
une feconde chairibre où Ton trouve 
vfl regard d'eau tiède , & une autre 
porte pleine de terre cboulée , qu'on 
dit être la porte fecrette des bains de 
la Sibylle. Un antre profond & téné- 
breux, tel que celui-ci^ & une cham- 
bre avec des cempartimens de mofaÏ!- 
que^ n'avoit rien que de convenable 
i la retraite de la Sibylle. Cependant 
ïon eft revenu de ces idées febuleufes,. 
& l'on croit que ce fouterrein n'éroit 
autre chofe qu'un chemin pratiqué fous 
la montagne y & que les deux chambres 
tjue l'on y. trouve à une certaine dif- 
tance , étoient un bain où Ton n'avoiî 
pas cherché à fe procurer plus de com;- 
médité qu'on n'en trouve aujourd'hui 
aux éiuves de S. Germain, qui font fur 
ie bord du lac d'Agnano , ôc dont noua 
avons parlé'. 

Le rameau d'or qu'Enée trouva dsns 
les forêts voîfines ,. fait allufion aux 
mines d'or que Ton- trouvoit dans ce 
pays,.& dont Virgile parle dans le fé- 
cond livce db. Géorgiques :• 



'£2 VoYAffB EN ItAEîI!;, 



ismps 
es*. 



HaK cadém argeud rivos , aBrifqut mctalla', 
Often<îic venis^acq^ie auro pluriina fluxir. 

Pour foutenir l'allégorie des Enfers 
les Poètes appellerent Ghamps Elifien 
une campagne plus agréable & plu 
découverte, qui eft fur les bords d'ui 
petit golfe appelle Mare Mono , à ui 
mille- de Baies ; peut-être du temp 
des Romains étoit-ce un lieu de fépul 
ture. Oh l'appelle aéluellement Mcrcat 
di Sabbato. Ce lac 4e Marc Mono el 
très-poiffonneux , il communique ave 
la, mer par un petit détroit , que Po 
barre dans certains temps pour empêche 
fe poiflbn d'en fortir. 

Un atitre ht qui eft à unç mille d 
eeluj-ci, étoit appelle l'Adiéron j c'el 




Ch. iri. Ewirans de BaUr. 6\ 
! à nourrir du poilTon >,quî réuflît très- 

Près delà étoit la maîfon d'un des 
^rius riches Sénateurs de Rome , appelle 
^^j^mlius Vatia. y qui, pour fe fouftraire 
'TiQx regards dangereux de l'Empereur 
[Tibère & de Séjan , s'y retira pour 
^ vivre dans un agréable loifir , loin de 
la Cour & libre des foins ambitieux, 
qui occupoient les Courtifans ; c'ed de 
hii que l'on.difoit, au rapport de Se- 
fteque :. 

Yada , tu Iblus fcis viverc. ( Epijl, 5 {. ) 

B ne voulut être connu que par fon 
indifférence & fon éloîgnement pour 
ksaflàires : nullaalia re quant otio notus , 
confenuu , & ob hoc unum felix habt- 
>tf/ar. Séneque décrit enfuite la lîtuation 
&Ies délices de cette maifon fameufe ; 
3 me paroît par ce qu'il en dit qu'elle 
étoit fort près de Baies ;il faut, pour en 
Tuger y avoir fous les yeux la carte de 
Fouzol & de fes environs , que Petrini a 
donné en 1750. On a trouvé dans les^ 
ruines qui font vers le lac Fufaro , di- 
verfes infcriptions rapportées dans Ga»-- 
paccio. 
Entre le lac appellée Marc Morw 



'6^ VOVAGK EN IxALir,- 
& le rivage de la mer , e(l un grat 
(cjna roi- bâtiment appelle Pifcina miritbile , q 
^toit ,. félon toutes les apparences , i 
réfervoir d'eau ; il a 20a pieds ( 
long £ur 130 de large ,.& il eft foutei 
par 4^8 gros, piliers difpofés fur quat 
lignes.; on y defcend par deux efcalie 
de 40 marches chacun ; Tenduit qu'on 
voit encore fur les mufs eft auflî iur qi 
la pierre , & donne lieu de croire qi 
c'ctoit réellement une citerne où i'( 
ïaflembloit les eaux de pluie ; on crc 
qu'elle fut foite lorfque Agrippa condt 
fit une armée navale à Mifbne. 

Cbntto Camerjblle , autre refte 1 
conftruiSïions antiques fur le pencha 
de la montagjie,.&tout près de la me 
U parok avoir été la fubftruclion ou 




Ch. III. Environs de Saies. 6^ 
[ffomontoîre dcMifene, celle de Lucul- 
[lusétoit une des plus fameufes , mais on 
iB^en fait pas précifément la fiTuation; 
*cefut-là que Tibère mourut , cette mai- 
fon fut agrandie encore par Valerius 
Afiaticus , mais ce luxe & cette opulen- 
ce lui devinrent funeftes ; Meffaline & 
Vitellius engagèrent l'Empereur Claude 
i le faire arrêter , pour avoir la confif- 
cation de fes biens ; on lui donna le 
choix du genre de nwrt , & il fe coupa 
les veines , Tan 46 de J. C. 

Capo Miseno eft la pointe occî- Mifc» 
dentale & méridionale du golfe de Pou- 
zol & de Baies, à une lieue & demie 
de Pouzol & de Cumes ; Virgile dit 
qu'^née y ayant fait enterrer Mifenuî 
Dn de fes compagnons , donna fon nom 
au promotoire. 

Qui nunc Mifenus ah îtro 
Didtur , xteraum^ue ténct per fecula nomen^ 
JEtl VI* 154.. 

D'autres difent que c'étoit le nom d'un 
des compâgiions d'UIyflfe ; quoi qu'il en 
foit, il y avoit fur cette hauteur une ville , 
& au-dcflbus un port qui étoit fréquen- 
té par les vaiflTeaux des Romains. Agrip- 
pa Pavoit fait conflruire^ôc il fervoit pauî 



66 Voyage en Italie^ 
la fureté de cette mer, comme Ravenr* 
pour la mer Adriatique : il y avoir utt 
phare pour éclairer les vaifleaux : les Auf 
teurs parlent fouvent de la flotte dt 
Mifene , qui était regardée comme un 
objet de la plus grande importance J 
Tacite dit en parlant de Vitellius , que 
la défeélion de cette flotte , lui fit craiiH 
dre les derniers revers i^Auàita defeci^ 
tiont Mifemnjis claffîs , Romam revertit, 
recentijjîmum quodque vulnus païens , 
Jummi difcriminis incuriofia. ( Hift. L» 
III. §. j6)» Pline le naturalîfte la com- 
mandoit lorfque l*^éruption du Véfuve 
Pattira du côté de cette montagne , le 
514 Août 79. Erat Mifeniy clajfemqut im* 
perio prctftm regtbat , ( Pline L. Vt; 
Lett. 16)* 

La ville de Mifene fut prife & pillée 
par les Lombards , fous la conduite de 
Sicard , Prince de Benevent , l'an 85.6; 
les Sarrazins achevèrent de la ruiner en 
8po , & emmenèrent les habitans pri- 
fonniers ; il ne refte plus que des rui- 
nes informes de cette ville; ce qu'on j 
voit de plus fîngulier eft un fouterrein 
percé dans la montagne, & qu'on appelle 
Crotta Dragonara ; quoiqu'il foît pref- 
ig^ue ruiné aâuellement » on y pénètre 



I Cn. III. Environs de Baies. 6j 
encore aiSez avant ; il y a une alMe 
kngue,cortueufe , avec pIuHeurs cham* 
bres fur les côtés. Les uns difent que 
Néron avoît fait percer cet aqueduc 

Eur y raflembler les eaux chaudes de 
ies , & que ces chambres étoient des 
Dternes où ?on faifoit arriver Peau de 
daie pour rafraîchir les eaux chaudes 
a volonté ; d'autres difent que c'étoit 
des fouilles d^où Ton avoit tiré ta pou-- 
xolane^oudes magafins pour les vins & 
autres provifîons de la flotte de Mifene. 

On trouva , en creufant dans les rui- 
nes de Mifene , en 1 5pp , un beau pîe- 
dcflal de marbre de quatre pieds de haut^ 
o& il y avoit une infcription à l'honneur 
d*Un Prêtre de Jupiter , qm vivoit fous^ 
le règne d'Antonin , il a été trânfporté k 
Naples ;fi l'on y avoit autant qu'à Rome 
le goût d'antiquités & de recherches , 
on trouveroit fens cefle dans ces campa- 
gnes des monumens de cette efpece. 

Au pied de la montagne de Mifene 
il y a dans la mer même , une fourn- 
ée d'eau douce qui fort avec affez de FontaîB< 
force pour conferver fa douceur , com- ^"S^iiicw^^ 
me celle qui fort du côté de Gènes 
dans le Golfe de la Spetia. On croit 
^U€ c'étoit cella du temple des Nym^- 



(î8 Voyage en ItaltïT, 
phes , bâti par Domitien , où il y avori 
une fotirce intariflable. Peut-être auffl 
cette fource vient elle des eaux de quel-f: 
ques aqueducs qui ont été rompus. 
Bauli Si Pon veut remonter par mer juC* 
qu'à Cumes y qui eft à une lieue iC 
demie au nord du cap de Mifene,&à 
trois lieues de Naples , en ligne dfoîtCr 
on pafTe près de Bauli ^ village fitu^ 
fur la hauteur au fond d'une petits 
anfe^ où l'on dit qu'Hercule aborda 
en revenant d'Efpagne y après avoix 
défait le tyran Gérion ; on fait vemr le 
nom de Éauli des étables où Hercule 
plaça fes bœufs. On ajoute qu'il y ouvrit 
un chemin jufqu'au lac Averne, qtn 
fut appellée via Herculea , fuivant Dion 
& Strabon ; on voit encore au fond 
de la mer, lorfqu'elle eft tranquille, les 
veftigcs d'un ancien chemin ; mais \\ 
peut être un refle des conftruftions 
Romaines; qui s'étendoient fur toute 
cette côte , & qui ont été enfevelies fous 
les eaux. 

Ce fût-là q'jc Néron conduifit fa 
mère , qu'il avoit fait venir d'Antium 
dans le deifein de la faire périr. Exci^ 
fit manu & ccnnplcxu ducitque Baulos, 
id villx nQmctt ejî ^\i,(z promomoriuin 



ivc; 



Cfl. III. Environs de Baits. 6p 
Wifenum inter & Baianum lacum Jlexo 
\vim allmur. Il lui donna un grand 
ifouper , lui prodigua toutes les marques 
de la plus parfaite réconciliation , lui 
fit mille carrçffes , la reconduiHt lufqu'au 
niffeau qui devoit la tranfporter dans 
fa maifbn du lacLucrin ,& fur lequel elle 
£ûllit de périr , comme nqus Pavons dit 
en parlant de fon tombeau , pag, Ç 3 . 

CuMEs, Cuma, en Latin Cumœ ^ Cume». 
ville fituée à une demi- lieue de Bauli , 
& à trois lieues de Naples ; elle étoit 
de la plus haute antiquité , ayant été 
bâtie même. avant Capoue pardesGrçcs 
venus de Pifle d'Eubée ou Nègre- 
pont , fous la conduite de Phérécide , 
environ 1000 ans avant J. C. 

Inde Pbereciadum muros , SiL ItaU 
f c tandem Euboicis Cumarum allaSitur oris. 
JEn. YI. 1. 

Son nom Kv/xa , fignîfie çn Grec le flot 
de la mer, 

Virgile raconte que lorfqu'Enée y 
aborda , il y trouva un Temple que 
Dédale y avoît bâti à l'honneur d'A- 
pollon , en lui confacrant les ailes qui 
lui a voient fervi pour s'échapper du 
labyrinthe de JVÏinos. Enée y voyoit 



70 Voyage en Italie; 
avec plaifir les fujets que Dédale j 
avoit repréfentés ; la mort d'AndrO 
gée , fils de Mines , que les Athéniel 
avoient tué ; le {àcrifice annuel qi 
Minos les avoit forcé de foire de fej 
enfans j Pamour de Pafiphaé pour u 
taureau ; la naiflànce du Minotaure 
l'amour d'Ariane, fille de Minos, ppi 
Théfée. 

Si Ton veut expliquer toutes ces all( 
gories , on peut croire que Dédale ^to 
un Cretois perfécuté venu à Cumes fi 
un vaîflTcau d'une légèreté & d'une v 
teflTe furprenante , qui bâtit à Cumes i 
Temple d'une beautéjufqu'alorsînconni 
en Italie : pofuitque immania Templa 
iEn.Vl.ip.Ce fameux Temple d'Apo 
îon , fjjivant le tcmoiffnage de Servi 




Ch. III- Enpirons de Baies. ji 

l.aiuio camen racuîs quod Ccdem Bgetc Cumîs , 
DeiHnec« atque unum civem donare Sibylls. 

• 

:ns la fuite elle fut dévaflée par les 
ndales, les Goths, les Sarrazins;en 
107 , elle étoit devenue un afyle de 
leurs & de corfaires qui infefloîenc 
Royaume de Naples ; des Allemands 
i s'y étoient fortifiés inccommodoient 
fort les environs , que PEvêque d'A- 
rfa appella à fon fecours Godefroi 
: Montefufcolo , grand Capitaine de 
î temps-U ; les Napolitains envoye- 
ur auflî Pierre de Lettra. Ils chalfe- 
nt les Allemands en 1207 , raferent 

fortereffe & tout ce qui reftoit de 
urnes , Ion réunit même fon Evêché à 
îlui de Naples. 

C'eftà Cumes qu'étoit l'entrée delà Grotte c 
rotte de la Sibylle; h sibyUc, 

Excîfum Euboicz lacus ingens nipîs in antrum* 
Quo lati ducunc adicus ccncum , oftia centum. 

3n voit en effet une grotte profonde qui 
emble fe diriger du côté de Baies , & 
[uipouvoit auflî communiquer à celle 
[ont l'entrée eft fur le bord du lac 
Werne ; les éboulemens qui ont fer- 



7-2 Voyage en Italie; 
mé les paflages , foot qu'on ne va 
à 100 toifes de diftance. On ytroi 
un petit chemin étroit , qui condui 
plufieurs chambres , dont une pai 
avoir été pavée en mofaïque, revê 
de (lue , & ornée de peintures ; or 
lîîontroit autrefois les bains de la Sib 
le , fon tombeau , & le fiege même 
elle avbit rendu fes oracles. 

Une autre voûte d'environ 80 pii 
de long, & qui eft garnie de niche 
paroît avoir été un lieu de fépultui 
comme les catacombes de Naples. 
y a encore plufieurs autres chamb 
Ibuterreînes dans les environs de C 
mes. 

Le Temple des Géans eft un anc 
édince de 29 pieds de long fur 
de large , dont la voûte eft encore ( 
née de.compartimens , & dans leqi 
on voit trois grandes niches quarréï 
on ignore quelle étoît autrefois fa d 
tination , mais fon nom rappelle 
anciens habitans de ce pays-U , c 
Diodore de Sicile , dans fon IVe ] 
vre, dit avoir habité dans les chan 
Flégréens , & avoir été vaincus par H 
cule; c'étoit 1238 avant Jefus-Chri 
fuivant la chronologie du ?♦ Petau. 



Ch. III. Environs de Baies. 75 
Le Cardinal Acquavîva , Archevêque 
3e Nafrtes , foifant creufer en 1 606 , près 
de Cumes , on découvrit un Temple 
prefque entier , d'ordre Corinthien , 
pave de marbre, qu'on jugea avoir été 
élevé par Agrippa à l'honneur d'Au- 
gufte, & l'on en tira grand nombre 
de ftatues qui furent portées à Naples 
pour orner le bâtiment de l'Univerfité* 
Arco felice eft un refie de gros 
mur de briques avec une porte rudique 
& dégradée , qui faifoic probablement 
partie de Tenceinte de Cumes ; le mur 
a plus de 60 pieds de hauteur y & la 
pone i8 pieds de largeur. On y voit 
quelques veftiges du. grand chemin qui 
venoit jufqu'à Cumes , pour lui fervir 
de communication avec la voie Ap- 
pienne. On trouve près de cet arc un 
ancien refte de bâtiment qui paroît avoir 
été une conferve d'eau* 

ToRRE Di Patkia , une lieue au tombe 
nord de Cumes, à l'embouchure du^*s«^P^<^' 
Uterne ou Clanio , eft une ancienne 
tour aînfi appellée parce qu'on y voit - 
en gros caraâeres le mot Patria^ refle 
l'une ancienne infcriptîon ; c^étoît , dit- 
)n , le tombeau de Scipîon l'Africain. 
;îe grand homme, vainqueur d'An rùbaL 
Tom. Vli: D 



74 Voyage en Italie, 

de Syphax & de Carthage , à qi] 
Komaîns avoient offert de le créer ( 
iul & Diâateur perpétuel, étoit en l 
& CatoQ 9 ce rigide Cenfeur qui nh 
jamais lou^ perfonne , 8c qui ne c( 
d'aboyer après lui , allatrare , fui 
Pexpreflîon de Tite-Live. Scipion 
accufé de peculat ; on précendoic 
avoir vendu la paix à Antiochus ; 
jiu liçvL de fe juftifier^ il dit tout h 
Romains , c'eft à pareil jour que 
vaincu Annibai, allons en remercie 
Dieu^; tout le monde le fuivit & 
accufàteurs furent abandonnés. Ce 
dant Scîpion indigné de cçtte ace 
^on , fe retira dans fa maifon de < 
pagne près de L>terne , où il mourut 
ans avant J* G il y fut enterré 




Gh. m. Environs de Baies. ' j^ 
if lieues de Gaëce ^ dont nous avons 
E donné la defcriptîon. 
Les ifles de Nifida , de Procida éc 
Tchia , que l'on voit quand on eft à 
ies ou à Mifene , méritent auflî d'être 
es , fpécialement Ifchia , où l'on trouve* 
iucoup de fontaines minérales & d'anr 
ns veftiges de volcans, 
L'ifle de Procida eft peuplée de faî- 
is pour la chafle du Roi. En confé- 
ence on avoir défendu abfolument, 
^ a environ 12 ans, d'avoir des chats 
ns aucune maifon de l'ifle; au bout 
: quelques années les rats s'y multi* 
ierent tellement , qu'ils y formèrent 
;e affireufe calamité; les jardins, les 
lîfons, les Eglifes, les Sacrifties, les 
moires , jufqu'aux tuyaux d'orgues , 
ut étoit dévoré par les ratsj les pro- 
fions des particuliers , les cadavres 
^ant la fépulture , les enfans même 
ms leurs berceaux, étoient en proie 
cette terrible efpece d'animaux ; lifle 
niere alloit devenir inhabitable. Les 
lyfans confternés allèrent fe jetter au 
ieds du Roi , en lui demandant juf- 
:e ; ils femerent fix à fept cent de ces 
jimaux fur fon paflage, & cette ter- 
nie défenfe-fut révoquée. Cela me 

Dij 



7«5 Voyage en Italiî 
rappelle le fléau qu'on éprouve 
qucfoîs au Pérou par les Chaco o\ 
knîs de vifite ; on eft obligé quan 
paflent dans un endroit , de d 
la luaifon; il y auroit du rifqu» 
la vie à vouloir y habiter pend 
temps de^ leur féjour ; mais du 
elles nettoyent la maifon de tout 
dé reptiles, & leur chaffe faite, ell 
vont^ 

' v .■ ^ - ' , ■ ^ ' 

CHAPITRE IT 

Du Château Royal de Pom 

Aprb's avoir décrit la partie oc 
dentale du golfe de Naples , nou 
fons à 1^ defcrîption du rivage o] 
moins célebrq autrefois , mais d 
plus intéreflTant par le fpeélacle 
lier du Véfuve , par les décou 
d'Herculanum , & les belles mai(< 
Portici. 

Le chemin qui conduit de Na 
Portici, depuis le pont de la M 
laine , eft l^rge , agréable , gar: 
maifons d'un côté , & ayant le 
^e r^utre. Une partie ?i été pla 



CnAT.îV.Portici.^ 77 

fcis les arbres ne s'y confervent pas 
à câufc de l'air de la mer ou fcirocco 
& de la fécher^fle du riVage. On paÔe 
à Saint Giot/antii leducciù & à Pietra 
Bianca , pour arriver à Portîdé 

PoRTici fift éloigné de deux lieues 
du centfe de N a pies 5 c^eft un village 
très-long , très-bien bâti , & où le Roi 
Don Carlos a fait élever un château, 
coiifidérable. 

Il confifte en -une cour oélogon* qui <^^Ateâj 
a 260 pieds de longueur; maïs qui eft '*^®^* 
étroite, & traverfée par le grand che- 
min; elle eft environnée de bâtimens 
neufs ) mais mal décorés* Il y â une 
autr^ cour fur le bord de la mer, à 
laquelle on travailloit en 1765* , & qui 
Jevoit être bordée de bâtimens pour 
les gardes. Il n'y a rien de plus beau 
lans ce Palais que deux figures équef- 
très , de marbre blanc , qui ont ét4 
tirées d'Herculanum. La ftatue de Mar- Bditftâi 
eus Nonius Balbus fils , eft placée à ^« Noniu 
îroite fous le veftibule du Palais, oii ^^^^'' 
Ûk eft environnée de vitrages , afin 
jue l'on ne puifle l'endommager. BaU 
)us a Pair fort jeune ; il a la tête dé- 
;ouverte, les cheveux courts ; il eft 
^êcu d'une cuiraife qui ne lui defcend 

Diij 



78 VoYÀêK «N If Atrt, 
pas tout-à-fait jufqu'aux hanches > 
qui laifle appercevoir au-deiTous ui 
efpece de camifole ou dis chetnîfe fa 
franches > qui luidefcend prefqu'au rr 
lieu des cuîfles. Il a le bras droit , 1 
même- qu^une partie des cuiflès Se 1 
ïambes nues; la main droite eft élev 
en I^air à la hauteur de fa tête , & 
tient de la main gauche la bride 
fon cheval , qui. eft très-courte. Le bi 
du tnèmt c6té eft couvert d'un ma 
teau qui pMd de de^us l'épaule , 

3Qi^ en fervàAt de fond aU côté dr 
'é corps, k met entièrement à décc 
Vert. li eft chaulTë avec des efpeces 
brodequins qui lui vont un peu au-del 
dé la cheville ; il eft monté fans felle 
fans étriers ^ à la manière des ancié 
3Le cheval eft dans une attitude al 
tranquille ; un de fes pieds eft levé f 
haut & les trois autres pofent à teri 
ce cheval a encore pour point d^ap 
un morceau de marbre en forme de b 
ne ronde 3 fur laquelle fop ventre po 
& par derrière un petit morceau de m 
bre quarré qui vient s'arcbouter co 
me une quille à Pextrémité de fa quei 
fa hauteur eft , fuivant le catalogue 
jBonumens d'Herculanum ^ de fix [ 



ChAp. tV. Portici. 7^ 

es 10 onces 9 ou j pieds 6 pouces 4 
^esy à prendre depuis la croix des 
)aules jufqu'â terre ^ la fiatue de Balbus 
lit la même pfOportionir 

Cette figure équeflre de Èalbus a 
aelque choïe de froid au premier afpeft ^ 
lais elle gagne beaucoup à Texamen y 
ar la noble fimplicitë oe fa compofi- 
fon , de fa draperie & de fes ajufte-» 
lens : le deifein en eft fin & de la plu!^ 
rande précicilion : la tête du cavalief 
ft très- belle, celle du cheval eft pleine 
le feu : quand on regarde cet ouvrage 
ivec foin » on y découvre une infinité 
te beautés de détail : enfin îl y règnes 
ar-tout un fi grand caraéïere de vérité^ 
u'on diroît que ce marbre refpîre. Lorf- 
u'on Ta découverte, on a trouvé à côté 
infcription fuîvante : 

M. NON 10 M- F. 

BALBO. PR. PRO. COS; 

HERCVLANENSES. 

«Les habitans d'Herculanum ont fait 
ériger cette ftatue à Marcus . Nonius 
Balbus , fils de Marcus , Procurateur 
& Proconful»» 

Une autre flatue de marbre blanc," Sracu. 
igée à Marcus Nonius Balbus perc ,^****"^* 

Di? 



8o VoYAet: en iTÀttK; 
eft placée à gauche dans un veftibuleî, 
château vis-à-vis delà précédente : ceto 
flatue a été trouvée la dernière j elfe d, 
de même grandeur & auffî belle que H 
première , mais elle n*eft pas fi bien con- 
fervée; il lui manquoitla tête & unç 
main quand on Ta tirée des fouilles , H 
elle a été reftaurée j la tête qu^on y a 
mife a été copiée jufte , d'après celle 
d'un homme , dans la phyfionomie du< 
quel on a trouvé un aifez beau carac« 
tere &-qu*on a cru pouvoir convenir à 
la figure : cette tête eft très- bien ren- 
due , fans cependant avoir la mêmi! 
fineffe de deflein que l'antique. A Pé- 
gard de l'attitude de fiaibus père , elle 
eft fimple , & cette figure eft prcfqui 
dans le irtême mouvement que celle du 




Chap. IV. Portici. 8i 

t?fift pas moins beau que Pautre ; voici 
?infcriptibn trouvée à côté de cette fta- 
itne y qui ne laifTe aucun doute fur celui 
|à qui elle a été élevée. 

M. NONIO. M. F. BALBQ. 

P A T R 1 

D. D. 

«A Marcus Nonîus Balbus père { 
•qui étoit fils de Marcus ». 

Ces deux figures ont été découver- 
tes dans le forum ou chalcidique , d^où 
l'on a enlevé auffi les tableaux de Thé* 
fée & d'Hercule , dont nous parlerons 
plus bas. Ces chef-d'œuvres de fculp- 
ture font extrêmement précieux , non- 
feulement par leur beauté intrinfeque , 
mais encore par leur rareté ; puifque ce 
font les feuls monumens d'antiquité en 
marbre que nous ayons dans ce genre, 
11 eft à fouhaiter qu'on obtienne du 
Roi des deux Siciles , la permiffion de 
les mouler pour en avoir des modèles 
dans notre École. Quelles rcffources ne 
trouveroient pas dans l'étude de ces 
monumens , ceux de nos Sculpteur» 
qui par la prééminence de leurs talens 
font cboiûs par les vilks de France, 

Dv 



Sa Voyage eh Italie; 
pour exécuter les fiatues éqùeftres qu%(* 
les confacrent à la gloire de nos Rois^ 

La coupole de T'efcaliep d^ Portid 
cft décorée d^une perfpeftîve de Ykiceiic 
Ré > peinte avec tant de vérité i qu'elle 
fait une illufion complette. 

Les appartemens font d^une magni*-^ 
ficence roplc , j'y ai fur-tout admiré lot 
Caméra ai Porcelfana , qui efl une cham- 
bre toute revêtue & meublée avec la 
porcelaine qui fe faifoit à Capo di Moa* 
te^ c^eftune des plus belles cfaofesque 
l'aie vu en Italie ; les pièces de porce< 
lune qui revêtilTent les murs y fe lievent 
& ie détachent pour êti:e changées ou 
Bettoyées à volonté. 

Le pavé des appartemens eft ùm 
éhofe unique : il n'y a point d'autres 
Palais qui ait le privilège d'être pav^ 
d'ancienge moÊïque Grecque & Romai- 
ne^ & il y en a peu qui foient orné 
d'autant de fiatues, de bas-reliefs , di 
vaiès précieux & autres monumens d'an 
tiquîcé. On y remarque deux tables quar 
rées d'un beau verd antique; quatre au- 
tres tables quarrées faites de laves^ di 
iBOBtVéfuve , d'un gris piqué depetke 
tâches blanchâtres ^ & parferoé de tach^ 
i«iCÛrâtesj^d£sécbàntiUons de marbre» tîjçâ 



Chap. IV. Portîci gj* 

^ 'âc toutcsics parties du Royaume, & donf 
plufîeurs font de la plus grande beauté 5 
tels font la brèche de S. Nicandre dans 
h Fouille , & un marbre de Capoue qui 
reifemble prefque à de l'albâtre oriental. 
Des peintures de plufieurs grands: 
Maîtres: j'y ai fur-tout admiré ics fruits 
de Jean Breugle ou Breughelde velours > 
célèbre Peintre Flamand , mort en 1 642^ 

)i qui font d'une vérité à faire illufion ; je 
remarquai encore des portraits de deux 
; r séants ; le Koi de Naples les a fait faire 
j d'après nature, on m'a dit qu'ils ont 
jf palmes ou fept pieds huit pouces de 
iauteur ; cependant le plus^ grand dont 
faîe oui parler depuis long-temps , Ber- 
nard Gillî , dé Trente , n'a que fept pieds 
deux pouces de France, 

Huit tableaux ovales d'Annibal Car^ 
rache , repréfentant des têtes d'Apôtres 
fort belles. 

Quatre petits eamayeux antiques peints 
fur marbre > ce qui eft d'autant plus re- 
marquable, que jufqu'au moment qu'ik 
ont été découverts , on n'avoit point 
encore trouvé de peinture des anciens 
fur cette matière. Ces camayeux fonc 
d^in ton rouffâtre, tirant fur le biftre , & 
reffemblent plutôt, par la manière doîit 

D vj 



84 Voyage ïn Italik; ^ 
ils foni exécutés > à des deifeins qu'à dcfjjj 
pefmures , ils font d'ailleurs très- beaux iSB 
|l y en a un oii Pon voit le nom du Pein«i|P 
tre , Alexandre d'Athènes , ce qui tvt0i^ 
crès-rare dans les peintures antiques ;^i^ 
fin petit bas- relief de marbre repréfen- » 
tant une femme aflîfe qui tourne le dos 
â une Divinité , & careÔe une colombe ; 
vis-à-vis de cette femme on en voit une 
autre plus jeune , debout ^ appuyée fur ' 
fon coude, & ayant le menton auffi. 
appuyé fur fa main : le tour de cette figu- 
re elt grand, noble &fim pie; la tête en 
cft très^belle ; fon caradere eu pkin de 
candeur ; fa. draperie eft traitée d'une 
manière méplate > & les plis en accufent . 
parfaitement le nud ; les deux autres figu* 
jres ne font pas rendues aufli heureufe* 
ment- 




Ohap. IV- Portîci %f 

.' Uh très- beau bufte de plâtre. 

repréfentanc un guerrier, ce qui 
ût voir que les anciens avoient 
irt de bronzer , quoique nous ne 
is pas quel pouvoir être leur pro* 
tour y parvenir. 

voit auflî dans ces appartemens 
/rages en cire , ou il y a une vérité 

expreflîon infinie , entr'autres ua 

d'Ecole. 

ouvrages en vernis faits II Lon* 
\ Veniîe & à Paris; comme ils 
>us du plus beaux choix > on peut 
r , par comparaifon , du degré , 
fedlïon où le vernis a été porté 
es trois villes ; il m*a paru qu'on 
it 5 fans balancer, h préférence à 
e Martin fait à Paris. 
n eft de même, ce me iêmble.i 
aces que j^y ai vues î il y en a 
îs , & ii y en a de Venîle ; cel- 
bnt plus petites , & de loin elles; 
:ent un peu les objets , parce 
îurs deux furfaces ne font pas 
ement parallèles, cela vient de ' 
iere de les fabriquer ; on les foufile 
fe I en France on les coule fur des. 
, & cette dernière opération rendi 

aî(Teur beaurniin nlns nniforme?^ 



S(î Voyage ek ItALiE, 

Les jardins du Roi font à l'or 
du château , de Pautre côté du cfaè 
min & fur le penchant du Véfuvc; 
font vaftes , mais peu ornés. Ils contient 
nent beaucoup d^arbres toujours verd 
& toujours triftes ; il y en a un fur- 
tout que Pon y trouve en abondance, 
parce que fon fruit fe rcfervo pour la 
grives j on appelle ces fruits ServoUff 
lofe , en Tofcane CorbaioU , à Rome' 
Cerafe marina ; ils font comme de groG* 
fes fraifes , & en ont prefque le goût. 

M. Acciaioli qui a fon habitation au 
fond du jardin , & qui me lés fît voir , 
m'aflura qu'on y avoir trouvé en ereu»' 
fant, jufqu'à'fept étages difFérens de 
laves, provenues de différentes érup- 
tions fucceflîves, dont les intervalles 
Dâroîflent avoir été remplis à chac 




Chap. IV. ForttcK 87 

venue ; Jes plate- bandes font ren- 
^s dans de petites bordures de 
:e , qui s^élcvent de huit à neuf 
s ; une belle allée de Cyprès de 
ï (}uatre cent toifes de longueur^ 
terminer prefque jufqu'à la merç 
rein en eft maftiqué, ce qui le 
toujours d'une très-grande pro- 

II y a dans ce jardin beaucoupr 
yrthe mâle y Mortella , beaucoupr 
tues en pierre , & difFérens mor- 
d'architeélure ; mais tout cela eff 
ïis* 

Propriétaire eft un vîeîllard ret 
>le de po ans , dontie plus grand 

eft daveir de la njufiquè chez 
î^y recevoir beaucoup de monde y 
)uvrir fes jardins à la bonne corn- 
e ; c'étoit en effet y tous les Di- 
bes au foîr, le rendez- vous général 

Cour qui etoit alors à Portici. 
rrdins de M; Camvita conviennent ^ 
: peut pas mieux , au Palais da- 
mais la confidération que Pon doit 
vieilleflTe & au caraftere du maî- 
. empêché la Cour d'en demander 

y a encore à Portici un jardin de 
liquf i it appardeat atr Prince de 



IBè ^ VoYA&B EN Italie, 

Chiaramonte > qui eft curieux dans 
genre. 



G HAP I T R E V. 

Des' découvertes faites à Her* 

culanum. T 

JlTerculanum , cette ville autrefois. " 
enfevelie fous les cendres du Véûive, fc 
retrouvée de nos jours, eft une des cbofes^i 
les plus extraordinaires & les plus cu*^ 
rieufes qu'on puifle voir , je ne dis pas . 
aux environs de Naples , mais danSr 
toute FEurope ; c'efl aujourd'hui unçi 
fource intariflable de monumens antb^ 
ques , de ilatues , de médailles 9 de; 
les Phyllciens 3 les Anti^ 




Chap. V* Hercutanum^ 8^ 

détail îmmenfe fur. toute l'hiftoire Hmoîn 
rculanum ; les deux premiers volu- ^'h«"»^' 

parurent en 175*2 ( ); mais le 
ier volume ne parlé que des mefu- 
les anciens; & à la fin du fécond 
me, après plus de 11 00 pages 
Dreflîon , l'Auteur n'éroit pas en- 

arrivé à l'année où Hercule en- 
it de- délivrer Thélée des prîfons 
onée ou de Pluton ; ' enforte qu'il 
it pas prêt d'arriver à Pannée de la 
ition d'Herculanum ( **). 
uoîque cette ville tire fon nom 
rcule , on n'eft point d'accord fur 
laniere de l'écrire ; les Auteur» 
is ont écrits Hcrculanum , Hercu^ 
m, & plus communément Htrcu^ 
m ; les Poètes l'appellent auflî 

Hercule a y Salinct UercuUœ, Les 
urs Grecs écrivent Heracleion , He- 
non y Herculantion. Depuis qu'on 
lé de la découverte de fes ruines 9 



Proârûmo àelle an* 
CErcolano , di Aî^n- 
)ttavîc Antonio Ba- 

Refereniarh delV 
dV alltraftgnaturai 
lico Etrufco , e Cit- 
iomano , in Napoli 

ndla regale Stam* 
ijri/ïûf 2 vol. in- 4«« 
iyaau:^ungu»d 



ouTmge de Mauocch! in- 
titulé : Altxii Symmachi 
Maiochuj Neapolît. Ec-^ 
clef. Canonici , Regii Sacrât 
fcrtptur^ inurprem Çom* 
mtntarlorum in Regii Her^^ 
culaneafisMufii aneas ta» 
huîasHeracleenfeSjNeapok» 
175^, ayol.ii^-fftliai 



'po\ Voyage en Ttalib, 
lés Italiens l'ont nommée HeretdafUf 
Herculaneo ; mais- le plus fouvent Erco^ 
bno. Les François n'ont pas été plb# 
d'accdrd ; quetqués-ùns l'ont appelle 
Béraclée; maïs ce nomr paroîe aevoîr' 
êtreréfervé è d'auttes villes. Mw PAbbl 
NoUct l'appelle HercuUa ,• M. FAbbf 
Richard l'appelle toujours HenuléesTlii 
Reqùier Hércnlane , Se c'en le iiom qàtf 
f aurois voulu adopter en François j mai^ 
M. le Comte de Caylus & M". Af 
r Académie des Infcriptiôns paroilTeiMf 
flfvoir choifî le nom à^HerculanunuMf 
<âe la Condamine , M. Groflée , Mi 
Gbcbîn , M, Peton , le Traduôeur dél 
, de Winkelman , l'ont adopté ; ainfi quoi- 
que ce fwt une chofe très -arbitraire^ 
éc que le mot à'Hereuîane me paroiffe 
plus naturel , je retiendrai le mot d'ifcr- 
cttlanurriy qui paroît être confacré par 
des autorités plus refpeftables. 
• Polybe, en parlant de Capoue j d^ 
Naples , de Nola , ne cite point Hcr- 
culânum; mais cet'Hiftorien vivoit i jo 
avant. Jefus-Chrift , & peut-être alo» 
cette ville étoit encore peu connue* 
Diodore de Sicile» qui vivoit fous Jules- 
Céfar & fous Augu-fte, parle dans fon 
'^. livre du voyage d'Hercule; mais 



Chap. V.Herculanum, pr 

; parle point d'Herculanum. Srra- 
qui vivoit du temps d'Augufte & 
Tibère, cft le plus ancien Auteur 
en ait parle ; c'eft dans le 5c livre 
I Géographie. Après Naples , dit^ 
)n trouve Herculanum , dont Pex- 
itë s'avance dans la mer y & donc 
eft très-falubre. Cette ville , aufli 
que Pompeii qui vient après, & 
ïft arrofée par le fleuve Sarno ^^fut 
:ée autrefois par les Ofques , les 
fques , les Grecs , & enfûite par les 
sites, qui en ont été chaiTés à leur 

enys d'Halîcarnaffe, qui vîvoît aufB 
Augufte , raconte , dans le premier 
de fes Antiquités Romaines , l'ar- 
I d*Hercule en Italie. li revenoit 
Dagne où il avoit défait le tyran 
on j il avoit détruit les brigands qui 
loient TEfpagne & les Gaules ; il 
t policé les nations Sauvages qui 
roient ces pays , Se s^etoit ouvert par 
Upes un chemin que perfoniie n^a- 
encore tenté; enfin, ajoute-t-iU 
:ule ayant réglé les affeîres d^talie 
n gré, & fon armée navale étant, 
ée d'Efpagne aux^ bords du Sarno , 
:rifia aux Dieux la 4isûièm€ partio 



^2 VoYAGfi EN ÏtâLTÉ; 
des rlcheffes qu'il rapportoit ; & pou 
donner à fa flotte un heu de relâche 
il forma une petite villô de fon nôra 
qui eft encore habitée par les Romains 
elle eft fituée entre Pompeii & Naples 
& fon port en fout temps eft un lie 
de fureté. 

Les OfqueS) les Cuméens , les Tyi 
rhéniens & les Samnites occupèrent lu 
ceflîvement cette côte. Les Romains s' 
établirent 2P3 ans avant J. C. & ceci 
perent fpécîalement Herculanum, Cet 
ville 100 ans avant J. C. étant entri 
dans la guerre fociale ou Marfique , coi 
tre les Romains , elle fut reprife par 
Proconful T. Didius. Le trîfayeul ( 
l'Hiftorien Velleius Paterculus comma 
doit une Légion qu'il avoit levée à i 
dépens , & contribua beaucoup à la pri 
de cette ville. 

Quelque temps après Herculanum f 
faite colonie Romaine ; on voit ce tir 
dans une înfcription qu'elle avoit con{ 
créc^L.Munatius ConceJfanuSyionpvot^ 
teur , & qui fut trouvée anciermeme 
auprès de Torre di Greco ; elle eft à N 
pies chez les Pères de Saint Antoine (* 

(■) Obfirvatlons fur Herculanum t par MM» Cocl 
tf BeUUard. 17 S $• . 



Cha?. V. Herculanum. pj 
ette ville devint riche & confîdé- 
, à en juger par les reftes qu'on 

découvert ; elle eft citée dans 

& dans Florus parmi les villes 
Ipalcs de la Caitipanie. Dans te 
s ùh toute la côte délicieufe du 

de Naples étoit couverte par les 
ms des plus riches Romains , il ne 
oit manquer d'y en avoir près 
rculanum. Les Lettres de Cicéron 
nt de celle qu'y avoient les Fabius , 
le deux frères poffédoient par in- 
. Séneque parle d'une maifon de 
;ula , que cet Empereur fit détrui- 
Darce que fa mère y avoit été dé* 
î prifonniere du temps de Tibère ; 
•toit, dît-il, d'une fi grande beauté 
le sttiroit les regards de tous ceux 
aflbient le long de la côte, 
i defcription que fait Stacc d'une 
m fituée à Sorrento , c*eft-à-dire ,' 
a même côte & à fix lieues d'Her- 
lum ^ peut faire juger de la magnl- 
:e & de la richeffe qui brilloietitl 

CCS maifons de plaifance; les fi- 




54 Voyage sn Italie; 
4'ApêUe8, de Polickte, de Vhyâï 
cous les genres de beautés y . ' ' 
accumulés. On ne doit pas erre 
de retrouver dans les ruines d'Hercii^ ^ 
«des figurQs de la plus grande perfisp^ 
tîon : ^ ^ 

Qjalà ttfètêm reteres ce» acrifqiie figurai ; 
Si quîd Apellaeî gaudent animailê colonel » 
Si quid adbuc » yacuk umen , admkablc Piâ;- .^ 
Phidiacae rafere manus ; quod ab asce.Myconiif v 
. ^uc Polfclecaco quod juiTum eft vivere cclot i . 
^aque ab Ifthmiacis auro podora âvUIis » 
Ora docmn £c yanim, (apienramque ora pttonaUJ 

Stâthtf • 

suitAuiB^Martial , Statius mettent Herculanùm 
* au nombre des villes abîmées par les 
éruptions du Véfuve ; mais Dion Caf- 
fius, qui vivoit Pan 230 de J. C. & 
qui a compofé une hiftoire Romaine , 
èft le premier hîftorien qui le dife for- 
mellement e;i décrivant l'éruption de 
Pan 79. «Une quantité incroyable de 
a> cendres emportée par le vent , retn.- 
«> plit Pair , la terre & la mer , étoufGi 
» les hommes, les troupeaux , les poiG 
• » fons & lesoifeaux, & engloutît deuK 
» villes entières , Herculanùm &. Pom- 
iipeiî, dans le temps même que lepeu- 
!«>'ple étoit aies au fpeâacle. ( D. CaC 



Kia Af. V. HtfîuUmim. ^f^ 
!(?• Q^ 2i.)** Cependant Florin 
1 Tan xoo de. J. C. parloit encore 
ercohnuai^ qu'on croît avoir été 
loutie dès Van 79 ; quoi qu'il en 
de la date de ce terrible événelnen^^ 
\e peut pas douter que la ville d'Her- 
inum n^ait été enlevelie fous les cep- 
s ou ]aves fabloneufes du Vëfuve;:Qn 
ive {es bâtimens à 68 pieds fous terre 
s l'endroit où eft le théâtre , & à loi 
is fous terre , du côté de la mer je 
château du Boi. Le maflif dont elle 
recouverte eft une cendre fine 9 grife» 
liante , qui , mêlée avec de Teau g 
uncompofé que Ton briiè quoiquj^ 
:c peine , & qui tombe en pouffiere^ 
• a des endroits où elle fe détache 
lie même 8c s'ébouleroit fort prompte- 
Ht I fi on ne la foutenoic par des plan- 
s & des étais; en regardant cette pouf- 
e au microfcope , on y voit des par- 
noires & bitumineufes , des partieijS 
ifiées» d'autres minérales & métaUi- 
!S, & on y trouve une qualité faline» 
peu alumineufe, ce qui prouve, com- 
nous l'avons dit en parlant du Véfu- 
, que c'eft une matière de même na- 
5 que la lave en' fpaffe dont nous rap- 
tjproins tien- tôt Panalyfe î eUe ne doin-^ 



'p6 Voyage en Italïe; 
ne cependant pas une odeur de 1 
quand on' la brûle ; fans doute qu( 
cide fulfureux s'en eft évaporé. 

Cette madère ne couvrit que | 
peu , la ville d'Herculanura , & laifli 
habitans toute la liberté de s'enfuir 
depuis le temps que l'on fouille , à | 
y a- t-on trouvé une douzaine de i 
lettes , il y ^voît même fort peu d'( 
d'effets précieux , fi ce n'eft de ceux 
étoit difficile d'emporter. 

Cette pouflîere étoit encore bru 
lorfqu'elle tomba , czr Ton trouva 
portes & autres bois de la ville ré 
en une efpçce de charbon , qui con: 
encore de la mollefle à caufe de Vh 
dite de la- terre. Dans les maifons 
lave n'avoit pas pénétré , tout eft 




X2HAf. V. Htrculanuml yf 
le qui paroît indiquer que Peau qui s'y 
nêUi charîa cette lïiatîere , & la difpcrlà 
.dans l'intérieur ; à moins qu'on nedife 
livecle P. delaTorre. (Hift. duVéùZTUyt 
l& 1 19 ) , qu elle arriva comme une ef- 
Ipece de-courant de matière embrafée & 
|fiuide, qui couloit à raifon du bitume 
Dndu qu'elle Gontenoit, & qui pénétra 
lans les maifons : cela lui paroîc vrai- 
nblable ; parce que , dit- il , fi elle étoit 
ombée en pouffiere & quelle n'eût été 
liftribuée que par les eaux furvenues à la 
fuite des cendres, elle n'^uroit pas cont- 
ré cette grande chaleur qui rédai-: 
bit tout en charbon*. 
La cendre & la lave , dont nous avons 
arlé, rempîiflTent exadlement tout Hn- 
Srieur des appartemens , on trouv-e des 
ours qui ont fléchi , d'au^tres qui font 
enverfés, ce qui prouve que la lave a 
jté détrempée & a coulé comme uneeC- 
Bce de pâte ou de fluide. Le cimenT<îue 
btte cendre a formé avec Peau , eft de- 
bnu fi compaél:, & dans la fuite a & 
en garanti de l'humidité tout ce qu'il 
Vironnoit , qu'il a erhpêché la fermen- 
^On,.& quMa conferjiré les couleur* 
le des peintures ; que les acides ^ l^ 



'^8 Voyage en Italie; 
pll^alis auroient rongées par-tout ailleof 

Au-deffus de cette îaye qui iqa^ 
Sans la première érupripn , Fpn trous 
une efpeçe de poudre blanche difpojS 
par lits f mais avec qlielques interrui 
tions ; elle provient fans doute dies pluij 
de cendres qui font venues fucc€^v( 
rnent en divers temps ; par-deffus ceti 
cendre on trouve dix à douze pieds c 
ferre ^ dans laquelle on rencontre d'ai 
ciens tombeaux , & par-deffus cette ten 
la layç dure en grandes maffes pierreufa 
f ellç quelle a coulé dans les dernier 
téruptions , depuis Tan 1036 ; & parade 
fus celle-ci de nouvelles couches de ter 
végétale , compie je l'ai remarqué à 1*0 
cafion des jardins de Portici. 

C'eft ainfi que ce rivage dangerei 




Châp. V. Herculanum. ^^ 
Pompcii ^toît tellement éteint, 
difputoit au commencement du 
fur le lieu de leur ancienne fitua* 
: Cetano mettoit Herculanum au 
let du Véfiive , quelques auteurs 
ent placée à Ottaiano qui eft de 
e côté du Véfuve , Biondo &Raz^. 
U mettoient à Torre ddl' Armun-^ 
; fur la carte de Petrini , elle eft 
née à près d'une lieue au midi de 
ci ; Ambrogio Lione penfa que c'é- 
Tbrrc dd Greco , qui eft à une de- 
îue de Portici , en effet l'on avoit 
é dans le dernier fieele des inf- 
ons du côté de Torre del Greco p 
lefquelles il écoit parlé de cett^ 
, & que Capaccio a rapportées dans 
biftoire de Naples ; ce qui la ùi^ 
uppofer plus méridionale que Por- 
►ù cependant elles'eft trou vée réelle- 
; il y avoit des Savans qui croyoienc 
'ompeii étoit dans cet endroit , quoi- 
ie fe (bit trouvée enfuit^ fur les 
5 du Sarno , deux lieues plus loin ; 
même qu'on a eu découvert des 
s fous Refina & Portici , on penfa 
'étaient celles de Retina dont parle 
: , mais on croit aujourd'hui que Re^- 
a'étoit qu'un petit village fur le bordl 



JSjrOO Vô.ïA(3É ÏH ÏTÀLI» 

^e la mery où habitoiept les mat 

toutes ces încertiti\des ^ont étdfi)^è 

l^.s découvertes que nous lallons rac 

)écouvef- Le Pripce d'Elbeyf , .Émani 

. * ?^;^V|uorraioe 5 étpit ^llé à-Naples. en j 

!à la tête d^e l^armée Impériale 

'.: %yoit . envoyée contre Philippe V 

4poufe.en 171,3., ia. fille ^a Prir 

&iïfa ,^à la;fuite d'une avanture d 

Ce mariage lui .fit décrier. une r 

,de campagne aux environs de N 

il en fit.Witir une à Portici &: 

la Élire décorer 4e ftucs ; ua >Fr 

qu'il aypit avec lui exçellolt d; 

xoiBpofitipn d'un ftuc aufii dur i 

fbrillant que le marbre , qu'il çon' 

comme les anciens , avec les d 

j^ks éclats & .la pouffiere de di: 




ChA'pÏ V. ÊefcuUnhni. ïdt 
(jjidqoes jours de travail on découvrit 
ifnc flatue d'Hercule*, &' cnfuite une 
Ciéopatre. Ces premiers fuccès encou- 
ligerent ïé Prince , on continua les ex- 
cavations avec plus d'ardeur; on trouva 
Kentôt ^architrave cd le deflus d'unb 
porte en marbre, avec une înfcrfptioft- 
& fept fiatues Grecques femblables h^ 
ies Veftales , & qui furent envoyées eti • 
France. 

Quelque tehips après on trouva un* 
Temple antique , de forme ronde , ert- 
■^rtronnë dé 24 colonnes d'albâtre fleu- 
ri ; l'intérieur étoît'orné d'un pareil" 
iwmbre de colonnes & d'autant de (la*- 
tiies de marbre Grec , qui fureht en- 
voyées k Vienne au Prince Eugène* 
(Recueil de ce- qui a- été publié fui; 
Herculanie , par M. Reqùîer , 1 7 J4O 

Le produit de ces recherches devint 
bientôt aflfez' confidérablè pour réveil- 
ler l'attention du Gouvernement , & 
Pon forma oppofitîoil aux travaux du 
Prince d'Elbeuf ; depuis ce tempsi^là il 
ne fut- prefqué plus gueftîon dé nou- 
velles découvertes , jûfqu'au temjps o& 
Don Carlos , devenu Roi de Naples , 
Voulut faire bâtir un château à Por- 
4:1 en 17315. Le Duc d'Elbeuf cédli 

£u] 



rto2 VotÀôK UN Italik; 
au Roî fa maifon & le terréin < 
l'on avolt tiré tant cEe belles cIm 
Le Roi fit creufer à 80 pieds de 
fondeur perpendiculaire y Se Ponr 
tarda pas à reconnoître une ville 
*tiere qui a voit exifté à cette prol 
dcur. On retrouva même le Ht d 
rivière qui traverfoit la ville , & 
partie de Peau qui laformoit. (M. 
quicr,p. 132.) 

M. Venuti , célehre antiquaire , 
rîgeoit alors les excavations ; il 
couvrit le Temple de Jupiter , où ( 
une ftatue d'or , & enfuite le théâ 
les infcriptions qui étoient fur les { 
cipales portes ^ les fragmens des ( 
vaux de bronze doré & du char 
quel ils étoient attelés, qui avoient 




Chap. V. Hereuldnum. lof 
:de largeur^ Ils font obliges de les 
lyer en fuite avec de la charpente ^ 
t de réferver des maflîfs de terre 
Qr foutenir la terre toujours prête à 
îbouler. 

Quand on à fouille dans un endroit j 
\ eft obligé de le remplir enfulte avec 
terre que l'on retire d'un boyau 
)ifin ; on eft aifujetti à cette manière 
î procéder , par la néceflîté de ména- 
)T les édifices de ReAna & de Por-* 
à, qui font au-deflus de ces fouilles, 
: cela fait qu*on ne peut avoir qu'im- 
irfalrement les plans de la ville & de 
s édifices^ 

On reconnoît cependant que toutes 
8 rues d'Herculanum étoient tirées au 
irdeau 5 & a voient de chaque côté des 
irapets ou trottoirs pour les gens de 
ed, comme il y en a dans les rues 
; Londres ; elles étoîent pavées de 
ves toutes femblables à celles que 
cteaéluellement le Véfuve; ce qui fup- 
)fe des éruptions bien plus anciennes 
le celle de Pan 79^ 

L'édifice le plus confidérable qu'on Découi 
: découvert dans les fouilles d'Her- î^l^"^ 
lanum ^ eft un bâtiment public oîi il 
roît que fe rendoit la juftice , appelle , 

E iv 



runif 



|W?4 VoYAtSÎ 2N ItALI 

foivant les uns , Forum , fuivani 
très, Chalcidicum ;: c'étoit une 
228 pieds , dont la forme étoit 
gle.^ environnée d'un pépiftik 
tique de 42 colonnes, plus haut 
pieds que. le niveati de lar cou 
Ge. marbre & orné de différent 
tures^ M. Beliicard quile vit en 
en a. donné une courte defcripti 
un: petit, plan. dans fes Obferva 
Herculanum , aufli-bien que M. i 
dans, fon -Recueil., 

Le.portique d'entrée étoît con 
.cinq arcades ornées xie flatues équ 
marbre , dont deux ont été con 
ce. font. Iè3 -fameufes- ftatues d< 
Bjalbus,,dont nous avons parlé 
a trouvé, plufieurs ftatues des 
Nonia. &. Annîa., dans le. th( 




)rum ëtoît joint par un' portique * 
à deux Temples moins grands, 
le reétangle , voûtés, ornés 
ement de colonnes , de peintu» 
jue*& de quelques infcrîptions en 
ily avoit un de ces Temples 
pieds de long,- 

écou v»t auflî en 17^0 , près de "^^^^^^ 
les Temples, c'eft-à-dire, fous 
k près du château du Roi , un 
dont M. Bellicard a donné le 
9 le même ouvrage; les graf- 
fpcftateurs font difpofés dans 
ii-€llipft- qui a' i5o' pieds de 
: , coupée' fup far longueur, & 
:re étoit- un' rèftangle de 72'- 
•'50V orné d'>une façade d'ar- 
e & de belles colonnes de mar- 



;i66 VoYÂéïBN lTXx.fi 

2u'on lui avoir donné, de n^êt 
dele à Pégard de l'ovalîté. La \ 
ce théâtre avoit 21 rangs de gi 
& plus haut une galerie ornées 
tues de bronze , de colonnes de 
& de peintures à frefque , qu'on en 
chées avant que de reporter la ter 
les fouilles. Une partie des murs é 
vêtue de marbre de Paros ; j'ai vu 
en 1765* beaucoup de gradins à 
vert, & Ton y travailloit jou 
ment. Ceft-là , fans doute , le 
où l'on étoit affemblé le jour 
grande éruption de Pa% 75) , qi 
fevcru fous les cendres Hercula 
Pompeii>fuivant Dion Caâius. 

Un tombeau que Ton découvi 
4e mcme-temps érolt décoré ext^ 




Chap. V, Hereulanutru '107, 
Seurs rues bien alignées &: des mai- 
s parckulieres , dont ptufieurs étoiene 
ées de marbres de diâférences cou- 
s , en compartimens , d'autres de 
[kïqae faite avec quatre ou cinq ef^ 
es de pierres naturelles y d'autres 
:n avec des briques de trois pieds de 
gueur & de fix pouces d'épaîifear ; 
f en a de femblables dans un Teni- 

découvert àPouzol vers 1710. On 
erçoit tout autour des chambres une 
ece de gradin d'un pied de haut, oà 
it-être s'affoyoïent les efclaves. Les 
rs desjmaifons étoîent le plus fouvent 
its à frefque en compartimcnsr On 
cntiarque des cercles , des lozanges ^ 

colonnes f des guirlandes , des ol- 
iXr M. Cochin a fait graver quelques-^ 

de ces ornemens dans fes obferva- 
is fur Herculanum ; les bandes font 
:}quefois jaunes y quelquefois grifes;> 

fonds varient également, laais il n'y 
;uer€ de maifons o\x Ton n'en ait 
avë^ Ce genre de décoration s'eft 
intenu en Italie jufqu'à notre temps J 

ne voit prefqûc pas de tapifferies 
is les appartemens ordinaires , mais 
mcoup de peintures à frefque fur les 
laiUes i cela décore les appartemens ^ 

Evî 



f3ED5 VoïÀGîrBlï rVAÊ-ï 

'&ns en diminuer la fraîcheur». L»e 
des maifons font fouyent ornés 
lonnes: de briquea, qui font e 
d'un tiers de leur diamètre-, &(] 
enduites d\jn ciment blanchi au- 
J'ai vu la même, cbofe dans le 
pie de Pompeia; c'eft l'i/iron. 
des Italiens , quifeiait avec d& h 
& du marbre pilé.^ 
^^ Les fenêtres , à ce qu'il paroît , 

Stoti^uf* ordinairement fermées en bois j 
la nuit & ouvertes pendant le 
on a trouvé du verre, mais c 
qu^à un bien petit nombre de nr 
ce verre étoit fort épaisi -II? par 
!?on. n'a voit point alors l'art c 
desi^vkres auffi; minces que les 
& auflî facilement qu'on les fait 
lèment. Il n'en faut pas être i 




GhAP. V. Herculanum: taç 
en grand nombre. Ce verre cft ab- 
Ffcluraent terne ; il a perdu Ton poli par 
1 lis' acides qui en ont attaqué & décom- 
I pofé la furfacè ; il s'en trouve des mor- 
' «eaux qui brillent des couleurs prifma- 
tiques les plus vives , parce qu'ils font 
i 'écaillés , & divifés , fans qu'on s'en ap- 
perçoive , en feuillets ou tranches extrê- 
mement minces ; or, il eft de la nature 
ëes lames très-minces de répandre des 
couleurs différentes , fuivant la diffé- 
rence de leur épaiffeur, ainfi qu'on le 
Yoit par les belles expériences qui foilt 
dans Toptique dé Newton ; on a re- 
inarqué la même chofe dans le verre tiré 
des catacombes de Rome : il y en a ud 
morceau à Paris au Cabinet duRoi ^ qui 
a prefque autant d'éclat que les pierres 
d'Iris, auprès -defquelles ce verre anti- 
que eft placé. 

Il y avoit auflî à Herculanum' dés 
fenêtres fermées avec un gypfe tranfpar- 
renr débité par lame^ minces, comme 
la pierre fpéculaire , qui pouvoît tenîr 
lieu de verre ; on s'en ferr encore quel- 
quefois : les fenêtres de PEglifedc San 
^Mimat0 à. Florence- , font -fermée? par 
uneefpece:d'àlbâtre ou de pierre miacç . 
lUtvtraBfparentet' . 



CHAPITRE Vr. ' 

Defcription du Cabinet M ParticU 

iMiîct l^E Cabinet d'Antique» ou 1 
oiues. jjf^y^f^^ ^g Portici, le plus curieux 4 
le plus riche qu'il y ait en Italie , a il 
formé depuis 17 jo , en conféquenc 
des fouilles d'Herculanum> de Pompe 
& de Stabia ; il efl placé dans les en 
trefols d'un bâtiment extérieur qui tiet 
au Palais du Roi , du côté de Naples 
fous la garde de M. Filippo Cartoni } u 
jeune homme très- peu inftruit le fai 
voir aux étrangers 5 mais on ne reço: 
de lui aucune lumière ;& comme il ei 




9 



Ch. VÎ. Cahïntt de Tortîcî. itt 
îjikaàt de Belles-Lettres qui devoit s'y 
appliquer ; elle s^allembloit dans fon 
appartement à la Secretairerîe tous les 
quinze jours , & l'on travailloit de con- 
cert avec lui: cette compagnie étoic 
compofée de MM. Mazzochi , Zarillo 
Carcani , Galliani , le Baron Konca , 
Nicolao Ignara , Camillo Paderni , Pla- 
aura, Caftelli ^ Aula, Monti^Giorrlano, 
l Baiardi , Valetta , Pratillo , Cercati , 
c avec le P. de la Torre & leP.Tangi : nous 
r avons déjà (Ix volumes de leur travail ^ 
dont k premier contient un catalogue 
de 738 tableaux, de 370 fiatues,^ de 
de 1647 vafes ou meubles remarqua* 
bks, fans y comprendre les lampes ^ 
candélabres & trépieds qui font comptés 
féparément. Ce volume parut en 175^5' , 
fcs cinq autres font les^ gravures & les 
explications des principales peintures ^ 
dont le dernier a paru en 1768. 

Cette belle coUeftion a été gravée 
par ordre & aux frais du Roi , qui a fait 
déjà des préfens de la moitié de Sédi- 
tion ; j%i vu offrir jufqu'à jo fequins à\x 
volume y par des gens riches qui n'é- 
toîent pas à portée de l'avoir autrement 
qu'à prix d'^argent. Mais le Roi a voulvi 
fc réferver le privilégie de donner feuï 



fï-là' Voyage BN Italie; 
cette marqua de dittinétion auir-ge 
Lettres ou auîc perfonnes en place 

On voit dans la cour -un grand 
de pierre en demi-cercle • de i y \ 
pieds de > diamètre , qu-'on' croit- 
été placé dans le lieu de la-fépi 
Statues des Prêtres^ H y aauflî dans la c 
2U«5uw, dans r€{calier-& dans les apparten 
plufieurs ftatuês de marbre j qui fan 
du premier ordre , comme celleî 
Nonius, ont cependant de la be 
les têtes font ordinairement médio 
mais les draperies font travaillées ave 
licatefle & avec goût. On y remî 
fùr-tput une grande figure^ de fc 
d^un'âge avancé , érigée par les ( 
rions d'Herculanum , à Phonneur d 
rîà mère dé Balbus , qui étoît le 
téôèur dé leur ville , & femme de 
bus lé père : cette ftatue a 6 piec 
haut , elle eft voilée & drapée de 
dé manière ; on y a trouvé Tinfcri 
qui marque ce qu'elle étdit. 

Dou2e - ftàtues de femmes' draj 
entré lefquelles on voit une Veftal 
Jtoirabîe*. 

Deux figures hiutilées d'hommes 
éHe^ font dé grandeur un peu colo 

.Une %uire dçbout plus grande 



i Ch. VI, Càhlnit de Portîeî. ri^ 
pMilre-, qu'on dit repréfenter un Confui 
Komain, la draperie en eft de la plus 

rude manière & indique parfaitement 
nud. 

Les ffatues die bronzé font en (î grand 
nombre d^ns ce Cabinet , que tout le 
ifefte de l'Europe auroît peine peut-être à 
en fournir autant , & elles font belles en 
fénéral ; on y remarque fiir-tout un 
ilercure affis de grandeur naturelle , la 
plus belle de toutes les Ihtuesde bron'-* 
ïe qu'on y a trouvées ; un Jupiter plus 
paéd que nature ; un Faune qui dort,, 
grande figure en bronze ; un Mercure , 
deux Lutteurs, dont l'un eft dans la 
fofture- d'un aggrefleur, & l'autre fur 
la dtfenfîve,:& qui font très-beaux ; 
un Faune yvre placé fur un outre de 
vin',de-7,a 8 pieds de haut; on en a 
trouvé iH pareilles dans le théâtre ; deux 
figures nues d'un tiers plus grandes que 
nature , on prétend que l'une repréfen- 
te Jupiter ; cette ftatue a eu la tête St 
le corps applatis fous- le poids des la- 
ves ; quoique cet accident l'^it endom»^ 
»age beaucoup , on y reconnoît tou-- 
buts de grandes beautés, les cuiflTeis 
fe.les jambes font bien çonfervées &- 
m belleia* 



ii4 VoYAGB EN Italie 
Deux Confuls Romains , don 
àvoit vraifemblablement k$ yeux 
autre métal , aînfi qu'il eft aifé /d 
appercevoîr par les trous qui reftei 
où il y a tout lieu de croire qu'ils é 
încruués. On ne trouve danâ l'an 
té que trop d'exemples de ce mî 
ufage ; & la plupart de ces ftatue 
fouvent des yeux d'argent , qui fc 
contrafte dëfagréable avec le fond 
que noir. 

Cinq ftatues ^e danfeufes plus | 
que nature ; trois femmes drapées 
fieurs buftes repréfentans des Ph 
phes , & d'autres hommes illuftres.; 

3ues fragmens d'une ftatue éq 
e bronze > qui fait préfumef que < 
voit être un bel ouvrage , à en jug 
la tête du cheval, & parles jamb 




Cn. VI. Cabimt de Porticl ï f Ç 
t nous parlons , font pavés de ma- 
uc ancienne d'Herculanum , on les 
fporte par morceaux de 4 à 5 pieds ; 
lerniere pièce du Cabinet contient 
norccaux , dont les fujets ou l'exécu- 
ont noérité d'être diftingués. Py ai 
irqué une âgure qui tient un tam-« 
: de bafque , une autre qui joue de 
i flûtes à la fois , & une troiiieme 
nt les crotales. On y voit des figu- 
\ cheval fans étriers & fans felles i 
fimple toile couvre le cheval , & 
ne tient que par une fangle & un 
raiU 

les appartetnens font garnis de htzax 
s d'argent & de bronze , avec des 
is fépulchrales & des vafes de terre 
ifques , femblables à ceux qu^on vdt 
me dans la Bibliothèque du Vatican 
illeurs. 
)n y remafqtïe un autel de bronze i 

cbaife pliante , Sdla Curulis , dont 
)ieds font faits en forme d'S, le Lee* 
rnium ou lit de parade confacré 



trïiS' V O Y A G F EN I TA L lïj 
figures panthées ou polythées , qui 
Ibrloient. les attributs de plufieurs I 
ïïîtés. La variété de ces attributs 
pendoit de: la dévotion des perfo 
qui les faifoietit faire , pour expi 
dans un feul objet toutes les Divi 
fous la protedion defquelfes elles fe 
tôient. Ces petits Dieux *^font tou 
tronze , & plufieurs font d'un 
bon goût. . 

Des trépieds du piûs beau tra 
an fur-tout dont la cuvette eft p 
par trois fphyjîx ailés très ^ bien i 
un autre qui eft auflî de bronze & 
tenu par trois Satyres our efpece 
Friapcs , dont les carafteres de 
font admirables ôc les attitudes pi 
d'expreflîon. Ce qu'il y a de Ij 
lier , c'eft que chacun de ces P: 
n'a qu'une oreille, une jambe l 
pied, & chaque cuifle prend naii 
au milieu du bas- ventre. 
Figure» Il y- avoit auflî dans une armoi 

recueil de Eriapes d'une très-belle 
fervation ; ils font de bronze , le: 
de grandeur naturelle:, les autres 
petits. Ces Priapes nefont point ce 
les précédens , les fimulacres du 
de ce nom, mais de fimples reprél 



#bfGCJie9« 



Çfî. VI. Cabinet de Pcrticl î 17, 
•lions du membre viril en jéreâion. La 
plupart ont deux cuiflTes & deux pieds 
de lion ou d'autre animal , qui pren- 
fient Ie>ar .naiÀfance vers les cefticules; 
ils ont quelquefois des ailes & font en- 
jolivés de plusieurs fcnnettes ou grelots; 
ça.peut les fufpendre comme des luf- 
tr€s, & pour peu. qu'on les touche ils 
forment un petit carillon. Indépendam- 
ment de ces Priapes , qui font en très- 
grand nombre , il y en a une infinité 
de très-petits qui ngrit pas plus de fix 
i hait lignes de long. On prétend que 
les femmes s'attachoient ces derniers 
fur les reins dans l'efpérance de devenit 
fécondes. 

J'ai. vu. un mancthe d'afperfoir qui a 
la figure d'un Priape; peut-être peu- 
foit-on qu'un meuble de jardinage poa- 
voit. porter le cara^ere du Dieu qui 
préfidoit aux jardins ; un petit cadrais 
dofit le ftyle étoit de tpême forme. 

Aurefte leV villes de Ja Campanîe,' 
Capoue & Baies , éroient regardées , 
plus que tout autrç endroit de l'Ita- 
lie , comme des -lieux de volupté & 
de licence. Vénus étoit fpécialemenc 
honorée à Herculanum , & Ton trouve 
b atçributs de ce cu.Ue obfçene fuj 



Inflmmefii Un voit auili dans ce cabinet 
dlven» înftmmens d^agrîculture , les foni 
qu'on attachoit au col des bcft 
les inftrumens de différens Arts , 
me les pièces pour figurer la pât 
gâteaux ; les in(trumens de bronz< 

{sortent les lettres dont on naai 
es briques ; ils auroient bien àt 
me femble , fair^ inventer Tlmprin 
car pluûeurs de ces lettres aflèti 
n'auroient-elles pas imprimé leur 
leur fur du papier, fur de la peau 
de la toile ^ comme elles impriop 
leur forme fur de la pâte f 

D^R plumes de bois , des écn 
ide forme cylindrique , avec de V 
dedans; des tablettes fur lefquelft 
létendoit la cire , des inftrumens 
unir la cire , des poinçons ou ftyles 
écrire , des grattoirs pour effacer 1 
ture , & un étui de bronze qui re 
moît des ftyles. 
Tpus les inûrumens de ménage, 



j 



r — -'•• f--7 -j— "^ ^^ — ^' 

ue par les lampes fépulchrales 

, & qui, au lieu de dire ^ une 

deux fols , difoit toujours un 

lanternes , des candélabres fur 
on mettoit des lampes 9 qui ont 
f pieds de haut , dont les orncr^ 
it d'un bon genre. M. Cochin en 
aver deux dans fes ôbfervations. 
Fourneaux pprtatifis en bronze ^ 
rme affez îngënieufe , qui fer- 

chaufFer de l'eau dans un vafCf 
chofes folides fur une grille; 

pour chaufFer de l'eau en met«^ 
feu dans le milieu » nn vafe ou 
le marmite de bronze à douVile 
vec trois petites cheminées ; il 
[u'on y mettoit du feu. 
caffes & des foucoupes en argent^ 



hzo Voyage ïïN iTAri'ff 

placée au-deiTus de la partie la pl^ 
J&nte , pour .qu'Jeile fût en équilibre 
.quefleine. Des pinçet^s à maii 
•prendre le charbon. 

Des îtiftrumçns en forme de 
lers quadiruples^ propres .à faire 
quatre :'œufs à la fois féparément; 
nombre de coquilles de cuivre 
des maniîhes, pour faire cuire la pat 
jLfn gril de fer pour la cuifine. 
vu beaucoup de cuilliers ,.mais 
meuble, ce mefemble, qui approc 
nos fourchettes. 

Des marmites dont les deux ai 
<rabaiflent & fe collent fur les < 
pour occuper moins de place. D 
ies dont les.anfes font en forme c 
pçns entrelalTés ; d^autres vafes 
chac 




Ch. VI. Cabinet de Portici/ 121 
îquer l'étain fur le cuivre manquoic 
a Romains ; auflî leur batterie de cui^' 
K étoit-elle toujours d*un métal com- 
)fé , "comme notre bronze , & non pas 
î cuivre pur , métal trop facile à dif- 
udre&qùife change trop vite en verd- 
c-grîs. 

Les denrées même s'y trouvent en- 
we en nature ; on y a trouvé des 
îufs très-bien confervés. Une tourte 
environ un pied de diamètre , dans 

tourtière au-dedans du four. J'y ai 
1 du froment dont les grains font en- 
ers, quoique noirs & charbonneux; 
5S fèves , des noix qui ont encore leur 
mleur naturelle , mais qui ne font au- 
>dans que du charbon. De petits pains 
inds, qui n'étoient pas encore cuîts; 
autres déjà cuits , quoique moifis & 
; à demi-brûlés ; ils ne font point mé- 
annôiffables , leur forme eft entière ; on 

voit même les lettres donc on les 
larquoit. Il y en a un de neuf pouces 
e diamètre fur quatre d'épaifleur, où 
)nt écrits ces mots , Segilo e graniu E. 
'icere. Des amandes , des figues , des 
«tes , (p/gnoie;) de l'huile defféchce 
t dont il ne refte que la partie réfi- 
«ufe. Du vin même qui eft à fcc & 
Tome. VIL F 



f^% ^OYAGK JTN ItAXII 
féduît ea une matière concrète j 
f$tx^ i on. fait que les vins des 9 
ytoii^t 4p9^s '^ dépofoient beat 
4& Pon en peut juger , fur-tpu,i 
celui-là, Ij.'on en eft affuré , parce 
9 tfpiXYié des çav^s.revêtues de rn 
avec les bputeitles rangéiss fur d 

îi^ verres & les bouteilles y < 
unis çhoïe fort commune, de mêi 
Uis lacryqiatoîres j petites fîol 
(étoîent fii^ipoféçs. renfermer les 
répandues lU l^ toonbeaux ;. il 
même Q]i)ir l'on voit icfi figura 
^preintes^ 

Éiçs pQts de terre aflèmbl^ es 
de . panier à porter deux bouteil 
vin. Des^ ablettes de terre abfo 
plates, pour mettre les gâteaux 
çuiles d'une forme très- commode 
border le faite des maifons; t}^i 
fent p^r un rebord , avec un trc 
récoulement de$ eaux. Des lam 
terre cuite, çmée* de bas-reliel 
lainpe à deux mèches , qui paroi 
été fufpeadue en l'air par le me 
quatre chaînes attachées aux ai 
deux aigles qu'on voit fur les 
& dont l'anfe eft en forme de 



Ch. VI. Cabinet de PorticL 113 
Tout ce qui eft néceffaire pour la 
twlette & pour Pajuftement, fe retrou- 
ve dans ce cabinet d*anriques : un braf- 
felet d'or formé de deux demi-cercles , 
qui s'attachoient avec de petits cordo- 
nets d'or ; on y voit deux têtes fort 
bien cifelées; des bagues, des boucles 
d'oreilles , des cîzeaux , aiguilles , dez 
li coudre ; une caffette contenant tout 
ce qui étoît néceffaire pour les travaux 
. des femmes ; des cure- oreilles , des 
peignes , des ornemcns de la jeuneffe , 
appelles Bullce , en forme de cœur j des 
boucles de cheveux en bronze, évi-* 
dées avec légèreté & frifées avec goût ; 
des galons d'or treffés fans foie ; des 
pots de rouge en cryftal de roche, fem- 
blablcs à ceux des toilettes de nos Fran- 
çoifes , avec le vermillon , Fucus , qui 
y eft encore dans fon entier ; des vales 
)our les parfums ; des frottoirs pour la 
)cau , Strigili^ qu'on employoit dans 
es bains. On a trouvé les bains eux- 
mêmes avec l'affortiment de tous les uf- 
tenciles qu'on y employoit. 

Des couleurs brutes pour peindre, très- 
bien confervées, fur-tout de la laque, 
de Tencre jaune & de très-beau bleu. 
De petites balances à deux badins ; 

Fij 



j^4 VoYA(?E BN Itaj;ie; 
niais dont les bras font divifés en deux 
parties; un petit poids qu'on y faifoic 
couler , fuppléoir, à peu-près comme 
dans nos Romaines, au grand nomBre 
de petits poids ou de fubdivifions dont 
on fe fert dans le Gomn>erce, Ces ba* , 
lances font fufpendues à une fimple boa- ^;^ 
cle ; elles n'ont point d'aiguilles ni -de . I 
languettes pour indiquer Içs petits tré* i 
jbuchemens ; cependant j'ai vu ailleurs j 
des balances antiques où il y avoit une 
languette. 

Des inftrumens de mufique, Tibiœ'y\cS 
' flûtes faîtes d'os ; les Crotali , ou petites J 
pièces rondes de cuivre qu'on frappoic 1 
l'une contre l'autre; & le Si/?rMm, inf- - 
trument en fer à cheval , traverfé d$ 
plufieurs tringles de métal , que l'ofl 
frappoît avec un archet, La flûte à fcpt 
tuyaux , le tambour de bafque , les tyra- 
bales & les jeux de dez ne fe voient 
que dans les peintures. 

Des inftrumens de Chirurgie;, comme ^ 
des fondes, & même un étui complet 
où tous les inftrumens ont des manches 1 
de bronze avec des ernemens de fort j 
bon goût. 

Des cafques, des boucliers, & toutî 
ftirte d'armes oftenfives & défenfives 



Gh. VI. Cabinet de Port ici. ia^ 
des verroux , des ferrures , des clefs , 
des maneaux. Des clous qui paroiflenr 
faits au marteau 9 & d'autres qui onc 
été formés dan^ une efpece de filière ; 
je parle de ceux de cuivre > car pour 
ceux de fer , je n'ai pas pu en diflinguer 
a forme. En ^ général tous les inftru- 
nens de fer font rongés par la rouille , 
léfigurés, réduits en fcories, bourfouf- 
és & méconnoiflables ; voilà pour- 
uoi Ton n'y a trouvé prefque d'autre 
leuble en fer bien confervé, que le 
ril de fer dont j'ai parlé. On trouva 
ne maifon dont la porte d'entrée étoic 
rmée d'une grille de fer; mais elle s'en 
la en morceaux quand on voulut la 
•ucher. J'ai remarqué encore des ha- 
eçons , des filets de pêcheofà & d^oi- 
leurs , noircis par le feu ^ mais dont la 
•rme eft entière. 

Des urnes de terre, divifées intérîeu- 
ment par loges; on croit qu'elles fer- 
ment pour renfermer les loirs, G/irej, 
le l'on éleVoit , & qui formoîent 
I objet de luxe chez les anciens , par 
I de ces ufages bifarres dont on trouve 
peine quelque prétexte , malgré leur 
iverfalité; tel eft parmi nous l'ufage du 
)ac au^el il femble qu'on ne puiffe 

F iij 



126 VoïAGi^EN Italie^ 

attacher ni agrément ni utilité. 

Uu petit cadran folaire tracé fur 
pièce aargent en forme de jambon 
queue de Tanimal y fert de ftyle ; o 
gravé dans le troiueme tome des jf 
chità di Ercolano , page 337. M, c 
Condamine en parle dans les Mém 
de TAcadémie pour iJ$o 9 pag. 3 

Il s'y eft rencontré une mefur 
pied Romain , dont M. Bonpiede , 
génieur du port , m'a fait voir une < 
cxaéle , il a 10 pouces 1 1 lignes 7, 
peut^coritribuer à décider la queftic 
la longueur de l'ancien pied que]\ 
h Condamine avoit déjà trouvé d 
pouces II lignes, par la compar 
de plufieufs monumens Romains. ( I 
deTAcad. pour i?^?)- 

On a trouvé beaucoup de méda 




Ch. Vh Cabinet de PorticL ii'f 
nce qui ait ëté trouvé à Herculanum.' 
Des fceaux ou cachets ; des anneaux 
îfer, d'or, d'argent, montés & non 
ontés i des cornalines , des iàrdoines ;: 
ufieurs pîerrei précîeufes doutées en: 
', maïs groflîéfcrtient ; on m'en fit voir 
îe que le Roi d^Efpagne avoit fait 
monter, & qu'il portoit depuis fepc 
is, mais qu'ira remis au cabinet de 
Drtici, en partant pour l'Efpagnc , afin: 
î faire voir qu'il vouloit conferver au 
oyaume de Naples , tout ce qu'on avoir 
3uvé à Herculanum , fans exception» 
Les pierres gravées fe font trouvées 
grand nombre , & îa plupart d'une 
andc beauté. On en a tiré auflî plu- 
urs meubles de cryftal de roche , qui 
ouvent que ce travail étoit très-per- 
Sionné dafti ce pays-là ; il y a des fla- 
ns de cette matière, dont l'ouverture 
: fi étroite que le travail en a dû être^ 
rt difficile. 

On garde dans le même Cabinet huit 
tits tableaux fur pierre , repréfentant 
lit Mufes ; ils ne fon.r pas mieux peints- 
le de bonnes peintures Chinoifes ; 
ais il y a une de ces Mufes , remar- 
lable en ce qu'elle a à côté d'elle un- 
rinium , boîte que Ton avoit regardé: 

Fiv 



Ï50 Voyage en Ttaeie; 
il eft roule ; on fiait defcendre de deifuS' 
un. cylindre qui efVau haut ducbaffis^ 
des foies crues d^^une très-grande finelTc^ 
& rangées comme une chaîne fort chi* 
re , dont ont étend fur la table une 
longueur pareille à la partie de la feuille 
qu'on veut dérouler ; on fait tenir \t 
commencement de cette feuille à la par- 
tie de la chaîne qui ne pofe pas fur li' 
table , & qui eft la plus proche de cette' 
même feuille; On fe fert à cet effet de 
petites particules de gomme en: feuilles 
ou par écailles , qu'on applique der- 
rière avec un pinceau , à Paidè d*uiiî 
peu. d'eau ou de la fîmple falive , ob- 
ier van t .de ne les mouiller que dans 
Pinftant qu'on les applique. La feuille: 
du livre s'adapte fur le champ à ces 
particules , de la même manière qu'une* 
feuille d'or fe fixe fur le mordant du 
doreur ; le commencement de la feuille 
du livre étant ainfi hapé par là foie & 
par la gomme qyi y font adhérentes, 
on tourne très-doucement le cylindre 
qui eft au haut du chaflîs , auquel les 
fils de foie font attachés , & à caufe 
de la grande fragilité de là feuille, on 
aide en même-temps le livre, par eft 
bas , à tourner j par ce moyen on en- 



Ch. Vr. Cabinet de PorùcL t^ r 
nfenfiblement la partie de la feuille 
l fortifiée , & l'on force le refte dé la 
ï qui eft couché fur la table , à fe re- 
& à fe joindre y k mefure qu^ le livre 
e , à la partie de la feuille qui 
à dérouler. On les fixe enfuite 
de^ particules de gomme , en fui- 
e même procédé. Lorfqu'il ne refte 
rien de la chaîne fur la table, & 
e à été toute appliquée à la feuille 
vre , on coupe cette même feuille ^ 
I la colle fur uiie planché; Fécri- 
y eft fi foiblement marquée qu'ife 
ilficile de la Bre au grand jours 
on y réufEt en la mettant à l'om- 
lu à un jour plus doux;* alors ôri^ 
comme on liroit un imprimé quî^ 
avoir été noirci au feu, confer* 
t encore la trace des caraftere* 
il étoit empreint.- Les fils de foie 
ici d'autant mieux imaginés , que 
itant une furface à la feuille, îblâ) 
înnent par-tout également , rem- 
it les parties mutilées, & empéi» 
que la feuille ne fe déchire danà» 
idroits ,, qui étant les plus foibles ,. 
înt les prem^'ers à cédfer. Cette opé-» 
1 exige beaucoup de légèreté dànî 
m. On n y travaille- que les fer 



a 32 VOYACE EN ÎTÂLl 
Bêtres fermées ; car k moindn 
pourroit enlever ou rompre la 
cju'on dévelope , & faire perdre 
ànftant.le fruit de toutes les peines 
auroit prifes. 

On a développé ainfi quatre r 
crits Grecs , dont le premier tr5 
la philofophie d'Epicure j le fecc 
un ouvrage de morale ; le troific 
Poëme fur la ^Inufique ; le qua 
lïn livre de Rhétorique. AufC-tôt 
a voit enlevé une page, on la ce 
& on Penvoyoit au Chanoine A 
chi f, pour la traduire en Italien, 
loit à fouhaiter qu'on employât 
travail beaucoup de perfonnes ; 
Piaggi n'eft plus en ctat de s'en 
per , étant eftropié , & fon cleve 
jî'y prendre pas aflez d^intérêt ; 
plaint de ce qu'on ne lui donn 
lîx ducats par. mois , & il y tr< 
très-peu. Peut-être feroit-il auffi 
coup plus utile de ne développe 
îe commencement de chaque n 
çrit , & de l'interrompre quand o 
que le fujet ne peut rien nous ap 
dre d'intéreflTant. 

Sans cela il. y a tout lieu de c 
çie de très- long-temps on ne ver 



Ch. VI. Cahintt de Portier, i jji 
au jour ces ouvrages précieux » 
•mi lefquels on ne doit pas dé- 
^ de recouvrer quelque-uns de 
qu'on avoit cru perdus pour la 
)lique des Lettres, 
feroît une époque bien mémo- 
dans Thifloire de l'efprit humain y 
: y rencontroit les ouvrages com- 
le Diodore de Sicile , de Polibe ^ 
lufte, de Tite-Live, de Tacite; 
derniers mois des faftes d'Ovide , 
vingt livres de la guerre.de Ger* 
y que Pline commença dans le 
qu'il fervoit dans ces pays. 



HAPITRE VIL 

Peintures antiques (tHer^ 
culanum^ 

colle6lion des Peintures antiques 
d'Herculanum , eft auflî dépô- 
ts du château de Portîci. On les. 
yre dans pi ufieurs chambres, mais 



1^4 VôYAGH é» ItALtH, 

on affure^ qu'il eip a voit refufé mêr 
Roi fon père. 

Ces peintures ëtoient fur des 
railles que l'on a fciées à une ce 
épaifleur ; on lésa enfuite aflujettie 
tout le foin poffible > tn les fc 
fur des chaffis de parquet , comr 
tfefois ^on enleva les ouvrages d< 
mophile & de Georgaze y Peint 
Sculpteur célèbres , qui a voient d 
Je Temple de Gérës à Rome ^ lorl 
voulut réparer & recrépir de no 
les murs de cet édifice* .La frai 
des peintures d'Herculanuro qui ! 
confervée pendant plus de i6o( 
dans l'humidité de la terre, fe 
bientôt à l'air par le dèflechement 
les éprouvèrent , & il fe forma 
une pouflîere farineufe , qui en p 
temps en eût fait perdre les coi 
Un Sicilien nommé Moriconi y qi 
celloit dans l'art des vernis , fut c 
d'en appliquer un pour confer\ 
coloris; cela a. produit l'effet qu'< 
attendoit, majs ce vernis a occâl 
ta ruine de plufieurs tableaux;, car 
tomber la couleur par écaille , ë 
en a qui ne fonr pas préfemem^ 



Ch. vil CaBihet de Portici. r-j ji 
îtînoiiTables, tant ils font mutilés* Cela: 
i paroîtra pas furprenant lorfqu'on fera 
tention que h chaleur dies cendres 
I Véfuve a dû conlumer les gom- 
es qui en lioient les couleurs. Si l'on 
X employé à ce travail des perfonnes- 
us intelligentes y elles aurpient tenté 
I donner du corps aux couleurs , eni 
•lant les tableaux avant de les vernir j 
2Ût été le feul moyen de les confer- 
:r & de rendre en même temps à leut 
►loris fon ancienne fraîcheur. 
Les plus grands morceaux de cette 
>llè(SioiT font les moins nombreux, & 
ont guère plus de cinq pieds de haut j 
J autres font la plupart comme nos pe- 
:s tableaux die chevalet , plufieurs ont 
é trouvés entiers; il y en a cependant 
lelques-uns de mutilés ; mais il efl:' 
onnant qu'il n^y en ait pas davantage „ 
it ï caufe dés diverfes éruptions du 
éfuve qui ont dû les endommager ,» 
it à câufe de Phumîdité occàfionnéc: 
ir les eaux qui ont filtré au travers^ 
a terres , & des cendres dotit on a 
ouvéles raaifons remplies. 
Tous ces tableaux font peints en dé- 
empe-, ait^fi^ quit eff aîfé de s^'en ap- 
W£ey<)ir, fut-teut dans ceux qui oûc 



i.}<5 Voyage ek Italie; 

été qiutilés , la couleur qui s'en.el] 
levée par écaiites , n'a laiâfé qu'um 
preflion verte » jaune ou rouge y c 
avoit étendue auparavant (ur Pei 
qui recouvroit la muraille : il n'en i 
pas de même û ces morceaux euflfen 
p^nts à frefque , car cette peintun 
ne s'arrête pas à b fuperficié, mai 

{)é;ietre l'enduit de chaux & de (àb 
equel on l'applique , h'auroit pu fi 
tacher qu'avec l'enduit même; de pi 
fait que la frefaue des anciens^ ainf 
]a. notre 9 n'admettoit pas certaines 
leurs aflez aûives pour pénétrer 
. duit O» au lieu que la détremp 
^dmet toutes indiffinâement. Le 
bleaux d'Herculanum font dans c€ 
nier cas , on y reconnoît fans exce 
toutes fortes de couleurs , mêmes 
i^u'exclut b frefque. Enfin Ton a r» 
nu jufques dans les morceaux les r 
confervés , lorfqu'on les a fciés i 
levés de deffus les murailles , qu'ilî 
toient tous peints qu'en détrempe. < 
obfervation détruit, le fyftêrae de 
qui ont prétendu que les anciens 
voient pas , comme nous , le fecoi 
toutes lcsçouleurs,& qu'ils n^employ 

. (*1 PniCiJUwcXXXYtCl»^ 7^ 



Gh. VII. Cabinet de Partiel. 737 
peintures à frefque , que pour dé- . 
er leurs murailles & leurs voûtes. 
3ette immenfe coUeélion de pein- 
îs qui s'accroît tous les jours , & qui 
s met fous les yeux, les produc- 
s des anciens Peintres dans tous 
genres, prouve que les Artiftes du 
nier ordre étoient auffi rares chez eux 
parmi nous ; dans la defcription des 
tures qui eft imprimée, on en exalte 
jrand nombre qui font au-dclTous du 
iocre. Nous nous bornerons ici aux 
rages d'un mérite diftingwé , ou qui 
être bien remarquables du côté de 
, auront du moins quelques fingu- 
és capables de fixer les regards des 
?ux. Commençons par les tableaux. 
t les figures font de grandeur natu- 
, ou qui tn approchent, 
fn des tableaux , les plus grande & Thité&i, 
>lus beaux que l'on ait tiré des fouil- 
d'Herculanum , repréfente Thcfée 
iqueur de Minotaure en Crète : ce 
eau eft de forme cintrée ; il a été 
vé de l'une des deux niches qui 
ent dans le bâtiment que l'on a préten- 
itreleForum ou chalcidique dont nous 
ns parlé : Théfée y eft vu de face ^ , 
il debout ^ nud , & de taille gîgan- 



13$ VôYAdÉ tv 1t kiiiti 
tciquêi reiadireniènt aux auârte Sg 
Son inameau jette négUgçmiMtit 
P^paule gauche ^ retoaCe fur Icteia 
jft^e côt^ » il tient tît ffiftAToe levée 
jtmn jraac&e ; à Tûi! ées deig» de 
iliaid D'à un anneau. Tfêis jeuiiei / 
ifiéna hii rendent leurs aAidns de 
ces ; Tun îtà baift une niain f l^atûti 
{Hrènd le lM)l du cèti àp & Ihaine ^ 
ih>ifiètifè prèfterné à (es (iied* » 1^ 
brafTe me jtail^ Ûnf jeuÉ* fille fe 
i^^ eux 8c portant la maHi fur kr h! 
du vainqueur, fembte lui téimngn* 
fkconèoiffiiBtiê; oh éroît qu'elle fo 
hbyrintiie » «infi qu^ufié «litre ptnifo 
dont on i!e découvre^' éiu^inè' pittà 
là tête 9 le furplus étant effîice. Le 
lîotatrre-eft renverfé au pîeè de T 
fous la figure d'un homme- h têi 
TaurcafU , qui porte une main à 
de fes cornes ; il a reftomae & Tu: 
fes épaules déchirés par les coups 
a reçus : c'eft îa première fois qa' 
voit fous cette forme : les médailk 
tiques ne nous en fournîflent a 
exemple. La Déeffé, proteftrice di 
ros , cft affife fur un nuage dans le 
du tableau , on la découvre jufqi 
tête 5 elle eft appuyée d'une mail 



VIL. Cabinet de Portici 159 

& tient de l'autre fon arc & 

î ; le côté où eft la porte du 

ett très-mutilé. 

kend que lorfque ce morceau 

)uvert, les couleurs en étoicnt 

vives qu'à préfent.On les trou- 

îant encore belles , quoiqu'un 

es ; la figure de Théfée eft no- 

:oropofce , elle a cependant 

:hofe de froid , mais les trois 

ns font remués avec beaucoup 

chaleur ; les mouvemens en 

s d'expreilon ; celui qui em- 

jambe du vainqueur furpaffe 

jartie les deux autres. Cet ou-' 

en. général correâ de deffein y 

nde manière, mais il y vtgnt 

;lligence de clair- obfcur. Le 

tit du manteau du jeune hom- 

aife la main de Théfée , n'eft 

X , ni dans le flyle des autres 

du même tableau. 

re tableau de forme cintrée, xélephci. 

ivé dans la féconde niche du 

3nt on a parlé ci-deflus; les 

font à peu près grandes com- 

î. Le fujet eft incertain , & a 

u à bien des conjeftures. Tous 

nag.es qui y font repréfentétf 



'140 Voyage en Italie^ 

ont rapport à un enfant, qu^on pri 
me, avec aiTez de vraifemblancej 
Tdiephe j fils d'Htrcule; cet cnfai 
alaité par une chèvre ^ qui lui lecl 
cuitre en levant une jambe de 
rïere, pour le laifler tGter avec plus 
facilite. Une Divinité ailée & conroni 
de lauriers, rient dHme main des i\ 
de bled , & de l'autre indique Penfant 
le regardant. Hercule debout & appu' 
fur fa maffuc , a les yeux fixes fut li 
La Dceile Flore eft affile vis - à 
d'Hercule, & a d ériger e elle le Dieu Pai 
aux deux côtes d'Hercule il y a unlii 
& un aigle, qui ne contribuent pas 
à jctter de robfcurité fur ce fujet* 
compofition de ce tableau efl bien liée 
& les attitudes en font expreffives 1 1^ 




Ch. vu. Caliriît de Port ici 141 
ndanc le haut de cette Sgure fe groupe 
au mieux avec c^e d'Achille , qui 
dans une attitude noble. Les con« 
1rs de ce dernier font coulans ; le 
(Tein en eft d'un beau caraftere; il * 
oiême peint avec légèreté , & l'on y 
mire une belle dégradation de tons 
ns les paflàges des ombres à la lumière. 
Un tableau de diverfes figures , re- Orefle 
éfentant une Jeune fille , ayant une '*^^'^**"' 
lin appuyée fur l'épaule d'un jeûna 
mme, & de Tautre lui ferrant le bra« 
mme par un mouvement d'afïèélion, 
e jeune homme eft entièrement vêtu; 
eft aifis , la tête appuyée fur fa main , 
ns l'attitude d'une perfonne penCve 
L qui fait attention à ce que lui lie 
i autre jeune homme , qui eft aflîs 
s-à-vîs de lui. Ce dernier eft nud juf- 
l'à la ceinture ; il tient d'une main 
i papier, & de l'autre femble indi- 
ler celui dont nous avons parlé le 
■çmier, à qui il lit ce papier. Deulc 
mmes , & un vieillard qui les écoute , 
»nt dans des attitudes d'étonnemenr, 
>n croit que ce fujet eft Orefle re- 
3nnu, & tel qu'Euripide le repréfente 
ans la Tragédie d'Iphigénie en Tau- 
ide ; le jeune homme pçnfif eft Oreftç j 



Orefte 



142 Voyage en Italii 

h. jeune fille qui femble le fer 
fes mains , efi ]j;lvgér>ie ; celui 
eft Pilade* L'ordonnance en eft 
les têtes en font irts-expreflives. 
figures drapces d'un bon flyle. 
trouve même un allez bon effet 
miere ; mais ce tableau laifle bea 
à defirer , du coté du detTein 
coloris ; le dos de Phomme à r 
qui lit j pèche plus que tout le n 
l'ouvrï:gc dans ces deux parties dt 
^cant très-incorrcfl &c d'un ton d 
que defagreable. Ce morceau a f 
dans le bas ^ mais aux endroits le? 
effentiels. 

Un autre tableau repréfente ^ 
que l'on prétend, Orefle Se Pila 
chaînas & conduit par un fold 
Roi Toante devant la ftatue de I 




Ch. vil Cabinet de PorticL 14 J 
• bien compofées , & d'un deflcin 
; mais elles font ifolées , ic la corn- 
cion générale n'eft point du tout 

Tn petit tableau repréfentant un Fau- ^^^ ^^^ 
[uï careffe une Bacchante renverfde j 
le main il lui prend la gorge & de 
:re il lui foutient la tête pour la bai- 
fuf la bouche : la Bacchance femble 
; peu de réfiflance ; elle tend un 
. qui pafTe fur la tête du Faune , 
iffii? û elle vouloir fe retenir à fes 
veux. Elle eft prefque entièrement 
; elle n'a qu'une cuifle couverte 
le draperie rouge. On voit auprès 
le fà cymbale & fon tirfe , dont l'ex- 
nité finit par une touffe de lîere , 8c 
uel pend un ruban de la même cou- 
' que Ca draperie. ' Ce grouppe eft 
udement cpmpofé , & les figures ont 
ucoup d'expreflîon. 

Jn petit tableau de deux jeunes filles Daafcs; 
fe donnent les mains en danfant. 
mouvement de leur bras eft bien 
ié , & les grâces du coude y font 
ervées ; mais les draperies y font 
immées par la confufion des plis. 
Un autre petit tableau d'une dan- 
fe feule ; elle eft nue jufqu'à la cein- 



perie en eft moins confufe Cj 
des figures du tableau prêche 
les plis de Tes extrénaicés paroii: 
moins lourds. 

Une autre danfeufc touclia 
cymbale à grelots j femblable c 
bours de bafques donc les Na 
jouent aujourd'hui ; il y a^ de 
& de la correftion dans le haiu 
figure. Elle feroit plus intérefl 
y avoit moins de confufion dan 
de la draperie. 

Une jeune fille tenant d'u 

un rameau de cèdre, 6c de V 

fceprre d'or; elle efl entierem 

>ée. La tête en eft vue de pi 

*aju(lement de fa coëiTure eft 

eur goût; elle a des perdans 

es de perles : le tour de ceti 

cft naturel; & quoique les i 



Vn. Cabinet de Portici. I4jr 
acchance portée par un Cen« -B«cc!^«iti 
Bacchante eft prefque nue , f ii^ im c«; 
ux flottent en j'air , & fa dra- 
i voltige au gré du vent ^ 
dos à découvert. L'attitude 
(Ti finguliere qu'élégante i elle 
que d'un genou fur la croupe 
ure 9 en fe retenant à fes che- 
e main; en même temps, pour 
aloper , elle lui donne du pied 
sins ; de l'autre main elle tient 
afin de l'aiguillonner davan- 
grôuppe qui eft des plus finr 
;ft plein de feu & d'expreflion i 
admirablement compofé ; la 
; eft rendue avec autant de 
I que de fineffe de defTein » 
aperies ne manquent pas de. 

re Centaure qui porte un jeune 
a courant au galop ; le jeune 
1 devant le Centaure, & il 
au que par une main qu il lui 
l'épaule. Le Centaure touche 
in une lyre à trois cordes, 
ppuyée fur fa croupe ,* & de 
fait raifonner la moitié d'une 
mtre l'autre moitié de la même 
ue tient le jeune homme. Cq 



Çafaas* 



IÏ4Ï Voyage en Itâlïm, 

tableau paroît d'un defleinpur; maîsi 
çil compgfé contre tout principe â? 
quilibre j étant Impofïïblc que le jeum 
tomme puîfTe fe fouremr en l'air danr 
i attitude où il eft 

On a remarqué que dans preique t 
jces petits tableaux, rur-touc dans ceii| 
dont' les figures font feules, les Pein 
très , pour éviter l'embarras des fîtes, 
fe font contentés de faire des fondçj 
unis, d'une teinre rougeâtre ou bru* 
ne, ou daps d^aïitres CQuleurs très- fon- 
cées, *' ,'' 

Un grand noriibre de tableaux re4 
préfentant des en fans , des amours ou 
des génies ailés, occupés à difFérens 
travaux, comme à chaflTer , à faire rai* 
Tonner des infirumens , ou à des jeux ; 







Ch, vil Cabinet de Port ici. 147 

}nt tous d'une nature un peu avancée, 
ccompofées froidement; ils n'ont point 
enjouement des grâces enfantines. Il 
en a cependant dont les attitudes ont 
ne certaine vérité , & qui font paflable- 
oent peints. 

FluHeurs tableaux d'animaux oh il y D'anlmau 

des paons , des coqs , des poules , 
les canards, des cailles, des tigres &c 
[es poiffons; quelques-uns font aflez 
)ien imitées & d'une touche fprituelle. 

Des tableaux de fruits , où l'on a Defruiq 
cpréfenté fur-tout des raifins , des figues 
k des dattes ; ils font touchés librement 
k peu terminés. 

Une grande quantité de tableaux d'or- 
îcmens , ou pour mieux dire , des frag- 
aiens de frife.s en Arabefque , dont quel- 
ques-uns font d'aflez bon goût de deC- 
fdn j mais il n'y en a prefqu'aucun de 
bien peint. 

Beaucoup de payfages mal rendus, Dcpavi 
8f oîi il y a des bâtimens qui fourmil- ff? * ^'* 
KOI de tautes de perlpeftive. 

Des' tableaux d' Architeélure , dont 
le genre eft fi bifarre , qu'on croit y 
trouver en général un mélange de goût 
pîûuq^uç arabefque ; & Chinois , & fou^ 



%48 Voyajge en Italie 

Vent une imitation extravagante d 
dre ionique* 
Mn^i^ Deux marines : la premiers repr 
quatre vaiiïcaux , dont l'un en 
conlamé par les flammes , efl brift 
tre un écueil : on combat avec 
nemçnt fur les trois autres ; il y e 
fur le(|uel s\leve une tour oîi fo 
cnfeignes de Rome ; au milieu 
mer on découvre une petite ifle av 
temple entre deux arbres , à côt 
quel il y a un Neptune^ le trie 
la maiji ; devant cç temple cft pli 
auteli On voit dans la même ifle i 
dat armé d'une pique ^ d'un cafq 
d'un bouclieri une figure que Vo 
cîngue mal , parce qu'elle efl p' 
toiite effacte , femble fortir de la 




Ch. vil Cabinet de Portici. i^^ 
^ l^éable , avec un front terminé par des 
montagnes , & quelques bâtimens mêlé» 
d'arbres qui forment un bon effet. 

Le& terreifts qui fervent de repouffoii*^ 
font traités dans lé goût de ceux qu'em- 
ploient quelques- uns de nos Peintres 
pour produire de femblables effets. 

On conferve dans cette coTleâîort 
quelques tableaut en mofaïque trop mau-^ 
vais pour qu'on entre datis aucun dé-r 
tail â leur Ibjjet. 
On reiHarque rfans ces peintures eh Réfleil< 

Sénéral un bon earaôcre de deffein , & 5^**^**^ 
e Texpreffion ; mais il paroît que les 
PeirttfcS éfoieitt peu favans dans Fart 
des racourcjs ^ que leur manière de dra* 
pcr, confiftoit eh petiw pfis foiivent 
confus , & q:ue rarement par la difpofv- 
tiotf de leurs étoffes ils s'^attachoient 
\ produire de grandes maifes , niais qu'ils^ 
aiccufoient toujours le hud avec auftérîté. 
Qs ëfoîent peu avancés dans la couleur 
bcafte , encore moins dans la magie du 
dair-obfcur, qu'ils ont, pour ainudire, 
totalement ignoré. Ils n'avoient aucune 
lotion , hi de la perfpeélive locale , nî 
le la perfpeftive aërienïie. A Tégari 
fe la coihpofition , ils réuflifloîent bien 
laiis les figures ifolées qu'ils difpofoient 

Gii) 



ijo VoYAGB "En Italie; 
dans le ftyle de celles des bas-n 
ou des ftarues , fans connoître ce 
dant Tagencement des grouppes ; 
prefque tous leurs fujets l'ont- ils re 
avec froideur. On h'y voit nulle 
cet enthoufiafme qui , à l'afpeâ: de 
peintures modernes , remue les paf 
& excite dans l'ame des impreffic 
vives ; il eft furprenant que dans 
fiecles où la fculpture avoit été pi 
à un fi haut degré de perfeélior 
peinture n'eût pas marché avec elle 
pas égal ; car quoique ces tableaux 
roiffent être des Peintres médiocre 
ce temps-là , les principes qu'ils on 
vis répandent beaucoup de doute 
les talens des maîtres de leurs é< 
Peut-être auflî découvrîra-t-on p 
fuite des morceaux plus précieu: 




ancicntf 



Ch, Vil. Cabinet de Porticî. ift 
i affez curieux pour employer des Ar-* 
les du premier ordre. 

Quant aux matières dont on fe fer- fjlu!!?" 
rit alors pour peindre , il paroît , en 
gardant ces tableaux avec attention, 
i'on y a employé toutes fortes de cour 
UT, comme nous Pavons dit plus haut, & 
ne ces couleurs font les mêmes dont 
D fe lèrt aujourd'hui ; cela paroît dé- 
tiire l'opinion de quelques modernes 
id prétendent que les anciens n'ont 
)nnu que k blanc de Milet , le jaune 
'Athènes y le rouge de Sinope , & le 
inple noir ; on voit à la vérité dans un 
iflîage de Pline que les Peintres de foà 
mps fe fervoient de ces quatre cou-* 
ars y fnâîs tioti pas (\\xq ce fuffent les 
ules dont ils fiffent ufage. Les deflina-' 
urs qu'on a employé pour les gravu- 
5 du recueil dont nous avons parlé ^ 
flhioient avec beaucoup de propreté , 
lis ils n'ont rendu que mollement & 
is efprit , les endroits les mieux reflen- 

des originaux, quelquefois auflî ils 
t pris la liberté de corriger les fautes 
perfpeftive qui s'y trouvoient, enfor- 
qu'il ne faut pas précifément juger 
s originaux par les figures qu'on en; 
bUe. Mais dans le pays où il y auroît 

Giv 



Nlfi VOTAOK SK ItAL» 
Jç diis d'hab^ Anâfies , il fisro 

'dimcile d'cxécater à la ri^oeur i 
Trage d'une fi vafte étendue. 
La fculpture.eft bien meiHeur< 

. les réfte» d'Herculanuro» que la pei 
peut-être parce que cet art éioi 
petfeftionné ; peut-être auffi parc 
étoit fiicile de tranfponer 1^ fiatu 

. Keu que les peihtures étoient fah 
<;effiiiremefit par les Artifies du { 
On ne faumt trop regrettera 
Bombre de belles figures , dont 
trouve que les débiis ^ h pkps 
Ibtues de bronze font en partie foi 
^celles de narbre font en moreea 
dudeur a détruit les unes , 8t les 
ont été broyées par la chute des 
res & des murs : mais les deux ] 
dont nous avons parlé, font au r 
ce qu'il y a de mieux dans l'antîqu 
}i Rome I foît à Florence ; & les 
ilatues^ fans être d'une aufii gran< 
feélîon que ces deux premières on 

3ue toutes des beautés qui les n 
îgnes d'être placées dans la fi 
claffe. Au refteon ne fauroîc hî 



Cn. VÏIÏ. Mont Véfuvt; t$^ 
etfly ce qui fiait que l^on ne peut en 
ipporter que de mémoire les difréren« 
ss pamcuiarités,- 



"CHAPITRE VIIL 

Du Mont Féfuve^ 

Vjsl Vésuve elt une montagne enflam^ 
Biée^r d'environ 300 toifes^de hauteur, 
Be d'une forme pyramidale ^ fituée à 
trois lieues de Naples ^ à une lieue de 
b mer , & à l'orient du Crattrt ou 
Baffin de Naples, dont elle fait la par- 
tie la plus finguliere. Elle e(l féparée 
fo refte de P Apennin , ayant environ 
Droiis Reues de tour à fa bafe , fi Ton 
ii'y comprend pas les montagnes voifî- 
les, & Syo tôifes feulement à fon fom- 
ner , fiiivant là mefure que M, Bélicar^ 
m fit en 17 jo; 

Lucrèce , Dîodore de Sicile , Stra- 
ion & Vitrure nous apprennent que de 
emps immémorial cette montagne avoit 
ctté des jBàmmes. Vitruve fur- tout , 
iprës avoir parle de là pouzolaiîe , qui 
aîfoit le ciment le plus eftimé des Ro- 
uans ^ £Qur \âw: dans l'eau , attribue 



Kui^1!omerràîns dont on voyoit â^ 
^géS autour dé. Oùmes Se de Bai 
ajoute qu'il y avoit eu auffi du fc 
kiY^fave : Non minus etiammm 
antiquitus creyiffè ar dores . & abi 
. ' yô^ Çkfiivlo monte ^fy^Hude epomuiji 
i^r/>s gommas ^ideoque^nunc gui J^ 
fivt pum€X:Fompeianui ifùcatur e: 
ex ^lio génère lapidis ,, m ham. n 
^tjî f^Htmr g^ittens aualUatism^ " 
ù ' Via:.. 

/ 'ihiptloft H nereftoit iç cet ancien em 
ikl'«ft7^. ment du Véfuve qu'une traditîbi 
cure & des vertiges prefqu'^oubU^ 
peuples de ce rivage vivoient c 
^ plus profonde fécurîcé 5 lorfquô le "N 
s'ouvrit avec un horrible fracas , 
Août de. Pan 75 de 3. C. cou\ 
cendres & de pierre les villes d'I 
lanum & 4e Pompeii , étouflfà P 
inàturalifte , qui s'étoit avnacé d( 

Îjrês j & fit déferter toute la côte, 
fe.jeuhe écrivit les détails de ceti 
Hiiere éruption à Tacite qui les lu; 
demandés pour en parler dans fon 
re & , nous renvoyons aux Lett) 
îSi.2'0 de'ïbn VI^. livre. 

Le. Véfuve eut ejîcore.de gi 



Ch. VIII. Mont Véfuve: 15^5; 
dons dans les années 203 , 473 ^ 
, 68^, 993 y 1035. Charles Sî- 
us parlant de celle de 472 , va 
l'à dire qu'elle couvrit toute l'Eu- 
de cendres & qu'à Conftantînople 
e la terreur fut fi grande que TEm- 
jr Léon quitta la ville, quoiqu'il 
: 250 lieues du Véfuve à Gonftan- 
>le. ( Hift. Imperii Occid. Lib. XIV. ) 
î de 1036 eft rapportée dans la 
nique de l'anonyme du raont Caflin^ 
:ot dans fon itinéraire d'Italie , dît 
* vu dans les annales d'Italie , que 
&tés de la montagne fe rompirent';» 
u'il en fortit un torrent de feu qut 
jufqu'a la mer. On n'avoit parlé 
.'alors que des cendres , des pléia- 
des flammes & de la fumée ; il 
t qu'en 10561e Véfuve commença 
oair de ces torrens de laves ou de 
.Tes fondues & prefque vitrifiée^ 
'on trouve maintenant en fi grande 
dance dans toutes les campagnes 
les du Véfuve , & qui coulent 
ne des torrens dans toutes fés érup- 
I* 

y en eût d'autres en 1 049 , 1 1 3 8 , Eruption 
) y t^Q6 , I^oo ; mais celle de ^ *^3ï» 
i y la treizième da..s Tordre des 

G VJ; 



%ff^ VôTÏCB ÏS iTAEïi 

dates 9 fut la plus violente de toi 
même la plus terrible qu'on eu 
depuis Paa 7p. Le 16 Décembre 
au matin^ après une vingtaine ( 
coufles ou de tremblemens de tern 
y avoit eu pendant la nuit ,. le. V 
commença de jetter une épaiJflTe i 
avec^beaucoup de cendres & de 
qui couvrirent tous les environ! 
fumée fortoît par tourbillons femb 
à des montagnes entafTées , & coi 
tout le bâflin de Naples. On y j 
cevoit de temps en temps des fei 
s'élançoient au travers de la fumé 
entendoit des éclats femblables à ce 
tonnerre , & un bruit fourd de rete 
ment intérieur, il en partit enfuii 
Jblocs de pierres ; mais ce fut le 17 "^ 
midi que le flanc de h momagne fe 




Ch. Vm. MûTtt Véfuve: 'i$i 
\rco ; les belles maifons de cam- 
dont la côte étoit couvene fu-« 
:onfuinées ; les villages de Saint 
res de Cremano, de Refîna, fu- 
entièrement détruits. Il ne reda 
n tiers de ceax de Torre del 
> & de Torre dell' Annunziata;; 
rît encore de la montagne des tor- 
d'eau qui achevèrent de ravager 
ampagnes» Les tremblemens de 
furent pcefque continuels jufqu'au 
1 de Janvier 163a , & ce ne 
ue le 2y de Février que Pérup-i 
:e{ra & que les habitans commen- 
; à retourner dans leurs poflef-. 

s eaux qui fbrtirent du Véfuve i 
ut le 28 Décembre , étoient en fi 
e abondance qu'elles formèrent 
urs torrens , qui s'étant répandus 
s côtés ravagèrent les campagnes , 
nerent les arbres ,- détruifirent les 
îs, engloutirent plus de 500 per- 
V quii étoient en: proceflîon vers 
UT àvt Grec , en noyèrent un 

nombre d'autres dans les envî- 
iu. Véfuve ,.& portèrent la défo- 

jufqu'auprès de Naples > ayant 
né dans la mer une foule de gess 



ar;'8 VoYAG» en Italie 
qui s'y retiroient. L'Abbé Braccii 
Hionter à 3000 le nombre des 
fonnes qui y périrent, & d^autrc 
teurs le font monter jufqu'à dix r 
on raconte une pareille inondario 
lîoont Etna ,. qui ie fit le 10 Mars i 
il en forrit un fleuve d'eau , un 
rf'i4cjw^.( M.d'Arthenay, page 2' 
& Ambroife de Léon parlant de 1' 
tion de 1306, dit qu'il fortit de la 
tagne des torrens d'eau bouillante 
Rébus Nolanis , L. X. Ch. i. ) 

Les années 1660, 1682, 16 
'XdpS , 1701 , furent marquées 
des éruptions moins confidérableî 
depuis 1701 jufqu'en 1737,1! y eu 
d^annéesoù le Véfuve ne jettât des '. 
ou du moins die la fumée ; Sorrenti 
donne un catalogue depuis 1660 




Ch. VHI* Mont Vèfwè. 1^9 
:a le i$ de Mai ; le 20 la montagne 
rrit par le côté , il en fortit un tor- 
de laves j le 21 au foir ce torrent' 
\iz près du rivage de la mer, il 
: 3800 toifçs de long fur 1 50 pieds 
irge , & 24 pieds de hauteur. On 
le qu'il en fortit la valeur d'un cube 
ives qui auroit 113 toifes en tçut 

e torrent parut enflammé extérîeu- 
:nt jufqu'au ay de Mai , & en de-, . 
jufqu'a la moitié du mois de Juil« 
jà cime du volcan continua de jet- 
nç. fumée ardente , avec des cendres 
\s pierres jufqu'au 23 de Mai. Le^ 
; de 1737 fe voient en quantité à 
i dcl Greco , dans l'intérieur du cou- 
des Carmes qui fut prefque ruiné 
:ette éruption ; & même dans l'E- 
; la lave y entra par une porte laté- 
. mais on affure qu'elle ne paflCa pas 
lieu de TEglife ; il me femble ce- 
ant , d'après Parrino , que c'eft la 
de 1 63 I , qui refpefta cette Egli; 
s Carmes de Torre del Greco. Les 
corrofives mêlées de cendres qui 
lerent en forme de pluie très-fine 
a belle plaine de Noia , deffé- 
:nt jufques à la racine les arbre% 



^iSo Voyage bn Ït ALtÉ; 

& tes plantes de ta campagncp 

L'tTupcîon de 175*1 aéceobfe 
par le P- de la Torrtr, & ilert a d{ 
une defcription fort circonftandée 
fon excellente h^ftolre du Véluve , 
a été traduire en François par M* IV 
Peytcm, Le 2^ Oftobre 1751, i 
heures du loir la ntontagrre crev3 
peu au-defl'us de VjJtrio id Cavi 
<jui ell ce rerrein inculte couver 
pierres & de laves qui règne au pie 
Véfuve du côté de la mer ^ & qui ret 
ne même du c6ré d'Ottaiano* Il \ 
on éclat confidérable-; Pancienne 
ftit fou levée & rerournée ; il fortî 
nouveau torrent de matière prelqu 
^quide, qui fe dirigea d'abord versj 
tr€ Cajey mais qui à la rencontre 
vallon changea de route &s^en alla 




Ch. VIII. Mont Véfm>€. i6t 
erte de pierres y dont les unes étoient 
)uleur naturelle , les autres noires ^ 
}ue-unes calcinées , d'autres en for- 
le briques qui auroient été long- 
es dans un four jil y en avdt qui re(^ 
ploient à des fcories de fer , & c'efl; 
DÎ reflembie encore toute ta partie 
'ieure &fpongîeufe de ce« kvesque 
voit à préfent ; il y avoit aufli du 
! y des branches d'arbres , les unes 
îSy les autres vertes , que cette lave 
.flbit en cbenoin ; cette matière s'éle* 
> s'abaiflToit , fe retréciflbit fuivant 
rgeur du terrein où elle couloir^ & 
^tournoit quelquefois à la rencon- 
les obftacresr.r 

uoi(^u'elIe fût arrêtée îe i^ No- 
bre ^ elle conferva fa chaleur & 
-temps, que le 23 Maîi75'2, en 
;omenant fur la furface > on ièntoit 
laïer par les creYaflTcs, une chaleur 
«portable & une vapeur qui ôtcit 
fpiration; c'étoît, dit le P. de ht 
e, une odeur de fel ammoniac, de 
, & de vitriol , mclés enfemble, ce 
ces vapeurs qu'on appelle mofFetes ^ 



Eruption 
* 1754. 



162 Voyage en Italie 
tkres falines , partie en cryftaux & 
tie en pouffiere» 

L'éruption du 2 Décembre i 
commença fans bruit & fans tre 
ment de terre, par deux ouvertur 
fe firent à deux ou trois cens pie 
fon fommet , Pune du côté de 
tre C'afe , Pautre vers Ottaiano , 6 
forma deux torrens qui continue 
bouler jufqu'au 2a Janvier. On 
encore un étang de laves qûî c 
fent alors y quand on va au Véfu^ 
îa partie feptentrionale , c'eft-à-din 
S. Sébaftien & par ïe vallon qui i 
les montagnes de Somma & du 
'^e ; un de ces torrens formoit un 
cade prefque perpendiculaîre de pi 
cent pieds de hauteur , qui reffeml 
on mur de cry'flal, derrière lequeï il 




Ch. VIIL Mont Vèfuve. 16^ 
/ement eût été accéléré comme 
ûte des corps pefans ; mais la fumée 

rcdftance que l'air oppofoit à des 
; auffi légers devoit rendre leur mou- 
int plus lent. Ce fut alors que fe 
\ la petite montagne d'environ 80 
i de haut , que l'on voit encore 
a plate-forme du Véfuve ; l'on en- 
Dit de Naples un bruit femblable 
s coups de canons tirés au loin; 
land on étoit près de la montagne ^ 
royoit entendre les éclats du ton- 

au-dedans de fa concavité, 
î P. de la Torre donne un dérail 
jtte éruption , & M. d' Arthenay ^ 
toit alors Secrétaire d'Ambaffade à 
es , envoya fes obfervations à TA- 
nîe des Sciences ; elles font împrî- 

dans le quatrième volume des 
cires préfentés par des Savans étran- 

: 6 Mars 1759 une partie de la 
: montagne tomba & entraîna une 
: dfe l'ancienne , & depuis ce joiir- 
qu'au mois de Février de l'année 



^6^ Votf AÔfi HN îtÂLtli 
9c les plantes de la campagne. 
L'éruption de i75'i a été obi 
par le P. de la Torre, & iïen a c 
«ne defcription fort circonftanciée 
fon excellente hiftoire du Véfuve 
a été traduite en François par M.P 
Peyton. Le 2y Gftobre 175 r, 
heures du foir la ntontagite ctey 
peu au-deflus de VA trio del Cai 
qui eft ce^ terrein inculte couv^ 
pierres Se de laves qui règne au pi 
A^éfuve du côté de la mer , & qui n 
«e même du côté d*Ottaiano. Il 
on éclat confidérable* ; Pancienn< 
fot foulévée & retournée j^ il for 
nouveau torrent de matière prelq 
quide, qui fe dirigea d'abord vers 
ire Caje , mais qui à la rencontre 
iVallon changea de route & s^èn ail 
lé Mauro , terrein inculte , & couv 
bois qui font au Prince d'Ottaiar 
midi du Véfuve. En huit Heur 
temps , elle fit quatre milles de ch 
cette mafle ardente avançoit tout 
pièce comme un mur de verre prel 
quidé , le P. âe là Torre Talla ^ 
a6 au matin , il s'avança même j 
112 ou i'3 pieds de diftance , de nr 
I. en fentir la chaleur : elle étoit 



Ch. VIII. Mont Véfm>e. i6t 
ixmTerte de pierres , dont les unes étoient 
de couleur naturelle , les autres noires f 
quelque-unes calcinées , d'autres en for- 
me de briques qui auroient été long- 
temps dans un four ^1 y en avait qui re(^ 
fembloient à des fcories de fer , & c'efl; 
à quoi reflembie encore toute ta partie 
extérieure &fpongieufe de ce« laves que 
FoA voit à préfent ; il y a voit aufli du 
&ble y des branches d'arbres , les unes 
iècbeSy les autres vertes , que cette lave 
nmaflbit en cbenoin ; cette matière s'éle- 
voit 9 s'abaiiToit , fe retréciflbit fuivant 
la largeur du terrein où elle couloir^ ic 
fe détournoit quelquefois à la rencon- 
tre des obftaclesr. 

Quoic[u'elle fût arrêtée le i^ No- 
vembre ^ elle conferva fa chaleur fi 
long-temps, que le 23 Maîi75'2, en 
ie promenant fur la furface > on lèntoit 
l'exbakr par les crevaflTcs, une chaleur 
bfupportable & une vapeur qui ôtcit 
la reipiration; c'étoît, dit le P. de ht 
Torre, une odeur de fel ammoniac, de 
itttre, & de vitriol , mclés enfemble, ce 
font ces vapeurs qu'on appelle mofFetes ^ 
Moftu dans le langage du pays ; on trou»* 
vaenfuite à la .fui:face beaucoup de ma« 



t66 VoYA€E EN Italie; 

Peijdant que la lave de 1760 s' 

çoit vers la mer, & même jufqu' 

de Janvier , on ne cefla d'entend 

bruit & les fecoufles du Véfuve 

voir s'élever une fumée confîdér; 

mais le 6 Janvier la fumée parut • 

entièrement. 

inipdon ^^ 24 Décembre 176s le V. 

ae 1765 & commença a jetter du reu, après 

i767t £ié pendant quelques jours coi 

d^une épaifle fumée ; cette expl 

dura quelques jours. Elle rçcomtr 

_ au mois de Janvier 1766 , mais fan^ 

fort conlîdérable. 

Au mois d'Août i'766y le V^ 
continuoit de jetter de la lave , 
cependant endommager les héritages 
fins , les vignes & les Fermes ou , 




Ch. VIII. Afont Véfuve. 1(^7 

L fi la lave n'avoit pris fon cours par 

1 ravin très- profond qu'elle combla , 

^y en auroit eu bien davantage; la 

rc avoit 320 pieds de largeur &24. 

\ hauteur. Le P. de la Torre vient 

\ publier l'hiftoîre & le détail de cette 

sriiiere éruption dans un ouvrage fc- 

Éré, imprimé en 1767, mais que je 

lai point vu. 

1» Après avoir raconté en abrégé ThiC- 
Ipire du Véfuve , je dirai quelque chofe 
R fes phénomènes & de leur explica- 
pfti, en racontant le voyage & les ob- 
Ebvations que j'y ai fait. 

Il y a trois chemins qui conduifent chemîa 
la Véfuve, Tun eft au nord, du côté ^^ ^^^"^^^ 
ie S. Sébaflien & de Somma ; le fécond 
\ l'occident , & il commence à Refina ; 
le troifieme à- l'orient du côté d'Ot- 
tvano; le chemin de Refina eft le plus 
fréquenté, mais il eft le plus difficile; 
Bric P. de la Torre qui connoîr fî 
bîcn ce pays- là , & qui a tant obfervé 
k^éfuyc , eut la complaifance de m'y 
conduire par S. Sébaftien. Nous pafsa- 
mes par Strada nuova , par le pont de 
b Magdelaine , dont nous avons parlé 
\ l'occafion de Naples , & par S. Cïovani 
iTtiuQcio\ tournant enfuite à gauche 



eicortes par fies payians au yj 
pour arrivjpr par des l'entiers étt 
montu^eux jufqu*à l'Hermltage ; 
Heroiiuge. il Salvatort , qui eft fur une émi 
prefque entre Somma & le V^fi 
faut cinq quart-d'heures de temp 
y. arriver. Nous trouvâmes çn ( 
quelques parties d'anciennes lave 
que enterrées , en forme de pîen 
litres. Cçt Hermîtage , où nous 
repolâmes , eft occupé par un V. 
François , qu'on appelle le Frère 
de , il dit qu'il eft d'Amiens , & c 
nom eft Claude Vêlent ; ayant et 
gé de quitter la France ou il éto 
le fervlce , il fe retira fur cette i 
gne vers i7jo. 

II reçoit les étrangers ; on y 
du vin , des fruits , lie quelques 
chiîfemens proportionnés à fon éta 



Ch. VIIL Mont Véfuve. i^p; 
des terres aiTez bien cultivées , dans 
vallon formé par le Véfuve & par 
montagnes de Somma & d'Ottaiano 
ID entourent le Véfuve , & qui y tien- 
' nt dans cet endroit par leur bafe ; 
imontagne de Somma que l'on voir au 
rd ou fur la gauche , eft formée d'une 
erre oh Ton apperçoit des matières de 
Dlcans & des parties vitrifiées , avec 
ïucoup de points blancs , quartzeux^ 
n*ont point été fondus. On y remar- 
^tpt 9 ainfi que dans la plupart des monta- 
ji^esy des couches horifon taies de pierre 
^grife , de craie , de terre brune qui ne 
:j)ortent aucune apparence de feu , & 
j,qui me perfuadent que jamais cette par- 
tie n'a été embrafée comme le VJ'uve ; 
deft auffi le fentiment du P. de la Torre , 
quoique M. d'Arthenay , d'après M. Ser- 
no 9 ait entrepris de prouver fort au 
long, que les pointes de Somma & d'Ot- 
jtaiano font les reftes d'un volcan plus 
iétendu qui occupoît les trois montagnes. 
KV. M. Serrao , page 56, ) 

3Le fommet du Véfuve eft environ à 
1400 toifes de celui de Somma, & ce 
vallon qui règne fur environ la moitié 
de (a bafe , a 3000 toifes de longueur; 
llnfi le Véfuve à cette hauteur a envirgi) 
lom VIU H 



& les campagnes cultivées qui (c 
:bas ; ils font à peu près à la m( 
la hautear perpendiculaire du \ 
à 1 30 ou 14.0 tûifes au-deflus di 
de la merj en effet le P. de la ' 
obfervé la hauteur du barometr 
plan de l' Atrîo , de 2^6 pouces ^ 
tandis qu'il ëtok au bord de la 
57 pouces 6 lignes ^ , & de 2 ' 
ces 7 lignes ^ fur le fommet du ^ 
Je ide Juillet 17^2. Il a d^aîHeun 
la longueur de la pente du Vé£b 
puis le fommet jufqu^au vallon j 
trouvé de 327 toifes , l'angle 
fait avec rhorifon efl de 24 dcj 
en réfulte que la hauteur perp 
laîre eft de 16^ toifes au-di 
.vallon j obfervations qu'il a \ 
plufieurs fois, 

La plus grande partie de ce 
eft remplie de pierres-ponces. 



Ch. Vm. Mont Vijuve. jjt 
eiuK détachés , qui couvrent aufli 
iit le refte de la hauteur du Vcluve. 
iToit fur la droite une grande éten- 
de laves en grandes malles îrrégu- 
t y noires, & par bouillons, qui coula 
1737^ enfuite on trouve celle qui 
en iJSS ^ ^^ même que celle qid 
; à l'autre extrémité de ce vallon du 
i d'Ottaiano j du moins la plus gran- 
finartievient de cette éruption. 
pi C'eft dans la partie du Véluve placée 
lli-deflus du vallon & dé P.4/rio, que 
Bon voit à différentes hauteurs , & juf- 

t'à un tiers de fon élévation au dcflus 
la plate-forme du vallon , les bou- 
Aes formées dans difRrentes éruptions ,' 

Eir Icfquelles il- a coulé des torrens de 
ves,qui quelquefois fe font arrêtés fur 
b plate - forme , & quelquefois ont 
defcendu beaucoup plus bas ; mais on 
• peine à diftingùer ces bouches que 
il lave , le gravier, & les éboulemens 
«nt fermées, Le P. de la Torre a re^ re- 
faite les ciriq bouches principales ou-» 
^csen 175-1 & 17Ç4, du cctéd'Ot- 
6iano« à la partie orientale du Véfuve , 
dans une des Planches qui font jointes 
è fon hiftoire. 
Après avoir fait une lieue dans c^ 

II ij 



BI7^ VpYAfiE BN iTAr-i 
iVallon , autour du Véfuve , oi 
un endroit où il ^(i moins dii 
grimper que dans le refte du 
(ç'eft-làque pous commençâmes 
cpr fur c^ fablie mouvant , donc 
tloos ot)t tapiiTé la montagne 
prefque impoflîbic de s'y faire 
ipais on peut fe faire traîner ou 
par lips payfans qui vous cor 
Pn recule à chaque pas , on 
pn fe relevé ; les fouliers & qu( 
les pieds font déchirés ou brû 
fte trajet ; & quoiqu'il n'y a'^t c 
tpifes à monter fur ce plan inc 
fjaut plus d'une heure pour ^rriv< 
.brûloit pas alors comme dans 
expéditions que le P« de la Tpi 




Ch. Vin. Mont Véfuvt. î73f 
bWatore ^ lorfque nous arrivâmes à la 
jitc-forme ^ qui étbit autrefois le fora- piatefon 
let du Véfuve , au-deffus de laquelle ^" ^^^"^^ 
\ n'y a plus qu'une petite montagne de 
k) pieds de hauteur , & de 200 pieds 
|e pente 5 formée dans l'éruption de 
l7Jj, Cette plate-forme eft prefquô 
Imte couverte de foufre ^ & de fels qui 
ijbmbent en efflofefcence ; le terrein y eft 

e jours chaud , & l'on y voit fortir la 
ïée par différentes crevafles» Un couji 
lèvent qui mêla toute cette fumée,* 
■ans le temps que nous y étions , nous 
Kongea dans un tourbillon fufFocant , qui 
mreufement ne dura pas 5 mais qui noujï 
ifint quelque temps dans un affez grandi 
^barras. Ces petites émanations qu'oà 
appelle Fumarole font chaudes , humi- 
: w , comme celles de la Solfatare , & 
'^fent du foufre & du fcl .ammoniac 
fcr les parois de ces crevaffes : une chaî- 
*«de montre en acier que j'avois appor- 
^ de Londres , y fut tellement ron- 
Bfe & ternie ce jour-là , par la vapeur 
'^ Véfuve , que je n'ai pu la porter 
?**^s long-temps^ 

. I^ plate-forme dont je parle, a en-' 

JiTon J20 pieds de largeur tout autout 

^petite montagne; celle- cî a vois 

H iii 



^^ VoYAGH EN ItALIH 
4620 pîeds ou 770 toifes de toi 
Dafe , fuivant les mefures du P. 
iTorre, prifes au mois d^Avril i 
So pîeds de hauteur d'un côté,-i 
de Pautre , & environ 200 pieds c 
gueur"^ fur fon côté , à caufe du ta 
^e l'inclinaifon de ce côté^& el 
vn peu plus large aâuellement. ( 
le 2Q Janvier 1755' , à la fuite d 
ruption qui étoît arrivée le 2, D« 
Tbre. précédent fur le côté du Vé 
que le fommet du volcan commen 
jetter en l'aîr beaucoup dé pierres 
fable ardent^ & de matières ipongîi 

3ui s'àmmoncelerent peu à peu au- 
e la plate- fornie, & donnèrent n 
ce à cette petite montagne que Pc 
perçut dç Naples le 22 Janvier 1 
& qui continua de croître les joui 




Ch. Virf. Mont iréfuvti ï^f\ 
^ entonnoir ëtoit rempli d'arbres & de 
terdure , au fond il y avoit une plaine 
(ouverte de pâturages , 9£ le bord fu-* 
péneur avoit cinq, milles de circbnfé-i 
tence , ( Serrentino , L. I. Ch. ly, ) 

Aéluellement tout ce baffin eft rem- 
j^li, il n'^y refte qu'un précipice ou vuidè- 
cylindrique^ & le bord de ce gouffre a 
5î7 toifes de tour, fuivant le P. de la 
Torre qui l'a mefuré plufieurs fois. 

Le bord- de Tentonnoir a une épaif' 
Kur de 4 pieds plus ou moins , fur la- 
|Ouelle on peut tourner aifément , & d'oà 
ron peut defcendre dans le gouffre quand 
& fumée li'eft pas fort abondante, à 
ttne profôildeur d'environ cent pieds y 
iquoîque la defcente foit prefque vertî- 
ttile, les irrégularités du terrein , & lès^ 
pierres qui font faillie , fourniflTent le 
moyen d'y aller. Dans l'hiftoire de M; 
Serrao imprimée en 1737 , il paroît 
çi'on n'ofoit point alors en courir les 
lifques , cependant au npois de Juillet 
^17^9, M. Rigade, Muficien attaché 
Ni M. le Marquis de l'Hôpital , accom- 
^pgné de plufieurs domeftiques de la mai- 
'fcn & de plufieurs payfans y defcendi-i* 
*Knt, (Mém. Ac. 1750, pag. 8. ) 
« jLtP.de la Torre y étoit auffi defcendi< 

HiY 



17^ Voyage *n Italîb 

le 22 Mai 1752, aufli- bien gue M 
doq de Boiflet qui a fait deux 
voyage d'Italie avec toute la ci 
d'un Savant ; ils virent dans l'in 
beaucoup de crevaflfes d'où il 
une fumée très-humide & très-ci 
le fond étoit recouvert d^une i 
jaune en deffus & blanche en d< 
épaifle d^environ un doigt , por 
îrrëguliere ; fous cet enduit on 
une matière calcinée qui paroiflb 
tenir beaucoup de foufre ; & fou 
matière la malTe naturelle de la 1 
gne , femblable à une pierre pref 
trifiée. D'ailleurs la difpofîtîon de; 
de pierre paroiflbit être la mcn 
•dans les montagnes ordinaires , 
point celle de matières qui auroîe 
jettées en l'aîr & bouleverfées 




Ch. Vni. Mont Véfui/e: ^177 
bit voir la difpofition intérieure des 
:hes de la montagner La principale 
.^rture étoit celle du gouffre d!où 
)it une épaiffe fumée , dont l'odeuc 
: lulfureufe , pénétrante & dange- 
; ; la croate de ce plan intérieur , ou 
)ute iur laquelle on marchoit ^ avoit 
eurs ouvertures y & dans quelques 
oirs n'avoit pas plus de dix pouces 
aifleur, cela ne l'empêcha pas d'y delr 
rc encore le i de Juillet 17J^ 5 il 
vz que l'ouverture de Tabîme s'étoit 
;ie , & occupoit prefq^ue le tiers dii 
intérieur^ 

e P* de la Torre retourna encfore lô 
)âobre de la même année dans cet: 
nnoir du Véfuve , & la fumée quî 
>it du gouf&e fe dirigeant un peu 
ôté, il monta fur une petite émi- 
e de iji à 13 pieds, qui faifoit 
faillie fur le gouffre, d'où il voyoit 
endiculairement au-deffous de lui 
u quî étoit au fond de l'abîme , 
)lable à un vafte fourneau de verre- 
il y jetta une pierre pour juger 
le temps qu'elle employeroit à defr 
je de la profondeur du foyer ; mais 
p'avoit pas fait les deux tiers du 



gea feulement par le chemin 
pierre avoit faite en cinq fecond( 
Iç foyer devoit être à une prof 
de 5K) toifes.. 

M. Serrao ,en I737> eftimoit 
prèà la. même profondeur. M. 
Nollet ea 174P, jugea de 40 
la hauteur à laquelle s'élevoien 
le badin les matières fondues 
blocs de pâte, qui étoient lanc 
deflus du foyer. ( Mém. de.PA 
175a, p. 87.) Au refte quamî 
jM-ofondéur feroit encore plus grar 
^o toifes , il eft toujours vrai que 1 
étoit dans lé corps- de la mon 
& plus élevé que le niveau de 1 
P?eft la feule conféquence génér; 
l'on en puifle tirer. 

Au mois de Juillet 17^4 , 1 

nue le fnnrne;ïii nvrvir lîjnrrp . ç'fî 



Ch. VIII. Mont Véfui^e. 175); 
jetta au commencement de 1 77 y , 
)rmerent cette petite montagne , 
)eu à peu remplit tout le bafCn 8c 
fia de 80 pieds l'ancienne plate- 
î. Le fond intérieur de cette mon-; 
I, au mois d'Avril I7jy, s'étoit 
aent élevé qu'il n'étoit qu'à 25 

du bord , & qu'on, y defcendoit 
lodément ; on y defcend encore ,v 
1 eft rare que la fumée laiffe apper- 
r le gouflSre , comme on le voyoit 
. quelques années; on fe. contente 
etter dès pierres pour juger de fa 
ndeur , qui n'eft pas confîdéra-^' 
& l'on y entend quelquefois un 
fourd ' femblable au mugîffement 
ad d'un vent chaffé avec force paf 
tpeurs raréfiées. 

ntérieur dé ce baffin paroît queI-3" 
ks tapiffé de plufieurs couleurs dif- - 
es; le jaune, qui vient d'un fou-- 
écompofé & friable; le blanc, qui 
d'un fel alumineux ; le verd pro- 
^ar les' parties cuivreufes ou pyrî-" 
; & vitrioliques ; enfin le gris pror 
àt du fer qui y abonde. - 

Serrao , dans fon hiftoiré du Vé- QuantUi 
,chap. VII V nous dit qu'en 1737 ^^^^^^^^ 
avoit au fond de Fentonnoir ua 

Hyi; 



iSô Voyage en If Aiiï 

petit lac qui en couvrojt pref 
moîdé , du côté du midi ; cette 
paroiiToit être une eau de pluie, 
appuyer cette làée , il obferve 
quantité de pluie qui tombe an; 
ment à Na pi es,, eu de 2p pou 
France, fuivant les obfervationî 
pendant dix ans par Dos Cirilli 
forte que la bouche du Véfuve 
105400 toifes de fu perfide ^ 
chaque année 45^ milles toifes 
d'eau ( * ) ; il eft vrai qu*il ne 
pas autant fur la montagne qu'i 
au bord de b mer ; mais auiH 
beaucoup d'eau qui fe filtre d' 
au travers de la montagne , & qu 
ue dans l'entonnoir du Véfuve. 

Oeft cette eau , qui probab 
fournit une partie des vapeurs 

fumée 




Ch. Vni. Mont Véfui/e: 1 8 1 
miiime » & fouvent quelques mois 
rès ces grandes pluies^ l'entonnoir 
:oît embrafé dans plufieurs endroits; 
lis je ne puis croire 9 comme le P. 
la Torre ( art^ pp. ) , & M. Serraoy 
e cette eau de la pluie foit fuffifante 
ur tout expliquer. Il y a eu des érup^^i 
(nsy comme celles de 16^ î & d^ 
)98 9 dans lefqueltes le Véfuve a jette 
3 ' torrens d'eau , tout ainii que le 
)lcan de Cotopaxi en 1742 , ( V. M# 
Duguer^ pag. 6p.) Se le mont Etna 
\ 1751. Le fait eft arrivé trop fou-* 
m y & il eft attefté avec trop dd 
rconftances pour pouvoir en douterj 
V. M. d'Arrhenay, Mém. preTentés^ 
c. T. 4. p. 273.) La mer qu'on a 
a prefque toujours fe retirer , le goûc 
lé des eaux qu'on a vu fortir du Vé-; 
ivc & le volume rmmenfe de ces tor- 
ns , tout me porte à croire , avec M. 
Arthenay & M. l'Abbé NoUet , que 
îau de la mer pénètre jufque dans le bat 
II, ou par fon poids, ou par la preffioif 
B Pair extérieur , qu'elle sY convertit 
î vapeurs & produit une .partie de la 
iolence des éruptions. Ces vapeurs 
)ndeiïfées dans l*atmofphere peuvent 
tufef auffi les éruptions aqueuTe^ iç 




l82 VoVAGH EÎT ItAI-ÏI 

■:Jes grandes pluies qui ont accc 
gné ou fuivi ks crupûoQs fecheS; 
d une fois. 
l^eUeitiff M' Lechmann dans fan art d^ 
1^ V^kâo*. nés , H, Seip dans fa defcriptioi 
eaux de Pyrmont 5 expliquent au: 
volcans par le moyen des eaux 
fnerj qui mettent er^ jeu les py 
ces compofés de fer & de foufr 
fe rencontrent par- tout dans le fc 
la terre j c^eft le featîment de He 
dans fa Pyritologie , ( pag- 308, 
eaux de la mer qui font vifqueui 
falces font plus propres que d*au 
produire rinflammarion des volcar 
î'on trouve en eôèt j près de la 
prefque tous les grands volcans de 
rope- Le fel que contiennent les 
de la mer, eft lui-même un alime 
feu; on fait que les Cuifiniers ji 
ordinairement du fel fur les char 
pour rendre la braifc plus ardente. 
Je ne fais pas entrer ici le fait 
porté par Pline j de la mer , qui 
quitter' le rivage de Mifene , quoii 
ait dit la nr^ême chofe de quelque: 
très éruptions j il a pu arriver qt 
ce fut qu'une efpece d'ofcillation 
doite par la fecouffç^ du tremlplei; 



I. Vm. Mont Vêfuvt.^ \%f^ 
rement de la mafle des eaux ^ 
'un appauvriflement ou un dei^ 
c produit par rengoufftement 
tie de la mer;: je ne vois pas 
lifle fuppofer fous le Véfuve 
es affez profonds pour recevoir 
up un fi grand voTume d'eau i 
éan répareroît à chaque inftant 
plus vite qu'elle ne pourroit fç 

ifre eft là première caufe àt 
: d'un volcan , comme il eft 
dû tonnerre ; car on ne con-* 

de plus inflammable que le 
le l'odeur de foufre fe remar- 
Dut ou pafle le tonnerre , auflî^ 
Jans lafumée du Véfuve, L'on 
i foufre tout formé dans cette 

; il n'y a donc aucun doute 
ence du foufre au- dedans de 

illumer ce foufre intérieur de 
c le mettre en mouvement , il 
1 s'y mêle du fer avec un peu 
lors Tacidé fulfureux s'unifi- 
er avec rapidité , ils produî- 
étiétration & un. frottement qui 
r le mélange, . 
mery^ expliquant dans fa Cb^ 



lB4 VdYAGH ttt ÎTALit; 

mie la préparation du fafran de S/ 

Volufli fait voir comment elle ferf à de 

ïfcï cldii ^^^ jj^^ j^ j^ formation des volt 

& dans les Mémoires de l'Acad 
pour 1700 y page ÏO3, il racont 
autre expérience qui la rend e: 
plus fenfiblerf 11 mit en été dan 
grand pot, jo livres d'un mélaîi 
w , fer & de foufre pulvérifé , rédu 

pâte avec de Peau; il plaça le poi 
Brt creux qu'il a voit fait faire 
b terre à la campagne , il le o 
d'un linge & t^nfuite de terre , à 1; 
leur d*environ un pied. Il apperçi 
ou neuf heures après que la terre i^ 
floit , s'échauffoit & fc crevaffoit . 
fortit des vapeurs chaudes & fuli 
fcs , & en fuite quelques flammes ■ 
élargirent les ouvertures & répan 



Ch. Vni- Mont Véfuve. rSy 
vertit en vapeurs l'eau qui fument: 
filtradoR , & cette eau convertie en 
ïur , occupe une efpace 14000 fois 
confid5érable que l'eau j la force de 
«peurs eft alors prodigieufe ; qu'on 
uge par l'éolîpyle ou par les pom- 
à f eu y où une flmple chaudière 
u bouillante produit affez de force 
• mouvoir un balancier énorme ,. 
gé de deux pillons. Il n-eft donc 
étonnant que ces vapeurs produis- 
un foulevement Ôc une explofioti; 
matières qu'elles rencontrent; c'eft 
que ce volcan a lancé quelquefois 
maffes de pierres qui péibient dès- 
ers, & Fon en voit quelques- unes 
e. chemin du Véfu ve , qûandy monte 
ôté de Rçiina & de Pueliano. 
|u^dn réfléchîfle fur l'effet que pro- 
l'air, le feu ou la vapeur qui fe 
ge des grains de la poudre à canon , 
'effet bien plus violent de la pou- 
fulminante , compofée de falpêtre 
efoufre, mêlés avec un alkalifîxe, 
'on n'aura aucune peine à com- 
dre l'effet des volcans, U n'y a 
la grandeur du fourneau qui pro- 
la grandeur des effets; l'imagination 
eft point accoutumée par les petits 



18Ô VùYkët HN îtALtt] 
fffets de nos petites expériences 
s'étonne à la vue des explofions di 
fuve ; il n'y a cependant de diSi 
^ue du petit àû grande 

Il y a des volcans ^ans ttius les 
du inonde ^ parce qu'il y a par-to 
foufres Se des minéraux. La C 
fiere du Pérou , ^ du Chili ^ la < 
entière dePApeânin, riflande^ 
ques ïÛci de h mer du fud^ de 
diipel, des Cananes s des Tercei 
des Âçore^ ^ font des volcans ou é 
6u edcfc^é enflammé». On en troul 
vefliges dans les ifles Eptieftiades, I 
Vulcaiil $ Didime f Sttomboli , Ce 
en Ethiopie ^ en Spéde , eh Norvef 
ËcofTcj au milieu miite de la^x 
dans la Province ^Auvergne on 
les traces xîes anciens volcans. M. 
tard y a reconnu des laves toute; 
bldbles à celles du Véfuveé (Me 
TAcad* pour 17x2. ) 

M. Montet a trouvé auffi les 
de plufieurs volcans éteints dans 
Languedoc , & Montpellier en eft 
( Mém* de l^Acad. pour ij60i 
4.58 ) ; il y en a fur- tout beaucouj 
côté de Péïénas & d' Agde , on y 
y.e le bafalte femblable à celui d 



Cn. Vin. Mont Véfwt. 'i8^, 
t parlé dans Pline ^ dans la continuani- 
>n de la lithogéognofie de Pott >page 
rp , & dans les Tranf. Phil. Tome 
LVI il, pages a 25 & 238; 
Il y a dans l'Allemagne des mines de 
arbon qui fe font allumées , ( V. M, 
^mann dans l'article des mines , Tom, 
F^g« 3*9 » Pline , L, II. Chap. 7p ; 
3> 81 , 82 , 84. Agricola , de ortu 
' caufis fubterramorum , Liv. ïli 
hap. 20. ) 



CHAPITRE IX. 

De la nature des laves dn Mont 
f^éJUvef 

^k LAVB» en Italien Làva^ cettfli 
laciere qui eft fonie en fi grande quan- 
té dans les dernières éruptions du Vé- 
ive , reflemble extérieurement au fet 
)ndu , mais en dedans l'on voit que 
B n'eft qu'une forta de vitrification opa- 
ue , dont l'afpea eft femblable à celui 
l'unie pierre d'aiman. Quand elle eft pon 
ie , elle approche de la ferpentine , aveq 
;ette différence qu'elle ne tire poini 
auiç fw Ig vçrdt 



ajJO VoYAtîE BN TTÂtî*- 
Cetre lave a la confifiance d'une 
^u^bouillie£paii^e quand elle fort du 
neau ; elle coule lentement , & s'< 
avec peine. Quand elle eft refroidie 
torrens de lave reffcmblent , fuivs 
tomparaifon de JVL de la Condai 
1 une mer de matière épaiffe & tei 
dont les vagues commenceroient 
calmer: 

Vidimus unfl aneem tuptis fornaciKus ^cnac 

JPlammacumgue^Iobos iiquefèftague volverei 

'Gtorg*!* JEjl |. v. y, 

Certains endroits reffemblent à de 
ibles de vaifTeaux plies en rond. Si q 
-elle eft encore coulante on la foi 
avec un bâton , elle fe gonfle aufl 
& devient poreufe , ce qui paroît 
venir d'une matière très-dilatable , 
^tre bitumineufe ; car les bitumes 
la propriété de fe gonfler dans le 
de s^attacher au fer , & de fe d 
quand ils font froids. C?eft par un( 
fon femblable qu^on a vu , en i*; 
les ardoifes d^ Royaumont frappét 



Ch, IX. MontVéfm/t. i^t. 
Dn voit aufli que la lave exerce fou- 
it un£ très-grande force expanfive, elle 
ne des ondes, des cavités, des pointes, 
grottes , djes efpeces d'aqueducs ^ 
îlfc fouleve la plate- forme de Pen- 
noir du Véfiive , jufqu'à la porter 
fque à Torifice fupérieur , comme cela 
arrivé en 17 J y, depuis le 23 Fé- 

IX jufqil'au 6 Juillet, &en 17(^7. 
M. de Secondât dans fes ObfirvaA 
u Phyjîques , imprimées en IJS^ li 
le d'un bitume qui fe trouve près de 

X , qui eft fi dur , que pour le tirer, il 
t y employer le fer & le feu j on ne 
ït le réparer des parties terreufes^ 
avec le feu de réverbère ; on s'en eft 
n pour aflembler les pierres dan^- 
terres -pleins du Château Trompet*- 

: cela peut fervir à expliquer la ra* 
lâion de la lave : elle paroît conte- 
une portion de bitume d'une égalé 
•été , à en juger par Podeur qui s'ex- 
; de Tes pores avant qu'elle foit en- 
einent refroidie, & par le gonfle- 
nt dont nous avons parlé ; cela n'eft 
étonnant, puifque le bitume eft com- 
é du même acide que le foufre, uni 
c quelque efpece d'huile ; Boccone , 
i iVuvra|;e intitulé : Mufco diffict^ 



kç2 Voir AGE EK ItALÏI 

c di efperien^e f page 166 , ik 
qu'en Sicile où brûle le mont 
îî y a beaucoup de fources biti: 
fçSfSc qu'on y trouve fou vent du 
On apperçoit dans la lave d 
tîes de fer , Se des parties de 
mais les particules mëcalliques fc 
divifées , puifque la lave pefe i 
Vieme ou un dixième de moins 
pierre naturelle du Vefuve» La lî 
fur la bouifole , ce qui prouve 
contient du fer. M, TAbbé NoU 
ite , qu'étant au bord du baffin , : 
toii une odeur femblable à celli 
diflbus dans de refprit de fel. L 
tes du Véfuve étant analyfées , c 
du fer très- pur » & M* Cadet en î 
dans la lave 5 qu'il avoit pu 
avec beaucoup de peine , comin 




Chàp.IX. 'MontVéfttw IrjJi 
'enibrafement ne ceflbit d^augmen*- 
» vit que les maifes ardentes que 
t>ient la vapeur 8c la flamme ëtoienr 

efpece de pâte qui fe déchiroit 
'air , changeoit de forme , & en re« 
bant fur le rocher s'applatîffoîc 
ime de la 'boue épaiffe , ce qui 
ive combien la vitôfication efl im« 
aire ^ même tlans le centre de l'em*^ 
[ement. 

Suivant les expériences de M. Cadet j; 
poudre de lave fe diflbut dans tous 
acides » mais fur -tout dans l'aci.def 
iolique^ avec lequel elle fait une 

vive jeflTervefcence. Si Pon mêle 
e dlflblution avec de refprit-de-vin» 
u'ony mette le feu , la flamme pren4 
belle couleur verte ; Talkali vola-i 
k>nne une couleur bleue à cette diP 
don , ce qui prouve qu'elle con- 
c un peu de cuivre. Cette mêmtf 
dution 'filtrée & évaporée donne 
cryfiaux de vitriol de mars très-ré- 
ers ^ des cryftaux d'ahin , & un fet 
>etites aiguilles foyeufes qui ne peut 
Uflbudre dans Peau froide , & qui 
fît formé par Funion de facide VH 
ique & d'une terre vitrifiable con-: 
le dans la lave î il efi donc çrong 

TomcVIU " l 



quelque vertiges dans H lave } 
formé un verre opaque , mêlé 2 
fer , le cuivre & la terre alui 
fe- ( Hifl. de F Acad. des Science 
;?76i,p. 630 

M. Montct , Chymifte de M 
ïier, ^ trouvé du foufre pur d 
fublimation de la lave du Véfu' 
qualité un peu fpongieufe de cet 
la rend très -propre à fervir de 
çlle eu fort dure , elle n^eft poir 
iante, Aufli la ville de Naples 

Eavée, & les anciennes villes d*! 
mum & de Pompeii rétoient d^ 
s'en fert auflî pour bâtir cj^rtaini 
ces auxquels on veut donner f 
folldjté ; mais ce qu'il y a de p! 
marquable , c'eft que Rome & 
la voie Appienne , depuis Rome 
Radîcofani^ eft pavée auflî d< 



Chaï. IX. Mont Vtfùvt. j^f 
'Ibmne M. dé la Gondamine Pa obfervf 
CD 17 J f,) Mém, de PAcad pour lyj^f 

Sa dureté la rend fufceptîble de poli^ ufifgè ^ 
Ton en fak à Napks divers ouvrages, ^ ^^ 
des tables 9 des chambranles de chemin 
sûnées ^ des taffe^ , des tabatières , quï 
coûtent quelquefois jufqu'à iOOQ francs 
^oand il s'en trouve des morceaux fin^ 
{uliers , oà il y a des accidens rares ; 
des points verts , ou d'autres qui font 
tooges comme des rubis. 

On en fait auflî des fuîtes d*ëchan- 
ollons, en thoifîirant des laves de toute 
fcrte de couleur* M. Guétard en <:ite 
One de M. Guenée o& il y avoit 4^ 
l^etitsquarrés de diverfes nuances , poîn- 
Ûlés , brocatelés en blanc , jaune i 
tris , olivâtres plus 6u moins fonces , qui 
oifoit un aflbrtiraént très- curieux. Oa 
y- voit fur tout beaucoup de parties vî* 
tâfi^es noires ou- verdâtres, & quelque! 
parties mrécalliaùes. 

Ce travail ûés laves eft très -long; 
car cette matière rëfifte au cîzeau ; & 
^uand on veut la réduire en poudre ^ ^ 
âlcfmord fur les pilons les plus durs Sc- 
ies mieux trempés. 

]MU de la Gondamine tC^ point trou> 



Arerre rprnie par xes voiçans , çt 
^rouye feulei]çient que les inatien 
,ces tnomagnes Xont plus fuHbks 
jcelles du Véfuve , & plus difppféÉ 
.yîtrification ^ jnais il ajoute qu'i 
point vu la moatagne 4? S^ngaï 
laquelle il cpule un torrent dç fei 
celle de CoTo*Pav, d'où l'on ï 
fortir à flots dj^s matières epflamm^ 
liquides^ & que ces matières font 
être dlune natij^e (emblâbje ^ la 
4u Véfuve. 
jj^tfn La pierre de gallkiace dom 
.W^^^û*» Venons de parler, reflemble pïiri 
mefît 4 la pierre ob(idienne de P 
iUr laquelle M. le Comte de O] 
donné un m^nioîrc à i'Aqad^mie 
dfs Inff:riptioi3s en xj&o ; il pro 
d'après Us expériences pliyqiiquci^ . 
.cf^ft pne .efpeqe de verre ipéta II: 
^u , comme le préfume M. Guétarc 




HA^: TXv MéTii Vilfuvé; t§f^ 
ues y une fubdatice analogue att 
uel'on' ttoUYC dahi; les four-^^ 
fer y & qui eft linc^ denii-vitrir' 
OU' une éciimd ttièlét^ de métal- 
arieres vitrifiées ^ dûeprincîpale^ 
quanz'fufibie delà mitie. 
ave qui fort quelquefois par Up 
fupérieure du Véfuv^, rl'eft Jan- 
ine vicnficatîoft parfaite , comme 
hr lave qui fort pat lès fianck 
ontagrîe , parce qu^ là matierfe- 
lide ne fauroit être lancée et 
ifli loia que^ ceUe qui a quelque^' 
rce: 

latîere fpongî'eufe que le Véfuvfe 

>uvènt ,' auflî-bîen que celle qui 

furface des layes , quoique pôt 

eft de la même nature? que h 

He eft quelquefois jaune au-dé-^ 

blanchâ^tre an- dedans. G'eft 

re prefque vitrifiée ; quand elle 

ire en poudre & bouillie danU 

:11e lui donne à peine ufl petit 

é; mais elle devietit plus blan^, 

l'on y^ apperçoit des particu-w 

antès qui paroiffent talqaeufes ; 

là Torre en a vu qui, fous utt 

égal, pefoit un feptiemede moinS 

piçrre naturelle du Véfuve ; il- 

I-iîi 



<juoîqtt'extrêmement fubdivifée, 
jche beaucoup de la nature de la la' 
reufe & folide dont nous venons 
Jer; vue au microfcope elle paroît c 
Aes particules falines , tranfparent 
partiçs brillantes, & de petits 
Boîrs. Lorfqu'on tn met dans 
elle donne d'abord une flamme 
laaîs fans odeur de Ibufre ; pu 
^ bouillie dans Peau, elle p 
peine un petit goût falé comm 
Àe Palun; ces points noirs ps 
itre des parties bitumineufes , qi 
qu*elles étoîent en fufion> donn 
h matière la fadlîté de couler 8 
lîétrcr par-tout ; maïs qui après 1 
diflement^ fe font trouvé trop 
& féparées par l'interpofirion i 
Je matières hétérogènes , pour 



u lu:^. 



/^« *^v»^It/-ill^ 



Cha*. IX. Mont Vifuve: ïp^' 

Aflèment elle étoit comme de la cen- 

Ire. Le P. de la Torre a même ob- 

ièrvé pareille chofe dans quelques ruif* 

faux de laves qui coulèrent en ivyi 

4 lyya; ils reflfembloîent à un fluide y 

' iant qu'ils étoient embraies , maïs enfuite 

en n'y appercevoit qu'un fable ftérile ^ 

tine terre roùge brûlée, dont les parties 

litumineufes étoient en trop petit nom- 

tre pour former une maffe concrète. 

if. Nollet ne doute pas que ce ne foît 

là lave ordinaire qui y dans une fufion 

plus parfaite ,• a été lancée avec une 

împétuofité plus grande ; elle s'eft divî-^ 

rée en une elpece de pluie , qui eft re-* 

ombée fous la forme d'une cendre^' 

l'eft appliquée exaétement à tous les 

Durs , & a rempli tous les vuîdes dans 

es villes d'Herculanum & dePompeii; 

:*étoît une lave mioîns côhérertte que* I» 

ave ordinaire. 

Il y a eu de nos jours plufieurs vil- 
ages qu'il a fallu prefqu'abandonner ,^ 
caufe de la quantité de cette cendre 
|uî avoît couvert les maîfons & chargé 
2s toits jufqu'à en caufer Téboulement i 
[uoîque la lave ne fût point dans cet 
tat de fufion extraordinaire; & j'ai vu 
D'oi«même en 176 J ^ dans un temps oà 

liv 



iQo TatiGB S'îî ItaltI 

fc Véfuve étoit affez tranquille, 
couche légère de cette cendre en 
dre impalpable j qui avoît couve 
toits, & les jardins de Portîci pe 
la nuit* Le P. de la Torre a q\ 

en 17JI & i^TS^t ^^^ '^* prsï 
Ikves qjJi fort en t font moins li{ 
que celles qui fuccedent , & qi 
dernières ne font qu'une ëcume 
très-légère > compofte. de matiei* 
iont intimement mélangées* 

Les matières écaîlleufes , la/in 
le Véfuve jette fouventj font une 
te détachée de rintérieur du fot 
femblable à de la. brique ou à 
terre culte ; il y a auffi des écail 
la lave, qui, font irrégulieres , 
car ondes I & tantôt par filets 
celles-ci font de la même nature 



ChàP. ÏK: Mont Véfuvf. 261] 
IC5& une portion de pierre femblable 
:eilé qui fait le corps de la lave; le 
ifrê qui entre y principalement dan^ 
corhpofition'' dès pyrites , fe diflipe 
os l'opération ;"nbus avons déjà ob- 
vé que les pyrites décompofées produis- 
ent une partie de la lave dont îlaétâ 
rlé cî-deflus,& qu'elles étaient la pre-: 
ere'Câùfe 4jes embrafèmens fpontanés ' 
s volcans ; le^tardoùinica'i dTpece dé 
irre trafl(j)îirefité; écailleûfc & bril- 
ite, s*y trouve en petits graîjis ou eir' 
tits féuîUetS' qu'on ne voit préfqutf 
'à la IqUpe , tantôt mêlé avec te fable' 
VéfuW', tantôt lïnî aux pleines qu?^ 
ît lantées pat le volcan , c'éft'uné - 
iticré réfraftîEîre <iui téfifte â-!à vîtrH' 
arîon'&àla càldnàtîon, &[^qix'on"re- 
»uvé en nature dans les iavés, ^ lei' 
tres^ matières dif'Véfuvè. J'àl ramaffé"' 
)i-mêmé'fur îè penchant de- la mon-^ 
rires dîs mfirceauxTÎe làve qui étoient' 
îiiis di"Jaînètles talquéùfes. J'y ai ra-^ 
fflpé iv& betocoùp de fnbflance jaune ^.^ 
î 'dTabôfd "mè pàfoiflbît dû fôufre i- 
lis qtlî* ayaftt été corifervée , & cnfuite- 
aminée àt plus'près , s'eft'ti<duvé n'ê-^ 
5 qu^ûfiê «erré alumîneûfé, fémblàbîe^- 
l'-awtf l:^ciné qui devient infipidé au' ' 



Commu* On a fouvent penfé qu'il y zy 

ïi^ YéfuYc. communication fouterraine entre 

fuve, la Solfatare & le mont I 

Sicile , quoique celui-ci foit à 8 

du mont Véfuve ; la principale 

3u'on en a donnée, c'eft la quanti 
Igieufe des matières qui font foi 
Véfuve , & qui ont couvert une 
partie dès campagnes: voifihes 
juger du mérite de cette preuve 
de la Torre a eflTayé de comparer 
ves , avec Fefpace vuide qu'il 3 
dedans du Véfuve ;* en fuppofam 
ment rjo pieds de Hauteur pour 
tie qui fe vpycMt en 1-7 J y ,.& 37; 
pour- la protondeur du gouffre qi 
au - déffous, il contiemiroit i c 104 



Î^HÀ^. IX. Morit Véfuve: iîoj 

iffit pour faire croire que la quan- 

laves foràes du Véfuve , n'exige 

i efpace plus coniidérable que le 

même de la montagne > ou du 

les environs de fa bafe; le pays 

ruiné & boule ver fé bien des fois , 

irafier , fi vafle & fi profond , en 

miné tout l'intérieur depuis tant 

:les. 

P. d'Àïïiatô dans fa diffcrtatîort 
lée à Paris eh 1760 , à la fuite de 
re du P. de la Torre, prouve affez 
g qu'il ne peut pas y avoir de 
jnication ; M. d'Àrthenay lui-mê- 
as en fournit une preuve dans fond- 
re , car quoiqu'il fût perfuadé de 
imunication du Véfuve avec la- 
re y il avoue , d'après fes propres 
ations',' qu'il n'yavoh dans leurs 
lucune correfpondancè : dans l'ér 
1 de 17/ ï% & dans celle de 1 75 4 ; 
irvînt aucun changement à la SoU 
» il n'y' parut pas la moindre flant*' 
: elle ne fuma ni plus nî moins 
ara^nr. ( Mém. préfentés , ôccv 
IV. pag. 2(71.) 

a bien moins encore de lîaifon NTent Etna 
'Etna: & le Véfuve , celui-ci eut 
:;[,. une éruption qui dura pen^ 
Ivj 



plùfieqrs femaines, ITn'eff donc pas 
comme les uns Pont dit , que ces 
.volcans s'embrafenc en même tem 
une caufe communes ou comme 
ttes l'ont prétendu » que.quanc 
s*énflamme:, ràutre. s'éteint; .ces 
feîts peuvent s^êtcerencontrés , mai 
on hafatd^qui me . paroît n^indiqu 
cune relation entre Jës deux monti 

Oh peut voir-^au fujet du mont '. 
l*Biftoire qu^en a donnée. Borelli.. 
rera yDefcript. mont. JËt. Antoine 
lôtée ^ Topogrufh. mont. /Et. M. 
delot, Récherches & Qbfervatiqps 
xtl^es. Qpqfcolijilofiifici del Jîgn 
Tàtnmafo. Càwpaiïlà patrifio .mod 
iS Pâlermo , j 73 8. in-^^: 

On étoit fi tranquille à èàtane , 
fôruption,dé ij^sô., qu'on conun 



Gbtak IX. Mont Vifwel lof^ 
&)rre (article 97)» raconte celle du(. 
qojs deJVIars. I75ff 

Lorfque la lave afijourn^ long^temp^^ 
Eins des lieux bas , .ellefe couvre infen-* 
ibiement des fels de Pair ^ des parties vé^ 
{étales & anioniales qi^eies V'ents promet 
lent .dans les campagnes ^enfinr des ter-- 
'es que les eaux- «détachent ^des monta*^ 
pes ^ il s'y^foriBe^un^errein labourable,; ^ 
uie campagne fectile-^ &. habitée , M. 
Serrao dit , que les Dominicains de Ma*- 
ionna deW ArcOy un peu au nord du Vé-. 
fuve^ ayant fait creufer un. puits d^en« 
9iron 240 pieds ^ on-- rencontra - troi$« 
:ouches^. laves Tune fur l'autre , fépa* 
réespar des couches de terre,. ce qui- 
prouve que ce pays a été trois fois ha- 
bité 9 & trois fcMs abandonné & dévafté. 
par les éruptions du Vé&ve. Il- y a lieu.? 
de croire que ce furent des éruptions 
plusancicnnesquie FanTp. V. M. Ser- 
no ,' édition de^Faris , . gag. 1 1 7;: Pal ^ 
raconté ci^deflus- laf même chofe des. jar^ - 
duis dé Portici. 

Les tremblemcns de terre fe font fcir- 
tir dd. temps à autres aux -environs duv 
Véfuve,. j ai vu dâfns une ferme de Cac^ 
whiUà^èdiXï% là plaine de Nola « une 
g[^de logg de paillg iaitc au ao^Uieu dà^ 



20^ VOVAÔB IW r^AETlf 
Ift cour , il yjt plus de 30 ans, pouf 
habiter dans Un temps où le trembl 
Hfient de terre, avoit fait déferter lei; 
bâtimens de la ferme. 

Le danger d'être embrafé , inondé 
englouti , n'eft pas le feul auquel on' fdr-! 
expofé dans le voifinage du Véfuveiii 
ces éruptions produifent aufli quelque^ 
fois des maladies ëpidémiques ; on eii^ 
peut voir un exempré dans le lîyre ivt 
r.de la Torreà Poccafion de celle de 



j 



Mou 



îous ne conduirons pas plus4oinn(H 
tre defcrîption du Véfuve , ceux qui 
voudroient de plus grands détails, les' S 
trouveront dans les ouvrages du P. de \ 
la Torre , de M* Serrao^ & d?ns trente 
autres , dont le P. tie la Torre a donni 




Chap; X, Pompeia^ &e^ âcyf 

CHAP ITR E X. 

?s ruines de Pompeiiy de Stabia 
û*' de Pajium^' 

.EVEKUS au bas du mont Véfuve; 
is continuâmes notre route fur la côte 
Porticl , le long des villages dé Re** 

I & de Torre del Greco , qui fpnc 
iplis des plus belles maifons. J'ai re^ 
rqué celle qu'avoit le Cardinal Spî- 
li , Archevêque de Naples ; celle du 
ic de CafacaUnda & Mortelle , qui 

un lieu deftiné à la chaife du Roi* 

II y a au r village de Torre dell' An-' 
nziata une manufadture de fufils y dans 
[uelle il y a environ 60 ouvriers , & 

Ton travaille principalement pour le 
mpte du Roi./ 

PoMPEli ou Powpùa j ancienne ville P#mp#i 
i avoir été cnfeveRe comme Hercu- 
mm fous les cendres du Véfuve, a 
? retrouvée comme elle , par hafard , 
es du fleuve Sarno , à une demi-lieue 

Torre. dell' An nu nziata , par des payr 
is qui avoient creufé pour une plan»« 
ion d'arbres*, • 



l«s ruines d'Herculanuna ; il n'y 
des vignes ' & des arbres au^^d^flO 
la terr« qm*CQuvre-Pompeia,-& : 
pour acheter le droit d'y fouillei 
p$s ime. dépenfe bien confidén 
faire*- 

. C'eft vers 175; J queronaccmi 
ces^ fouilles ; mais on -y a mis p 
attondé , &"il y -a peu d'e^ace i 
vert. On fonge aftueUement' à \ 
ces reehepches avec plu» de foin 
Cfidroits oà l'on a fouilléa font 
quart de lieue de la mer , fur une 
teur;dans Pun. on v«it une poi 
ville ,, des tombeaux, qoi font- 
chemin hors de la ville s une r 
particulière ^ dont^ une partie el 



1 c ^ 



îT en I7^y ; un petit Temple 
: entier , à l'exception de la couver- 
I mais qui ne donne qu'une* bien 
te idée de la magnificence de ce 
s-là. Les colonnes font de briques 
rtues de duc ; il y a quelqMes fculp- 
s fort communes. Les murs étoient 
vens de peintures à freique qu'on a 
ichées pour les tranfporter au cabif« 
du Roi« L'eficalier qui conduit aa 
iluaire eft étroit , revêtu de marbre 
ic, qui a un. oeil verdâtre, & q\ii 
moins beau que le marbre de Car*» 
; il y a deux, autels ifolés y qui 
: encore, fur pied, dans leur entier; 
milieu du Temple eft une efpece de 
te chapelle bâtie en pierres , & qui 
erme un efcalier y au fond, duquel ^ 
éprouve une. vapeur' dangcreufe.; 
eft peut-être une fuite dé celle dont 
e Séneque y dans le paflfage que 
s avons rapporté. L'infcrîption de 
Fetaple eû ct]\e. - ci : N. Popidiusi^ 
F. Celjînus , jEdem Ifidis terra motu 
apfam a Jundamento S, F. rejiituiu 
le Decuriones oh libtralitatem , cùm 
annorum fexs^ ordirtifuo gratis ad-^ 
runt. Cette infcrîption a fervi à prou^ 
que Hon. ne. pou voit être^ ï^éoa^ 



autels où ces Maîtres du mond 
facrifié , environné des n^êmes 
occupé des mêmes objets; & d' 
trouver tout à la même phce, d 
même ordre , fans que là forme, 1 
tîere, la fituation de toutes les partie 
éprouvé le moindre changement ; 
feve du VéfuVe a été un préfi 
heureux contre l'injure des temp 
|)illage des Barbares, 

Il refle fur uti des mûris une 
^erfpeSive d'environ dix- huit j 
tn quarré , qui eft encore toute î 
de couleur , le bleu d'azur y 
*<ébmm'e s'il venoît d'être emploj 
fujet eft une maifon de campagne 
les jardins , fa couverture ert t 



Chap. X. Pompeiaf &e; 'ûii\ 

ï de ce morceau qui ëtoit en 

& des autres murs qu'on a dd- 

pour enlever les peintures^, je n'ai 

empêcher de me plaindre de ce 

ement. Ces peintures ont bien 

e prix à Tendroit pour lequel elles 

t été faites , qu'elles n'en auront 

les cabinets de Portici j elles y 

it partie d'un tout qu'il eût été 

ie conferver en entier y & elle^ 

it moins dégradées. 

remarqué fans peine dans les bi« 

de Pompeia, bçaucoup de laves 

ifes & vitrifiées dont eft pavée U 

kppia , & qui prouvent évidem- 

es éruptions plus anciennes que 

le Tan 79 j mais j'ai rapporté 

'autres preuves du même fait, 

• avoit en lyôy environ yo tra-- 

rs occupés dans les fouilles de 

ïia , & il y en a davantage ac- 

nent ; cette découverte eft bien 

des foins que le Miniftere y a 

[1 y a dans les appartemens de 

. un beau vafe antique de marbre 

os , qu'on a trouvé dans ces ruî- 

[ eft aufC beau par la forme que 

deflein d'une fête de Bacchus 

eft repréfeméc en bas -relief} 



plus tondue que celle que j'avt 
ailleurs , fa furfaQe eft ondée & 
lée d'une façon finguliere, 

SfAii Dcl^ nous tournâmes le Véfi 

le côté d'Ottaiano y de Somma 
S. Anaftafiovnous ne vîmes que 
l-ancienne ville de Nola,- célcl 
la mort d'Augufte.>Cefut la pi 
S, Paulin &• celle de^ Jordano ' ] 
qui fut brûFé à Rome en r5o&' 
refte quelque mot à dire fur la c 
<A ati midi de- Pompeia ^ vers. 
a Mare. 

jfyiAif A un mille de' la petite ville de 
a Mare , on voit les fouilles q 
fait dans- Tendroit où^ ëtoitr a 
Stàbia , ville ancienne , qui fut p 
d'abord nar les Ofnues . !«? Etri 



ChA7. X. Pompdaf-ù^. 2if 
Uoite à l'état d'un fimple village. Sta- 
Br jexifioit .£DCOEe du temps de Pline 

; jeune > il en marque même la iitua- 

n dans fon Uvre VIL Epît. XVi;. 

diunelle » L. X. y. 15^^ fait l'éloge 

i.eauxdeStabia- 

P Fontîbiis & StabUe célèbres &c TeTuvîa rari; 
I- ' 

Flfja fouille que l'on y a faite n'efl: paC 
liofonde.; elle .eil prelque à £eur de 
iBSrre; nuiisl mefure que l'on décou;^ 
■t un endroit 4 on ie remplit pour en 
bùller up autre ; tout ce que Ion j 
■Rmve ;«n j>ronze ou autre monument 
intique 9 fe pone dans 4es cabinets du 
Km a Portici. Les ouvriers vont couvert 
il cabaone o& ils fe repoCent , de tuiles 
utiques.; elles font fix fois plus grande 

Ce les nôtres , & elle s'emboîtent Fune 
ns Vautre en fprme de ccochet , pat 
les courbures en iièns contraires. 

Il y a des eaux minérales à CaJlelVi 
tMare , fur lefquelles le Dodleur Rayr 
nont de Ms^io a donné un favant Traité 

On trouve fiir h même c&te la ville 
k Sorrento & celle de Maifa; tous 
41 environs des ces deux villes font 

yiiyens de m/àtop^ pu l'pn éiev^ def 



^ SI4 VoYA<3E EN IxAllIÏ 

veaux qui font très -recherchés, fl 
la viande cft réellement d'une e: 
délicatefTe* 
JBa|nU Vis-à*vis du cap de Minerve , c 
PHle de Caprl , célèbre autrefois 
jetraite de Tibère , ( Tac. Anaa 
§* 67 ^ année 27 de j. Cl) M. d 
fcert , dans le voyage qu'il faifo 
ordre du Roi, en 1766 j a trouv 

Jf avoir 162^0 toiles de diftance 
e Fatals du Roi de Naples & 1 
qui efl à la pointe Efi de Fifle de C 
Quoique je n'aie point envie de 
tînuer la defcrîptjon du Royau! 
Naples y je ne puis m'empêcher d 
1er ici des ruines de Pœjîum dei 
fameufes riepujs quelques années* 1 
Pesti eft un village fitué 
lîeues de Naples , dans le go 




Çhap. X. Pompeîa , Cfe. ±if 
j^^entale de la Lucanie ^ & donnoic 
H nom à ce golfe qu'on appeiioic 
J&Jlanius Jînus. Solin dit que c'étoit une 
le des anciens Dpriens ^ d'autres di- 
Dt qif eUe avoit été fondée par les 
' antes. StrahoB parle d'un fameuy 
nple de Junon , fondé par Jafon , i 
Qbouchure du Silo , . qui eft à deu$ 
ues de Pqfti j & il nous apprend que 
te ville fut envahie par les Sam- 

M, Grojley raconte qu'un jeune élevé 
j)?un Peintre de Naples fut le premier 
Boi, en 1755 , réveilla 1 attention des 
fnrieux fur les refies précieux d'ar- 
flùtedure qu'on y voit; il étoît alors 
I Capaccio , villajge qui n^eft qu'à deux 
lieues de Fefii ^ lorfque dans une pror 
pienade qu'il avoit faite du côté de la 
mer ^ il vit du l^ut d'une .colline des 



-(*) Ficeuorum opxdfa 
§êpculM quaiomy eorum 
fu ad Adriaticum mare înr 
âatuutj â, Romanis traiuBa 
Mfiutm Pt^onîëum feu 
Apamium , cui nunc Paf- 
Mw t Cf urbi jFofidionia 
fajtûm nomtn ,èfl , ia mer 
i» Jimi fitœ , ( Strabon , 
miîuit par Xyiander » & 
Uani par Cafaukon, édi» 
iloa de Morel,i62o,paç« 



me ]Uvrç\ Fofi SHari ofita; 
Lucaniafuhftguiturjfanumr. 
que funonis ^r^îva ahjafo^ 
ne conditum , tnieçuefttidni 
50« ( 1 lieues ) difiat Paf^ 
tum , ( comm* du nxieme 
Livre ). LucanlcL Sammtin 
ius genuf trabunt : (fjupe* 
ratis btllo PoJJiioniatis atir 
que eorum fociis , urhu illê'» 
rum o^rinueniAr*.***.* imtt§^ 
Kçmud funu 2bM| 



cunoute ae ion maure par le n 
ces monumens Ignorés , '& celui 
annonça d'une manière qui réveil 
tention des cuiieux. M. le Cor 
Gazola, Grand-Maître de l'Art 
en fk tirer les plans & deflîner 1 
.▼atipns^ plufieurs Peintres ont 
les lieuse pour 4es peindre fous 
rens afpeâs. Pen ai vu chezD( 
coîne JoUi , Peintre & Décorât 
Aéâtre de S, Carlo , différens ts 
fort intéreflTans , parmi d'autres \ 
Naples , de Venife , de Malte , c 
drid, &c. & M. Morghan , en 
les a fait graver en fix feuilles , 
les defleins de M. JoUL J'ai pla 
fin de cet ouvrage un eictrait de o 
vnres -en une feule plancke. La 



ChâA X. Pompela. ïîiy 

ace .extérieure il y a un dragon aile , 

au-delTus de la tace extérieure une 

hfigure en bas-relief. On y voit 

partie des murailles qui font for- 

de gros blocs de pierres , & dont 

Bceinte qui eft quarrée^ s'eft confervée 

fqu.en entier. 

' La féconde planche eft une vue gé* 
' aie de l'emplacement de Pasftum , 
ife du côté du midi. On y diilingue 
\ forme quarrée de Tenceinte des murs ^ 
s tours dont elle étoît munie ; la porte; 
l&ptentrionale qui eft dans le milieu d'un 
i^es côtés du quatre ; les trois Temples 

Sui font encore fur pied ; les reftes 
'un amphithéâtre, & beaucoup de rui- 
IlO informes. 

La troifieme reprdfente les trois Tem- 
|iles , vus de plus près, par un obferva- 
leur fitué à la partie orientale j le 
{lus oriental des trois eft celui qui y^ 
jaroît le mieux* 

La quatrième & la cinquième font 
les vues intérieures du Temple qui eft 
dans le milieu. Il eft exaftile-hypetre Q, 
jc'cft-à-dire , qu'il a fix colones de 



(') V. Archîtettura di 
%Vitruvio Pollione , colla 



frMaiione e commenro dd \ foUo^ page io4< 



Tome KIA 



MarchefeBerario Galianî ; 
inNapoli 1758», graadiai 



K 



marches ou trois focles qui font 
traite l'un fur l'autre tout autoi 
Temple. 

* La fixîeme planche du recuei 
îe parle , eft la vue du Temple e> 
péryptere , c'eft-à-dire , ayant fi 
îonnes de face , & entouré d'u 
rang de colonnes tout autour , 
que la Maîfon quarrée de Nîmes ; 
ci eft à la partie occidentale de Pa 
& aflez éloigné des deux autres. 

Ces trois Temples font décou 
en defliîs , il y ^ encore des co! 
tout autour ; les èntablemens 
frontons même font encore en j 
rarchitefture. qui eft du meilleur g 
du plus beau temps de la Grèce 



Chap. XL Caferte: 5ip 

;• Les Temples de PoeHum font à 
près du même genre , & ils peu- 
K fervir de modèle aux Artiftes qui 
kanoiflent & qui aiment les beautés de 
lùrchiteâure Grecque. 
^ On vient de publier encore à Londres 
m ^7^7 9 de belles gravures des monu- 
iéns de Paeftum , avec des explications ; 
^s je ne les ai point vues. 



CHAPITRE XL 

t)efcription du Château & deîA^ 
queduc de Caferte. 

Vjâseate eft une ville Epîfcopale ; 
mais très -peu confidérable , fituée à cinq 
lîeues au nord de la ville de Naples , 
llans la plaine où ëtoit autrefois la dé- 
Kdeufe Capoue, & près de laquelle 
!aarlesIII, (a^uellement Roi d'Ef- 
|Nigne ) a fait bâtir le château le plus 
jnaffnifîque , le plus régulier & le plus 
^raflc qu'il y ait en Italie , fur les def- 
'fcns de Vanvîtelli, que j'ai cité plus haut 
icomme le premier Archltefte de lltalie. 
On a fouvent demandé pourquoi Don 
^Carlos n'a voit pas choifi fa Capitale 



de la forme de les projets ; à 
il eût été referré & contraint 
côtés j à Portici les dangers du 
ïbnt une raifon fort naturelle ] 
pas y entreprendre de ces îmme 
vaux ; enfin quand on eft acco 
voir ^toujours )a jner fous fes y( 
îi'eft pas fâché de s'en éloigne 
fjuefois , & d'y fubftituer des 
gnes riantes , des collines & dei 
& d'avoir autour de fes jard 
chaiTe abondante & commode. 

On voit au nord de Café 
collines agréables , appellées mon 
tini; au midi l'on voit la ville 
ples^ la mer, l'iflc de Caprécj 
avenue de quatre rangs d'orm 
vellement plantée, dirigée ver^ 
pîtale,,& qui s'étend à 32J( 



Ch A p. Xi. Cz/erff. àli 

ni de Caferta ; c'étoit un fief de' 
enne Maifon des Ducs de ce nom , 
liharles III acheta pour y faire une 
•n de campagne , dont la première 
î fut placée le 20 Juin 1752. M. 
^itelii en a donné les plans , avec 
xplicatioh en I7y5, Dichiàra\ion& 
fegiii delRèale Fala\io di Caferta , 
avec 14 grandes planches, maïs 
font fi rares aujourd'hui , qu'il eft' 
ue împôflîble de les avoir, enforiè 
on trouvera volorttiers dans ce voya- 
le petite defcrîption de Caferte que 
lire fous les yeux même de T Auteur* 
; plan' de ce château eft un vaftè 
igîe , qui a 73 1 pieds de longueur 
eft à Poucft, & y6p du nord au 
avec io5 pieds de hauteur ; inté- 
îment,îï eft partagé en quatre couris 
52 pieds , fur 244. L'cpaiffeur des 
-de-logiis eft de 80 pieds, y com- 
les murs qui ont , dans certains* 
)its, jufqu'à 15 pieds d'épaifleur. 
s deux grandes façades ont chacune 
rôîfées. Trois portes fe correfpon- 
, elles forment trois ouvertures qui 
rfent le château en entier du nord 
id, & qui communiquent des court- 
ardins*' 



dit qu'il le propolbit de mettre i 
pic baluflrade pour couronnemei 
autour du clntcau- 

L'ou vertu re du milieu don ni 
à un portique Tuperbe qui tra 
bâtiment en entier du nord, au 
Ibus lequel on pnlTe en carroflî 
le milieu de la porte j & au centr 
de l'cdifice j on trouve un gran 
bule o<5logone ; quatre des côtés 
togone s'ouvrenc fur les quatre^ 
deux fuT le portique , un fur Tt 
dans le huitième on a élevé un 
d'Hercule couronne par la veni 
cette infcription : Virrus poflfori 
toronat , relative à la conquête à\ 
uje deNaplesque Don Carlos fit e 

Le grand efcalier efi fur la 
(en arrivant de Naples};œt 
eft éclairé par 24 croift^es, ^ dé< 



ChAP. XL Caferte. 22^ 

. eft compofé, ont i8 pieds de 
ur, & font chacune d'un feul mer- 
le marbré» Il eft terminé en hauc 
e voûte à jour, au-deflus de la-^ 
on voit une autre voûte. 

veftibule fupërieur dans lequel 
ive par le grand efcalier eft auffi 
■ne , & enrourré de 24 colonnes 
it 1 8 pieds de fût , toutes d'une 
îece , d'un marbre jaune qui vient 
iceno, dans TApouille ; de ce vefti- 
n va par quatre portes dans les 
îmens : en face eft la Chapelle ; 
e eft Pentrëe de l'appartement du 
[ui eft dans la partie fud-oueft du 
!nr, prenant une partie de la fa- 
léridionale Se une partie de la fa-^ 
identalc , c*eft Fexpofition la pluî 
iife du château , parce qu'elle pré-* 
: la fois la mer , la plaine , de Na^^^ 
c celle de Capoue. L'appartemenC 
leîne eft dans la partie du nord-* 

l'autre moitié du bâtiment elt 
! pour les Princes ; tous ces ap- 
leris font voûtés , & Ton y trouve 

de folidité que d'intelligence dans 
ribution^ 

réparation de ^appartement du 
de celui de la Reine eft formée par 
Kiv 



ClUieCLL' CUL UllUIll un dULlC JJia 

H n'a pas laific de remplir cel 
la manière la plus heureufe. Le 
vouloir point de théâtre , mais 1 
Tayant enfuite demandé, M. 
telli en a fait conftruire un qui 
beau. 

ïl y aura proprement à Café 
«étages habitables ; favoir, le 
chauffée , les entre-fok , le bel ù 
'fécond étage ,& Tattique placé d 
tablemcnt. Par ce moyeu l'on 3 
loger la cour la plus nombreu 
avoir befoin desbâtimens ace 
tels que le grand Commun de V 

Les offices, les cuifines , le 
font plus bas que le rez-de-cha 
il y a plufieurs ordres dé fôuten 
premiers où font les offices , 
leurs fenêtres des murs doubU 



CdAK XL Caferte. ûaf 

fs , c'éft une pratique nouvelle & très- 
Limode pour un aufli vàfte édifice. 
Lorfque le Roi d^Efpagne partir de 
plés , en 17^0 , on comptoir pluS 
:îOOO hommes occupés aux travaux 
Caferte; il y en avoit encore 60Q 
lydy , parmi lefquels on compté 
o Maçons ou Tailleurs die pierre, 

forçats, 16$ Turcs & i5o efcla- 
^ bàptifés. On donne à ceux-ci qua-- 
î grains par jour de plus qu'aux au- y 
îs; ils font mieux habilles, & logés* 
ns une efpece de Couvent qu'on ap- 
:Ue Retiro d'ErcolL Le Roi de Naple» 
ant toujours en^ guerre avec les Bar- 
urefques , a toujours de ces efclaveâr 
ir fes Gâlereà; il y a deux Schebecs> 
a mer , pour protéger les côtes & 1^ 
commercé contre lès Corfaîres , & lé- 
Sapîtaîne Pèpe s'eft rendu célèbre par 
i grand nombre de ceux qu'il a pris.- 
^u refte on eft très-peu content de 
icur travail à Caferte, On employé 2 JO" 
Sommes pour lès garder ; il y en a tou-- 
B>urs qui s'échappent, & il y en a peUi 
Jtd travaillent utilement; 

Comme on* ne peut rien' voir de pluîi' îvU^-^rî 
ftte^qtte-lès- marbres d? Caferte, OiT^-^*^'' 



marbre jaune de Cajîro novo , en 
qui approche beaucoup du jiaui 
tique. 

Les 98 coIoTines Doriques c 
tique du rez-de-chauflee , qui 
pieds de fût, d'une feule pièce 
d^une belle pierre grife y vend 
|aune métallique , qu'on a fait v 
Palcrme en Sicile , & qu'on appe 
tradi BeliemL 

Les 24. colonnes du veftibule 
rieur font d'un marbre jaune d*^^ 
nOf dans la Fouille. Il y a un 

Sîerre de Vttulano , près de Bén 
ans le Royaume de Naples , q 
proche de l'albâtre & qui fert 1 
revêtement de Tefcalier; on 
auffi beaucoup d'autres marbres ( 
.virons de Naptes. 



ChAP. XI. Cafirte. ii'J 

venir de Carrare ; une Carntata 

palmes cubes revient à dix- huit 
s & demi , c'eft-à-dire que le pied 
revient à 5 liv. 1 3 fols de France, 
i à Caferte. 

T ne peut avoir une jufie idée de 
îuté & de la diverfité des mar- 
qui fe trouvent dans les Royau- 
de Naples & de Sicile ^ qu'en 
nt dans les appanemens du vieux 
au de Caferte yj petites colon- 
aites de diflférentes fortes de mar- 
>u de pierres polies y tirées de cesf 
lûmes, 

\ principale partie des pierres rfrf 
: a été tirée de la montagne de^ 
mo , près de Capoue , fur le VoU 
y. C'eft-là que les Romains a voient 

pris celles de l'amphithéâtre de^ 
oue ; 00 appelloit cette carrierer 
Lajjî y. à caufe de la fatigue des^ 
îers.' 

a pierre d^ouce ou le tuf dont leâ^ 
; font faits , fe trouve à S. Nicolct 
rada & à S. Benedetto^ à un mille-' 
Aâteau*- 

es Carreaux , les tuiles & la feriquo^ 
3ive à Pbrtîci^r une partie à Ga-r* 



%Au iwi a une ^iaiJ\aw. uattiSi. viv» » xi 

p^penfc. Avec toutes ces dépenfes on 
^^*^*'* que le château fait & fermé, ne 
dra pas à plus de deux milli 
ducats, ou huit millions & demi 
noie de France , non compri 
millions qu'on a employés poi 
tier les eaux ; on- a dépenft 
ihillc ducats pour le château 
tout huit millions depuis 175* 
l'ouvrage a commencé. On ei 
tn 1766, à l'at tique dont W 
ment étoit formé ; dans quelq 
droits Ton travaiiloit encore.au 
étage. 

Le territoire occupé par ce c 
avec fes dépendances, eft d' 
86 moggii ou 8 y arpens de Paris , 



CflXr. Xr. Cafirte. flrij^- 

par un pavillon fur le penchant 
lauteur, un* peu au-delTous dèlat 
ition des eaux. 

î a aéluellement de vaftes bof- 
plantés autrefois par les Ducs de 
e en lauriers , chênes-verds , lau- 
3fe, érables^, charmilles; il y a* 
it un pavillon remarquable , ap- 
Permjla\ environné d'eau, oà 
)uvoit faire" des promenades forr 
les ; mais ces jardins ne font rien 
nparaifon 3e ceux que Ton fair 
îRoî.^ 
jardins' feront ornés de ftatues^' 
bre;'il y en a déjà dans un ma-^ 
y 6 , parmi lefquelles font des* 
dès ftatues antiques les plus cé- 
, telles que PApollon, le Faunes 
dîateun II y en a beaucoup qur 
t que des termes , parce que la 
qui n'aimoit point les nudités,: 
pour beaucoup dans Tarrange- 
ies projets & des embelliffemens 
grand édifice. 

Neronî, Gouverneur de Cafertei 
m'en fît les honneurs avec toute: 
ynificence & la polirefle imagina-*- 
le. conduîfit au Belvédère, châ-^- 
rès^aûcien placé, fur la- bauteuc>. 



ejue 

ICC. 



230 VoYAdB EN ïrAtiï; 
au nord de Caferce ; c*efl-là (^ il fad 
être pour voir d'un coup d'oeil , & 1 
plan des jardins , & les agrémens de 
plaine. 

Le Roi vient à Caferte or^înaîrc^ j 
ment au Printemps; quand cechâteaUj 
fera fini , il y trouvera infininiem plu» ' 
de commodités , d'agrément & de gran*; 
deur que dans fon château d^habitatiotf, *. 
à Naples. 

L'AQUEDUC fait pour amener de» . 
eaux à Caferte, a été un des grand» . 
objets de cette entreprife j il aura plus 
de neuf lieues depuis les fources juC» 
qu'aux jardins de Caferte^ on TappeUci^^ 
Acquedoîto Carolino. 

Les fources d'eau qu'on a été cher* 
cher pour Tamener au château , font i 
12 milles au levant de Caferte, aa* 




GHAPr XI. Caferte^ Ijt 

Ht autres fources qui fout dans l'en- 
nt appelle Airola; elles traverfent 
Faen^a, au pied du TaburnOy fur un 
\t de trois arches, bâti en 1753; 
y voit uffe infcription à l'honneur 
Roi & de la Reine, Carolus & Ama'- 

Il y a enfuîte dans la valîée de Du* 
lano un autre pont formé de trois 
s très-élevés , fur lequel l'aqueduc 
^erfe la vallée par deiTus un petit 
rent ,- pour aller de la montagne ap- 
lée Santa Agata de? Goti , à la 
ntagne de Dura^^ano. Entre mont^ 
it^ana- Se les monts Tifata , oà efl 
icienne Caferte, vers l'endroit ap- 
lé monte di Gar^ano \ l'aqueduc tra- 
fe une vallée , & c'eft-là où s'eft 
le plus grand travail , je veux dire 
pont de 1618 pieds de long & de 
î de hauteur , à trois étages, qui peut 
ifputer à tout ce qui nous eft refté 
Romains en ce genre.. 
st premier rang eft de ip arches^ 
econd de 27 , & le plus haut de 
.'les piliers qui forment les prê- 
tes arches, ont 52 pieds d'^épaiiTeur 
)as,. & 18 en haut. Ces premières 
^ ont ^^ pieds de hauteur j. \q& 



Voici les infcriptions qvii font 
là grande atcade; elles n'ont poin 
core été imprimées , & Pon fera 
aile de les trouver icii 



Carolo ucriufque Sicillie Kc^e 
Pio Ecl ce Augullo 
Ec Amalia Regina 
Spcî Maximac principum parente 

Aquas Julias rcvocandas opus 
Anno CIDIDCCLIX. confummatuT 
A fonte ipfo pcr millia pafluum XVI 
A irvo fubterranea 
Incerdum ctiam cuniculîs 
Tti iraniVccfas e (blido faxo rupes aâîi 
Qui amne irajeûo 
Et arcnatione multiplici 
Specubus in longitudincm tamam fufpcnfî 
Acjua Iulia illimis tC falnbcrrima 



CHAT. XI. Ofi'"- *"• 

'^°- i fans Hifpaniai*"" 

,,ap«<luosa.^-Xco^-iasCafuas- 
iiuam <1»<»^''^"' f„ dedtt«tat 
^"S^**"?! ac iiff'P«»« 

SuJeque camp leduceiet. 



.■ . .dnt 4'ouvwge n?^ J^l 
â'ouvetiute « /* ' ^ ^^ collines 



tince â amener à Vcrlaillcs les e 
Pongoins 5 qui eft à 40 mille te 
Veri'ailles , & celles de la nviere d 
qui , fuivant les nivellemtns de 
la Ilire , eft de 80 pieds plus hai 
les réfervoirs de Verfailles, On n 
cote au - delà de Maintenon p 
excavations qui furent faites d 
deffein ; mais Pimmenfité de Te 
fit abandonner le projet ^ fur-tout 
le Roi fut obligé de porter aille 
troupes Se fes dépenfes* 

Nous avons encore prés de ^ 

les l^aqueduc de Bue , compofé 

arches $ mais il n^a que 126& p 

long & ?o à 40 de hauteur. 

^"▼«t'ont Les ouvrages faits fous terr 



Chap. XI. Cafirte: '23 jf 
o , dans la pierre vive , fur un 
de ^$0 toifes de longueur; la 
e à la loontagne ddla Croce , 
la terre graiïe , & enluite du 
, 5J0 Toifes; la quatrième à 
), dans le roc vif, 570 toifes ; 
lieme, dans la montagne de Ca- 
Sanca Barbara , vers TAbb^iye 
ierre , oh éroit autrefois le Tem- 
Tupiter Tifatin , fur 250 toifes, 
voulut lui-même • en 1758, 
r la montagne de Gar^ano , juC- 
vallée de Matalona où font les 
, il étoic accom};agné de la 
t de toute la Cour^ la grotte 
jminée» & ce fut une fête en 
nce du fuccès de cette grande 
n. 

anféquence de tous ces Trafori^ 
té obligé de faire des puits de 
en diftance ^ quelques-uns ont 
îjo pieds de profondeur & 10 
être par en bas , fe réduifant à 
vers le haut. Ces puits avoiens 
es par M. Vanvitelli , avec tant 
Gon qu'ils tomboîent tous exac- 
dans les galeries , quelques con- 
que fuffent les direélions de cesf 



pour le loger aînfi , creufer danî 
,vif ou le cailloux. 

La longueur totale de Taque 
'de 2 1 1 3 3 toifes ; la pente eft d' 
fur /}*8oo. La quaniité d'eau ( 
jpieds huit pouces de large , fi 
pieds cinq pouces de hauteur ; 
toit pu facilement en avoir dav 
& rintcntîon du Roi étoit de s 
curer affez dans la luîte , pour 
duire à Naples dans les parties 
de la ville oh l'on en manque. 

Le réfervoir ou château-d'eai 
cet aqueduc aboutit , fur la mo 
au nord de Calerte , eft à i6c 
du château & à 400 pieds ai 
du niveau de la cour. 

Toutes ces. grandes opératî 
ilivellennent ont cté faites avec 



t 



ChAP. XI. Caferte: Hfi 

Jfcau pour vérifier Pouvrage; 

Le travail des aqueducs à Caferte OhCtnt 
a donné lieu à plufieurs obfervations î|c,'J!i^^^^ 
fmguiieres ; en creufant pour fonder les 
liles du grand arc , M. Vanvitelli trouva 

po pieds de profondeur, une cavç 
x)ù il y avoit quantité de corps çiorts, 
iDe quelle prodigîeufe antiquité devoir 
.être cette fépulture , puifquc par les 
ouvrages des Romains on voit que le 
îerrein , il y a deux mille :ns, étoit 
déjà à peu près le même qu'au joard'Lui ? 
Combien a-t-il fallu de fiecles .our que 
les débris des montagnes entra. r es dans 
les vallées , les aient combio à 70 pieds 
de hauteur ? car on ne oeut guère 
fuppofer que ces corps aient étC ibus 
terre de plus de 20 pieds dan^; le prin- 
cipe! Le fécond pilier de la grande ar- 
cade , c'cft-à-dire, le plus éloigné de 
Gaferte, eft fondé, auffi-bien que le 
fuivant , au-dedans de cette grotte. 

En faifant l'ouverture des aqueducsf 
dans la montagne de Santa Croce , il 
fortît une moffete ou vapeur empoi- 
fonnée, qui rcnverfa le premier ou^ 
Vrier, il refta mort; quatre aut-e^ eu- 
rç.nt beaucoup de peine à en revenir j 



par lits, de la même forme & 
même nature que la pierre vivi 
forme le refte de la montagne ; mai 
n'etoit point encore durcie comn 
parties environnantes. 



CHAPITRE XI 

'Route de Naples à Rome 
P Abbaye du Mont Cajftn. 

V^UÀND on revient de Naples à 

far le Mont Caffin , on pafle d' 
Capoue , qui en eft à i6 mill 
quatre milles plus loin on tire 



CIL Route de Naples^ trc. ù,^§ 

grand rifque de s'embourber. 
^ à dix lieues fur la gauche la 

Béki&vent, fi célèbre dans Bénévcati 
1 âge 9 par la puiiTance de fes 
[ui rendirent Naples tributaire 
820. Cette ville paffa fous 
>îr du Saint Siège Pan 1077; 
dépend encore, quoiqu'enclar- 
s le Royaume de Naples , Ôf 
gnée di?s limites de TÈtat £c*< 
ue. 

lïlo Novo eft une autre auberge 
nilieu des champs , à fept milles 
:ello^ à laquelle on arrive de 
ir un fort mauvais chemin ^ &; 
va à S. Vittore , qui n'eft encore 
lauvaife auberge en pleine cam- 
où l'on arrive qu'en paflant une 
le fort roide & fort pierreufe j 
à neuf milles de Cajanello. S. 
n'eft qu'à quinze milles de Saint 
1 , mais le chemin eft encore fort 
• 

ERMANO , petite ville d'envi- $• Gîtm^M 
D âmes, au pied du Mont- 
o& eft l'Hofpice de l'Abbaye, 
: P. Abbé réfide foùvent pen- 
iver ; elle eft près du territoire 
;ieniie Cajînum ^ dont elle c4 



vers r^n 730 que Ja ville d( 
Germain commença de fe forxni 
le grand nombre de perfonnes 
feinteté du lieu y attiroit. Le C 
qui étoit fur la cime de la moi 
étant petit & d'un accès diffic 
fallut en bâtir un .autre dans la 
& vers l'an 800 on y bâtit une 
plus confidérable, qui fut appe 
Sauveur, & enfuite S. Germaii 
a fubûfté jufqu'en i^p J. 

Lçs ravages des SarrafînS:, 
tout les cruautés qu^ils exercer 
Mont-Câflin en 884 , engagèrent 
S. Bertaire à fortifier le Couvei 
^toît en haut, & à faire une ence 
ville autour du Couvent de S.Gerr 
des maifon"S qui s'ét oient formées 
tour, c'eftaînfi que la ville commei 



uXII. Route de Naples, frc. ^41' 
e d'un doigt de ce Saint que PEm- 
: Louis II i fils de Lothaire , donna 
5 Eglifô vers l'an 874 , tandis qu'il 
rtoit en France le refte des reli- 
de ce Saint. 

Vlonaftere inférieur ayant ëté détruit 
^uveau , il n'en refta aucun veftige , 
ifioire n'en dit rien , pafTé le dixième 
t ; mais on conjecture qu'il étoit i 
roit oi\ efl aujourd'hui rhofpice de 
baye. Liorfque le Couvent eut été 
idonoéy i'Eglife fut cédée à des 
res féculiers , & il s'y forma une 
ife Collégiale qui a été rebâtie dans 

S;oùt moderne au commencement du 
c, & qui eft fort ornée. 
1 y a dans la ville de S. Germain 
tre paroilTes y quatre Couvens ; un 
^ordeliers Conventuels , un de Do- 
cains , un de Capucins , un de 
-diâines , & plufieurs autres Eglifes 
•onfrairies. 

^ trouve auûi des auberges dans 
Ue, mais l'hofpitalité eft exercée 
1 part des Religieux, avec tant 
^nêteté , qu'il n'y a guère d'étran- 
)ui loge ailleurs que dans l'hofpice 
Abbaye , oix habitent quatre Relî- 
^c Officiers pour recevoir les paiTans^ 



Ici roaifofi qtie fe total Ao, fti 
VAbbaye «ft de jo mille âm 
;i 14000 Kvres i ràaîs il eft j 
qu'A va t)ién aa-delà ; H feroit 
avec uh revenu auflî jnodique , 
<:€&* l%bfjjïtalité d'une manière fij 
eaj^nurru CàssII!* u* , andçjnnè vi 
*ôn fie Vùit que lès mitt.es à "Caji 
iîtuée fur le -^endh^iit àe la tw 
^ fud-eft de i'éîiirbit où èft 
ttent Y'Ahhsyeânriiotit Caffin 
"ttthiv^û liatiutn , qui porte auj 
lé ildta dtî OaifipaÈna felice pu 
' %ft>*r(^; Straton , L. V , dit qt 
unç ville remarquable. Elle fut 
tôWeRôiftaîiifî 31 3 àvatit J. C. < 
fut ^t&étite , fût - tout par la 



Cb* XIL Rouie de Naples , &c. 243 
^tMnpagne très-grande & très - agréa- 
Ile ^ dans l'endroit appelle aâuellemeot 
Montkeili^ dont il nous donne lui-même 
h defcripùon dans Ton ouvrage de Re 
Ruftica^ ( L. IIL Cbapi y.) Cicéron 
i]ui fait im il bel éloge de ce grand 
ÂomiBe , ^ L. I. Acad. quœfl. ) reproche 
i Mate- Antoine dVvoir ptcrfane cette 
.naifen paria crapule & fes débauches , 
(Phil. 2. ) Siudiorum fuorum M. Varrê 
iUud voluk diverforium. Qu€e in illa villa 
iicebantur ! Qu^ cogieabaruur ! Quct lit^ 
teriâ mâniabantur ! Jura populi Rtf^ 
nanij mmu¥nema maj4>ram , omnisfapiett" 
ùœ ratio , omnifque doSrina. 

Cette véUeïut ruinée par Théodoric 
Boi des Gotbs ; on n'en voit plus que 
des veAiges : le plus remarquable eil la 
chapelle appellée il CruciJiJJb , c'efl un 
ancien temple en forme de croix Grec^ 
que, petit, mais bien conftruit & de la 
meilleure confervation. Il eft formé de 
gros blocs de pierre de taille , dont quel-- 
)aes-uns ont jufqu'à 8 à p pieds, fans 
chaux ni ciment ; il a jo pieds de Ion* 
jueur & 35* de largeur. 

La voûte eft une efpece de coupole 
)affe percée de quatre petites fenêtres , 
)ar lefquellqs il ne vient aucun jour 

Lij 



Tavantagc de rjélilter pendant ; 
fiecles aux événenaens qui oni 
Ja ruine de cette viHe. 

Près-delà eft'le reftc de l'ar 
phithéâtre , fitué à côté du ch 
;Oii Pon arrive de Rojne j il s 
820 pieds de circonférence , 
lieu ou Varêne a 200 pieds de 1 
fans compter l'emplacement de 
gradins qui font prefque eni 
^détruits j la hauteui' des murai 
5*7 pieds , on y entroîc par c; 
des portes qui ont 26 pieds d 
fur 13 de largeur, fcfontfaiteî 
(es pierres de taille. On y vo 
•les lôgQS des bêtes qu'ion defl 
combats , & les aqueducs qx 
toiént de l'eau pour les naum; 
combats fur Peau ; tous les mi 
rieurs font revêtus de briques 



[ÎL R^t0 de Nigfîes . Gre. ^4j^ 
i garantiiTpient du foleil } on y 
>en iJS^f uneinfcription anti- 

ïl eft p2M*lé dans les nouvelles- 
r dé FlcM-ence, du Doâieuï Lamî^ 
fâtre p dont les reftes fe voient 
us haut , eft bien moins confer-x 
en refte que des débris ;^ on y 
: pourtant fa forme demi-circu- 
peuprès, ayant 283 pieds de 
; les murs font auffi revêtus 
^ rëticulaires^ 
encore aux environs quelques 

fouterrairrs , quelques reftes 

édificfe^ y & un fragment de' 
;min, pavé comme la via AppiUf 
s blocs de pierre en pentago- 
liîers* V. HiJIoria /Ibbatiœ Cap 
f. BrafimGattola Cajetani. Fe- 
^34. 4 voL in-folio. 

quatre chemins pour aller de ct»c«^n/* 
m a lAbbaye du mont Caffin , , 
în a trois qui font fi étroits , fi 

fi difficiles qu'ils ne font pref- 
ratiqués; le plus confidérable 
ù fut fait en 1J2Q y fous l'Abbé 

Salerne ; il ferpente pendant 
ne lieue fuf la croupe de la 
, i& il eft pavé d'une manière 

pour les mulets. 

Iiilj 



tier la race menaionaie au v^ouvei 
a 1*2 J pieds de long , mais qui n' 
de plus remarquable , que l'air de 
deur que lui donne cette prodi 
étendue. On y entre par une an 
voûte qui a 40 pieds de loog , i 
l'on a confervée avec vénération , 
que , fuivantla tradition , c'étoît ui 
tîe du bâtiment oh S. Benoît b 
il y a cependant des auteiwrs qui c 
que cette voûte n'eft que de la trc 
conftruôîon du Couvent^ 
^rfg'neij VAbbaye du mont Caffin , R c 
«oniCumi,, dansPHiftoire Eccléfiaftique , coni 
l'an J2p , à Parrivéc de S. Benor 
acquit en peu de tentps une fi grar 

!)utatîon , que Totila Roi *es Gotl 
c vîfiter Pan 543 , dans le rempî 



i dçs Pi^s dç ^n4v6Rt> 8^ de 
autresPriwe&,i;^pa^;€irçjjijt ^îjon-^ 
: toutes fes pw^iî c^w Ab- 
comlsJlé^ 4es pl^f s gif4A4s ^ 4^$ 
iix privikges., elle £^ iiQ4Y^>>< 
naire de f^^^ ^. uf e r^tra^t^^ 
\ enfin eU^ dçvu^t un d^; çtv^ 

plus f^nAfii:^ 4< l'Italie, 
wyç du nKXni G^ftï %'# 4^*-^ 

noo-fe^Jern^ni ^a$a t^ K^.^ 
4$ eQÇ9fe d?B$ ](^$ If tires % ^« 
; que l'on dut la conierv^^Ql^ 
9 dafis le Roj^ume ^e NaplfS 5 
k n^me de U Phyfiqiie ; c^ 
:ent les preo^FS am;euç$ de i'^-^ 
Sâlernie ^ v^s l^an 1 a4o^ Bii' 
. Sftoreau leur en faiç bomiqM 
DQtes qu'U 9 dofiAées en 167» ^ 
irre iimtuJé ; Pc içmfefrémdê 

fut coHipo^ li^ra Pan i^ioq. 
k dofefe fupifrHUP qiît conduis 
e„ & w'ba appeUe Paradifc,^ 
^zc ftatueç: de iBadbitt , doDt 
ie notre faineu^ Legros }: t\\& 
Q k Pape S^ Grégoire II ; elle 
qoaipofëe^ la tête de ks maiaa 
fur-tout très-belles. On arrivc- 
ces de l'EgtUe pat un gtand 
Liv 



1000, oc ae lo autres lames q 
rent faîtes Tan J124; elles rep 
tent les châteaux & pcfleffions de 
baye. Le bâdment aâuel fut coni 
en 164p. 

Le premier coup d'œil de 
Eglife efl la chofe la plus fra 
4jae j 'aïe vu , pour la richeffc 
dorure & la multitude des orn 
M. Grofley a raifon de dire < 
brillant édifice a moins Pair d'ur 
pie que d'une décoration théâtrale 
qu'il en foit , TEglife a 1^6 pi 
longueur dans œuvre, yp de 
iàns compter les chapelles , & e 
C4. de hauteur ; la proportion 
belle. Elle eft portée par de g 
ladres ; les archivoltes des arci 



11. Kôute de Naples j&c 249 
rouvéesfous le& ruines après je 
snr déterre de 1 345^. 
ré eft fait à grands dcfleins de 
k on l'ï refait (ans détruire 
avé en mQfaïque fait du temps^ 
é Didier , & qui fubfiÛe en- 
leflbus ; c'eft ce q^ui eft caufe 
ivé adluel eft incliné. L'inté- 
Drefque tout incrufté Je mai;- 
& ae pierres dures . en corn- 
, On y a repréfenté en mar- 
roix de pluCeurs Ordres de 
e , établis fous la règle de S« 
: droite, ceux de Calatrava y 
ra ^ de la Merci ; i gauche ^ 
L Jacques ^ de l'Epée , d'Avis , 
efa , du Ghrift en Portugal ^ 
empliers, On peut voir à cer 
lud Wion , Lig, vit. Tome î p 
' ^ de l'édition de Venife de 

les peintures qui (ont (ïans f» 
dlîeu ^ la plus grandç repré-^ 
confécration de l'Églifc y par 
î II, en 1071^. Elle eft. de 
X qui s'^y eft pçint liri-même- 
n. Religieux. Ce tableau çif: 
de la porte ; c'efti une grande? 
d'une très-belle ôrdbrinanbé^j; 



" Les côtés des croifées & le Ks 
la voûte contiennent divers niîrac 
Si Benoît ; les portraits dé vingt 
qui ont été Bénédiftins , & Ic^ 
bolcs de vingt Vertus ; tout cela f 
en 1 6jjy dans moins d'un an ypzr 
Giordano. 

Ces bellèsr peintures font acc< 
gfiées d'ornemens très- riches , 
beaucoup de (lues dorés ^ mais !< 
nerre qui tombe fouvent au Mont ( 
& qui s'attache toujours ^u ixiéi 
beaucoup altéré les dorures.. 
- Dans les nefs collatérales , il y 
ceintures dé différens Maîtres , q 
préfentent encore des miracle < 
yifions relatives à S^ Benoîr;. 
tt^ neînrures nui nnt At la fraîch 



mit c^peHos (pàT^Mfttvk \wQ 
bfe > est cbMuiifit 1^8 fkii% « 
Uea £mt tomc$i «rqécs de bt*» 
r de marfafie » de c<iJ|iMHnos çs>m^ 
d'atibâtre au de. marbre kê plus* 
i» &' die ikiet doré^ ;: la^ fçccindo^ 
à drwey; c& ee}tô #& répon- 
de S. Carlomaff , fib 9u\à de 
y^pftet^ Sir Mdb dist Cksudema- 
: tahiêai» pdiiaeâpal i epré^rate cr 
]« f eçok Ebato: Àff Re}iiÀe«>9^ 
aia db Fs^SL 2kbime^ S^aiir 
» ik cft petBi lesoMfM^ à &f 
Aistncbe Se de Tun»g#$ e» j 
f firere Fi^n ^ à qui U jrocecftr 
fes. en&fis r ft Tzmj tanmé 
j i qui il hàSk la Seuv^rinmté' 
triche. A dceke de FMte]^, i» 
gardant ksr b^^ux du li|<nm& 
dépouillé par des Tole&uns qiii' 
ririeveBt ^ à gauche j» on le iroit 
tfifte 8c prefque wxàf devant ït 
)bé ( Petronax » ) à qpi il racoit** 
alheuf qui luv efl érmvé , nalW 
f ks efforts qu'il a faî| ^ur 
e fou troupeau. Ge faint Rdî^ 
haMT irenus dans^ 1» fiiitr ea* 
9f gar of dm: de (es Supé^eurK^ 



h 



pour négocier auprès de fon frère Peplï» 
k réconciliation du Pape Etienne IIl^. 
avec Aflulf^ Roi des Lombards, m 
rut à Vienne en Dauphînéjl'an 7^^.^ 

Dans la troifieme chapelle à droi- 
te , il y a trois beaux tableaux de Gior 
dano , qui reprélentent des miracles d& 
S, Benoît. 

Dans la quatrième rfiapelîe y on voi? 
le Congrès qui fe tint au Mont Caflin» 
entre le Pape Adrien II , P Impératrice 
Engelberge & Louis , Rei de Lorrai 
ne , qui avoit été excommunié l'an È66f 
pour avoir répudié fa femme ^ & cpou* 
fé Valdrade» qu'il aimoit paAionnément. 
Le martyre de S. Bertano , du Cav* 
Van ni ^ tableau d^une compof^ion ex* 
travagante, mais qui gagne à Texa- 
men ; il eil d'une couleur vigoureute, 
quoique tirant un peu fur la brique* 

Dans la première chapelle à gauche ^ 
Tobie à qui fon fils frotte les yeux avec 
ïe fiel dii pQÎflbn , par Paul de Maucisî 
tableau un pea froid, mais gracieufe- 
ment peint , & où il regn^ beaucoup de 
mérité* : . ,. 

Dan&îa deuxième chapelle à gauchc> 
Ifc DaptêmÊ de Jefus^Ghrifi. par Sotàr 



XIL Route ht Naplesy Çfc. 25*5 
la manière en eft mâle y mais 
xes des jaixibes du Chrifl font 
^ires. 

is la troifieme cfaapçlle^ trois ta« 

de Giordano : S. Apollinaire mar- 

fur les eaux; $• Pierre & Saint 

t conduifant une barque , pour 

ner que l'un & l'autre ont con- 

l'Eglife ; & S. Benoît qui apparoir 

Religieux ^ ces trois tableaux font 

e manière un peu feche. On voit 

>re dans cette cbapeUe Phiftoire du 

ite de Confa , Radelcbi , qui ayant 

aifaflineF le Prince de Bénévent ^ 

817 , vint faire pénitence au Mont 

3tn , oà il prit l'habit de Religieux ^ 

i peintures font de Jordans* 

La quatrième chapelle à gauche , eft. 

le de S. Viélor; on l'a repréfenré 

int encore TAbbé Didier , & réfif- 

\t courageufement aux inftanccs & 

c prières des EvêqueSr, des Cardinaux 

'des Prïnces ,, qui le vouloierit pour 

pe ; il le fut cependant epfu'ue fous. 

nom & Vidor III, l'an 108^. Ily 

luiE ptufîeitfs révélations de ce Saint,. 

toutes CCS peintures font d^ Jor- 

m ; elles paroiiTeot u& peu faites de 

itjque.. 



avec le corbeau ; un qui tient u 
InSy l'autre la palme du marty: 
autres tiennent des tiares , des < 
nés EHicales, Impériales^ âic;^ 
été fondus en 173 u 

Quatre gros pilaftres rerêttis 1 
bres fins^, foutiennent la cottp< 
grand autel paffe pour être du 
de Michel* Ange ; mais ïï eft : 
remarquable par la. richeife dés 
rts précieufes dont il eft formé, 
arrive par trois marches d'^'albi 
Jetable eft orné de verd antk 
Uipis,.d'âmétyftes, de brocatel 
pagne. C'eft au*dedans de ce 
T6Tni>t»ucièqii'eft le tombeau éç. Saint B^ 
$..BmcIc. de Sainte Scholaftique , autaui 
brûlent fans cefle treize Uimpe 



Xn.RouteieNapreSy&'e. 2^f 

ooires du Mont CaiSn ^ le 2§ 

^66 y te i8 Novembre 1486^. 

Mars 154$^, & enfin le 7 Août 

fous l'Abbé Angido délia Noce ^ 

fit voir à tous fes Religieux ; il. 

ëlicitoit lui-même dans fa chrooi- 

iu Mont Caffin ^ en ces termes : 

iimittis firvum tuum , Damine ^ ia. 

y quié^ ifiderunt œcuti meifanSiJfî^ 

Patriarcham BenediSum , Itslim- 

i yGallut dtjidirium j faifant allu-^ 

aux prétentions de la France ». 

i^on foutient que ces reliques fpnt 

Abbaye de Saint Benok-fur-Loîre ;; 

s les Pères du Mont Caflln nous 

lofeât d)es Procès- verbaux en bonne 

nie,, qui ont été faits à chaque fois 

; ces reliques ont été retrouvées ou^ 

cirées à l'occafion^è quelque rcconf- 

ftion;»^ (Voyez Muratori^ Ann. dUt- 

IV, p- iy4. 

Du côté de TEpctre, on voit un mau*- 
Éc élevé i Vido Ferramcfca^ qui mou— 
en ï$S2i il avoir laiffé à PAbbaye: 
i biens confidérables ^ par un tena- 
nt qui ne fut point exécuté par fes 
îtîcrs , Gommedtrunt: facrificia mof'-- 

£L gauche ell le maufolée de Pierre: 



i|ui icprcLcnicni la vie 9 ics luirï' 

la mort de & Benoît & de Saisie 
Iafiique«. 

Le chœur eft derrière te maître- 
il a ^2 pieds de long , & 86 (lalU 
travail très-dëlicat. Tous les lanil 
£anr ornés de bas- reliefs , qui rej 
tent les hommes illuftres de TOr 
S« Benoit. 

On y voit quatre grands tablcî 
Solimene ; le premier à droite , 
fente S^ Ratchis „ Roi des Lom 
qui reçoit l'habit de Religieux des 
du Pape S. Zacharie , avec T 
femme, & Ratrude fà fille; ik 
tirèrent au Mont Caflin , oJi Rate 
employé à cultiver une vigne pi 
ODuvent fies deux femmes formel 



Kîl. Route de Naples, &e. 2^J 
ge du foldat qui eft fur le de- 
it perdre l'accord au tableau , 

Pombrc de la draperie bleue 
ne , qui eft trop vigoureufe. ^ 
cond r^préfente S. Maur, Quîc u^/Jl'^* 
voye en France , guént iur 
dn les eftropiés & les malades 
i apportç de toutes parts. A 
a voit le Patrice Tertule , qui , 
iter Saint Benoît avec d'autres 
) diftinguées ; c'eft un des meil- 
Solimene ; il eft harmonieux ^ 
ir en eft vigoureufe ; on y ad- 
rès-beaux carafteres de têtes , 
lement une femme qui tient un 
Ur le devant du tableau, ^ 
lifieme eft le martyre de S. Pla- 

fes frères Eutichius & Viâo» 
le Sainte Flavie fa foeur , fous 
Manuca, Chef des Sarrazins* 
jppes en font bien agencés^ 
iimiére papiiiotce; Padtion du 

qui va décoller le Saint , eft 
c les oflibres de fes jambes font 
•es j le grand bleu de fa dra-^ 
fuit Teffet général du tableau* 
ieme repréfente Saint Maur & 
acide qui vont "prendre Tha- 
\ noir & fins e&t*. 



Le Tugufio ou Confeifion y c 
fous le Sanfluaire » eft un foui 
creufé dans le roc en 1544» oi^ 
trois chapelles ornées de marbrer 
p^ntures , dont la plupart repré( 
des miracles de S. 6e«oit» Prè 
eft un autre cbœur plus bas. & 
étroit 9 o& les Religieux, font ïoi 
nuit , & voilà pourquoi on l'appel 
idta nottci^ 

Là Sacriftio du MovA Ca0m 
snarquable par des peintures du 
Ëer Conca; par de beaux on 
en fiucs dorés » des reliquaires 
fiatuea très-rkbes. On dcàit ^K>ip 
Cbapitrt ^ h BHoHothcqM 9 h iU 
re, ks Âechîivea, b tour de ISL 



XIL Rpute de Naples , drc. 2^^ 

eft qu'une efpece d'anticham- 

ii a 21 pieds fur 17, pavée de 

., oroée de 77 tableaux, tant 

que petits , tous de bonne main ; 

même un S. Pierre du Guer- 

un Ecct Homo du Guide , &c. 

voit des infcriptions qui parlent 

évélations -de S. Benoît : delà on 

k là féconde pièce, qui eft une 

e de l'habitation fupérieure de S- 

cut , ou du moins bâtie à la même 

e, fi la conftruâion aâuelle n'eil 

du temps de l'Âbbë Petronax. On 

orné^'un autel de marbre , de beau* 

vp à€ reliques , d'argenterie & de 

lad nombre de tableaux de prix ; une 

erge 9 de Jsles Romain ; le Silerflce » 

ft.nDibal Carrache, copié pat le Do» 

niquin; un S. Benoît, de Solimene; 

:• A droite de l'autel eft la porte qui 

B<tuit â la trcHfieme pièce ^ on y voit 

:te înfcription : Pm-s fuperior antiquip 

im turris in qua S. P. BenediSus cce- 

fibtts yijiombui illufiratus , dum vive^ 

fy kéibitMbatj &in iaAngelorum (on^ 

rriff oàoris fragfêntiam ac lucis immenr^ 

uem ab antiquis viris in pracipuh 

fhHtéttikus auditi & viicri folitum 



d'Eve , tirée de là côte d'Adan 
y a placé les tableaux les plus pré 
une Vierge , de Raphaël , une du 
éhîn ; un baptême de J. C. par h 
de; une copie en petit de la T 
guration, de Raphaël, par Andr^ 
tagn^ , l'un de fes difciples. 

Un tableau de Luca Giordanc 
^éflhtant Saint Benoît qù( fe rou 
dans les épines y pour éldgtrer L 
fations. 

L'efquîflTe de fon tablelau de 1 
fécration de PEglife , qui a bien 
de mérite que Toriginal. 

Une Sahîte Famille, d'^Annibal 
che y dans la manière de Raphaël. 

La Vierge qui fait %ne à S. J 



.jf_„î»i- 



,Sc couleur ôc J ^^ ^,ge qut 
aivesi ?^Yt.Enfant Jefus. 

1 ttes't)^^^ .^ . , colonne. 







cette x»""-/' ^^.^ 



XVJIUIIL V^ttillil y ii lut 4JâL\l lACIlK 

fiecle , par on Religieux qm 

de la Terre Sainte. On a faî 

PEglife en 172^, & ii y a 

logeiftens pour les Religieux 

vont prendre Pair ou paiTer 

de leur convaiefcence. Oeft-1 

bita, en 1J38, pendant 40 ; 

Ignace , Fondateur des Jéfuitc 

qu'il vint avec Pierre Ortîz , 

^es eKercices fpirirueis. Le f . ^ 

Dominicain , dit que ce fat- là q 

pofa fa Règle : Mentent illum 

jflationis aliquet wtnfihvts inh 

4biqHe i^iut ulter Moyfes & 1 

'ficunias reltgi^forum Uguih ts 

*incavitj primis non ahJimiUu 

'il ne tarda pas k donner la 

forme à cette célèbre Compagi 

qua la première Bulle du Pap 



liL Route de Napks.Çfc. 2tfj 
gw les J^fuites font une bran- 
-ordr^ de S. Benoit ; il y a , 
:e y bien des rapports de fcience 
rtu ; mais il n'y en a gneres 
ian', m dans l'exécutioa du pro* 
Ignace, 
diaiigé en ^n aratoire U cbam- 

faabita 9 9c dans le ta;bleau de 
^ qui «ft aôueltement for Tau- 
Fa aiiffi repréfenté. V. le P. 
sira & le P. Maffeo^ dans les 
e Aiint Fondateur. 
Ib (bus fitenée , peut abroger ce 
beaucoup de chofes remarqua- 
on trou^eeta citées dans la Def- 
fhrica di Morne Gi/?m>,<]ueFla« 
adonna en 175*1. 
)aye eft compofëe d'environ 5 J 
c,-& d'une grande quantité de 
des 5 il y a encore une tren- 

Religieux de la maifon qUi 
rîbués ailleurs. L'Abbé doit 
pa^rmi les enfans de ia Maifon; 
* tbus les fîx ans , Se il eft élu 
jhapkre général, compofé de 
Abbés de la Congrégation du 
Qih-, qui comprend 72'Maifons9 
15 ceux qui ont été Abbés , car 
îft indélébile^yèiwf Abhas , yent; 



Sivaat. 



gliarefe qui étoit Abbé en i*; 
reçu auflî beaucoup d'amitiés 
Béttédîaîns Pietro Ottoboni Buoncompagm 
du Prince de Piombino, & de 
favans Bénédiâins , tels que 1( 
cide Federici , Archivifte , jeu 
me plein d'efprit & de fa voir, < 
lio CataUne , Leéleur de Phil 
du P, Correale qui travaille à 
tionnaire Hébreu , & du P. 
Ruggi de Salerne , auteur de d 
vrages de piété. 

La fituaiion élevée de cette 
fait qu'on y a des orages fré 
liefe paffe guère de mois que le 
n'y tombe & n'y falTe* quelque 
on y reffent auffi prefque tou 
mois de petites fecouifes de 
mens de terre , & dans un feu 



Çh. XII. Rouie de Kaples, &c, a6^ 
Sus on jpeut voir les deux mers , comme 
s environs de Caœaldoli » dont ^om 
rleronsà i'anicle d'Arezzo, 
A quatre lieues du ^onc Caflki , vers 
rient fi& Venafro ^ dont le territoire 
)it célèbre chez les Romains par fes 
nnes huiles. Hor. II. Od. 4, 
Aquinp , patrie du Doâeur Angeli^ 
e S. Thomas d'Aquin ^ eil à une4i|?ue 

mont Caflin dû côté de l'occident» 
£n allant du mont Caflin à Rome Rcuced 
: FroCnone3\on peut pafler à Arpino ^°"** 
i eft trois lieues à la droite de Cepra- 
9 & à cinq lieues de Frofînone , mais 
ns la Terre de Labour ^ l'une des pro?- 
kces du Royaume de Naples. 
La patrie de Cicéron eft à une lieue Patrie if< 
à« C'eft un Couvent de Dominiçams , ^^^'®* 
>ellé Villa di fan Domenico ^ Jitué 
is une ifle que forme le Fibrine avant 
: dé tomber dans le JLiiris ou Gari- . 
ino. Cicéron y avoit une de £es mai- 
s de campagne, & c'étQit celle ou il 
rit le plus volontiers; AttÎQus qui 
it fon aipi intime, y alloit aufli de 
férence. J*aîme Pille de Fibfinus 
S bien que vous » lui écrivoit Cicé- 

; c'eft ma patrie' & celle de mou 
'e.; tout m'y iràpppçUe mes ancêtres . 

Tome FIL M 



Vot y les marbres, les aquedq 
grands Palais. { De Ugibus Di 
^, 1. X 5. 

De 3* Germaiio & Ceprano 
é Ueue8% c^eA le premier yillagi 
^t Écdéiiaftiqae ; de CepraDo 
jBOfie ) quatre jieues ; ^t f'rofino 
ientino, (kux fieues ; de F^ren 
^9 Ml>as d'Agnani z\ lieues ; 
fête ordiiuiifement à 4jne au4)er) 
^pMlk^ tOfittia deUAfôotm 
'igm y ^ qui lifê^lbn nom d'une 
x)ui en e(t proche : eUe ïait pa 
^hameau qui <ft au rsUieu dear 
,i|LfMiêp)l# Anagvi dl une yiile de \^ 

^0 <iè li^ks ; elle éi&ii autrel 

J^trofqi r^xa cp^t quos iU^^m Aa^S 



ï. Xlï. Roun dt Naples , &<:. a6j 
Il dire , quoique je m'en fois in* 
, qu^on atribua plus de mifere ou 
e mdtédîâion aux habitans d^Âna* 
l'aux habitans des autres cantons:^ 
le Fa dit un Ecrivain moderne. Il 
roît même par Phiftoîre , que cette 
ne mérita point d'être nwidite par 
ace VIIL Ce Pape étant en guerre 
s les Colonnes j les excommttnia 
^97, ii excommunia endiite Pbii- 
U Bel en 1302; ce Prinœ tint 
iflfembtée à Paris où le Chevalier 
aume Nogaret fè porta a<xu&teur 
e le Pape , 9c propofa de ie faire 
t; U fe^chargea lui-inême de Pex^^ 
fi,* 107 Septembre 1505, il fe 
a ibus Anagni fans y être anendtû 
iret aidé des Colonnes furprit la 
t ce fut dans ce nwment de défois 
ueSciara Colonna fe voyant maître 
perfonne du f ape, s'emipcurta ju^ 
le frapper de fop gantelet au vifa- 
:e qui a fait dire en Provence que 
iret avoir donné un foufflet au 
; mais les habitans d'Anagni ne 
t point la caufe de cette furprife & 
it emportement ; au contraire , ils 
it les armes le furlendemaîn & 
irent les ennemis du Pape ; cepen-r 
Mij 



tes naturelles de fon caractère v 
D'Anagnî ii Vaîmontone 4^ 
Valmoutone n^eft qu'à i ^ Ueue 
leftriQis dont nous ayons parjé 
Tome V. .Oeft une petite viHjB 
partient au Prince Poria 9 comt 
tier de la Mai&n Pamiile , elle e 
ibmmet de la n>ontagne ; V?fyti 
joli & les environs pittorefque 
j'£gli;re & dans le château du 
Pàmfile , il y id quelques tableav 
f)eut voir* De Valmontone àÇol 
y a trois lieues; de Colo^na 
/iMova» trois lieues s de Toru nue 
jpprte de Rome ^ deupc lijsu^s. 






s^ XtU. AoUté di ktmt , &r. i6f^^ 

îHAÏ'itRE Xnt 

r de Rçme à Spotêtte > far Citta 
Cafiellana & Ternie 

Rs QU^o N a paflfé lè Fontt môlU 
(l à une lieue au nord de Rome^ 
rottve deux chemins , dont V\m 
ers le nord oueft pour dller à WU 
9 c'eft celui que nous avons fuivi 
ïoant i Rome v Tautre va direâe-* 
au nord y vers Civita Cajhllana y 
celui que nous fuivrons aâuelle* 
pour retourner à Florence ; c^eft 
k chemin de la Romagne dont 
avons i parler^ 

i rencontre près de Regnano Tan* 
s voie Ffaminia , dont les pierres 
rès-larges & encore très- bien liées ^ 
Fort ffKflfantes pour les chevaux y 
eft cèligé d*y conduire avec beau* . 
de circonfpeftion. 

îTA Castill ANA OU Gvha Cafi q^^^ ^^ 
s eft une ville d'environ a ood ""««»«. 
r fîtuée dans la Sabine, a j^^, 
de -Rome , près de la voie Fla- 
, fur une élévation ou rocher en 
.JWiij 



chaddle; elle eft environnée 
côtés par de petites rivières , ( 
lent dans des vallons de 

Îuatre cens toifes de profondei 
e ces torrens votft fe jetter 
^roifieme , au-defTous de la ville 
nier s^ppelie Treiiz , & va fe jett( 
milles aetii dans le Tibre* 

Le P. Mamacbi^ & d'autres ^ 
ont diflerté beaucoup fur Vanc 
de cette ville. Un Savant, qui 
«écrivit (ur-tout dans le demie 
pour prouver que cette ville 
cienne Veies , prife par les f 
fous la conduite de Furius 
lus , 3plS ans avant J. C. < 
fiege de* dix ans. ( Ovide , F 



at vaincus les 3001 Fabius, ^ji^ 
^nt J. Qi l\\ qÔ vrai que Quvi^ 
la ville Ût YôesàScrofano» Jbuc^ 
:niu3, (ttak Cliieriiv p*' f^o. ) \» 
)rès du bourg d'Ifdla ;' mais bictii 
es Savah$ croicfit k rtconcoître^ 
là fuuatioti de Citta CafieUana. 
lus > dails fes. Annalet fur Vinuéef 
^eft dtt ntéoie avis :f Ctig/^el/zisitm^ 
111^, iîAiim ani^quitui Vtiis; icUn^. 
tis de .cotte vilb fe ftot toujouist 
é dé cette belle origîner Le pont^ 
\ au pied de h ville , s'appelle: 
ifefla Ctemtrà y & l'on y voif 
ifcriptloa qui affine que ce fut lé 
ï k dëfëite de»'. ^00 FabiuSr: 

f df creméraf a Pacque , 
I>î fàngue , di fudore bagnaci e tint! > 
^eccato Fàbii in un fol giorno eftinti. 
iftetàft^lîo ml Catone. ) 

lut'rci prét^nifent que c'eft à Baci 
9c que Citta Caftellàna étoit Ftfi 
fh ou faîerUm des anciens» V. le' 
krtApmii fur le tuot 'Falifqued, Muft 
, Sçriff^ rèrk Balic, Té A, p* 2^2;^ 
-tout l'ouvrage qui à. poor titre r 
Ufifo y difcorjo di Domenico Maf^ 

Miv 



v»c« ucux uuvragcs uc xviazzi 
mres ; mais |e les ai vu chez 
metuGuglUL Pa^ia^ Pun des 
les -plus lettrés œ cette ville. 

Je trouve qoe la pofition 
ville eft un des meilleurs argun 
ceux qui diièiit que c^èft I 
Veies ; die eft inacceflible de 
tés, & le rocher fur lequel el 
cée 9 taillé à pic, pour ainû d 
défendu fur (on quatrième < 
une fortereflè, pouvoir très-bie 
un (iege de dix ans. 

Après que les Goths eur 
gi la plupart des villes d'I 
rebftdpt un- château dans l^end 
noua parions , & delà vient 
mentale nom de Citta Caftel 



Xlîh Route de Rome ^Grc. 2j^ 

is ; Us font bàcis d'uoe efpece 

, qui eft très-propre à réfifter au 

I mais qiù s'écaille à la gelée , ce 

rend moins propre aux orne- 

d'architeâure. Les Efpagnols qui 

erent cette fortereflê à leur bieiv* 

e, Ibrfqu^ y paflerent en 1744» 

brtifierem avant Se après l'affaire 

/eletri *, depuis ce temps- là le Pape 

(creuent une ffarnifon de 30 hommes; 

a auffi aéhiellement cinq à fix pri« 

mîers» 

Ou laut de h tour de cette cita-^ 
îlle, oh voit le château de Capraro-i 
F 9 qui ea eft k 12 milles du côté dit 
oachant j le mont & Qrefte > Candi* 
lum Somàe , qui en eft fort près , & 
es coteaux de la Sabine 5 qui font très« 
gréables, très-fertiles & très-peuplés. 
^armi tes villes 8c les village^ dont ils 
nnt couverts ^ on diftingue Magliano » 
ille oèr réfide le Vicaire de PEvéque 
le la Sabine, près de laquelle eft uo 
«ne d^uitres tofliles d'une fort ^grande 
tendue;. 

La montagne fur laquelle eft bâtie 
4tta Gaftellana , eft un tuftàu rouge&«^ 
pe, -dan9 lequel font renfermées àt% 
ien-es-pouces nodres & brûlées ^ ley 

Mv 



snême tuf&u élevés les uns fur h 
fàm ciment ; c'eft à une lieue i 
Caftellana. 

Le rocher fur lequel eft plac 
Gaiftellana a été joint du côté d 
rtec le refte.de la campagne , pai 
beau pont dont les piles font à\ 
reur extraordinaire. Cet ouvrage 
en lji2y par les foins du < 
Impérial! , qui étoit ak>rs Prel 
BuonGwtmoy c'eft-à-dire, qc 
doit à la Congrégation chargée 
taik rdatifs à l'utilité publique ; 
rem qui paflev£>as ce pont s'app 
Maggiort , ou RemiccL 
• En partant de Ciuu Caftd 
trouve d'abord , à 5p milles de 



Cir. XIH. Soate de Rom , fStt. >Sfff 
fon arrive à Otricoli; lion remar*» 
t des collines entières formées de 
Bts ott' Brefd^^ y c^efl-à-c&re de ces 
tts cailloux arrondis, qnî, par leur 
ne 9 indiquent zSkz qu'ils ont été 
les lofig^temps par; ]es eaux ; ils ne 
vent donc ie troqver ainfi fur les 
iies que. par lies fuîtes d^un très- 
&d fcoulevekemenn Pareille -ctioiefe 
ouveéli beaucoup d'endroits. ( V. M* 
^tard , Mémoires , &c. ) 
Tooc ce canton juiqu'à Vkerbe , qui 
i quelques lieues fur la gauche » 
t à-mre ^^ au couchant , eft indiqué 
Virgile, lorlqu^il parle des troupes 
Tinvulnérable Meflapus conduifît au^ 
>urs de Turnus. 

kl Meflàpas equum ikaiîcof Nçp.cuAÎa^olot f 
Quein neque fas igm cui^yam nec fternere ferrp ;< 
lam prîdcaa icùàts popul.os defuecai^ue bello , 
A'gfflina ni anna vocarrrubito fertumque retraâar»^ 
Hi Fcîctimi&at acies ^uofqve falilcos-' ( ^ > » 
0K S^raâis (> ) 4i9be|i|i acres FUvhriaqiu atYt» 
Kt Cioiiiii (f >cuin^i»oa«cLM;Mn3>I-ucorqueÇap«AOif 

I F4)èr)ùmim9qve^ lS, Qtff0e ^rèf * Cîttr 
nat croient Itrt Gl- Caftelhna. ,' ** 
Caftetbna •- #tok la ( ^1 £ac»i Pfrni/n • tfii 
aie des FaBroues. jourd'hui La^ro ii P?c»^ 

) lOftAcj £» mêftt M«eèe Vherke.: ' . . T) 



Mirak i^i^AjNi eu une pciuc vuie u 

tmes, k ^^ milles de Rome^ I 
amphithéâtre, furie penchant d'i 
line agréable , au bas de laquell 
là Nera; c'eft cette rivière éo\ 
Virgile i 

Contremiut nemiu & (flrar intonnere p 
Attclîit & crivÙB longe Lacus audiic amni 
SoSbrea Nar albus a^ua fontefque Velî 

jriLyn. 

Pline rappelle Narnut ; mai 
qu'autrefois on l^appelloit Ntq 
peut-être étoit-ce ii ntquitiâ homi 
caufe dcLla férocité de fes habits 
aimèrent imeux égorger leurs 
que de les donner par CMnp 
è des enoemir qui alloient preni 



reperçât mot à mot deux pages 

ires , en ' rétrogradant du dernier 

)uft|u'au premier , pour les avoir 

.'ndues une ièttle fois. Les familles 

Mi, Cardoni, Seotn,Mangoni, Fi« 

a , difiin^uées en Italie, viennent de 

ami. C'eft la patrie de Qattamtlata i 

aeux Général des Vénitiens, qui rem» 

orta pour eux différentes viâoires , ic 

cmilV)naélevé une fiatue de bronze 

i ndoue* 

' Dans le temps que Charles V affié- 
geoit le Fàpe Clément VII , dans le 
château & Ange, les troupes Véniden* 
nés qui vénoient joindre PEmperetir, 
prirent Narni , brûlèrent & démolirent^ 
la plupart des maifons & des édifices^ 
publics; ils égorgèrent jufqu^aux fem- 
mes & aux enfisinsv Us la réduifirent au 
pmnt.qtie Léandro Alberti^ qui y paf^ 
ibit en ly^o^ ne put trouver un endroit 
pouryk^en 

IL y a un aqueduc à Narni de x ( 
fluUcs ^ long 9 qu^on a percé aii tra- 
vers des monts^es ^ & qui fournit de 
P^ui beaucoup dç fontaines. 

Ali bas de Narni ^ & un pén au-^ 
éàit du pont c[ui mené à Péroufe » 
hoa vois ka-^refies d';ttft7poat magmfir 



%f9 VoTAOfi EN ?TAr»^ 

3ue» bâti par Augufte» pour joindre bj 
eux collines On trouve dans àe$foj 
geurs que Parc du milieu a 1 60 pie 
mais j'ai reconnu qu'il n^en avoit qu'en* i 
viron 83; celui qui eft entier , & foui^ 
lequel paÎTe le chemin» en a ^, &les 
piUers ont 08 pieds. On voit que le 
terrein a cédé , comme cela eft arrivé en: 
plufieurs endroits de l'Italie , fans quoi uo: 
ouvrage auffi folidefic auflUbieafait n^eûr 
jamais manqué ; ce qui en reftc annonça: 
une très- grande manière. Oi- trouve la 
dcfcription &: la figure de ce pont » & de; 
plufieurs autres , dans un petit ouvrage 
qui a pour titre : D^fcrifioni di diverfi 
ponti ejiftenti fopra lifiumi Nera e Te-* 
vere; Agoflino Marûntlli, Roma l6^6r 
iii'^'' (')• Il y a <)^ns Martial une Epi* 




)fûà noimesiiàMii (*) caiifl^ mihi perdis. agelii, 

Fïbpver mkHifl» q«t prêcîoftu erat ^ 
■I jatt fâKi tmàkï , iiec abntere, Nar&ia , Quîaâo ». 

feipmo Maac fis libi ?oo9 (rui. 

Le pour de Narai eft bitî fans <4- 
ht, de iargei blocs' d*une pî«rrc blan^ 
dont eu formée la montagne de 
:e ifllé; eette pierre reflTemble au 
■brè bfanc, ou n^en diffère guère y 
m x|ae le gram eft un peu plus Uife 
t'a pas lès points brillans qui fe trou* 
t -Âtns tè\ beau marbre bHne , 8t 
totitêansle marmo Saligno^\ peut- 
: eft-cé un -commencement de mar- 
que ht nature n'a point entièrement 
RrASonfié / à peu près eomme celui de 
iphicbéâtre de Capoue. 
Du haut de Nami Ton voit au nord Cc& 
la plaine, la ville de Cefi , fituée 
^ieà d'un rocfber y qui depuis long- 

ri iembie menacer ruine. On pté- 
qu'îl eft enchaîné â la montagne 
Gnèf mais ce tju'il y a de vrai, c'eft 
diffcnfe rigourcufe, & fous peiné 
h'vîe, il qui que ce loit dfe couper 

lu dpq lieues au nord l que c'eft Lamêntana éaâi 
MBe» oàtelclakal* [ lii Sabine, 



aSô Voyage bk iTAiir; 
du bois fur ce rocher. On a lieu 
craindre un {brt pareil à celui de Plei 
& èe Velleia , dont nous avons pai 
dans le Tome ï , pages 8 & J02» 
OrVgine^M 11 y a dans la ville même de ' 
^^^'* des cavernes qui donnent un ventTéi_ 

par plufieurs j0ues qu'on appelle Bof^l 
di venro ou Grotte di vcnto ^ ce vetit qé \ :^' 
qui eft très-frais fe conduit dans te \.Ç 
maifons par des tuyaux, pour rafraî" f * 
chir le vin , les caves & les appaite-, 
tnens*. 

C'eft au^deifus de la montagne ^e 
Cefi , & à trois milles delà qu'etoit la 
demeure du Roî de CarCbli 
efl parlé dans l'hiftoire Romaine , les 
ruines Je Carfoli fe réduifent prefqu'à 
rien aftuellemenr» 




Ih Route de Rome j Çrc. 281 
-dire , Càllis Scipi'onis , & fur * 
Torre Majore. C'eft-là que 
;ovich avoit établi un dek 
fes triangles, dans la me- y 
: des degrés de la terre en* 
Se Rimini; les payfans des 
li penfoient que Ion vou- 
lès -^fortil^es , détruifirent 
y & lui firent éprouver phi- 
es înconvéniens de Kgnoran- 
m règne encore dans ces cam* 

ique beaucoup dans ce can- chafTe d 
chaflè finguliere ; on élevé ^^^^^^' 
rïvcâfè des pigeons appelles 
f qui vont au-devant des pî- 
dTage , & ks çonduifènt d^tis 
furies arbres mêmes , oîi fes 
s attendent. J'en -ai vu pren - 
imencement d*Oftobre , i JO 
: près de Terni, quelquefois 
i jufqu'à y 00. 

eft une ville de 7000 habî- TcfA 
î à 62 milles de Rome ; elle 
table par la fameufe çafcade 
àt; mais elle eft encore ce- 
le la patrie de Tacite , PHif- 
lomca de TËmpei^eur Tacite 



Terril Interamnaus JJmbri , 
Nartes ; il ajoute , que la r 
Ombres étoit une des plus am 
l'Italie : Uwbrorum gens antiqu 
lia exijlimatur , ut quos JJmhri 
cis patent diSos quod inundati 
rum imbribus fuperfuiffint j 5< 
oppida^Thufci (kbelUff^ T4pim 

On vôîtà 1 er ni quelques n 
riquités;; dans le jardin de \\ 

Ïa uû morceau d^amphitbéâ 
es fouterrains , & l*on y vc 
la pierre qui ét^it au^deffus dis 
d'entrée.. On trouvp aufli à 1 
S. Salvadore quelques reftes i 
pie du Soleil. A S. Syro de 



nî. Route de Rorne ^ &c. 285 
, les fubflruâions qui fervoient 
is \nÀnSr 

fe des Cordeliers , Francefcani 
a , eii une >{e celles où Saint 
a été r Se elle lui eff'^aujour- 
lée^ r 

e Cathédrale^ iZ Duomùy a un^ 
itel de marbre , & Ton y con- 
reMque précieufe ^ U micuii 
e toutes celles d'XtaBe; car 
ng même> de N. S. 
e petite que foie la ville de 
le a 15 mille écus romains », 
e 70000 liv* de revenu , ce 
e bien la modération & fa 
^ Qouvej^nemeiit ; elle eft ad^ 
fous une forme prefque Ré- 
!. Soixante-dix Nobles, dont 
Te eft héréditaire, forment le 
1 général, & cboîfiflcnt T2 
; ceux-ci choififfent tous les 
fix Nobles , parmi le£)uels on 
js les deux mois , les trois 
\i gouvernent la ville, 
les Familles remarquables de 
^n trouve celle des Comte» 
[uieft des plus illuftres de 
3 Comte Alexandre Spada s'y 
lâuellement^ par fon go&t pour 



a84 VoYASfi EN ÎTALfi, 

les Lettres , & par la manière enga^ 
géante dont il reçoit les étrangers; oft 
ne peurs^empêcher d^'ajouter quefaMa- 
' fon eft encore erobeHie par la jeund 

ComieflTe Mane-Eléonore Spada , iont 
la modeftie le difputant à la beauté & 
k TeCprit , me fie regretter de ne pou- 
voir faire Jans cette viHe , qu'un très- 
petit féjour. 

M. PAvocat Oïlandî, hatile Anti- 
quaire , chez qui l'on voit une Bibli<>- 
thequé & un Cabinet ctarîeux , cft le 
plus connu de tous les gens- de Lettres 
de Terni, 

t^fcida ^A Cascade de Terni appelle 
^t terni, Caiuta AzlU Marmore j eft formée par 

le FdinOy qui tombe de plus de deux 

cens pieds de haut dans la Nera î]e crois 
qu'à rexception du faut de Niagara, 
dans l'Amérique , il n'exîfte pas une 
auffi belle chute d'csiu, Curius Demâ* 
lus y vers Pan 671 de Rome , & 85 ans 
avant J. C. fàflembla tes eauX djfperfée^ 
dans le territoire de Rîati , pour leur 
donner un écoulement par le Velino „ 
& enfuite dans la Nera : Lacus Velinus 
a M. Curio emijfus intercifo monte in 
mare defftuit f ex que eft ïLlaJïccata^ Êf 
humida tamen moàice > Rofea , ( Qc, ai 



iifcam^ Lr iV. Epîft* i j , 4c ce fyt 
^Iblqnient la principale Qiufç de îi^ 
Éntico d/e feite qafcadç« 
|aei^ 'qm eft i nnel^ues milles d^li ^' 
pirles confins 4q Âopume de Na« 
i| cette jpiauie de il^ied^ dans la»> 
lik coole le VeHno , eft celle qu$ 
9érç9 compare ii h vaUée de Tempe ^ 
ooid mp a/ifunjmpt iuxtrunt ^ C\Cm 

,1(^- y trouve par-tout yxnp iocruftar 
Mî^guÇere d^ par|e Pline ^ quand 
iXtuJn^mum flumbie Çr in Piçenù 

ttiducftur, Pli^n* IL 103. YàÙ reffem- 
t à ceHe de la fontaine qui efl prèf 
^MetiQCj&dçntles e^uxont formé 
e e^eoe àfi montagne d'ii^criHlaitioni 
defcendam de la plaine , on va fe pla* 
r fur le penchant de la montagne à m^« 
te j & prefqu^ en face dp j.a cafçade y 
cir v^ dans toute fa beâuiié^ le fpec- 
(ie efftraoFdinaizus de la chute de c^ 
uyej cette cafcade de Terni a trois 
6^ différentes , mais la principale qui 
environ 200 pieds eft la plus ûngu- 
m 9 lorfque dans le temps des pluies 
VeBno âéboide & sî'étend fur toute 
lurgeur de )a çiontagtie ^ k ci^fc^dc 



2B6 Voyage in Italie, 

devient î m me nie* Quand le ioteil J dofl^i^ 
ne , elle eft encore plus belle ; toutes W 
couleurs de rarc^en-ciel fe voient àm 
les gouttes d'eau difperfdes par le cW 
& la réfirtance de Tair i c'eft probabîe- 
ment ce que vouloir dire Plme, en à* 
fant, in Italia lôcris £r in lacu Vdim 
nuilù non ik apparcrt anui , L» IK Cîp, 
62^ Il eft vrai que ce paflTage eft fous im 
titre qui lenrbleroit annoncer que Pline 
n'a pas connu la caufe de reffi;t qu'il 
raconre, puHqu'à la tête de ce Chapitré 
ily a 5 de proprktadbus cœli in lacis yoTt 
cenainement IVc-cn-cicl de la cafcade 
n'eft point un météore ^ ni un effet du 
Gel, 

Lorfqu'on veut voir touties les ya- 
rîiftés de la cajcade , Ton va auffi ïc 
placer au bas de la montagne fur !e bord 
oppofé de la NtTa ^ d^où l'on voit en 
face tous les efFets de Teau au ix^'en 
des rochers : je fuis perfuadé que c*dl 
de la cafcade de Terni que parle Virgile, 
lorfqu'il dépeint l'endroit par où la Furie 
Alefto rentra dans les enfers , 

Eft locus Iulia m mcdb fub raontibus aJtif « 
AmfaDAî vïIIës ^ dcoCis hinc frondïbus aniruEn 1 



C^.lOXt.MbutedelRpme^lb'c. 29y 

Dac fyfdptm paidtc cotto verttee tonç ns. 
Kic ffcçits borrçndqin'^ ik^vi TpiracuU jditîs ^ 
|taDfti«ntiir< tapÉéqaé îngeniAçbercmte vorago ; 
Pc^ifetas apecit %uce^. YIL 5 ^ j . 

^e nuUeu ifi PJttalie , ce torrens frar- 
iij^ c'jçft-à- 4iî'ô qui fe précipitei grand 

ondre nuc^^ux ^^r^es î^e la Néra., 

ori^aoait mieux à Terni , qu'au;}c 

iQiis4eJkCam{uu^ îc de rÀppuille^ 

^^Iqî^ .Çpomiqitateurs les ope 

ApcèsVétrjS fbrti de'Tenûi 4iqus pi;î* 
s (s^rci^ç de Spotette:, qui en eft à 7 
ues. On j^^e, ayant d'y arriver» une 
mJu^ivie mde»fic ^Icarp^eappellée Sont* 
h A^y .^^ ^ ^^^^ lieu^ de apolete. 
XJe Ûitunmus qui coMle au bas de la 
lie ëtoitcékbre autr^efois par la blan- 
leurdes troupeaui^ qui paiiT^ne^nt fur fes 
fis.} on cr&yoic quelles eaux de (a 
^ieçeCQiitn)Hioi»t,à çetis blancheur ^ 
^, fait âa^Clitiffpnj^h plus jolie def- 
^Qa 4?QS ics4çttfes, %. ym< ^p. J^ 



288 Vo¥ACE BNlTAtîE, fe- 



CHAPITRE XIV.j 

Defcription de Spokne & de 
Foligno 

Opolett, Spolette eft une ville âe 
7000 âmes , fîtuée dans TËtat Ecdé- 
fiaftique à 88 milles de Rome, & au 
fominei d'une montagne ; c*eft une ville 
très - ancienne j au rapport même de Pli- 
car il compte les Spolmni^ paiïtii 



ne 

les Ombres qu*if appelle gens antiquip' 
ma Italimi elle fut faite colonie Ro- 
maine après la fin de la première guerre 

" Punîque , 242 avant J, C. Augufte éioît 
à Spoletce le premier jour ou îl futfalué 
comme maître de TEmpire Romain, 

Les Spoletins fe vantent fur -tour 
d'avoir repouffé Annibal , dans le temps 

' même 06 il venoit de défaire les Ro- 
mains à la bataille de Tranfymene (*)î 

^ il y aune des anciennes portes renfermée 

» aujourd'hui dans l'intérieur delà ville 1 

f ■ ) V* l'ouvT?ge îud- Utino , a prîrtdpt di ef*( 
tulé : Ddh hifiorie dî Spo^ , e alla cittâ the nefuOf^, 

Jeti , fuppUmtntf> di t^heîîe di Bernûrdîno àé* Qonn ^^ 
dtl rt^na d' Imita n^îla par^ Campeîlo , z vaU 1^-4"» 

If cht lùaséDucaio Spo* l U SpoUti, tCyZm 

qu'on 



■if; 



:^ 



IV. Defcrîpt. de Spolette. 2Sp 
elle porta Fuga^ en mémoire 
ënement , & fur laquelle on 
mfcription : Annibal cœjîs ad 
im Romanis , urbem Romam 
rmine petens , SpoUto magna 
ide repulfus , injîgnifugâ porict 
it. 

bédralc eft prefque toute de 
-in y voit une très-ancienne 
, & une iniage de la Vierge , 
pour être de S. Luc ; plufieurs 
de Philippe Ligpi , qui fut ecn- 
par jaloude en 1438; ileftèh- 
s cette Eglife , en un tombeau 
It faire Laurent de Médicis, 
^pitaphe par Ange Politien, 
a croifée à droite , on voit un 
j Guerchin , reprélentant deux 
&S'*Cécile priant la Vierge dans 
, ce tableau e(J aflez vigoureux 
ir, mais la gloire n'tft pas afler 

il y a encore dans cette Eglife 
;e d'Annibal Carrache. 
;fe de S. Philippe de Nérî eft 
)$ le goût de S. André de la 
.orne; il y a fur le maître-au^- 
Phîlippe de Néri en chafuble , 
^ue la Sainte Vierge dans un 
ar un Peintre , dont ïi manière 
t VIL N 



11 eu un peu yiuiei ae couieu 
d'ailleurs* 

On va voir à Spolettç l'Ej 
Pierre hors de la porte Ron 
S, Pierre conûcra S. Bricc prei 
qiife de Spoletie ; TEglift d< 
goire où font les corps de dix i 
lyrs; celle de Notre-Damp de 
hors de la porte du même nora 
S. Salvador des Dominiquain 
révère un clou de la Paflîop. 
On voit encore hors delà ville 
EglifequePon appelle PEglifî 
^ifix , à caufe d^un Crucifix p( 
que fur le maître-autel. Le 
-de cette Ëglife eft pratiqué 
èemple de la. concorde, dont 
jipncore fix colonnes corinthien 



Ch, XIV. Defiript. de SfoUttu 29 f 
t ceux des Coligola , Ancaiaftiy I-^etii 
Luri ,Piancianî , des Ducs Benedetti 9 
Pirennilo, des Spada , Campelii , Al- 
ini, &c. 

Dans la chapelle du Palais Ancaiani , 
^ a un tableau 4e Raphaël peint ï 
ache furtoile. 

On voit les reftes dHïn temple de Ju- 
er dans le Couvent de S. André , 
d'un temple de Mars au-delà delà 
'iere , là où eft TEglife de S, Ifaac ou 
oS. Julien. Il y a auill des reftes d'uA 
âceau bâti par Théodoric. 
Un aqueduc' très '•corifidérable bârî 
r les Romains , amené Peau de monù 
itOyii fix: milles de Spoleiitè , & delà 
iprareccia qui en eft à trois milles ; les 
nduites paiTent fur un pont de 600 
îds de longueur, & de-3 00 pieds de 
ut qui joint. les deux mfontaghcs, A: 
'on appelle ponte ddle Torri ; ces eaux 
fient auffi fur leponteSin^uinario-f 
i joint le mont S, Ange avec monte 
xo ; ce pont eft ainfi appelle à caufe 
grand nombre de martyrs qui en ont 
î précipités dans le temps des per- 
rutioris." ! 

Il y a près de la ville . une Congre- 
don très-eûimée de gens libres qui 

Nij 



retirée & très-exemplaire. 

La ville de Spolette eft fc 
aux tremblemens de terre , il 
près de cinquante en 8 ou dix 
temps dans h commencement 
bre 176J. 
{.«ooio; Parmi les hommes illuflres 
|r^4Poëcc,j^^e a produits, on compte 
meilleur^ Portes de Pltalie VA 
cent LeQuia^ qui yivoit au 1 
dernier fiçcle ; on cite le Sonne 
comme un des plus beaux < 
tJaps la poëfie Italienne. 

.!|^Ofi ride fior Qe] prato , onda nqn fti^ 
Non fciogiie il volo augel » nofi fpira 
Éui pifingendo io npQ dica ogn) n^omc 
Puell* acèrbo dplor , che il çpr mi fuggt 



Ch. XIV. Dtfcrlpu de Spotefte, apjf. 

ri aino!{ ch' ogûi Oitziio ha in me raccoho » 
^'eriminl ; e la férita a Ici , che fola « 
^ocria ^anarli / PàlcHit mV colto. 

che gîammaî noti formera parola , 
^ichè l'Aima , in veder l'amato volco i 
!I mio cor abbandona e a Ici fen^yola ( * )• 

Près de Spaletfe eft la ville de fiéf-* 
gna j en Latin Mevania , à l^embou* 
tire du Clitumnô , quelques-uns ont 
i que c'étoît la patrie de Properce ,* 
îs M. Orlaftdî croit la reconiïoître 
^ux datis un petit ef^droit éhampétre 
ïs de Bettona du côté de Péroule. 
On trouve auflî prés delà ^ & (ur-*' 
it à Amelia^les meilleurs faifins de 
:alie , en particulier l'efpede appeilée 
'jutello , uva Cornetta i dont le graih 
alongé en pointe ^ ferme ^ & d'un 
it excellent J entre Narni & Terni ofi 
uve un raifin fans pepinS ^ uva pajfa 
pajfarina. 

A Tune des portes qui eft entre Spo- 
i & Fdligno , appelle le V^rtt , & à 
if milles de Spolette , au fonir de la 



•) W.éanxoni divin" 
Leonio da Sr>oIe'Oy 
yc^ejîor.e JeW ajfe iio e 
û\hne a VitiuiAt in 



ttcrenta , prr Ptètro MatU 
ni, 1684, in-4*'- ( * 1« 
P. Qusdffo. Tomt III^ 

N.iij 



uns nomment ireviy de que I 
tans appe^lep^.le Temple de C 

. Dieu au fleuve , ne paxoît { 
grande. ..ancienneté, mais la v 

.piuorefquè & jolie ; fon pla 

. quarré long ; il a quatre colonne 
piUftres corinthiens ; les murs i 
gés jufqu'^aux pilaftres : il y a^ 

. entrées Tur. les côtés qui foni 
Le plan de ce temple eft bieji , 
ration en eft iàge & d^un bc 

,hs ornemens y font bien travaî 
ticuliércroent ceux qui font dan 

Î)an ; les cannelures en fpiralei 
onnes du temple, & celles qi 
feuilles ou en écailles de poi 
long du fût des deux autres col 
fliiËeu .. font légères & aj?ré 



ÎH. XïV. Difcript. de ÛpoUtté. i^^ 
îs côtés , parce que le devant eft fur 
inte efcairpée qui va au Ctitumné. Le 
>le eft eKbauffe for ui) {bubaifement 
lui donne de laf grâce. Il y a dans 
h-ieur un autel gothique oà Pofi dit 
effe: on lit fur la frife, Dewj Artr^, 
um qui fedt fefurreBioncm^ 
►e-là ju^ju^'à Piéroufey on voyagef 
tn très-beau chemin qui eft comme 
fâil, abrité fouvent d'^arbres & def 
i , Sa l'on traverfe ùrt grand vîgno-» 
îont les vignes niontent for les ar»^ 
qui reffemblent à une forêt plantée 
uîhconce ; ces arbres font des mû- 
blancs , des Sycorhrnore^ & àt§ 
)s.Ai2 milles de Spolétte on trouve 

OLtGNô eft une vîïle dé 7ÔÔ0 FoBgtféi 
, fituée à cent milles de Rome. Elle 
âtie dans le iSxieme (kcle , par les 
:aits de la vîile appellëe Forum Fia-' 
i , détruite par les Lombards ; elle 
uinée en 1 28 1 , par les habitans de 
ufe ; les Terzi s'en emparèrent en* 
, mais le Cardinal Vitellcfchi fit 
•ir le dernier , Se remit la ville de 
jno fous la domination du S. Siège, 
î qu'il y a de mieux à voir dans 
ville, eft le Couvent des Comteflea 

NiY 



& environnée d*un cercle de C 
camayeuxgris. Dans le bas eil 
i la droite qui la montre du 
un S. François à genoux qui 
i fa gauche un iàint Cardin; 
noux, & S. Jérôme eft debc 
lui , tenant une main iiir fa t^ 
d'admiration ; au milieu il y 
ange; debout qui timc des i 
une tablette longue, fur laq 
a rien d'écrit ; ce tableau e; 
rement compofé , d'une mani< 
trique , que l'on voit fouvï 
Pérugin , maître de Baphaël 
n'a pas un beau mouvement, i 
l'Enfant Jefus n'eft pas bien , 
radere de tête de la Vierge ef 
ainfî Que celui de S. J^rAmp 



Ch. XÏV. Dtfcript. de Spolette. 2$7 
\ eft belle, mais cet enfant eft trop 
: pour fon âge. Ce tableau eft peine 
;c un peu de fécherefle , mais la cou- 
r en cutrès-vîgoureufe ôcaflez vraie, 
ft même un des. mieux coloriés des 
)lçaux de Raphaël ; on ne fait pour- 
3i il a mis, contre toute vraifem- 
nce , une gloire de Chérubins en 
nayeux gris. Le fond du tableau 
ft pas heureux, & le petit village 
. y eft placé ne fait pas un trop bon 
ît. 

Dans TEglife de la Cathédrale il y 
ne belle (tatue en argent de S. Félix, 
êquedeFoligno; le baldaquin de S. 
rrc eft exécuté fort joliment en petit 

le maître- autel. Se placé de même 
s la coupole du dôme qui eft da 
imante ; la forme de cette coupole 
belle & elle n'eft point peinte. L'E- 
e de S. Auguftin eft la plus remar« 
ible, après les deux que nous venons 

citer. Il règne dans plufieurs mai- 
s de Folicno un bon ftyle d^archi- . 
ture ; il &ut voir fur*tout le Palais 
rnabo» 

Quand on eft arrivé à FoBgno , on ^^Y'? 
ois.routes ^ au nord > celle de Noccra , reoce^a'^ 

Nv ' *^*^^ 



mais je parlerai des deux autri 
On peut aller en moins de 
res , de Foligno à Affife , qui 
7 milles ; on côtoyé toujourî 
tagne ^ mais le long d^une plaine 



CHAPITRE S 

Defcripton £Aff%ft 

jni s stsi , en fetîn A^Jium 
^ilte de trois à quatre milles a 
ancienne, &: qureft remarquai 
tout comme la pîatrie deS. Fr 
«tok fils d^ùn négociant à'AfS 



Ch. XV. Defcript. (TAffife. i$^ 
é Bernardoni , il y naquit en 1 182 y 

Î mourut en 1 226. 
l y a des voyageurs qui n'ont pas s.Fransol 
ligné parler d'Affilé , pour moi j'ai vu 
^ec plaifîr un endroit (i célèbre dans 

chrétienté ; ce n'eft pas parce que S. 
rançois prêchent aux hirondelles^ par- 
5 qu'il fefaifoit une femme de neige, 
: quM fe rouloit fur lés buiflbns , que 
\ parle de fa patrie & de fa vie : les fa- 
tes dont là légende eft remplie ^ ou ne 
trent pas de lui , ou bien elles étoienï. 
'oportionnées à la ftupidité de fes con- 
mporains ; mais S. François fut un 
)mme extraordinaire par fa modeftie». 
n courage , fa piété , fbn zele & fa pa* 
îoce : celui qui a donné des loix à 
nt de millions d*hommes , eft certain- 
lent un perfonnage remarquable. L'é- 
blilTement d'un Ordre fi pauvre, (î 
:fl:ere , formé par un jeune homme de* 
r ans , eft une chofe extraordinaire aux 
!ux même d'un Philofophe ; il annon-- 

un génie élevé , une vertu exemplaire ,. 
\e onélion touchante, une éloquence^ 
irfualîve , un zele infatigable ,. une- 
mftance peu* commune, uixr ans après^ 
n établiflement , l'Ordre de S.François,r» 
us lenonvdes Frères Mineurs , étoicfii 

K vj; 



Aiiil€ , elle comient 20 Jbgliles 5 
buit paroifles , huit Couvens d 
gieufes , & quatre de Relîgiei 
n'eft pas étonnant dans un end 
la Religion feule a rendue cèle 
^^ç^jy La première cbofe qu€ l'on 
Coftv<Qco, aux étrangers à Aflîfe eft le Sa^ 
venta. Ceft là qu'eft TEglife 
. chale & le chef- lieu de tout PC 
faint François , & oà l'on aiTc 
eft enfeveli. 

Elle appartient aux Corde 
la Grand- Manche ( * ), appelles 
Minori Conventuali , pour les di 
de ceux qu'on a réformes enfu 
d'autres noms > comme les O 
tins & les Récollets ; les Con 
ont leur Général à part qui 

(*) Ces Perct n'ont | Tautorîté de p 
point de maifon à Paiis, | niflre •& ccUe c 



CH.Xy. Defcript. HAJfife. jor 
>me au Couvent des faints Apôtres » 

font au nombre de 8q dans le Cou- 
nt dont nous parions. Leur Eglife fut 
clarée par Grégoire IX , en 1230, 
empte de toute autre Jurifdidlion que 

ceUe du faint Siège ; elle a été de-* 
rée du titre & des privilèges d'EgUfe 
trîarchale , & de Chapelle Papale :,_ 
y conferve une côte de S. Jean- 
iptifte , & diverfes autres Relique?. 
Il y a trois Eglifes bâties Tune fur 
Qtre j celle du milieu fert pour l'or- 
naire à TOffice divin ; la plus haute 

moins fréquentée ; la plus bafle efl 
lie , où l'on aflure que repofe le Corps 

S. François ; mais on n'y entre point. 
5 fut le Frère Elie , fécond Général 

. POrdré qui fit bâtir cette Eglife 
r Lappo y Architeéle Allemand , père 
A.rnolfe Florentin , qui en jettales fon- 
mens deux ans avant la mort de faint 
'ançois. 

Le Couvent eft vafte & magnifique, 
Litenu par d'immenfes fubftruâions, 

il jouit de la vue d'une très-vafle 

trfa-belle plaine. Toutes les mu- 
iles du Cloître aufiî bien que les EgFw 
\ dont je viens de parler, ont été pei»- 
\ par Cimabué ^ Giotto , Pierre Ca- 



terré comme les criminels , i 
à fes frères le dernier exenr 
]àié chrétienne. Ce fut par k 
cipe qu'il changea le nom 
Mineurs qu'il avoît d'abord 
Religieux > en celui de Frer 
de peur qu il n'y eût quel 
même à annoncer la pauvi 
Fiirfpînî. ' L'Eglife appellée/^n/^ il 
nerpa , ou EgUfe des Fili 
plus beau refte d'antiquité 
à Aflife & dans les environ: 
tft formée de fix colohnes 
d'ordre Corinthien , du nu 
& d'une belle confervation 
Temple, de Minerve, com 
l'indique aflez : elle a apf 



j.. 



:^««< r\^j^^ A^ c 



Ch. XV. Vefcript. d'AJJÎfe. jof 
Quoique les lettres de bronze qui 
rmoienc une infcription dans la friie: 
cnt' éxi enlevées , on voir encore les 
3US où entroient les clous de chaque 
:tre , & cela luffit pour retrouver Pinf- 
iption. M. Séguier a bien fçu.refti- 
er^ celle de la maifon quarrée de Nif- 
?s ^ par de femblables trous. 
Chitfa nuova eft une autre Eglîfe de c\\\t{ik. 
ancifcaîns bâtie à l'endroit même oùN"^''** 
Dit la maifon paternelle de S.. Fran- 
is. On y montre la prifon où il fut 
fermé par fon père qui contredifoît 
vocation ; les chaînes dont il fut lié ;. 
porte nvéme qui fermoir Fécurie où 
racre alla faire fes couches par inf- 
l'atîon célefte. Cette Eglife eft def- Récollct»» 
"Vie par les Récoltets. Ces Pères , dont 
réforme fut faire en Efpagne en 
'3^ fous le nom.de Recogidos , font 
pelles en Italie Padririformati , Scal^ 
ni à^Iffogna; leur Général eft al- 
•natîvement & pendant fix ans ou â 
adrid, ou à Rome dans le Couvent 
Araedi , au haut du Gapltole, étant 
r^rpativ^ment Italien ou Efpagnol; ce 
énéral eft auflî le Chef des Cordeliers 
î'TObfervance, appelles en Tralie Mi'- ofefcmn 
ri OJftn^ami „ dont h réforme avoit"'^- 



\ic;ia y uk vju un ap|^vii(^ Ui 

Sanfrancefcuccio , c eft la 
donc j'ai parlé plus haut; 
du Couvent de S. Franco 
Siînttaaîre. L'Eglife de faînte Qain 
occupée pF.r les Religieufes 
dre ; on y conferve le G 
Sainte, auflTi bien que cel 
Agnès ; on y montre un Ci 
fur toîFe , dont on dit que î 
les yeux s'ouvrir miraculé 
milieu de (es prières* 

Cette Eglife eft dans u 
thique ^ mais léger ; elle c 
& l'on a été obligé de la 
tous côtés par des éperons. 

( ■) L'oir donne qurf- f tent dai 
^«fbis le nom de Zocco' [ vens ; mi 



:V- Defcript. d'AJJîfe. 30 J 
Tife, le 12 Août I2j'3 , elle 
famille illuftre de cette ville ; 
CiofE quia bien voulu m'ac- 
par-tout à Aflîfe , eft de la 
le. Dans la Cathédrale d'Af- 
c un bel Autel^de marbre, ûfne 
S. Sacrement qui eft extrême- 
», un bas-relief antique der- 
de S. Rufin , les Fonts Bap- 
S, François fut baptifé. 
)ir encore-ji Aflîfe l'Eglîfe de pîcpêj. 
qui eft occupée par les Pères 
'dre de S. François , ce font 
ms apppellons à Paris Picpus , 
Cttxe réforme s'établit en"* 
r la première fois vers l'an 
/iUage de Picpus près le faux* 
ntoine dans une maifon que 
s & les Jéfuites avoierit fuc- 
abandonnée. 

de San Damiano qui eft à un 
Ife , eft celle oh S. François 
oême les Religieufes de l'Or- 
!Ilaîre, auflî appelle- 1- on en- 
niftes celles qui fuîvent Pan^ 
îdans toute la rigueur de l'InP- 
ppofitîon avec les Urbaniftes 
fité de la mitigation faite par 
bain IV. 



prefquc délertc , où il n'y a 
de commerce ni de richeffe 
naturel de croire que les cl 
font affurées par des fondati 
des dévotions générales & 
fixes , fans lefquels les Cou^ 
depuis long-temps dépeupl( 
le Concile de Trente a périr 
Mandians de recevoir, &d€ 
biens-fonds. 

On difpute fbuvent en I 
en France pour favoir quel 
ble habit , & le véritable C 
François , parmi tous ceu"x c 
règle ; ce qui me paroît ££ 
Saint François portoit-l'habii 
mun , celui du plus bas p( 



Ch.XV. Defcrîpt. d'Affîfe. 307 
Lt être appelle celui de S. François. 11 
eft de même de Ton Ordre; fes premiers 
nples dëgénéroient même Ibus fes 
XX : on les a reformés fucceflîvement , 
is aucun he ppot fe vanter d^tre re- 
Qu exaâement à l'état primitif de l'Or- 
5 de S. François , ni d'y être demeuré 
rariablement attaché ; Frère Elie dî- 
t lui-même au faint Fondateur : Frère 
ançois, tes enfans ne veulent plus fui- 
s ta règle ; auffi un plaifant , parlant 
iD Religieux de l'Ordre le moins auf- 
e, Jui prcMivoît par ce pafiage qu'il 
At des véritables enfans de vS. Fran- 
s , puîlqu'il étoit du nombre de ceux 
; ne vouloîentplus fuivrela regîe.Treve 
raillerie : les Mineurs Conventuels , ou 
rdeliers de la Grand- Manche font les 
Is qui n'ont pas changé de nom par des 
>rmes ; mais comme ils font encore 
8 éloignés que les autres de la rigueur 
premier établifl'ement , ils n'ont pas 
s de drcMt que les Obfervantins , les 
coHets , les Picpus , & les Capucins 
fc dire les véritables Religieux de TOr- 
! de S.. François. 

3n montre dans ta ville d'Aflîfe quel-^ 
îs anciens vertiges d'antiquité : un 
le d'aqueduc derrière TEglife de faint 



celle de Nocera , Uns avoir 
iiculîer. 

On y voit plufîeurs Palai 
blés tels que Ceux des Matt< 
relli , des Vallemani ; une bc 
fur la place , & m^me un Th 
tel- de- Ville. La Foire de h 
Fiera del Perdono qui comn: 
de Juillet ^ & qui dure juf 
mois d'Août , y attire un m 
^gieux. 

Il y a aufli une Citadelle , 
aduellement déferie ; un P; 

{)al bâti à l*en droit oh S. 1 
*habit de Religion , le G( 
habite aftuelïement : fa fem 
refle par fon efprîc , m'intére 
les malheurs eue fa beauté 



Ch. XV. Dtfcript. i^AJJxfe, 30P 
•D defcendant d'Affife on pafle à h l^prduncid?. 
iiincule , appelléé ordinairement la 
ionnk dtgli Angeli , c'eft une grande 
DcUe Egïife > avec un Couvent de 
>CordeHers Obfervantins ; il eft bâti 
en4roît , où mourut S. François le 
)ftobre 1226 , &fut long-temps la 
te portion d'héritage que pofleda POr- 

de S. Ffançois , à qui les Bénëdic- 
\ fa voient donnée. Cet endroit fut fî 
ebrepar les révélations , les indulgent 
1 , le» pèlerinages , qu-il oceafionn^ 
l Fête qui fe célèbre encore le 2 Août 
chaque année , fous le nom de la For- 
acule. Le plan de l'Eglife eft une croix 
ne , la nef ^ cinq grandes arcadçs dé- 
ées de pilaftres Doriques. A la cîn- 
eme Chapelle à gauche, il y a une 
nonciatîon du Baroche , médiocre. On 
it dans le milieu de ce grand vaifleau 
5 petite raaîfon îfolée , convertie en 
apelle , ( comme la fanta Cafa de Lo- 
te) ,€'eftrlà, fuîvant S. Bonaventure, 
e S. François inftitua fon Ordre par 
biration divine ; cette chapelle a été 
taûrée en 1688 , c'eft la .relique de 

Couvent. 

Les Religieux y montrent auffi la 
Qtte où S. François faifoit fes prières 9 



on y a vu julqu'à cent mille 
à la fois ; le grand Corne de 
faire un aqueduc qui y porte 
diftance de deux milles , Se ] 
fontaines qui font très-néc( 
pèlerins. 



CHAPITRE 

Defcription de Pén 

Jl BRUGiA, P^roufe , en 
gufla Perujia , capitale de PC 
une ville de 1 6 nDÎiles âmes , 
PËtac Eccléfiaftique j à 4^ 
Rome, fur une roontdgne 
Pon n^arrive eue t^r un ch 



. XVL Defcript. de Péroufe. 3 r c 
par Jaiius fils d^ Apollon, le pre- 
Wi dç riialie dont l'hiftoire ait 

qui quitta le Royaume d'Athènes 
n chercher un autre dans des pays 
lUS , & qui aborda en Italie ^ avant 

que Saturne y fût venu ; il fen raf- 
i les hommçs encore difpcrfes & 
s , il leur donna une religion & des 
il fut regardé comme la première 
té de l'Italie, & il étoit toujours 
ué Iç premier dans les facrifices , 
Virgile dit-il , en parlant des pre- 

établiffemcns faits fur le Janicule 

le Capitole ^ les attribue à Janu& 
laturne , 

ne Janus pater, hanc Sacurnus condkltt urbem* 

loî qu'il en foît, la ville de Pdroufe 
uvoit cacher dans une plus belle 
Tancienncté de fon origine. Dans 
jps même où les Romains commen- 
t à tout envahir , elle fe foutint 
temps : on voit qu'elle a voit été 
nue libre par ^ux-mêmes , qu'elle 
la plus forte ville de la Tofcane , 
^elle avoir étendu fa domination , 
s ta mer dô Tofcane jufqa'à la mer 
itiquçfurunçfpacede.45 lieues. V. 



S)fge de 
Péroufe. 



inducias in trigenta annos im 
(Tite-Live , Dec. 1. L. j.) 
311 avant L C. & les Etru 
rent afFoiblis & hors d'ttat < 
Romains^ que vers Pan 280 

Pérou fe étoit encore fi < 
fous les Romains , que même 
gagné la bataille de Trafym 
bal n'ofa pas Taffiéger , 228 

Rien n eft plus célèbre da 
res civiles que le fiege de '. 
par Augufte, dans le temps < 
fils de Marc-Antoine s'y é 
les Pérugins aufii fidèles que 
que environnés d'un doubl 
ment avec 1500 tours d'att 
tinrent un fiege terrible & 
aflFri^ufe. Lorfaue Lucain D< 



;h/XVR pefcript.de Viroufe. Jf^f 
It lié pluèfeiruete , fa fànîiné ie Ptï-» 
fev 4€îfîégèiJ*'Mo(îene fekpà^Acrt^ 
le ,'& là Dsftaîlle d'Adidfh , près du 
LeucaSi èi\Efîre : • 

: . . , .: .. " • •■ ■. f '.-■ ' '.'î.-i 7 
His Qs^as P^V^ ^^^^ > ^ tÎD£que , labore^ «^ . ^ 

. Accédant \facis « ic quas pteinc afper^ ciaû'es i 

i_", .''.r ;■■ î. ?i * 1' -, jiJ '. . '■ iil 

Lttîcafc , . 1. 1.9.41. , , 

■j.: :;'i'^ ; ') ■ ; ^' . i- ; ' .» : .•■ r ;.: i ^jJ 

Et ^ege" de Péroofe ; finît: de là ina»^ 
^ laL plusifuheftë ^il fallut céder à la: 
ïunc',- & la ville fût détruite &' brû- 
'j^ellë fe rétâhlîtîcependant i; & fut 
^e. le théâtre dd la guerre Tons lei 
thsr^ qui l}a0]égt:rencpendàtit (ept ansv 
ft3i..parminénr ënfir» à s'en: èitpaifeiû? 
^ fuel réptîfe par Narfeès 4 ;eilc ferdon»; 
-rifuîteiiu'Pape'&. fut comprife dani 
CDnation que Charlemagne & Pepiii 
i* in FEglife ,. & , qui fût cbnfitrrvée» 
El^uis le Débonnaire , veri Pan- 8 rSs 
"•îBS-lès Pérugins étoient encore 
^8 aui Pàpc ;. mai? dans les tenaps de 
fcJifes^èàîcMqûe ville vauloit.être in-4 
Madame ,..ils,fe- gouvernèrent librèi 
'^j & firent fouventla guerre a leurs 
^nSj-fe'Pape les excommunia n[\&me 
^ 'itvôtr ipris & démanttlë Folignoî 
*^Mîan \^r>or.' ■■, : .: - : 

^ eir^ j>2| aboè^^aYOÛ: faiL% guerr4 



ji-4 VoinidE EN ïTAi^iï, 

fu ra^e> les Pérugins ie foutnîrçrif 
îui* mais en 1416 Us prirent pçur leuf 
Chef le Fa meux Çapimine Bracdù , fotv 
teKrac- nommé Forte Br§cciù^ qui l'annéç M* 

Ivantç marché vers Rorae avec une ar* 
méé, 6^ s'en rendit le iltÈrîtt^ : ce grand 
homme efl celui (Jont la milînûire eft 
la plus réfpectee à Péroufe ; non-feiil^- 
IBCHt ii' méma de goûvenjerfii patrk, 
mais il h foutint & l'embellrt ; ce iuxUi 
qui fir faire les fQbnruftions immcnfa 
fur lefquelles eft aflife , la grande place 
de! Péroufe, ëc qui fit le canal ou emiff4* 
liadii l^O: de Tiiaiymeoe , pour garant 
nvh plaine de fcsi déborde mens ; il m^iK 
IFUttti -14:24:, d'trnë bleflure à la îêrfi 
& en 1442 , la ville fe remît de nouveau 
fous Ta puiffance du Pape , en TinvifanE 
d*y venir habiter^ (V. Campana , Ip* 
$ia il Bracùû ^} Përoiife eut auflî un 
Capitaine célèbre, vers l'an ijoa, 
nommé j4jhr^ Ba^licm , & fa famille 
fubfifte encoreî Péroufe. V, le F* Gatti, 
M, Crifpolri & Pelliai , dans ieurs lùf- 
toires de Péroufe. 

'j On ne voit aucun i^efle 3'»itiqaîrft 
f<^nqufe i fii œ; n-eil dans hi ipfaoe G*! 
pana , une ancienne portç qu?on ^^ftettj 



f. XVI. Dèfcript. dé Pérouji. '3 1 JT 
.0 y les teftes d^un temple antique , 
ane aacietine inféription qui eft 
re l'autel. 

caraftere indomptable des Péru- CîtacîclU 
étermina le Pape Paul III à bâ- 
Citadelle que l'on y voit encore ; 
)n aflTure qu'elle fut commencée ^ 
►rëtexte de* bâtir un Hôpital , & 
les habitans n*y euifent été trom*- 
ils ne l'auroient jamais fouâ^rt; 
^oit-on dans la cour l'infcnprioti 
te : Paulus IIL Pont, max. Tyran^ 
z^a , hovù clvïtatis ftatu conjiituto'^ 
m quftti ùr ifriproborum/ranà , dr» 
Jhld eAitmam mira ceUritate iriu^ 
Pontif. fuiJX. Sal. 1J43. Cette 
Ile êft très - forte , on y tient une 
in de 40 hommes, feulement pdut 
lir les babitans , qui encore dans l6 
r cottclav^ firent mine de vouloir 
>lter. 

. y voit 18 canons de bronzé? 
s en IJ4J & IÇ58 , qui pefenc 
livres y & dont les boulets en pe- 
I j , fans compter beaucoup d^au- 
itits Canons qui fervent à faluer lek 
lauic , les Prélats de Confulte, 
il en paflTe à Pcroufe ; èes canon» 
ticorâ braqués du ccté de la ville. 



.& au midi Porta S. Piçtro. 
Ç^t^édrai*.. Péroqfç eft Iç Siegç d-un 
çien Evçché qui rapporte 3 c 
Romains de repte. A côté d'unç 
tes latérales de la Catbédr^I 
PEglife de S. Lorenzo , on v 
ilatues de brooîe , 4'abprd' 
JulelH aflTis dt).npatit fa. béni 
rile a été reflaurée par Denti ; e 
•un piedcftal ; cette figure eft lo 
iravaildç la tête eft fec, & U 
^ft trop toqrmenté€i< X»a, fecom 
qui eft auffi à la porte de PEglif< 
phç daps line nichç fort élevée , 
de Paul II donnant la bcnédi^i 
^ft d'un travail froid & Gothiqi 
. Sur la pl?ice qui eft devant ce 



XVI. liejhript. de Peroujè. 3Î7 . 
jothîques difpofées tout auiouf 
ïs piliers j il y a un baiHn de 
au milieu ; cette fontaine eft 
mpofition très-mauvaife ^ & elle 
plus d'eaâ; Dans la Ctiapelld 
droite en entrant dans la Cathé<« 
r la grande porte , on voit urt 
ibleau du Barocbe repréfentant 
ente de Croix ^ & la Vierge ëva^* 
pied de la Croix que les famt66 { 
recourent : tableau bien coin- 
il y a beaucoup d'expreflîon , 
ez bonne pâte de Couleur, avec 
leres gracieux ; la Vierge paroîc 
ne de ml!me que les autres^ 
: elles ont aufli quelques: 
s de reflemblanee ; la nature, 
as aflez variée : il y a en général- 
) d'incorreétîons dans ce ta-» 
z il pèche par PefFet. Dans h 
de la croifée à droite , deux ta- 
Frefque du Scaramuccîa : ils Ibnc 
: ; la compofuion en eft afless 
mais un peu confufe : ils repré-l 
un un Diacre à qui S* Piètre 
s mains , l'autre un Diacre prê--! 
sTànt un Pape. Un autre grand 
Phuile du même Peintre , re-. 
quatre Evêqucs en prières de*. 
OU) 



roit pu faire. On conferve 
Eglik le S. AndlodtllaMado 
gue de la ftinte Vierge, 

Le Chapitre a une Biblîoi 
lui a été léguée en 165)5 P^^ ^ 
wî , avec 40 fcudi de rev( 
voit plufleurs Manufcrits cui 
tr'autres un Bréviaire du neuv 
un Evangile que M. Garampi . 
Archives Apofloliques a ju| 
huitième fiecle : il s*y trouv< 
tures groflSeres ; les Homélie 
rable Bede y Sec. Dans la Sa 
conferve un Evangile de S. Li 
pour être du cinquième fiecle 
fur un parchemin extrêmement 
Ton a pris pour du papyrus ai 



Ch; XVL De/cripi. âe PétcSift. ^tp. 
bs remarquables par . les peintures du 
Slôbrc Pittro Perugino. Prefijuc tous ï|»«''* 
tableaux de la Sacriftie & du Chœur '"^ ^ 
nt de & malo* ! Ce grand FeinÀre > c^i 
t le maître de Raphaël ^ naquît k fé^ 
ufe en 1446; ibû extrême pauvreté le 
»rta à s^appliquer de toutes (es forces 4 
pdnture , & ce fut à Florence qu^il fe 
:ma $ il étoit contemporain de Michel 
nge i mais ii létùit fouvetvt en di^utie 
ec lui : Penvie qu'il awDît d'acquérir 
rbien^ kl fit entreprendre une mciki- 
Je d'ouvrages » ftiir-tout à Péroufa. On 
nt dans la Sacriftie de S. Âuguflin un 
Uet de fa main du 30 Mars iyi7i 
rit im Prieur du Couveiïï peu? îe prier 
: faire donner à fon doineftîqùe unt 
nroe de grain j mai« il «ft fi mal écrit, 
tous les mots en font tellement eftro- 
fs , qu'on a écrit au bas : Fu Rejiau- 
^or de la Pittura , ma Guajlator deWarte 
Scrittura. 

Le Couvent de S. François occupé 
r des'Cordeliers Conventuels , poiTede 
os dé Braccio forte hraccity^ renfermés 
ns une boîte , qui eft i la "Sacriftie , 
ïî bien que ceux du célèbre Bartole 
^n à Péroufe oîi il étoit établi , quoi- 
ïl fut dej&affoferrato. 

Oiv 



Dans une Chapelle à gaucli 

blciiu repriéfentant le couronn 

h Vierge danS' le Ciel après for 

:tion i & 'en bas trois petits 

• dontî le premier :repré(lente V/ 

.rton.j lefecond l'Adoration de 

Se le troiiieme la Circoncifion 

.tous quatre peints fur bois ; o 

<jUec'êft le premier ouvrage de 

on y.reconnoît par*tout la mar 

fl.yle de Ion maître Pierre Péri 

voit à gauche dans la même j 

ponraits de l'un & de l'autre. 

Dans l'Oratoire de U Çon 
di S. Francefco , huit grands i 
l'huile àt Scaramucci reprëfei 
fujets de la vie de Jefus-Chrift 



. XVL Defcript. de Péroufe. 321 
le , très-ornée j dans la troifieme 
le à droite , une ÂfTomption de la 
, du Guide ; la figure de la Vierge 
sménc compofée , mais les deux 
^nges qui aident à Tenlever , font 
fymmétriquemént & fans génie ; ce 
i eft afTez harmonieux , mais d'un 
foible. 

(laître^ Autel la Vierge foudroyant 
ent & le Père Eternel qui la reçoit 
gloire, en lui impofant les mains : 
i de Pierre de Cortone fagement 
(é y la Vierge eft très-gracieufe ; le 
ment de la figure eft fimple & 
e^Pere Eternel n'a pas un caraâere 
, & fa draperie eft trop lourde. Ce 
i eft en général un peu trop gris* 
I troifieme Chapelle à gauche , la 
ice de la Vierge par Pierre de Cor- 
répétition du tableau qui eft à 
-Cavallo, La coupole de cette 
eft de Mancini ; elle eft peinte à 
i ; les tons en font cruds; le jaune y 
e par- tout , & il y a peu de génie 
a compofition, 

DoMENico à la troifieme Chapelle ^ 
:he , un*tableau du Pérugin divifé 
X parties ; celle d'en bas repréfente 
irs. Sain tes debout , où Ton trouve 

Ov; 



s. PiETKO , Eglife qui eft 
mité méridionale de la ville ^ a 
les Bénédidlins de la Congn 
S. Maur. Cette Eglife n'fcft 
mais la nef a neuf belles coloi 
qcres de chaque c6té^ de m 
vein^î. 

A la féconde Chapelle à ga 
.,, ;/:. Afcenfion de Pierre Pérugin , 
// ' bois , mal compofée , mais où 

^ têtes excellentes & très-bien p< 

Auprès de la Sacriitie^ un 
Ifeau de Pierre Pérugin , repré 
. Père Eternel & des Anges. 
Dans la Sacriitie , une fain 
que l'on met au rang des prenw 

Îes que Raphaël fit Ibus la dii 



XVI. Defiript. de Péroufc. 3 55 
fari. Le premier reprëfente une 
ication miraculeufe ; le fe<;ond les 
de Cana ; le troîfieme S. Benoît 
lyant toute la Communauté de-^ 
srriere lui : il reçoit un Ange qui 
:ne des mulets chargés de pYovi« 
uMI avoit obtenues du ciel par feS 
. Cei trois tableaux font les meîU 
f Va&ri y\es mieux coloriés Se les 
goureux ; îlls font bîendëffinésj 
)uve de beaux carafteres de têtes ; 
toiqu'il y ait mis plus d'effet qu'à 
inaire , cependant ils pèchent en- 
r cette partie ; ils folit peints fur 
à niuHe. 

: la flèche de cette Eglife » oui 
I plus hatite de la Ville , fe tait 
î très-loin à ceux qui viennent 
!• Delà fe voit la montagne de la 
fi haute que le 1 5 d^'Oftobre elle 
éja couverte de neige* 
s la petite place & fur la porte 
udio à^ Dottori y èfi une fiatue 
ize de Sixte-Quint ; il eft repré* 
ICs donnant la bénédiâion : la 
e Texpreflion ; elle ^ft aflcz bien 
r ; la draperie de la chape eft 

!ouVén^ des Refigkufes de Motk^ 
pvj 



& les Offadi morri » efpeces 
délicates; la dévotion s\ fâ 
ces derAieraS) la figure d'c 
qui n'ôte rien à leur bon go 
Dans les Palais Anzidei < 
il y a des tableaux précie 
Palais Oonini, près de la c 
vort une belle enfilade d' 
richement meubler. Le PaU 
eft d'une très-belle arçhitei 
près d'une porte de ville < 
Tancien nom 4^gufta PeruJ 
^ ï)%ni le Palais public , 
Magijirato ^ il y a une chap 
qdtlle té voit un tableau des 
de Piètre Perugina , & en n 
Tun des mieux confervés. 



Ch. XVI. Defcript. de ?éroufe. 32^ 
Le ■ Collège des Jéiuites eft fitué fur 
écrite ^\zct y Pia\7 a Zuccai il eftrcr- 
rquable par Pimmenfité des bâtimens 
CubUrudions qui le fouriennent : d'à- Subftruc 
rd au^deflbusderEglife il y a des ca- ''^"^* 
mx pour les fépultures» plus bas la 
mgrégation des Artifans , au-deflbus 
celle-ci la Congrégation des Nobles; 
1$ bas encore celle des payfans , Cotz- 
Vtni ; ces étages font tous fort élevés , 
qui forme une hauteur prodigieufe. 
us le jardin même des Jéfuiies il y a 
s voûtes pour une tannerie, & plus 
s encore des magafins qui font au ni- 
au d'une des rues baffes de la ville ; 
ft ainfi qu^on a cherché à gagner du. 
rein & à étepdre, par des ouvrages, 
ntienfes, une ville qui étant placée 
le fommet de la montagne ne pou- 
it s'accroître autrement. Il y a dans, 
facriftie des Jéfuites , un tableau du» 
roccio, dont le fuj,et eft la fuite en. 
ypte, il repréfente la Vierge qui ppife, 
Teau avec une taffe pour le petit Je- 
, & S. Jofeph qui lui donne un ra- 
au de ccrifes ;.ce tableau eft gracieux 
les- idées en font naïves , mais 4I eft 
orreâ & peu harmonieux. 
Le Collège appelle la SapUn^a , eft 



326 Voyage en Italie, 
une efpece d*Univerfité o& il y a pli 
de 60 Profefleurs , mais dont les gag( 
ne vont en tout qu'à 2000 écus ^ 
mains ; il y a même des machines 
phyfique, avec iefquelles M. Felicdslle 
fait des expériences publiques, elles sVi 
chctent aux dépens du Collège. 

La grande place, Piaj^a granit ^fSi 
Celle oh eft le triomphe du célèbre Cl* 
pitaîne Baglioni. 

Le Palais du Gouverneur efl auffifor 
la même place ; il étoit occupé 1 ra 
175J, par MonfignorBolognini, hom- 
me de beaucoup d'efprît , d une figure 
întcreffante , & d'une extrême poUteffe; 
C'efl: Paateur du livre fur les Marais pon- 
tins que j'ai cité dans le volume pré- 
cédent. 

Le peuple de Péroufe , comme je k 



■.c i 




XVr. Vefcrïpt. de Pfroufe. 527 
u8 les foîrs , a contribué beau- 
adoucir les mœurs , à rendre les 
plus générales & plus vivantes ^ 
eunes gens plus aimables. Pout 
ne puis alTez me louer des poli* 
ae j'y ai reçues ; je fus aflfez éton- 
/oir àma pone j le lendemain de 
pivée , un beau carroffe à quatre 
X de M. le Comte Baglioni , pour 
duire par-tout où je devois aller , 
fperfonncs gui avoicnt bien vou- 
larger de m'accoropagner & de 
e voir la ville ; fans ce fecours 
t fallu beaucoup de temps pour 
utes les chofes aont je viens de 

ille de Péroufe a été auffi diftin- 
ir les armes que par les lettres , 
le dit Pie II dans fes Commen- 
Qaruit jampridem 6r armis Êr 
&* potijjimùm fcientia juris in 
tolui cxcelluh &* poji eum Baldus 
élus. Biondo cite plufieurs au- 
rifconfultes célèbres de Péroufe. ' 
2 ville auffi fertile en beaux ef- 
le le rcfte de PItalie , a eu des 
tiies^ dans les premiers temps de 
fTance des lettres : une des plus Académ^t. 
es fut VAcadcmid Scojfiy Aca- 



ii cclebre par Ton Didionna 
fel de la langue Italienne , 
long-temps après , & elle e 
1 Académie de Péroufe , fc 
qui e(l aufll un blutoir , c 
Tavons dit, 

L'ACADEMIA INSENSA1 

blie à Péroufe en ij6i ; l 
fenfati que prenoient ces 
ciens , prêcoit à un double 
pouvoit entendre , non pas < 
mais des efprits dégagés de ! 
fens , & qui s'élèvent par la 
tion au-deifus des chofes ms 
prireht pour emblème une vo 
qui traverfent la mer ayant 
pierre au pied , avec cette 
cum vondere . mAme aver r 



iH. XVl. Defcript. de Péraufi. 32J 
nfidve qui tire les hommes vers le^ 
>8 terreftrcs &groflîeres, favoîcnc 
rc vers les chofes fubiimes^ L^Afa* 
a Scojfa fqt réunie à celle-ci qui eut 
-remps une très-grande, réputation 
l'Europe. .. 

Acaàcmia txuntrica fut établie en 
7 , elle prit pour devife Torbe excen.- 
e de la lune j avec Ton épicycle^ 
|u'on Pemployoit alors pour explir 
les inégalités de la lune , qui v^ 
^t plus vite , tantôt plus lentement^ 
^ lifoit ces mots : Raariaty non. rc- 
t , elle retarde , mais ne recule point; 
A<:adémicien3 vouloî^t faire en- 
ne par-là que les Exercices I^itt^rai- 
ont ils s'occupoient , pouvpient bien 
der un peu les exercices, de, leur état 
irifconfultes , d'Eccléfiaftiques , &Cj,. 
non pas les leur Faire abandonner; 
nembres de cette Académie s'ap- 
ient Excentricij c'eft-à-dire, des 
nnes qui tournoient un peu hors 
:ntre naturel des occupations jyin- 
» ou folides de leur état ; tout 
qu'en Aftronomîe , on appelloit 
ntrique l'orbite de la lune ^ dont 
ntre n'eft pas tout- à- fait d'ac- 
avec le centre de la terre* L'é? 



■;d" 



Voîx extra- 



tem;^s que Ton paffe à s^ni 
les fciences , n'eft pas toujoi 
perte, môme pour des per 
ont à remplir d'autres devoîi 
état. Le chof de ces Académie 
triques s^appelloit Eccentriar 
Paul V rétoit , avant que de 
pontificat. Il y eut encore 
une Académie appellée De 
une Académie de Jurifprudcr 
mia Injipida ; une de Mufîque 
Vnifona , & une Académie d 

Parmi les £cns de lettre 
aftuellement a Péroufe, M 
&: Chanoine Meniconi , qui a 
Droit Canon , eft un des pi 

On cite parmi les gens c 



. XVI. Defcript. de Peroujè. 55 1 
& prodigieux, fut comblé de 
c d'honneurs durant fa vie ; tous 
vreraîns fe rarracboient , & toutes. 
bs d'Italie célébrèrent à l'en viles- 
Se fa gloire après fa mort. Tous 
ts faits à fon occafion , reipirent 
(Teoient & l'entboufiafme qu'inf- 
t fes talens : il avoit au plus haut 
tous les caraâeres de perfeélion 
•us les genres ; il ëtoit gai, fier , 
t tendre à fa volonté , & les 
e fondoient i fon pathétique. Par- 
înité de tours de force qu'il fai- 
ià voix , on en dte un bien fin- 
il montoit & redefcendoit tout 
lalrine deux oâaves pleines, par 
I continué marqué fur tous les 
chromatiques , avec tant de juf- 
i^uoique fans accompagnement » 
on venoit ii frapper bruiquement 
Dmpagriement fous la note où il fe 
t , foit bémol , foit diefe , on fen- 
ccord tout d'un coup avec uhé 
qui furprenoit tous les auditeurs. 
ufleau, Dift. de Muf. pag. J4y )• 
^ille de Péroufe étant fur une 
ne ifolée , étoit obligée de faire 
eau des montagnes voifines plus 
, c'eft ce qu'elle a pratiqué. à 



me Angelo Batocchi , eft par 
dclcendre Teau dans le fonde 
& à la faire remonter à 40 
hauteur , fans le lecours des ^ 
d'aqueducs. 
Pontmobiie. Il y avoît ci-devant au ba 
dans l'endroit appellée Pia}^ 
novaU, un pont de 12 arche 
les 10 du milieu fe d^tac 
avancèrent d^environ 50 
l^orîent en fuivant la direél; 
rent » fans fe renverfer, jufqu 
fin les unes étant foUicitées ] 
autres, elles fe détachèrent & 
le Fontainier avoit fait faire ei 
torrent, un arc de trois pieds c 
qui s'eft avancé de même d'ei 



. XVI. Defcrlpt.M Péiroufe. ;5 3-3 
îT ainfi .4e place,; & de nps 
ft grand pprM iç Moulins , fur 
r, bfiti.par le cé.lebrje Manjard:, 
iqu^ t .& il a fallu le conftruîr^ 
ies foin^ extrêmes, fur un .radier 
il qui fixe j pour aînfî dire » la.mo;' 
du terrein.;' : , . 

peut voir très-bien le vallon •,& 
ued{ics , dç même que la vîIIq de 
fe, en alla;it au Couvant des Coj;t 
s qui font hors la porte S. Ange , 
iu d€* ^occolantU 
Péfoufe à Ârre:^;po il y^a ji^ne joqr^ 
7 lieues que l'on compte po^ trente 
dans le pays ; mais l'on y va facile- 
sn treize hcvûres die temps 9 er\ chaii- 
deux fois de chevaux , ce qu'on ap^ 
:rapajfatura. On pafle près de Corr 
jui eft à 8 7 lieues de Péroufe. La 
dèPi5rbufe 3i Cortbne eft fui* le ter- 
: de TEglife , à l'exception de deux 
. DêP'éroufe à Magione il y i) trois 
j on 'compte dix milles dans; le 
de Magione à Toricella une -demi 
DeToricella à Paflîgnano une lieuç: 
mpte cinq milies. De Paflîgnano à 
eGualandrp, deux lieues; de Monte 
indro à Cortone deux lieues, 
irilljige dç PalTignano çfl; {\ït le bord 



de i'horhble ettuiion de lan 

Birani: de la bataille deTrafyraene , o 

Trafymcnc. g^ j^ Q^^f^i piaminius l'an : 

fus-Chnft , & tua près de vi 
mains. Quatre miiles plus 1 
la SpilôHga , petit village 1 
de la Tolianç ; & à trois mi 
longa le village d^OflTaia qi 
le Chevalier Guaz«efi,le ver 
de la bataille ; du moins To 
maifo;n Pinlcription fuivant 

^omen habet locus hic Oflaîa ab 

Quz dolus Annibalis fudh ôc h 

Jo. Pancratius , Pancratii redegî 

En tffct Ton aflure que i 
temps on a trouvé dans les e 



;^i XVII. Defmpif.;4e. Orione. 5 3 f 
,; fijr^tout la (Citadelle & f'^glife d^ 
le Marguerite , & desi collines. char* 
teii»: çipjbellies par une multiti^de de 
bns dt plair^Dce dans la plus ajgréa* 
RtpQÛtkH).. 

il I fini II ■ '.ij 

CHApITÏlÈ XVII. 

Dèfcripilon Je Cortone. 

ô B ï o N« en Italien Cortona cft ufle » 
qui iaf -autrefois très - célebréj, 
qui ne renferrne aujourd'hui qu'eà- 
1 .^QOO babitans. Elle efl Tituée à 
ues d'Arezzo^ à 8 lieues de Përôufe 9 
a lieuçfi du t^c (jle Trarymene. Les 
ns croient que Cortonç eft la même 
e qudO^jyfMWi, ville quî.devoît être 
ancienne que Troye , puifque Dar- 
s étôîi ofigîhdîrç de Corytum ça 
rie, a^TappcK-t 4^ Virgile, . 

r^fibvl^^as PJbrignB penetr^yîc ad:Urbcs« 
teidani^ue ^amum qusç nunc Samochracîa fêrcuft 
ne illum Qoiryci Tycihsiia a fcde profeAun. 
^iSn» Vllrf 407. 

jparqît que Çprtppç doit être U même 
îqu^ Cprytifm, ps^r le témoignage de 
r/ra(ic)i{^ qui dansfon huitième Livçe 



uc ] .n.«.duciiiic' uc W/Uiiuneé 
Ce nom de Corytum lui vi 

d'Etrurie ou de Tofcane , qu 
.Darîanus , fondateur de Ce 
,du moins ce que dit Servius , 
-de ce paiTajge de Virgile. 

Hs Dobis propri2 fcdes* hinc Ûard 
- JaiTufque pacer , genus a aud prim 
Sbrge age&chxc lanus loilf aévo A\ 
Haud dubitcnda refer : Corycum tei 
Aufonias. ' L* ] 

::. Hérodote l'iin rdes plu6,9Ti 
riens de la Grèce q\ii. vivoît e 
ans ayant la naiflance de J< 
tant le départ des Grecs pT:i 
PEtrurie, 343 ans avantla pii 
dit qu^U sV'tablirent dans la 



Ch. XVII. Vefcript.de Cortôhe. '357- 
Topole de rEtrurie. On trouve dans 
înn€ deByTance qu'Ulyfle revenant do 
;uerre de Troye, & fâchant ce qui fa 
bit auprès derénëlope, alla en Etrurie ^ 
*établH à Cortone j ilymourutmcme, 
cappoTt de Théopompe. Quel éloge 
is rcfte-t-il à faire de cette vîHe, 
ind onvoit'Ulyflre abandonner pour 
î Ithaque, cette patrie qui lui étôit fi 
•re , que Cicéron prétend , que pour 
voir feulement les fumées , il refufa 
ître immortel. Lycophroti parlant égar 
nent de la mort d'Ulyfle à Cortone; 
t mention d'une montagne appellée 
irgo, c'eft encore aduellemeht le nom 
une montagne très - habitée & très- 
réable , iîtuée près de Ccrtone. 
Apris la prîfe de Troye , Tarchon fîls 
Telephe pafla en Etrurie , & s'étahlic 
Cortone , au rapport de Silius Italicus 
i appelle Cortone la maifon du Roî . 
irchon ; ce fut lui qui dt^n^na du fe- 
urs à iEnée pour s'établir en Italie , & 
qui probablement fonda enfuite la ville 
Tarquimay -qui étoit auflî en Etrurie. 
Non-feulement Cortone fut enfuite 
ne des douze villes principales d-e 
[crurie^ tnais elle en étoit la Capitale,; 
TomtVH. P 



rs, 1 



I 



338 Voyage enItal 

jfuivani Tite-Live (Décade 3. L. 
elle envoya , conjointement avec 
& Arrezzo, des Ambaflàdewrs auxEo- 
jnains pour faire alliance avec eux. 

Les Etrunens ayant été défaits parles 
Romains fur le lac de Baffano (adlacuffi 
Vadimonis ) , la ville deCortone fut xm* 
quille fous h proteftîon de Rome ; mais 
^lle v;t Anniba! (îevafler fes campagnes 
jufques au lac de Trafy mené : il cherchoiï 
à irriter les Romains , & à les atti- 
rer au combat par le defir de venger leurs 
alliés. La bataille de Tra fy mené qu'il ga- ^ 
gna près delà 218 ans avant Jeius* '* 
"Chrift , k rendit maître pour quelque ' J 
temps de tout le territoire, 

La ville de Cortone fut faite enfoîre 
Colonie Romaine , après avoir conferve 
plus long - temps qu'auCLine autre ville 
Grecque, Ton nomj tes mœurs & fes ha- 
bita n s : elîe fut comprife dans la Tribj 
appellée Sîdlatina qui tiroit fan nom du 
fleuve SîQlla en TofcBiiei cela pacoîtpaf 
Une ancienne infcrîption trouvée dans 
territoire de Cortone :on voit même 
une autre infcription que le Préfet de 
PErrurie riTidoit à Corrone , ce qmtfl 
confirmé par Cl, Rutilius Namatianut 



is le r 

psrf 



. Ch. XVII. Defcript. de Comne. Jjjf 
Uns l'Itinéraire qu'il écrîvoit vers Paa 
llj-, fous l'Empire d'Honorius (^). 

Cortone fut prcfque détruite par les 
Avafions des barbares , mais elle fe re- 
çva de fès pertes avec honneur. Or . 
ft)it par les Auteurs du Xl«. fiecle que 
Sortone étoit alors une ville confidéra- 
^e de peuplée , qu'elle étoit munie de 
ours & de fortes murailles , & qu'elle 
iiroit un commerce étendu. 

£{11231, les babkans de Cartoîieisfi- 
kvcrent les chaînes des portes d'Arezzo% 
On voit dans Abraham Olftenîus & 
4ans Pierre Berti qu^ils marchèrent dans 
«une des Cfoiiàdcs en û grand nombre^ 
qu'un des Ports de f iïle de Candie prit 
|e nom de Porto Cononcfe. 

En 12,61 , aprl^ la bataille de Monte 
#jper/d, les Gifeelins de Cortone fe joigni- 
rent aux Siennois qui étoient Vidlorieux, 
^ avec leurs ftcours parvinrent à chaflfer 
ceux d'ArcEzo qui s'étoient emparés de 
leur JirïUe , & ils firent rétablir la partie 
lies fDurs qui avoit été abatue. Depuis 



. t* ) Voye« la Préfecc 
jiki /iivftttm Corronenfe ; 
&mroe aum V\hhé Vé- 
«ikI , Ptéiîdcnt de I'Acr» 
dim\t de Cortone > Ver» 
4i9iiwn» pa|;« i« cap» 8t 



înfcr'îpt, Anu ETntr. Vr^ 
hivm , pa^, 1 î. Et au fti» 
j-t de rÈclile de Cortone, 
V..Ue;heliius ft &t Ann^ 
Mteurt* 



Fij 



^5ift». 



Sienne, de Péroufe, de Floi 
tirèrent i Cortone. 

En 1 3 1 2 , l'Empereur Hç 
.dans cette ville \ il reçut da 
place Iç ferment de fidélité d( 
pie ; il déclara par un diplôi 
ville étoit une dépendance x 
bre Impériale , & lui confin 
leges & la liberté dont elle j 

'Ranîeri Cafali , citoyen i 

parvint en ?32J à fe faîrp 

par le peupile, Spuverain de 

il tranunit fon pouvok à fîx d 

feurs jafqu'à l'année 1409 

Boî de Naples, Tayageoît aî< 

rons de Cortone ; les habitar 

Jeurs étoîemt n\éconteiis de 1 
n . •./ f- j?ii_ _ 



XVIÏ. Defcript. de'Cortorie. ^^t 
là elle a toujours fuivi le fort de^ 
e. Ofa auroit far Thiftoire de Cor^ 
Qs le bas âge des notions beau«^ 
is détaillées j. fi les archives de la 
ivoient 4té brûlées^ le 2$- AoûV 

dansConone deur Chapitres , &^ . 
ivens , dont plufieurs ont des* 
remarquables par leur Arçhitec^ 
y en. a du Bramante , de S'angal- 
^afari y & de FontaM : on voit^ 
is quelques-unes , des peintiiresf 
. M. Côchin ,« M, Richard,? 
lée, n'ayant point parlé de Cor-' 
ci-oh faire plaifir'à mies Leâeurs^ 
arit un peu fur cet artide.- 
la Cathédrale on voit une très^ Egiife^^tri^ 
ativité de Pierre dc^ Coitone,- *"* 
célèbre^ ,• dont nous pafrlërons à' 
n des gens illuftres de cette villef.* 
lit un grand farcophage antique >' 
bataille des Lapithes & dès Ce n-' 
2n bas relief : les uns difent que- 
é tohiBeau' du Roi Côrythus, 
le donnent à Caracalla ou au Con<> 
inius : ce dernier fentiment eft le- 
bablè. 

TEglife Collégiale de Ste Màrîe? 
) qiù eûhors des murs de la villé>i 

Fiij; 



qui pafle pour urt des chef • d^ 
Pierre àe Cortonc. 

Sw Antoine, Abbé» Eglife 
tes , eft au£Q use des belles £( 
Vilk. 

A S*' Marguerite , Eglife c 
llers Obfervantins , il y a un 
Ste Catherine , de FtéàéricBû 
Conception avec S.» François , 
nique , fia Ste Marguerite pén 
Cortone, célèbre par fes aufté 
un excellent ouvrage de Fran 
de Sienne ; une Vierge avec 
çois & Ste Marguerite Aq Ba 
conferve dans cette Eglife h 
Ste Marguerite. 

A S, Dominique , Eglife de 



C^ît.^Vïl.béfcript.deCôttone, ^49 
ticienne manière ; il repréfente le bienf^ 
ireux Jean Angelic , Jacobin, 
A. S, Auguftin , Eglifc dcflervie pai' 

Pères du même nom , on voit un ia« 

ati de Pierre de G^rtone , qui repré-» 

Te S. Jean-Baptifte , S. Etienne y Pape^ 

S. Jacoues, proteéteurs de trois grands^ 

dres Mibtaires - 

A S* Benoît , Ëglife des S^colopîcs f 

tableau qui reprélente S. Jofeph tala- 

itios i Fondateur de l'Ordre , eft de 

irc Tufcher de Nuremberg. 

S. Philippe i EgKiè des Ofâtotiens y 

reniarq<^ble par fon arCbiteélure, . 

Dans rEglife des Cofinteffes ou des 

ligieufes Bénédidiiïes , le tableau à\» 

xia Autel eft une Afforaption de Pierrei 

rugift. 

A S. Mîcrïici , Èglife deBérïédiaines, 

tableau du grand Autel eft une DeC- 

ite du Saint - Efprit j ouvrage achevé 

V.ndré del Sarto. 

La Trinité eft une Egîîfe de Religieu- 

BifnédîAines j le tableau du grand 
tel reprélente la Trinité avec les 
itre DoiJ^eurs de PEglife Latine ; c'eft 

grand ouvrage de Luc Signorelli ^ 
ûtre célèbre de G)rtone , dont nous» 

Tiv 



'544 Voyage EN Italib '^* 

|iarlcrons à l'occafion des gens illi 
ce cette ville. 

, Sie Claire , Eglife de Religieufo 
rOrdre de S* François ^fondée en il^ 
flu vivant mtme de ce faint Patriarcl 
Dans la lunette qui eft au deffus de 
grille du grand Autel j il y a une Vittjtj 
avec S. François &Ste Claire , dePîertf 
de Cortone. 

Dans l'Eglife Faroifllale de S. Andrii 
î! y a au grand Autel uu tableau quitc- *' 
pr^ fente la Vierge avec S. André , faint 
Jean l'Evangébfte & faint Jofephîil^!'^ 
à\iPiai^€iia. A l'autel de S, Gajetar^ 
il y a un autre tableau de la Vierge avec 
S. Jofeph & S. Cajetan y il eft de Louii 

Le bon Jefus eft une Con frai rie dePé- 
jiitens bfeus qui font tous Gentilshom- 



Ji. 



CHi)tVlI. lîefcript. de Cortone 347' 
l un ouvrage achevé d'André dd Sarto. 
A la confrairie des Péniterts verds du 
uveur , le tableau du grand Autel eft- 
André Commode, & repréfentc la Dé- 
cace de l'Eglife de Latran faite par le- 
^pe S, Silveftre.' 

Dans PEglife des Péiiîténs rouges, le- 
bleau du grand autel eft une Defcènte* 
i Saint-Efprit , de la première manière» 
) Michel-Ange.- C-eft tiii des plus beaux- 
bleaux de Gortone. 
li'Eglife de Notre - Dame des Grâces- 
1 du Cal^naio , eft deiTervie par deS' 
rolopies ; elle appartenoit autteroià aux: 
hanoines réguliers de la Congrégation ■ 
a Sauveur ; elle eft fituée horsde la ville; 
►n admiré au deflus de la lunette de la 
>rte principale une Vierge avec S. Jo-^ 
ph & S. Roch, peinturé à frefque dàni^ 
goût de Raphaël. 

S, Jean-Baptifte eft utie Belle Églilê- 
î Camaldûles-, fituée une lieue- hors de * 
ville , & unie à un Monâfterc qui fut - 
»ndë par S. Romuald même , Inftituteut ' 
» VOrdre.|On compte encore hMadonna- 
dlo Spinto-f/mtô- ç^rmi lés 4)elles Egli-^r 
is deCo3?tôner«c 

Je n'ai pas parl^ ici de tous tes tàbléâti*> 
fécieux qqe Pon f^ui vok dans les Eg)i> 



Palais ( comme on dit en Itat 
de curiofité,. 

Il faut mettre à la tête de ( 
lé Palais du Gouverneur Palai 
mijfario, oiel Governo qui éto: 
celui des Cafali , & datis lec 
falle de l'Académie avec le T 
Pôn rebâtir, (en i7<Sd),.toui 
Falais public i le Palais Epii 
le Séminaire, que l'Evêquè , l 
fait rebâtir v&dggfsndir adl 
le: Palais des Tommajt où il 
pJerie de 300 tableaux éès 
ib Peintres de l'Italie.. 

n y aaulli des côlleAions d 
dàfts là MaifonXaparelti , & 
des Writîers d*un muficien , d< 



^.XVÏ1.t)efcript7deC!ortonè: ^^f 
Boni ; ceux de M. k ChevalieV Ga- 

Ridolftni \ Ac M. Jean Paul Ser- 

des Marquis dd Monte t)u du 
Sainte Marie , du Marquis Petrella^ 

Vdlutl y de MM« Càtani , Venuti , 
tlli , Pafferini ^ Pantrari , Pantelli , 
ini, qui font tous des Nobles de 
ne. Il y a ^lufieurs de ces Maifon$ 
n conierve de beaux tableaux de 
de Cortoné , fj.e Signofelli^ Gebbi ,> 
p & autres Peintres habiles. Il n'y a 
; de ville oà il y ait autaipt de familles 
:s & anciennes , que dans celle de, 
n« : elles ont donné ipif Cheva- 

l'Ordre de S. Etienne,* 37 âh 
•e èe Malte , fatis parler des autres 
8 oà l'on fait preuves de Noblefle,^' 
; murs de Gortone fofit un refte Antî^uîté»- 
ux d^àîttîquité Eti'ufquc , dofltGo-' 
onné la defcripftldii -dans fon Mu* 
îtrttfcumi ils -font Mtis avec de-' 
5 blocs de pierre ,Tans cfcatix ni ci-- 

d'une manière qui marque Pan-*- 
té de leur conftruéHon ; il y a dcsT* 
de 12 pîedé de long, fur 4^ de' 
ir î c*cft fur- tour du côté de \t 
de Si Dbtmnîqu^ où ils font fe 
. cônfervés'^ Oti Voit auflî à Gor-^ 
» reftw d'ùtf ttaiglè znagfrtfiqtie- A 



qui y apportoient reau. . 

Il y. a dans la bibliotbeqi 
nuti , UQ ancien tombeau 
avec des carafteres qu'on a 
voir rendre par ces mots , 1 
fdjînal. 

On voit près de PEglife i 
ne y pluûeur^ anciens relies c 
uoe grande conferve d'eau a 
oui citer auffi trois tombeaux 
chacun de cinq grands blocs 
dont uneft dans le fauxbourg 
à, l'endroit que l'on appelle h 
Fithagore* Op trouve encore 
d;anden& murs en plufieurs -x 
la ville & des environs. Lorf< 
obligé de faire des fouilles » 
fréquemment les reftes des b^ 



B% XVII. DefcripL de Cortone. 3 4jf 
'Académie de Cortone elt cç A«aaéÉ*8 

le plus contribué , dans ce fieclé 

la. célébrité de cette, ville ; on a 
, avec raifon ., que l*ancienne Mé^ 
>le 4e l'Etrurie, étant la plus inté- 
: à rappeller le fouvenir des an- 

Toicans , il lui convenoit d'avoir 
\cadémie.pour les antiquités Etruf- 

Ce fut en i jiô que l'on commen- 
5 s'en occuper ; .les. premiers Infti-? 
rs furent les trois Vénuti , c'eft^à- 

le Chevalier Marquis Marcello Ve- 
, le Clijevarjer Ridolfino Venuti , .& 
évôt- de Livourne^ Filipfo Vtnuti^ 

nous avons parlé dans le Tome 11^ 
ai eft mort en 1768. 
^ l'Abbé Qnofrio Baldelli, qui étoit 
1 oncle maternel de MM. Venuti , 
2lÀ cette Académie, en 1728, fa 
otheque , avec un Cabinet d'anti- 
qu'il avoit formé pendant un long- 
r à Rome , & qui étôit compofé 
t multitude: d'antiques , dé ftatues > 
s , înfcriptions , urnes , vafes, pier- 
^-avées ; dés livres rares > mamjfcrîts 
tns, minéraux, plantes marines , Se 
imens de Mathématiques. L'Aea- 
c, après avoir beaucoup augmenté 
ibinet > )'a rendu pubUç fous le nom < 



dans laquelle on faifoîc chaqu 
difcours fur quelque point de 
te. La defcription de ce Ga 
celle de plufieurs pièces rares 
nantes à des particuliers de Co 
donnée en 17^0 dans l'ouvrî 
fous le nom de Mnjèum Corto 
Une partie de ces curiofit^ 
^té décrites & expliquées pj 
Valefiusj Romain , au comm 
du fiecle , d'après le Cabinet d 
éelli f aufli-bien que par Gori 



(*) tÊnfiamCortonenfl 
fil ÇMO vtttra mûoumenta 
êomplefluatur i Anaglypka 
Thcrfumi^a , gemma inf- 
0dpnty înfaUpra^ùe qua in 
Acaifrma Errujtâ , cett- 
fiJgM A^-'^Yrirm vîrontm 



lîf pages 
ches en cillh 
7 a' mi»- pcM 
ce vert de Vî 

Elihcuslèi 



K'KyitÛeJertpt.deCortaTff. ^fi 
ouvrage intitulé :• Mufeum Etruf»\ 
Goriu Flountict ^ij^rj > 3 vol.. 

cquîfition précîeufc de ce Cabî- 
mîït au nouvel établiflement de 
lémie de Gortone, une très-gran»^ 
;ucur}elle choifitun lieu d^aflem^ 
8c un chef qui fut appelle de l'an^ 
om Etfuique de Lutamont. 
te Acadânic fe deftînant à f ëtuv 
[^antiquité, regarda les monumens^ 
]ues y comme les premiers dono 
evoit s'occtiper , & elle en rira 
n de fotî établiflement, D'aiHeurs^ 
ae eft dians une panie de la Tofn 
)ù l'on trouve continuellement def *^ 
ités Etrufques, remarquables par te 
\ du deflbin & des formes , par \t%- 
onies qu'elles repréfentenr, & le^ 
le dont elles ctmlervent-la mémoir 
qui font phis antîenn^es que ht ploi- 
es mqnumens que Voti a des Orecri 
i Romains,- 

is qmrique cette nation eût éteil*- 
domination furune grande partie.^ 
alie, fon. langage & fon écritureir' 
încore inconnus , M. Bourguer ^ 
ufcbâtel^j.a hafardë quelques con^ 
» fiirr ce. fu]^,: dans Ic:.^ grwôev 



«kMftcc 
•OMolfiBi. 



anticnijfima citta ai L,ortona , ( 
1 742, i^•4^ 1 3 y pages ). Lef 
me parut ea 175' 1 ^ chez Pag 
le feptieme quelques années 
renferment des diiTenations 
fur les ufages des anciens , fui 
numens>.& fur tout ce qui 2 
Fantiquité , ces volumes font t 
des Antiquaires; &. l'on, de 
coup d'en' voir la continuatio 
Après avoir vu le Cabin< 
çadémie de Cortone , on doi 
celui de M. le Cavalier Ga 
POLFiNI Côra^t(i , qui eft 
cliofes rares & curieufes. Mr 
Maffei qui avoir examiné tous 
jCabinets^ de l'Europe^ convi 



. XVIL Ihfcrîpude Cortone. 3*5*5; 
trouvé dans celui de M. Rîdolfinî 
lofes qu'il n'a voit pas vues aîUeurs.^ 

le Chanoine Sellari , Bibliothé- 

de PAcadémie^a forme un re- 
de manufcrits , de médailles , de 
î ,, de fceaux , de monnoies & de 
lies antiqpes^ digne de curîoCté*, 

le Doéèur Coltellini a un Cabî-r 
Hiftoire Naturelle , & autres rarer 
vec une grande bibliothèque ; ce 
:,mérite lui-même la curiofiré & les 
âges des voyageurs. 
f a encore à Cortone'des Cabineti 
Vï. le Cavalier Jean-Baptifte Man- 
& chez MM. Sdlariy, Vagnacci^ 
X^i Se Venuti. 

Etonefut la patrie de Beaucoup, de 
lélebres ,,entr*autres du Frère Elle,,, 
îgnon ds S. François : on y mon- 
maifon où il, mourut, après avoir 

fon Ordre, & avoir, été excom- 
? ; on voit fbn portrait fur une 
î deTEglife, qu'il a voit fait bâtir,. 
il eft enterré.. On trouvera fa viç 
in du premier volume des Vies des 
nés & des Femmes illuftres d'Itar 
ubliéfis à Earis cher Vincent , ea 
: jepafle fous {ilèncepluCeurstiuT 
|énéra.ux d'Ordres jflufieurs Evê^ 



reiiniy j naquii a ^ortone c 
mourut ï Rome en i66$. 
des plus grands Peintres c 
fur- tout pour les tableaux 
ordonnance & les machines 
de compofition : nous avo 
fion de faire admirer fes ou\ 
rente & aux Palais Barberini 
ti 9 à Rotf^e. 

Luc Signarelli de Cortorti 
on Peintre célèbre , il mouri 
ce fut lui qui fit revivre la m 
relie & délicate de la frmple r 
cella fur-tout dans !e nud. 
beaux ouvrages de lui à Orv 
tone,&à Kome danslaChap 

Cortone revendique aufli 
fan , François Ma^^oïi , qui i 



H. XVII. Vefcrïpu de Cortom. 3 yf 
1 , fut un habile Sculpteur, & ce fut 
ai fit l'autel de la Cathédrale de 
me , eft 1684; il y a eu plufieurs. 
; Artifles difiingués dans la même 

s Gens de Lettres aftuellement Anteur^ 
s , depuis la mort de M. Vtnuii , ^^v"»* 
3t dç Livourne , dont nous avons 
dans le fécond Vol. font , M» Jean- 
le Sernini Cucciati très-verfé dans 
lition , les antiquités &c les langues j 
Chanoine Philippe AngîllUri Alii'- 
également habile fur - tout dans ce 
rapport à l'hiftoire Etrufque ; M. le 
uis Btnvtnuto ; M. Jofeph Vtnutiy 
lu feu Marquis Marcdla Venmi f 
t Chanoine Reginaldo Sdlari , Bi- 
ïéquaire; M. le Chanoine Maccari , 
d- Vicaire ; M. Nicolas Vagnucci^ 
Vmalio Angellieri Altieo^fi , Gou- 
:ur de S. Miniata , qui a fait impri- 
i Lucques dernièrement une bonne 
ûîon de quatre Comédies de Plaute ,. 
I frère le Cav. Valerio Altko^ii qui. 
aient pour la Poëfie ^ & qui eft grand 
Lç Meftatafio. 

, Ranieri Tommafi^ Prince de TAca» 
• de gli uniti ; il a fait beaucoup de 
ets q^u'on efUme pour la belle cQmr 



d^Architefture & de Deflein , 
que M. Jérôme Velluti j M.- 
Kankri de Petrella connu poui 
nés & pour l'architeârure ;^ P 
Pajferini pour tout ce qui a r 
marine. 
Eirvîront Conone^cft bâtîe fur le pen< 
wonc, affez haute montagne j-ayani 
une vafte plaine qui eft bordé 
ges agréables du lac de Trafy 
a au Septentrion des montagne 
dont Polybe & Tite • Live. ci 
defcrîption. tes environsdé ] 
agréablement plantés de vign 
vjers. On y trouve des carri< 
Ton tire un très - beau marb 
yérd, de noir & d'améthyfte. 
De Cortone à Arezzo il 
lieues y mais l'on peut y aile 



l.'XVni. Dfcript.a^Arexxo. 557! 
très-peu confidérable qui eft fur la 
lur , à 5,inilles d' Arezzo. Cette route 
c à peu près le long de h Chiana^ 
e (ingulier , dont nous avons parte 
écrivant la route de Sîene à Rome ; 
on paife à PulicUno , qui çR^l cinâ 
s d'Arrczzq, 



MAPITRE XVm, 

Defcription (f^rezzoj, 

Ezzo eft une ville de 8000 ames^ Atttt^ 
t à 4 8iicu.es au fud-eft de Florence, 

une belle plaine & fur une petite 
ence. Eile etqit autrefois une des la 
$ principales de rEtnirie : il en efl 
i dans tous les anciens Auteurs , dans 
be , Caton , Strabon , Tite - Liye , 
ine le Naturalifle. 

nnius y dans fes Commentaires fur les 
ncns de Caton , dit qae fon nom vient 
elui de Vefta , femme de Janus , qui 

appeUée Areitîa ^ c^eft - à - dire 

!• 

►ans le temps de la guerre foqale; 
jerre des Marfes ,lesÉtrufques ayant 
parti contre les SlomaiiiSi & Syltà Içi 



AruntinL 

Tite-Lîve raconte ( L. XI 
Varron, pour s'a fliirer des Etn 
donner pour otages 1 20 despr 
bîtatis d* Arezzo; il ditauflî (L 
■que cette ville donna de Ta 
troupes , des armes , & des 
réquippememdes 40 galères 
devoit conduire en Afrique 
thage* 

Martial célèbre les va&s < 
fe faifoîent à Areizo du teo 
iènna & des anciensTofcans 

Arediû nimis oc fpernus vaTa c 
Lautus erac Tiifck Porienai 

II en parle encore dans u 

droit , lorfque reprochant à t 
vers qu'il lui avoit voles , il 



fï,%VlH. Defcript. d'An^^o. 3yp 
rezzo fut prife par Totila , & extrê- 
lent maltraitée par les Goths Se les 
fbards ; ceux-ci la ruinèrent , en forte 
ile fut pendant deux ans fans muraiU 
ce fut enfuite fon Evêque Guido 
"amala oui fit rétablir les fortifica* 
î. Les Aruntins furent fouvent en 
re avec les Florentins , & ils eurent 
quefoîs l'avantage. Au temps de 
ipereur Frédéric IF , lorfque les fac- 
» des Guelfes & des Gibelins déchire- 
l'Italie , les Tarlati &* les Ubertini 
étoient Gibelins , s'établirent à 
r.zo ; le peuple les chafla , mais enfin 
laume Ubertini , Evêque d'Arezzo , 
înt à fe rendre maître de la ville ; il 
)ng- temps la guerre aux Florentins, 
1 ii fut défait & tué en 131 8 dans une 
re qu'il eut contre Guido Feltrano ^ 
commandoit les troupes de Florence: 
sut dans cette» rencontre 3000 hom- 
de tués 3 ic 2000 prifonniers Êdts fur 
Vretinf. 

ruido Pietramala fuccéda à TEvêché 
rezzo , & à l'autorité temporelle que 
llaumcl/ierriwi a voît exercée; il étoît 
tête des Tarlati , mais il fut auflî dé- 
>ar les Florentins aidés du Roi de Na- 
g -qui cependant confea^t que l'Eve» 



litique & conquérant^ fut un 
les plus célèbres de fon temp 
beaucoup de villes , ce fut lu 
lit Arezzo , & en fît applai 
il eut pour fucceffeur fon frer 
cane , dont les guerres furent 
fes , & qui fut obligé de vei 
aux Florentins, On lui laiflf 
quelques Châteaux ; mais é 
devenu fufpeft aux Florentir 
fouillé de fes biens , & renfer 
prîfon. Gautier, Duc d'Ath 
rendit maître de Florence , ] 
te rétablit. Lorfque celui-ci e 
par les Florentins , Arezzo 
i)erté, on y fit élecSion-de 5o 
qui la gouvernèrent en paix pi 



;h. XVIIL Defcript. cPAre^^ô. ^6t 
troupes de Louis d'Anjou avec les 
le Sacone la ravagèrent encore , & 
snt par la vendre aux Florentins ; elle 

, comme Florence , fous la domina- * 
des Médicis. 

k K E z z G eft pavée comme Florence Defcrîptîo» 
randes dalles de pierre , qui font pi- ^ * * ^* 
;s pour la commodité des chevaux. 
!^athédrale eft un affez beau bâtiment 
j une belle expojfition. 
j^vêque d'Arezzo eft Prince de 
ipire, & a 4J000 livres de rente* 
to voit fiir la place de la ville un grand. 
îau bâtftnent public , de Parchitefturc: 
îeorges Vafari, appelle le Loggic; le 
eau de la Douanne & le Théâtre y 
: placés , & il y a un portique pour 
romener à couvert. 
)n remarque auffi à Arezzo un bel 
)liflfement appelle la Fraurnita ; cette . 
ifrairie eft adminiftrée par les Officiers 
licipaux , elle a 33 ou 54 mille livres 
rente qu'elle emploie à marier des fil- 
à diftribuer du pain aux pauvres, & à 
e d'autres œuvres de charité. , 
Le Mont de piété eft un autre étaMt- 
lent de même éfpece moyennant gages 
ntérêt ; cela ne manque gueres dans 
villes d'Italie, 

lomz VIL Q 






ancien , car il ne relte prelqi 
Pancien arophithëôrre fur lequ< 
diiTertation du Cavalier Guarc 
Il n'y a guercs de petite vil^ 
qui ait été plus féconde en gr 
mes que ceHe d^Arezzo ; c'étc 
de Mécène , comme le prouyi 
dans fes Saturnales : S. Lauren 
]egrin martyrifés fous Dîoclétîc 
d'Arezzo , & l'on y conferye 1 

Sues. Pétrarque y naquit en 13 
\&rgo del arto, ( " ) Nous avoi 
ce ffrand Poëte à fanicle de 
Ceu aufii la patrie du célebf 
Pietro Antino ou Pierre d'Arc 
1462, & mort en ijy7: il eu 
de faire trembler les Princes pa 



Ch, XVIII. Defcrîpt. d*Are xi^o. 3 6j' 
PAriofte , où l'Auteur , en parlant de 
is les grands perfonnagcs .qu'il imagine 
ir fe réjouïr du fuccès & de la fin de 
t ouvrage y s^écrie entre autres : 

« . • • • ... Ecce il flagello » 
ï>e* ptincipi , il divin ^ictroArctino. 

Caiu 4^. Ottava. i^ > 

CTn des plus fameux ouvrages de 
rétin , mais auffi Tun des plus obfce- 
; , êft celui qui a pour titre Capriciojï e 
cet/oli ragionarmnti di M. Pietro An-^ 
o il vtritiert e il iivino , cagnominata 
flagisllo de PrincipL La première jour- 
B-eontîent la vie des Religieufes , la fe- 
nde eft la vie des femmes mariées , la 
nfîeme celle des P. Il y a auffi des 
ialogues entre un Moine Se un M. la 
éhéalogie deâ courtifanes de Rome , 6c 
très objets fcmblables qui en font uri 
ivrage d'autant plus recherché , qu'il 
érite moins d'être lu (*). 
Cette ville fut auffi la patrie d*ua 



(•)Voy«thTÎe^«l'A- 
dn «par le Comte Ma^" 
cMii qu! a donné iiz 
»hnnesîâ-for<o, des v)es 
é Auteurs IzalienSf quoi- 
1*11 n'ait épuKé que les 
:ux ptem!eres lettres dé 
^phabet» V. »ufll let 



vies des Hommes & det -^ 
Femmes îlluftres d'Italie^ 
1767, 2 vol. à Paris , chcx 
Vincent. Et U vie de Pleu- 
re Arédn, par M, dcBoifr 
Sréaux , à la Haye * che« 
ean 'Nci^ilme \ i75o» 



& celui de M. RoufTeau de G 
" Léonard Bruni qui eft coi 
nom A^Aretino , étoit un Se 
de la République de Florenc 
lebre dans rbiftoire de ion 
qui a lui-mêoie écrit Fhiftoi 
tence; il mourut en 144.03 
terré à Florence dans l'Eglifi 
Croix. Nous en ayons parlé i 
des grands Hommes de Fie 
Céfalpin , célèbre Méde< 
en 160^ f étoit auflî d'Arez 
}ui qui le premier eut une idé( 
culatipn du fang ; il jetta , en 
.vrais & folides fonderoens de 
que , ep divîfant le^ plantes e 
iclafles , par le moyen de leur 



. XVIIL Defiript. i'An\i(o. ^(Sf 
içbis Rhedi , fut auflî un célèbre 
in cl'Arezzo> il naquit en 1626 , 
jrut en i6çj ; il fut Mëdecii\ da 

Duc de Tofcahe ; Tes ouvrages 
idecine & de Phyfique ont encore 

grande réputation. Ses expérien* 
' la génération des infeéles ont 
modèle des plus grands Obferva^ 
u'il y ait eu après lui j elles paru^* 
1 1 67 1. On a réimprimé à Na* 
n 1740^ la colleôîon de fcs ou- 
. Opère di Fra/ice/coRHEDl, in Nc^ 
1740 , 6 vol. i/î-4^ Soft éloge 
portrait gravé » ont été publiés à 
ce ^ U y a quelques années , par 
ni qui dotine la fuite des Hommes 
î de la Tofcane. Grégoiré'Rhcdî , 

de François Rbedi , eft encore 
dans la Médecine^ 
ville d'Arezzo compte {Jarmi Ces 
ns illuftres , les deux Jccolti 9 

Quaj^eji , qui a écrit fur le pâP* 
'Annibal , & fur plufieurs autres 
d'antiquité ; te Marquis Torquato 
di qui a traduit PArîofte en Latin , 
û mort il y a une dixaine d'années ; 
î Jules III , de la maifon Gocchi , 

1 jyo ; un de fes neveux Grand- 
de Malihe j le Cardinal Boivic* 

Qiij 



France , & originaire d'Areza 
Concino Concini , Marquiî 
Maréchal de France , fa>vori 
XIII 9 & de Marie de Mcdicis 
^es environs d^Arezzo ; il fit 
cer dafis cette ville un bâ 
fubfifte encore , & qu'on ap] 
fîo di murello ou S^minari 

Îrès la porte qui conduis à 
^arta ai S. Lorcntino i ce Pî 
être fort étendu , mais il r 
plaifir de le finir ni de le voir 
wé au Louvre en 1617. 



^ 



¥ ' ' ' ^ ' ' -y 

CHAFITRE XIX. 

^es eniArmi d*Ârezzo y & du f^at 
dArno qui conduit à lElorencè< 

^ fi s Mofetes de Laterina font uiie Mofetet 
lofe remarquable qu'on trouve à trois ^"""^^^ 
îûes d'Arezzo , vers le côté de Flo-» 
nce, <5'eft-à-dife à Pocddem; elles 
Dt dans un endroit appelle Bagnaccià^ 
L8-i*vis de Laterina , mais de l'autre 
itëde l'Arno , on éprouve des vapeurs 
ilfureufes , lî pénétrantefS que les ani- 
aux y font fouvent fuffoqués en jwif- 
iK près-delà , au point que les payfans 
;n fervent pouf faire h cfeafFe , en fepr 
nt les bêtes faifvesà s'y rendre. Ils^y 
ouve auflî des eaux minérales qui pa-^ 
•iflent très-limpîdes ^ mais qui ont urt 
;tît goût d'acidité, & qui dépofenc 
r les pierres une couleur ferrugineufe. 
Quand on eft à Arezio , on peut aller ousaXiàSti 
lit lieues plus au nord , voir le fameux 
ermitage de Camaldoli ou Camandoli , 
Il eft vers les fources de l'Arno , lo^ 
I J. lieues à l'orient de Florence. C'cflh 

Qiv 



la vue des deux mers. 

Corne Apennin fcopre il mar fchîa; 
Dal giogo onde a CamalduH (i vi( 

M. de la Condamine a e 
perfonnes du côté de Lorette 
aflfurë , comme témoins ocu! 
y a véritablement plufieurs 
de l'Apennin , fur la frontic 
Eccléfiaftique de la Tofcane 
ché de Modene , d'où l'on a 
deux mers qui bornent l'I 
1,9 vant & au couchant : cntr'au* 

d'un fommet voifin de Borgt 
cro , & d'un Couvent de 
près des fources de l'Arno , 
lombrofo & Bagno, fur la f 
l'Erar Krrl(^fiîifti.inp Rr Af^ la 



XIX. Environs d!Are\\o , ôr. 3^p 
Ignés de Gènes & de celles d'Iflrie, 
lurroît méfurer un arc de la terre 
iq degrés en longitude , ce qui fe- 
ane chofe très -intéreffante pour 
connojtre la figure de la terre , 
[loires de P Académie pour 17J7 > 

3P7). ^ ^ 

chemin d^Arezîo l Florence , qui 
18 lieues ou de 40 milles , fuivant 
le du pays, fe fait le long des mon» 
5 , par une belle route neuve bâtie 
rniche , & foutenue par de la ma-»- 
rie : ce chemin d'Arezzo à Florence 
:é 60 mille fcudi ou 3 3 (J mille livres 
tre monnoie ; il a été fait aux dé- 
les ponts & chauffées qui font yne 
de ce qu'on appelle à Florence uff.^ 
Map ami car les grands chemins ne 
t point par .corvées , comme dans 
jes provinces de France , où les 
is font défolés par le travail des 
es routes. On pafle à Monte var- 
)etîte ville de trois mille âmes , à 
mes de Florence. On y voit une 
Collégiale appellée S. Laurent; 
ifcription placée à côté de l'autel 9 
id que le grand Duc Côme III al- 
Lorette en i^p J avec fon fils Jean 
3D , s'arrêça pour rendre liommage 
- - Qv 




Le VAL d^Arvo di 

plaine agréable ou un vallc 
Vy4rno qui n*à qu'une iflTue 'v 
où le fleuve femble s'être oi 
miq au travers de la monta 
trouve la defcription dans 
Volume de M. Targioni ( j 
faîvantes. ) Il parle des m 
dont on y apperçoit des i. 
bien que du vitriol , du 
o» d'mé- cliarbon foiTile , des os d'élé 
'^'^ fiés & non pétrifiés : plufieui 
a voient parlé , & les a voient* 
élépbans qu'Annibal condùi 
M. Targioni fait voir que < 
)as être, & il montre par un 
)re d'autres exenjpres tirés c 



t 



'H. XlX. Envirofls à'j4T€\\o , (fc^'Jt 
\ fur notre globe : la terre lemble avoir 
embrafée autrefois ; fa chaleur a duré 
id^nt un teipps confidérable ; elk s'eft 
roidie facceffivement > & peu à peu 
idant que les régions feptentriona^le^ 
confervé quelque chofe de leur an- 
me chaleur ; les élépbans y ont habité ^ 
s dans ta fuke ils ont été forcés à fe 
rer en Afie & en Afrique ; il n'en eft 
é de veftige ebez nous que dans le 
1 de la terre. 

Le célèbre Pierre - Antoine Michelin 
ranifte du grand Duc de Tofcane , fit 
voyage en 1732 le long du vat 
\rno difopra jufqu'à Arezzo & à Cor-^ 
e fur un efpace de plus de 20 lieues 
quement pour l'Hiftoire naturelle ;r 
Targioni qui eut l'avantage de Pac- 
ipagner dans ce voyage r ^ous etv 
me la relation ; il y décrit le territoire 
Figliney de ManjogUo , de Catroffo^ 
Cârtona , de Mont^Uliveto ^ les» 
X de Mon^ione , & le territoire 
\re\io Se de Levane ; & il termine ce 
lume par un Mémoire très-favânt fur 
ilité que Ton pourroît retirer des mi- 
de la Tofcane : nous avonfr parlé ci-^ 
lis du prix^ des denrées dans le ra& 



aeLoreue. à Florence par Peroufe ^ 
Arezzo , il eft néceflaire de 
route qui va vers TOrient c 
mer Adriatique , c'eft-à-dir 
& à Lorette. 

De Foligno à Colle , il ] 
lieue ; Ponte S. Lucia , une 
niioi^e , une lieue ; Colfiorit 
& demie ; Serravallo , am 
mie; Muccia^ deux lieues; ' 
une lieue & demie^ Quoiq 
grand chemin ne paife pas i 
c eft une petite ville pour 
peut fc détourner. De Can 
cimara ^ deux lieues ; Belfon 
& demie ; ToUntino-y une lie 
Macérât a , quatre lieues ; Ri 



Ch. XX. Route de Foligno , Gfc. 375 
Lorette ; cette ville eft fituée fur une 
montagne , & n'a rien de plus remarqua- 
ble que d'avoir été la patrie du célèbre 
$• Nicolas, Religieux de TOrdredè faîne 
A.uguftin , qui y mourut en 1 3 1 , après 
ivoir acquis par fa làinteté & fes aufté- 
ités la plus grande réputation : la lé- 
rende des miracles qu^on lui attribue , va 
le pair avec celle des plus grands Saints;. 
2uand on eft à Tolentîno ,*l'on a fini de 
>aifer l'Apennin qui commence à Narni; 
nais la chaîne qui pafle entre Narni & 
Tolentino n'eft point auflî rude que celle 
|ui s'étend vers Florence ; les chemins 
în font même fort beaux. 

M ACER ATA eft fur le fommet d'une Macenit 
nontagne , de laquelle on découvre de 
oin la mer Adriatique. Il y a dans cette 
/ille une première porte de briques dé- 
:orée de pilaftres Tofcans ; elle eft en 
"orme darc de triomphe^ & fut bâtie 
Dar le Cardinal Pie dont le bufte eft en 
Dronze au deflfus de l'arcaàej cette porte 
iécore l'entrée de la ville , mais l'arcade 
iu miheu , & les deux petites portes des 
:ôtés font trop ferrées & trop élevées. 

A deux milles & demi de Macerata y 
>n trouve fur le bord du chemin, au for- 
ir d'un pont de bois fort long 6c fort bas 



tf ès-belle , très - riante & bi 
on y trouve beaucoup de mû 
ainfi que dans toutes les val 
pennins. 

DeSanbuchetto à Lorette ^ 
coup ï monter & à defcendn 
d'ailleurs eft très- beau ; mai 
chant de Lorene St dans n 
toire, on eft accablé de pau^ 
mandent Taumône , en bai( 
d^une manière qui afflige Phi 
J^oftto* XoRETO eft une ville très- 
peuplée, (îtuée fur une mantî 
tre lieues d*Ancone , & à ur 
mer Adriatique : Cette viHe 
plus remarquable que TEglii 
qi eft hfanta Cafa de Notre 



Ch. XX. Raute deFoligno'y &c. 575: 
ij eft finie. A l'égard de la partie droite 
n'y a pas apparence qu'an la finiiTe (i« 
: : toute fon architeâure ne vaut rien» 
Kglile eft vafte , mais fou architeéture 
i rien de remarquable : fur les degréi 

portail ^ il y a une figure en bronze de 
:te-Quint aflis ; elle eft fort mauvaife j 
f a des Vertus fur le piedeftah 
La porte de PEglife eft de bronze ,, 
se des bas^reliefs repréfentaat la créa* 
n du monde ., Adam & Eve chaifant 
rn qui a tué fon fîrere ; la femme qui 
ite rhoatme;.l'un & l'autre condamnés^ 

travail ; Caïn chaflfé par le Fere Eter- 
1 : tou^ ces bas-reliefsfont très- beaux* 
A la première Chapelle derrière la 
)ilée à droite , on voit une Annonciaf 
n du Baroche , tableau très* gracieux , 
nblable à ceux oui font à Pcfaro &rà la 
tdonna degli Angioli près d'Affifeî 
Lnge a Paîrtrop effémUïé , & la Vierge 
nbic être ofFenf^e de ce qu'il lui 

: ce tableau eft très-manîéré-; c'eft ce-^ 
ndant un des Meilleurs de ce Peintre. 
A la fixieme Chapelle de la Nef à gau- 
ï , un tableau du Vouet repréfentant 
3 Cène ; il eft bien compofé , la cou- 
r en. eft vîgoureufe , quoiqu'un peu 
ne i il a de beaux caraéteissoe têtes 8c 



tion dont perfonne nedoute i 
les dehors de la fanta Cafa 
de marbre ; rarchiredlure e 
vino j mais elle efl lourde & 
d'ornemens : l'ordre dont ce 
cft décorée au dehors eft Coi 
colonnes font engagées ic cai 
a dans les entre - colonnes 
l'une fur l'autre , & différens 
Dans les dix premières nicl 
ftatues de Prophettes ; dans 
niches, dix Sibylles. Les ba 
préfenrent différentes Hift* 
Vierge : totite cette fcul()tur 
& très médiocre , quoîcjue d 
Michel-Ange. 

Les murs de la Santa CàJ 

v\rÀr\t. matorri^ Ip rnnrnnrR 



I.XX. Route de Foligno iGfc. 377 
:ment ; mais le marbre dont elle a 
ivée s'ufe beaucoup , de même que 
d'alentour , à caule de l*ufage oJi 
les Pèlerins d*en faire tout lé tour 
oux 5 en fe traînant fur le pavé; 
y a tout autour de cette Chapelle 
quantité prodigeufe de lampes d'ar- 
ionnées en préfent; dans le .fond 
i autel où l'on dit la meflFe , mais il 
ne certaine diftance du mur à cet 
, ce qui forme une efpece de Sanc- 
où eft expofée Pimage miraculeufe 
S'^ Madone , faite en bois de cèdre: 
pperçoit à la lueur des lampes , au 
s de la grande grille qui eft fur 

l'oppoCte de cette Madone , & * 
la Santa Cafa\ contre le mur il y 
>ucifix , dont on raconte qu'ayant 
placé trois fois par ordre d'un Pa- 
[ eft revenu trois fois à la même 
;à côté eft une image de S. Loufe , 
1 cachée derrière un Ange ^'ar- 
elle a auffi des anecdoftes , comme 
peut voir dans le petit ouvrage 
ontient la defcrîption de cette 
. Le fanftuaire où eft la Madone RîchcfTcs 
in à'Ex^voto d'or& d'argent d'un ^'gj^J^^* 
mmenfe, la Vierge eft couverte 



578 VOYAGR BN ItaLÏÉj 
de pierreries données par les Têtes 
ronnées , & par dirtérens Seigneurs p; 
liers : fa couronne de diamants & cel 
de l*Enfant Jelus font des vœuxoffertl 
par Louis XIII , lorfquMl demanidî 
un fils I tout ainfi que TEglife du Val* 
de- Grâce à Paris ; ces couronner lom 
fermées & d'un très-gran J prix ; on y 
voit aufC un grand ange d'argent pcf 
tant Loais XIV fur un couflîn ; la figure 
de Penfant eft toatc d'ôf , & peie î1 
livres , c'étoit le poids jufle de Louis XIV 
kîrf^u'il vint au monde ^ du moins àcc 
qu'on prétend à Lorette ; une figure i 
genoux, haute d'environ trois pieds, 
reprélentc le grand Condé qur remercie 
la Vierge après être forti de la Baflille;' 
cïle eft entiércfRÊBt d*argent. Au bas 
de la Vierge eft 



C3 




XX. Roate de Foligno , Qfc. 375^ 
ne point; une taffe rompue , qui 
où h Vierge buvoit , elle eft de 
^rniiTée & peinte , les naorceaux 
arrêtés avec du maftic dans une 
le bois;, elle répand, une odeur 
éable : on aflure qu'elle ne s'ufe 
juoiqu'on la frotte continuelle- 
rec des meubles de dévotion; 
le l'on y fait toucher le plus fou- 
ont des chapelets avec la me- 
5 la Vierge ; des fonnettes pour 
le tonnerre^ des eouffinets; du 
e la fainte Cafe ; dfss morceaux 
2 de la S" Vierge, &c. Tout 
de cette efpece de fanéluaire eft 
; petits enfans , d'Anges en ar- 
!e lampes d'or , &c. Les murs 
[iï couverts de lames d'argent » 
itant des Ex-vùto, 
rlife de Lorette eft deflervie par 
moines qui portent h foutanne 
, avec le camail pourpre , & 2a 
iers qui forment le bas-<çhœur ; 
uffi ao grands Pénitenciers atta- 
cette Collégiale pour abfoudre 
îrins, 

TRÉSOR de Lorette eft riche Tréfor. 
)int qui ne fe peut comprendre , 
eft étonné » autant qu'édifié ; la ' 



1 



OYAGE EN Italie 
fifte des principales pièces forme unvé* 
liime h. part , lept grandes armoires à 
doubles battans, & 24 petites ne reti* 
fermertt qu'une partie des bijoux en or ^ 
en perles, diamans, & autres pkrres pré- 
cieufes que tous les Princes Catholn 
ques y ont accumulés depuis 400 ans* 
On y voit entr'autres une Citadelfe 
qui paroît être celle du Havre , donnée 
par le grand Condé lors de fa délivrance. 
Toutes les peintures de la voûte foffl 
du Pomaranci ; elles repréfentenr îes 
Prophètes j les Sibylles, & diffërens tnin 
de la vie de la Vierge : ces peintih 
■ res font médiocres, les figures en font 
~ cependant fveltes > & peintes avec lé* 
géreîé, 
Katîvué Un tableau i^Annibal Carrach , re- 
"^*^'*"^^^^' pré fen tant la nailTance de la Vierge: il 
eft Ijicn compofé ; les femmes qui regar- 
dent la Vierge qu'on apporte, font bien 
en colloque ; les carafleres des têtes en 
font très-beaux & bien variés j les coëf- 
fures admirables y & ks draperies bien 
jetées dans de belles intentions : le Pein- 
tre a rîfqué d'habiller de rouge une fem- 
me qui eftau fond, &qui indique du doigt 
la Vierge , ce qui ne détruit pas Teffet 
de fon tableau : il eft parfaitement det 



H. XX . Route de FoUgm , Cxc, 381 
c'eft un des mieux coioriés du Car* 
& le plus vigoureux ; il n'y a ce* 
nt pas , en général , affez d'intel- 
:e du clair^obfcur. 
I tableau que Ton dit être de Ra* 

repr.éfentant une Vierge , & S^ 
b à qui l'Enfant Jefus , couché fur 
inges , tend les bras ; la Vierge a 
ue chiofe de faux dans les enfem* 
le la tête , PJEnfant J^fus eft mau^i 
ie corps, le toutjeft peint *d'une 
îre tr^s-fecbe ; ce tableau eft , ou 
:opie ou un des oavrages les plus 
)cres de ce maître, 
1 y a voir encore à Lorette , Par- 
; les caves & l'apothicairerle ; Tarjp- 

eft peu de chofe, on y conferve 
ruiraffes anciennes , & ^d'autres arr 
)rifes fur les Turcs , il y a envi- 
00 ans , dans une expédition où ils 
lerent j la tradition porte qu'ils de- 
nt tous aveugles , quand ils vinrent 
piller le trélor de Lorette.. , 
s caves font belles & fpacieufes , 

environ 140 tonnes très-groffes , 

defquelles donne trois fortes dq 
vec le même robinet. 
Papotbicaîrerie , on conferve envî- 
00 vafes de fayance, qu'on dit être 



382 Voyage kn Italie 
taits fur les delTeins de Raphaël , 
Jules Romain ; les plus beaux & le. 
grands font les cinq qui repréfemei 
quatre Evangéliftes & S. raul;il^ 
a qui repréfentent des fujets mes d 
Fable & de l'hiftoire. La compofitioL 
cil bonne » mais l'exécution mauvaife 
OtlM» O s I M o à trois lieues au nord-ou 
de Lorette , eft une petite ville deV. 
rat Eccléfiafiique , dans laquelle je 
connôis de remarquable que 1 Evêqtt 
Monfignor Pompeo Compagnom ^ 
écrit fur Thiftoire facrée , & qui pal 
pour un Prélat très- fa van t« 

La diftance de Lorette à Anconeti 
de cinq lieues ou 1 5 milles ; fàvoir , dt 
Loreto à Camurano deux lieues &^ 

, & autant de Camurano. 
on fait cette 




ÎH. XXI. Defcript. à^Ancom. 385 

CHAPITRE XXI^ 

Defcription ^Anconf. 

CONA eft iHie yille de 50 mille ames^ 
* fur une montagne ; très - gaie & 
commerçante , avec les plus beaux 
de la mer Adriatique ^ on en peu^ 
' par cette ancienne phrafe, XJnus Per 
ft in Roma , urifi turris inCrem&ML^ 
portus in Ancona , c'eft-à-dire qu'oa 
ouye en Italie qu*une Eglife de faint 
e , une tour cpmme celle de Cré* 
5 , & uii port comme cduî d'An- 
. Il eft.auffi un des plus fréquentés; 
^apes ont eu fçin d^en maintenir les . 
s , & de le faire réparer ; on y tra- 
e même encore. On voit avec plaîflr 
ine des portes de la ville cette pro- 
).n de bonne foi & d*urbanité , relsi-r 
à la liberté qu'on y donne i toutes 
ations & à toutes les religions en fa»» 
■ du commerce. 

la fides , proceres , yedram qu« con(ii4it uibcm } 
G^udcc in hoc , fociâ vi vcre pacc , loçp. 

k Patbsp&ale d'Ancone appelléc 




«4 V WV VAWMiV 



B'' 



brc. 

La loge des marchands 
çade , & de vaftes apparte 
voit d'aflez bonnes Hatues 
Religion , la Foi , rEfpérar 

Devant TEglife de fait 
on voit une (latue en mî 
Corfini, Clément XIL El 
de d'un travail lourd ; elle 
reflemblante , mais le trav 
meilleur: il cft repréfenté l 
dans une attitude aflez ind 
s'il alloit donner la bénédii 
cher. 

Dans cette même Eglife 
que , il y a un tableau qu^ 
Titien , ( ce (|ui eft doute 



Ch, XXI. Defcript. d^ Amont. 5 8 J 
\'Eglîfe ait fan Francefco délia Scala^ & 
^ la Chapelle dû fond des bas côtés à 
^ce , eft un tableau du Porcini da Pefa-^ 
» repréfentant un S. François & un autre 
^\]gieux priant dans le défert ; ce tableau 
* bien compofé , & les expreflîons en 
(fit vraies ; il eft affez bien empâté^ mais 
une couleur un peu grîfe. 
Au fond du chœur , il y a une Vierge 

Titien , qui tient PEnfant Jefus de- 
ut ; elle eft entre deux Religieux dé 
>rdre de S. François : la tête de la 
erge eft d'une manière large ; les for- 
îs en font grandçs , mais on y trouve 
is de vérité que de noblefle j le tableau 

d'ailleurs fi mutilé qu'on a peine à en 



rer 



Santa Palatia , Eglife de Religieux de 
>rdre de S. François : il y a fur le maî« 
î-autel un tableau du Guachin , fait 
'fqu'il cherchoit la manière du Guide : 
repréfente fainte Palatie qui eneenfe la 
ivinité , & un Ange qui lui montre le 
el 9 pour lui faire fentir que fon of- 
nde eft reçue : le tour de la figure de la 
inte eft fimple & très bon ^ la tête en 
gracieufe , mais les mains en font trop 
tes & mal deffinces ; les draperies en 
it bien entendues j l'Ange eft fvelte : 
TomtVIL ' R 



Arc it 



i^^ 



|8<5 VoïAGE BN iTAtlî, 1 Cv^ 

ce tableau eft d'une affez bonne cûuleiail 
fnaîs ks cbaks tirent un peu fur kpffl*'' 

Ere* Ancone cft bâtie de briques , ît 
L pierre blanche dont nous a\oîisçî 
pltiHeurs fois , que l'on prend à uîieft 
de la ville du côté de Lorene. Wà' 
comme cette pierre cil tendre , & ^'étliw 
à Tair , on fait venir aulTi une pierre Je 
Daln^Tie plus dure , qui refîembk beau* 
coup au marbre, fi ce n*eft qu^eUetiea 
a pas le brillant ( M.Guettard , p, 35^)» 
Il y a fur la jetée eu port ou à V^nm 
du Mole , un arc de triomphe faitd^ufl 
beau marbre blanc, que le Sénat fit éri- 
ger Tan 1 12 de Jefus-Chrift à 1 honneur 
de Trajan , de Flotine fa femme &i2 
Marcîana (a fœur , en reconnoifiancedes 
aflïéliorations que l'Empereur avoit faites 
dans le port d' Ancone, à (es propres dé- 



% 



^'h. XXI. Defiript. £4^coné. 387 

AiAïté que la plupart des autres mo- 

ens de cette efpece : le marbre dont 

i bâti eft de Tifle de Paros , & il eft 

t fi exaâement , qu'il femble ne faire 

jne feule pièce : cet arc eft le mieux 

ifervé qu'il y ait en Italie. H a quatre 

onnes Corinthiennes pofées fur des 

;deftaux; une feule porte en bas , & un 

ique au - deifus avec une infcriptioft 

es- bien confervëe » & deux têtes fur, 

5 clefs de la porte. Il y a beaucoup de 

mplicité dans cette architeélure , dont 

jcun des membres n'eft fculpté ; les pro« 

ils n'en font pas excellens ; la proportioff 

(én^rale en eft élancde , ainfi que celle de 

ûoxjs les membres ; ce que l'Architeâre d 

ËEiît pour que cet arc ne parût pasicrafé, 

étant vu du côté de la mer , où eft foit 

vrai point de vue. 

A quelque diftance de cet arc de triom- 
phe , on voit un autre arc moderne de 
Vanvitellî , dccoré d'un ordre Doiiqfue^- 
dont M. Cochin fait l'éloge , quoiqu'il y 
ait d'autres Artiftes qui en faflTent peu dp 
cas. 

On prend à la defcente de cette jetée 
ifne barque , & l'on fe fait mener au La^- 
isaret, oà tous les valffeaux qui viennent 
dtt-'kvafit font quarantaine. Ce Lazaret 

Rij 



)88 Voyage en Italie, 
eft aufli de Parchîteâure de Vanviteffi;â 
cft d'un goût mâle , mais fingulîer ; fon 
plan eft un pentagone. Au milieu de b 
cour > il y a une Chapelle en briques, qui 
cft comme une lanterne ; elle eft très-bien 
bâtie. Il y a ordinairement beaucoup de 
Grecs qui font quarantaine ; leurs cham- 
bres & les magafins , où Ton met les mar- 
chandifes , font bien bâtis & très-com- 
modes, 

La citadelle commande la ville & le 
port , ce qui eft néceffaire pour la fureté 
d'une place aufli importante dans l'Etat 
Eccléfiaftique ; on y voit peu de vaif- 
feaux remarquables , mais beaucoup de 
barques légères ; on y pêche d'excellens 
poiflbns , comme du Calamar o , du ilomia 
& du fan Pietro 




Ch. XXt. Dèfcript. £Anconè. ^Z^^ 
téédrap rouge; airerviflement défagréa- 
^le pour eux , & qu'on n'exige point à 
^Livourne. 

Les habitans d'Ancone , & fuf-tout 
les femmes font d'une plus jolie figure ^ 
que dans le refte de l'Itolie; on diroit que 
c'eft une race différente , & cela continue 
aux environs , comme vers Sinigaglia , 
Fano , Pefaro & Rimini .• on fait en Al- 
lemagne la même diftinélion par rapport 
aux femmes de Leipfic , de Hall , de 
Drefde , & on l'attribue au grand nombre 
de jeunes gens qui fréquentent les uni ver- 
fités 9 ou au cortège qui* environne la 
cour ; il pourroit arriver auffi que l'abon- 
dance des pèlerins & des étrangers qui 
fréquentent Lorette , Ancone & les en- 
virons , contribuât à entretenir la force 
& la perfedion de l'efpece , & par con- 
féquent la beauté des enfans qui y naif- 
fent ; mais ce feroit une foible indemnité 
pour la perte des moeurs, qui font le bien 
le plus précieux d'une nation , ic le gage 
le plus fur de fa profpérité. 

R iij 



5^ Voyage em Italii, 



CHAPITRE XXII. 

Route de Siniggglia , Fana , Pefa. 
d^ Rimini. 

,/V DEUX lieues & demie d'Anconej 

on paiTe ÏEJino près de Ton embouchure, 

^ l'on arrive sm village de Café brugiatt, 

qui eft à une demi* lieue au delà. Trais 

lieues plus loin on trouve la ville de 

SinigagUa ; toute cette route fe fait fuc 

■ le bord de la mer. 

VmîgisUt*. SiMGAGLiA eft une ville Epifcopale, 

• ancienne » mais petite s bien fortifiée avec 

^ un petit port fur lequel il v a de_ 

batirîiefis 




. XXIL Routé de Ritmni. ^çit 
agnani qui eft à Sinigaglià , pafifil 
des grands Géomètres ^tt'il T 
[talie. * : V .:.: ..- 

Sinigaglia jiifqu^ait paffiige dtt 
» un« lieue & deoae ; Jufqtt^à 
a une lieue ; jufiju'au pai&ge du 
deux lieues y & de là.jufqu^à 
une demi-Heue* 

VIetaubo que ran'pafici près et Mttaurum 
à cinq lieues de Sin^glla^ eft 
parla vîdboire b pfus. ii»portatih 
plus complecte & la pius fingu«> 
le les Eomains aient ^mais re(n«- 
; ce fut 2oS ans avant J.C. danli 
nde guerre Punique^ Afdcubal 
de defcendre des Aïfçd y 4)9^1*- 
m perdue s'il parvenoit àfe join^ 
on frère Annibal, qui étoit en* 
n quartier d'hiver dans le Bru* 
à rextrémité méridionale de PI- 
it Conful Claudtus Nero , après 
emporté une viôoire fur Ânni- 
flfe une petite partie de fes- trouv- 
as fon camp , leur ordonne d^aJ- 
buvçnt des feux , & défaire tout 
étoit néceflaire pour perfuader à 
il que le Conful, avec toi^te fon 
, étoitencore dans .lie, gaoRf ; ce- 
t. U pati feçr.éeiBtôftt^Jl tuaverfe 
Riv 



1 



^ , __ ^ , . 

la mauvaife fituation des liei 
contre lui , il fut encore trorr 
guides; les deux Confuls le i 
il fur forcé d'accepter la bâtai 
tué avec 5*0 mille honimes de 1 
Claudius Nero repartit fans 
feul inftant pour retourner coi 
bal, & ayant fait jeter dan 
ennemi la tête d'Aidrubal, il 
Carthaginois la première no 
malheur qui venoit de leur. -< 
fut alors qu'Annibal prévit le 
table de fa patrie & s'écria : A 
fe Carthage , qui pourroit r 
rigueur de tes deftins ? C'eft < 
expédition de Claudius Nero ( 
célébroit dans fon Ode à Dru 



Ch. XXIL Route de Rimîni Jjf.^ 
Y A N o eft une ville de l'Etat Ecclé- f tno* 
Clique , fortifiée , mais d'ailleurs peu 
tifidërable ; PEglife de San Pietfo de 
itri Philippini tû richement décprëé: 
n architeâure eft en pilaftres Ioniques 
innelés , mais un peu lourde. Les trdis 
bleaux delà voûte de la nef, &lës 
ois de la voûte du fanâuaire font de 
iviani : il y a un peu de couleur » mais 
; ibnt en général très-maniérés & in- 
irreôs. 

Au maître -autel J. C. qui remet ks 
efs à S. Pierre , tableau du Guid^-, 
ès-froid & gris de couleur. Les deiuc 
ibleaux des cotes du fanéluaire ne ibnt 
as mauvais ; ils font de Cantarini , <Vé- 
itien : celui de la droite pdroît meil- 
:ur que celui de la gauche. • .» 

Au fécond autel de la nef à gau^îhci 
n S. Jean du Guerchin , figure rpide^, 
ure de deflein & de couleur. . 

La Bibliothèque eft CQmpoféé) d"e 
eux chambres oi\ilya 13 mille vom- 
îmes : on y montre un tableau repréfen- 
mt Jefus-Chrift , la Vierge & S. Jead , 
lal peint en miniature , maïs dont 
;s draperies, les contours des figures, 
d un lacs d*amour en forme.de cadre, 
3ftt formés par les quatre Paffonsëcri- 

Rv 



ÏS 



55J4 VoYAGr EN Italie, ' ^ 
■tes tn petits caradieres , par Jotanîfir 
• cacl Sj'ivcrckardt , en 1676. 

Le îhcâtre de Pelaro elt remaqia-t^ 
ble par l'on archittfture & par fon éten- 
due ; il a 14 toifes He profondeur. Les 
.décorations Ibnt belles & en grand Rom- 
.bre , la ptrlpcftive tn eft fingulierc;! 
•y a 16 couliiies de chaque côté, (àos 
<:om(Ter les petites qui forment le fonl 
& la pcrfpeclive ; il y a cinq rangs de 
s^i loges chacun, & un vafte parterre 
fans amphithcâtre. Dans les fêtes triom- 
phales qu'on repréfentoit fur ce théâtre, 
ou dans les batailles , on y faifoir monter 
des chevaux par un efcalier fort com- 
mode pratiqué pour cet effet. Ce théâtre, 
depuis plus de 40 ans ne fert à rien. 

Il Duomo , ou Eglife cathédrale; 
^ a d^ns la quatrième Chapelle à d 




Ch. XXII. Route de Riminî. 5p J 
gauche, un tableau du Dominicain^ 
«préfentant la mane donnëç aux Ifraéli- 
les; il eft d'une compofmon confufe^ 
k il a une couleur un peu jaune » mais 
de grandes beautés de détail* 
$ Qn voit , en fortant dq cette ville , la 
Bifc^de du port , formée par la chute die 

eus de aQ pieds de haut , d^un bras du 
^tauro qui eft reiferré dans un canal 
Stroic pour nettoyer le port : il coula 
ivec tant de rapidité y quoique fur un 
plan incliné , qu'il fait bouillir. & écu- 
toer les eaux: d'un moulin è tabac qui 
viennent s'y décharger. JL»e moulin à ta- 
bac eft. placé fur une petite branche du 
Métauro qui le fait aller , &c fait mou- 
iroir 20 foulons pour pulvérifer les feuil- 
les , de même que les trémies où Ton 
paflfe le tabac 

Les reftes de Tare de triomphe de Arcae 
Conftantin fe réduifent à une porte de "*^ * 
marbre; blanc , à c6té de laquelle il y en 
avoit deux petites , & une corniche au^ 
deffus. Il y avoit aufli un édifice dont 
on voit encore des parties de colonnes, 
de chambranles & d'arcades qui reftent 
au-deiTus de l'arc : le bas de cette portie 
eft du temps d'Augufte,&il eft d'un 
très* bon ftyle : là corniche eft belle & 

Rvj 



Pefiro. 



59(5 VOYAGB EN ÏTALIfi 
bien- profilée, les membres de rardù- 
travc font à rebours , c'eft-à-dîre , qoe [ 
les grandes faces font en bas. Le haut 
du monument fut bâti dans unfieclede 
mauvais goût ; on fait voir contre le 
mur d'une petite Eglife qui eAàcôté|^ 
•le deflcin de cet arc , tel qu'il étoît ati> 
trefois avec les cinq arcades de fon fé- 
cond ctage qui furmontoient la grande 
arcade ; les deux petites portes qoi 
étoient k côté du premier & fon inf- 
cription. 

En fortant de Fane on paflTe la ri- 
vière appelle Ar^illa , & à deux lieues 
& demie plus loin on arrive à Pefaro. 

Pesaro eft une petite ville de l'Etat 
Eccléfiaflicjue , entourée de murs, & flas- 
quée de bclîions. On voit fur la place une 
ide figure de marbre repréfenTsm 




Ch. XXII. Route de Rimini. 397 
iDelle de la gloire, eft confufe & lans 
pfepos ; il eft en général foible de cou- 
leur & pèche par l'effet : le S. Paul & 
te S. Antoine font cependant bien 
trairés. 

' A l'Eglife du Nom de Jefus , 51 y a 
fer le roaitre-autel un tableau du Baro* 
câie, repréfentanr la Circoncîfion bien 
Compofé, & dont le champ du tableau 
eft fort étendu ; il a aflTez d'effet , quoi- 
que les couleurs en foient tranchantes , & 
qu'on y voie ces draperies jaunes & 
bleues que le Baroche employoit par- 
tout : la Vierge ôft très-gracieufe , ainfi 
due Tacolyte qui tient le cierge : les 
deux Anges de la gloire font compofés 
&: drapés d'une manière ridicule ; les 
oiains de la Vierge font trop fortes. 

Dans TEglife de S, André , on voit 
au maître-autel un autre tableau du Ba- 
roche repréfentanr la vocation de S. 
Pierre & de S. Andvé : S. Pierre def- 
cend (te la barque, & S. André vêtu de 
jaune eft à genoux, le bonnet à la main 
devant J, C, qui paroît lui dire, Je vous 
fois pêcheur d'hommes, La figure du 
Chrift eft courte & la tête fans caractère : 
Je S. André eft bien penfé , & il a aflfez 
d'cxpreffion; la tête de S. André eft 



!J58 VOYAGB BN iTAtlEi 
une belle tête de vieillard ; le S, Piem ^ 
faute allez lourdement à bas de laBl^ ' 
que ; le racourci n'en eft pas beau. 

Dans la Cathédrale , on voit à la cin- 
quième Chapelle à droite , une Annon- 
ciation du Baroche , c*eft une répéti- 
tion de Cu^ui de Loretta qui eft en tout 
point préférable à celui-ci , les têtes de 
la Vierge &c de l'Ange étant plus belles. 

A la leconde Chapelle à gauche, un 
tableau du Guide : S. Thomas & Si 
Jérôme méditent fur leurs écrits : J.C 
& la Vierge paroiflfent dans la gloire; 
ce tableau eft d'une couleur un peugrir 
fe : les deux Saints font beaux & dra- 
pés d'une manière large ; la tête de 11 
Vierge eft d'un affez beau caraôere; le 



bras & la main en font trop maigres , & 
l'Enranr Jefus eft irès-médiocre ; ce ta- 




Ch, XXII. Route de Rimini 3pp 
^vîflTement où Dieu Juî parle au tra- 
vers d'une nude ; la tête de cette Sainte 
réunit les grâces & la beauté ; elle eft 
'îpeinte avec des tons fins & très- vrais, 
;liiais les plis de Ton habillement Ibnt trop 
i|Durmentés> & s'accordent mal avec le 
^ud ; ils ont des tons qui fe confondent 
mffi trop. 

i' Le pont de Pefaro eft bâti de la pierre 
Uanche qu'on fait venir de riftrie , par 
Ai mer Adriatique; elle fe polit comme 
Jle marbre > & elle en a l'éclat; ; on en 
fait des colonnes donf^le fût eft d'unie 
lê«*le pièce. 

Il y a eu beaucoup de gens de Lettres 
à Pefaro & un cabinet célèbre : on con- 
fioît un ouvrage précieux intitulé : Lucer* 
fiétf Biles Mufci Pafferii, 173p. Pifauri , 
3 voL in«foHo, publié par l'Acad. de 
refaro. Les perfonnes les plus connues qui 
y foient aâuellement font , M, Annibal 
de gli Jtbatiy Olivieki qui a écrit fur 
divers fujets. Un Architefte célèbre , 
tiommé Layirini , connu par des ouvra- 
ges fur fon art , & M. le Afarquis 

qui a fait un ouvrage fur le aux & le 
reflux de la mer. 
, Au fortir de Pefaro , Ton commence à 



au v^oncue ae nimini , lous 
Conftantin. On laifie à droite 
de la mer Fiorenzuola , Cap< 
le Gàbicce , Torre dcUa Ca 
lieue au delà de la Catolica 
Conca. 

Arcione eft une lieue au 
Conca. D*Arcione à S. Lon 
a aufl] une lieue , & on pafT 
en fortant de S. Lorenzino. 
mini , il y a une lieue & der 

De Pefaro jufqu'à Rimi 
trouve plus de veftiges de la 
nia , fi ce n'eft quelques piei 
d'un bleu tirant lur le noir, 
points blancs , & qu on ne p 
cher de regarder comme ui 
lave ( M. Gtjettard , page 35 



"h. XXII. Route de Rimini. 40 1 
it très - peu de commerce ; car il 
ut aborder , pour ainfi dire , que 
rques de pêcheurs, 
entrant à Riminî, on paflTe fous un 
triomphe d'Augufte , le plus an- 
ui exifte : c'eft une porte décorée 
jx colonnes , fur laquelle eft un 
n , ce qui ne fe voit point ailleurs, 
eflus eft un refte d'înfcription 

vers la campagne. Cet arc de 
he , de même que le pont qu'Au- 
r fît faire , font de la pîerfe blanche 
pennins , qui eft femblable à celle 
2 , & à laquelle on donne le nom 
rbre dans le pays. Le flyle de ce 
nent n^eft pas le même par-tout : il 

bon & du fingulîcr : la matfe gé- 

, à en juger par l'étendue de l'inf- 
m , devoit être grande & majef- 

; la porte eft extrêmement large ; 
i point de larmier à la corniche ; les 
le l'architedure font à rebours; un 
fement règne fous la porte & fous 
onnes ; elles n'ont point de plin- 
leurs bafes , ainfi que les anciens 
:s Grecs. Il y a aux encoignures 
c contre les chapiteaux , des colon- 
i deflTus de l'archivolte , deux mé- 
is qui renferment deux^têtes > elles 



fje cette porte à une place pu 
longue & environnée de fim 
particulières. Il y a fur cei 
mauvais piedcfbl élancé fi 
prétend que Célar harangua 
lorfqu'il paflTa le Rubicon. 

Neuf arcades de briques { 
tenir une partie des dépc 
Couvent des Capucins , fon 
^amphithéâtre de Publius 
Conful. 

Dans l'Oratoire de S. • 
voit au maître- Autel un S 
Giterclîin , repréfcnté à Tinf 
occupé à écrire ,' il entend 
fonne de la trompette : il y a 
fiafme dans la compofition 



Ih. XXII. Route de Rimini. 403 
:oré de trois arcades de colonnes 
2 Ionique engagées ; elles font très-^ 
, mais lourdes & d^ mauvais goik. 
:ôté droit de cette Eglife, il y a fepc 
lux placés au milieu de fept arcs 
foubaflement général de l'Eglife: 
ifpofition eft finguliere , mais très- 
ale , & fait fore bien : tout cet 
eft de marbre. 

la place de la Commu,nitâ en face 
ais des Magiftrats , il y a une fia- 
bronze affife fur un piédeftal , re- 
:ant le Pape Paul V, Borghefej il 
îs clefs de TEglife d'une main , & 
eft dans une attitude de déclama- 
luette figure eft d'un travail fec & 
n. 

rès de la Cathédrale eft la vieille 
le. 

pont S. Julien traverfe la rivière pont 
larecchia , laquelle forme le port , anti^w» 
ent au mur de la ville du coté de 
le ; il eft de marbre , comme je l'ai 
c a cinq arches d'égale grandeur , 
ont il n'y en a que quatre quifoient 
îsjcar cellequi eft du coté de la cam- 
paroît moderne : il eft gravé dans 
io , & c'eft un des plus beaux & 
içux conf^rvés de tous ceux qpi 



placées & d'une bonne man 
Après avoir pafié ce pont , 
fauxbourg de S. Julien , & l'c 
l'Eglife de même nom , au mï 
un tableau de Paul Véronefe 
tant le martyre de ce Saint : 
tien en eft un peu confufe , & 
général par PefFet , la lumi 
trop interceptée ; il contient 
de détail. La gloire n^eft p 
rienne, & les draperies des fij 
des courbures trop tranchant< 
Il y a dans cette ville un M 
bre , M. Giovani Bianchi , 
fur rbiftoire naturelle & fur c 
d'antiquités & de littérature ; 
binet qui contient beaucoup 



m*>rr»/ 



Ch. XXII. Route de Rimini. 40 J 
e , &c. Oeft lui qui eft l'Auteur du 
e intitulé Jani Planci Ariminenjis de 
hiliis minus notis , dans lequel il exa« 
aufli la caufe du aux & du reflux; 
lie de Téloignement de la mer , qui 
le s'être retirée des côtes depuis Ve- 
iufqu*à Tarente ; mais il y fait diflfé* 
s objeâions contre la théorie du flux 
i reflux de la mer auxquelles unMa- 
aticien pourroit facilement répon- 

'.. Battara eft un autre Naturalifte 
îimini. 

Serafino Calindri eft un habile Phy- Marée» 
n de la même ville : il m'a dit avoir 
rvé que la plus grande différence des 
;es , ou l'excès de la haute mer fur 
fle mer eft à Rimini de deux pieds huit 
:es de France ; il a fait beaucoup 
jfcrvations intéreflantes fur le mou- 
ent des eaux , principalement de l'em^ 
chure des fleuves , & d'autres ouvra«^ 
dont il fçroit à foubaiter qu'il fît part 
jublic, 
-e port de Rimini n'a jamais été bien Port âe 

, mais il eft devenu encore pire de* ^^°^^'^* 

deux fiecles , & il eft fur-tout impra- 
ble depuis une quinzaine d'années, 

les atterriflemens de la Marecchia^ 



tent lur l'oreille , & qui for 
On y voit beaucoup de fem 
tcnt l'écharpe , dont nous 2 
Toccafion de Bologne. 



CHAPITRE 

De la République de Sal 

O AN MARIN o , ville lîtuée dî 
gne, quatre lieues au fud-ef] 
e'éft le fiege d'une Répubbqi 
5000 habitans , dont le ti 
que deux lieues de diamètre^ 
prefque à la montagne fur laq 



[AP. XXIII. Saint Marin. 407 
r le ibmmet de cette montagne 
vivre en liernaite ; les auftérités 
pratîquoit , ia fainteté de fa vie , 
iclçs qu'on lui attribua , le rendi*- 
clebre , qu'une Princefle du pays 
la la montagne en toute proprie* 
ju'une foule de peuple vint y ha^» 
bus fa conduite ; le Saint y forma 
publique qui conferva le nom de 
ino : il n'y en a jamais eu dont 
3 ait été auflî refpeétable ; celle 
le avoic commencé par un afyle de 
Is , celle- ci fut formée par la piété 
eligion. Il n'y en a pas non plus 
duré plus long-temps ; car elle 
déjà plus die 1500 ans , tandis 
is les États de ritalie ont éprouvé 
c intervalle une multitude de révo* 
On trouve S. Marin comprife 
3 autres villes de la Romagne dans 
tion , que Pépin le Bref fit au Pape 
îlllj l'an 75'5' ; mais il paroît que 
changea rien à l'état de cette Ré- 
le. On ne voit rien de remarqua- 
is l'hiftoire de S. Marin, fi ce n^eft 
îtredans laquelle cette République 
it le Pape Pie II contre Malatefta 
lini , & deux acquifitions qu'elle fie 
lOQ ^,Vm H7Q de <kux châ- 



i I 



anciennes limites. 11 n'y \ 
TErat que trois châteaux , tn 
& cinq Egliles. 

La ville eft fituée fur un 
haute & cfcarpiîe , dont le fc 
che dans les nues , & o{& l'or 
dans la neige , lors-même qu' 
dans tous les environs. On 
a aucune fontaine dans PEts 
rin ; on reçoit dans des cite 
& la neige qui tombent fur 1; 
Le vin qui croît fur ce roch 
lent. Les caves y font d'u 
admirable ; on y pratique ci 
des ouvertures qui répondent 
du creux de la montagne , & 
une vapeur qui eft fi fraîche '. 
peut- on la fupporter en été. 



Ch. XXIII. Saint Marin. 409 
rrre , les fujets de la République font 
s aguerris , & on les exerce de très- 
ane heure , pour quîils foient prêts à 
iidre les armes au premier fignal ; & il 
oît qu€ ce peuple vendroit cher fa li- 
té, s'il étoit jamais attaqué. 
Le pouvoir fouverain réfide dans un 
lîfeil général appelle Arengo , où cha- 
î maifon a un repréfentant ; mai» 
ïime ce Confeîl général feroit trop 
mbreux pour les délibérations ordi- 
res , il y a un Confeil de 40 perion- 
î,appèUé cependant le Confeil <ks 
, qui exerce l'autorité de la R^publi-; 
5 dans les affaires ordinaires^ On n'af- 
ible l'Arengo que dans les cas extra- 
ikiaîres : alors u quelqu'un manquoit 
prendre, il feroit condamné à une 
ende. 

Le petit Confeil eft tiré moitié défi " 
iJlles Nobles , & moitié des familles ' 
:béiennes , au contraire, des trois au-* 
s Républiques d'Italie qui (ont pure«f 
nt ariftocf atiques : tout s'y règle par 
utîn, & le Confeil nomme les Officiers 

la République* 

A.ucun jugement ne pafTe, à moins 
'il n'y ait les deux tiers des voix -5 
ify a jan^aîs dans ce CMfeil deux per- 

Tome VU. S 




,4io Vota et 'ek Itai-ts; 
j^nnes de la même famille; on ny ett 
point admis avant 2J ans, & l'on n*y 
entre que par éleéiion. 

Le Confeil des 60 choifit tous ht 
■fbc mois deux Officiers appelles Capta" 
Met , qui font à peu près comme étoient 
ries Cou fuis de Rome ; on ne les conti- 
,jiuc jamais deux fois de fuite, mais ils 
.peuvent être élus de nouveau quelque 
■temps après qu'ils font fortis de char- 
ge j &: il y en a qui font été Cx oti 
fept fois. 

Le troifieme Officier de la Républi* 
ue eft le Commifl'aire qui juge ki 
ianfes civiles & criminelles, conjoinx* 
ent avec les Capitaines ; il eft toupui^ 
,^trangerj&; il n^eft en place que pen- 
dant trois ans* 

On a foin de prendre un homme 
'â*une intégrité connue^ & quifoitDoc- 
jteur en Droit- 
La quatrième perfonne de l'Erat eH 
le Médecin qui doit être aufli un étnn- 
.ger, & qui eft entretenu aux frais deb 
République ; il eft obligé d'avoir un 
.cheval pour faire fes vifites ; "il doit 
avoir au moins 37 ans, être Dofleura 
jMédecine ; & on le choifit tous les 
^pis^ns j de peur que la Réjpubli^W 






Ch. XXÎII. Saint J^arln. '^rt 
ut à fouffrir trop long-temps par Per- 
r d'un mauvais choix. 
Le Maître d'Ecole eft encore une per- 
Tie diftinguée dans la République, 
M. Addiflbn affure qu'en général, on 

avoit paru aflez inftruit dans ce 
i^s-là. 

Les loîx de S. Marin forment un V07 
le Latin in-folio ^ imprimé à Riminî , 

a pour tîtrç. : Statut a illujtriffîmx 
publicx San6li MarinL Dans le Cha- 
•e des Miniftres de la République, il eft 
que quand elle fera obligé d^envoyer 
îlqu'un en; pays étranger , on lui paf- 
i 24 fous par jour aux dépens de 
tat. 

Ce peuple pafle pour être vertueux^ 
;-attachéà la Juftice ; il eft plus beu- 
X , dit M.' Addiflbn , dans lés rochers* 
les neiges de S. Marin, que. les au-. 
;. peuples, dans les vallées fertiles Sç^ 
icieufes de l'Italie : rien ne prouve • 
ux les avantages delà liberté , & l'a- 
fion naturelle des hommes pour .te' 
ivernement arbitraire, que de voir,. 
:e montagne couverte d'habitaris &la 
ipagnede Rome dépeuplée. (Remarks 
^everal parts of Italy in tkt ycars ^ . 
01 , 1702 . -ivbj, by the la^\Right 

Sij 



uejcripnon ae iva 

XL N fortant de Rîminî on 

recchia , & une demi-lieue 

trouve deux chemins qui f< 

d'environ 3 y degrés; celu 

che eft le chemin de Bolog 

fena , Forli , Faen7a & 1 

de la droite qui fuit les c6t( 

cft le chemin de Venife par < 

venni, Comacchio; il y a i 

Rimini à Comacchio , & 2 

Comacchio à Venife, Je vaî; 

bord de Ravenne , après qu< 

draî la route de Bologne ds 

pitre XXV. 

■ De Rimini à Bordonchio 

Ireues & demie , & l'on ps 



Ch. XXIV. Defcript. de Ravenhe; 4Î J 
liïè le Pifatello, qu'on croit être le 
ubicon y célèbre par la défenfe que la 
;nat avoit fait d'en paiTer le$ limites ^ 
m 50 avant J.- C. 

i • . .^c ventiim eft parvi Rubiconîs ad ùndas 
3Engens vifa duci pacriz crepiciancis imago. 
Lia. L, 1. 9. z 8^. 

Cëfar s'arrêta un moment fur led 
>rds de cette rivière qui fervoitde bor-^ 
ss à ià province; la traverfer, c'étoit 
ver abfolument Tétendard de la guerre : 
fort dé PUnivers fut mis en un inftanr 
L balance avec l'ambition de Çéfar; 
elle-ci remporta , Géfar paffa , dît Plu- 
rque , femblable à un homme qui s'en- 
îloppe la tête & les yeux pour fe ca- 
ler la vue de l'abyfme où il va fe pré^ 
piter. 

A une lieue & demie du Pifatello , oif 
Duve Cefenano , gros bourg fur le bord 
: la mer ^ où il y a un petit port pour 
; barques , & un canal creufé jufqu'à 
mer. De Cefenatio.à Gervia il y a deux 
ues ; après avoir pafl^^ervia Ton 
toîe une forêt de pins , d'un -demi- 
Ile de longueur, & l'on pafle le Sa- 
5 fur un pont de bois ; de Cervi^ 
VOJieria del Savio^ deux lieues ^ d§ 

c ••• 



«.WlkW «ifc UAIW irilAW V^Ul WLV/AU UAl 

tante du temps de Charlem 
qui n'eft plus aujourd'hui c 
bourg de Ravenne ; on y r 
vertiges d'un ancien port qi 
abandonné. 

L'Eglife eft foutenue par : 
lonnes de marbre gris veiné 
apportées de Conftantinople 
teaux ne font d'aucun ordr< 
blent i des feuilles de chardot 
PEglife, on voh dix grands t 
marbre, avec des fculptureî 
il y a encore une autre Egl 
SLureo j qui mérite d'être vu< 

Ravenne eft une ville c 
âmes , mais graijde, anciennt 
iltuée à 63 lieues au ndrd d 



Ch. XXIV. Defcript. de Ravenrie: ^t^ 
mdée par les Theffaliens , anciens peu-' 
les de Grèce , qui envoyèrent , comme ' 
eaucoup d'autres , des colonies fur lest' 
kes de la mer Adriatique y ainfi que fur 
ûles de la mer de Tofcane. Les Sabins 
Dccuperent enfuite , comme le dit Pline' 
1 parlant de la huitième région deFItalic.' 
es Gaulois Boïens qui s'étoient ancien-* 
•ment établis fur le Pô , 600 ans avant 

C. du côté de Parme & de Modene ,v 
înétrerent enfuite jufqu'à la mer, & fe 
ndirent maures de Ravenne; mais ils 
rent défaits 225 ans avant J. C. Paul 
mile gagna fui* eux une bataille où il 
eut 40 mille Gaulois de tués; ce fut; 
falut de la-République, car ils mar-|r 
koient droit à Rome , & îfs a voient fait' 
3eu de ne quitter leurs baudriers , que- 
rfqu'ils feroient fur le Capitole. 

Ravenne étoit à Tembouchure d'un* 
ifte port , où l'Empereur Augufte avoir 
acé les flottes de la mer Adriatique. 
es villes de Cefarea & de Clajfîs qui 
I étoîent tout proches, contribuoienc 
iffi à la fureté du port & à la richeffe 
; cette côte ; mais les atterrîffemens qui 
it comblé ce port , ont couvert les 
îtimens fuperbes qui y étoient, dont 
1 trouve fou vent encore fous terre de? 

Siv. 



h 



Ëàl6 VOV'AGE EN IrALTlf 

f^efliges confidcrables ("). Trajan, Ti- 
bère f Théodoric s'occupèrent à forti- 

i. fier & à embellir ïlavenne» Odoacre, Roi 
des Hérules ^ forû de la Hongrie & de 
la Prutfe, ayant conquis prefque tome 
l'Italie l^an 476, fit d'abord fa réfî- 
dence à Ravenne^ mais il fut pris & mi 
mr Théodoric , Roi des Ofîfogoa 

^Ce Prince qui aimoit les Arts 8c qui 
les connoiffoit , fe plue à crabellir Ra- 
venue; îl fit rebâtir^ avec une magni- 
ficence royale, les aqueducs conftruitsaU' 
trefois par Trajan ; & le tombeau que 
fa fille Amalafonce lui fit élever, A 
lencore un des ornemens de RavennCi 
Sous le règne de Witigès, Bélifairej 
général des troupes de Juftinien , quid&* 
puis Pan S^J r s™t conquis prefqut 
toute l'Italie , fit le fiege de Ravennej 
& y entra fans y commettre aucun ii- 
fordreen J39. Le Gouverneur, nomnii 
Longin , que TEnripereur Juftin II en' 
voya pour commander en Italie & fuC' 
céder à Narsès en 568, choifit Raven^ 
ne plutôt que Rome pour le lieu de fi 
réfidence ; il la fit fortifier , pour mieoï 

f*) U ïi'ïft pas vrai «c- ) dsfts les murs i3e RaTfJî' 
ne , je ne faîi fi on ïe* ¥*^ 



^enda[\c , cammc cm i'a [ ne, je ne 
fou vent écrir^ qu^'t] y Bit | à CUÛCt 



H. XXIV. Dîfcripu de Rai^enne, 417 
)porer aux efforts des Lombards ;. il 

le nom d^ExARQUE , & donna naifr ^*|"^** 
:e à TExarchat de Ravenne , appelle ^ * 
î Décapole, qui comprenoit Raven- 

Ciaffe , Cëfarée , Cervia , Cefene , 
)la , Forlimpopoli , Forli y Faenza j 
ogne ; ht Pentapole qui étoit une 
vince voifine, comprenoit Pefaro, 
lini , Fano, Ancone & Unicna. L'E- 
:hat de Ravenne finit l'an 773 5 i 
•ivée de Charlemagne ; il donna cette 
e au S. Siège, on prétend même que 
tprand , Roi des Lombards en 728 i 
^epin Pan 75* y en a voient déjà fait la 
ation au Pape« 

-orfque fous les fucceflfeurs de Char- 
agne , TEmpire fe fubdivifa en une 
e de Républiques ou de Principautés 
liculieres , Ravenne jouît auflî de fà 
rté. Elle fut foumife enfuite aux Bou- 
3ÎS, Les Traverfara y & enfuite les 
snta s'en rendirent maîtres , & le» 
lîtiens s'en emparèrent en 1440 ; 
5 la bataille d'Agnadel que Louis 
. gagna le 14 Mai 1509 ,. i feptr 
es de Milan ,. procura au Pape la régi- 
on de Ravenne. 

^oyez le Livre intituFé Hieronîmi Rrr- 
, Hijl. Ravtnnatwftt , Libri X. Vtne^ 



4i8 Voyage en Itaiie, 
jtij, 1 58^? j in folio. Tomafo Tomà^Gi^ 
rolamo Fabhri j msmoriejacre diRâvun,^ 
Ravinna rktnaîn; Pajoimiy lujiriRÂ' 
pmnatis Tejîo dal Corna ^ Rayzmaimi 
nante, 

RavcTine qui domînoit autrefois furie 
plus beau port de la mer Adriatique j eft ¥ 
aftueilemenc loin de la mer ; mais on n£ 
peut avoir aucun doute fur la pofitionât 
l*anci€nne vUlCiqueles monumensencoct 
fubflftans , nous indiquent aflez; onK* 
conooit la Situation du phare deflinéa 
éclairer la route des vaiffeaux , 5: de k 
belle porte de marbre oq porta awre^jtjui 
fut bâtie par Claude ou par Tibère , & 
qui a été d (^truite ; on voit auffi les rcftes 
de Pan ci en palais de Théodoric (*). 

Ravcnne eft très- remarquable par 




ClH.XXlV.Defcript.deRavenne. ^t^ 
^ire , & l'autre eft enchâiTée dans le 
tur; une ancienne chaife d'y voire;, un 
llendrier Pafcal , fur lequel le Cardi- 
ftl Norris a donné une grande dilTertar 
on. 

: Un beau Guide qui eft dans la chapelle 
Jdobrandini ou dans la croifée à gau- 
le , repréfentant les Ifraélitcs qui ramaf- 
nt la manne : ce tableau eft bien com- Moyfe 
3fé ; la figure de Moyfe eft belle, bien ^'^'^ 
râpée, & la tête eft auffi pleine d'expref- 
3n ;ily a en général dans cetableau beau* 
>up de bonnes têtes , & les caraéleres en 
mt bien variés : il n'eft point gris comme 
^aucoup de tableaux du Guide , la cou- 
ur en eft même vigoureufe ; c'eft dom- 
âge que les ombres ayent un peu pouffé 
a noir. 

La coupole de cette chapelle eft auflî 
einte à frefque par le Guide j elle repré- 
rnte Jefus- Chrift dans la gloire ; on y; 
oit de très-jolis enfans , mais elle n'efl:^ 
àis auflî bien compofée que le tableau de; 
auteU 

L'Archevêché deRavenne eft* un d'esSie-- 
es les plus diftingués dé Pltalie par Paii- 
Drité & le rang , qu'ont ous autrefois fcs 
archevêques. On voit qu'en 666^ y l'Ar- 
hevcque Maur refufoit de reconnoître^ 



,1e Pape Vitalien pour fon fupmeur, & 

,ilt rakojt avec lai comme s'U eût été foii 

égal ; il obtînt même de l'Empereur un | 

diplôme qui exemptoit pour toujours les 

Archevêques de Bavenne de la dépen- 

l^jance de tout Supérieur EccléflaBlque^ 

^^& même de celle du Patriarche de TaB- 

cienne Rome ; maïs en 67P j TArchev^ 

^lic de Ravenne fut obligé de reaoncer, 

en plein Concile , à Pindëpciîdance dt 

.fcn Siège , & en 682 , cette foumiffioa 

fut réitérée. Cependant en 774. , TAi* 

chevêque de Ravenne agi (Toit en Souvs- 

^ rain dans tout l'Exarchat ^ même dâns Bo* 

^^Bogne , jufqu'à ce que Charle magne eu: 

^^fait ceffer ces divifions inceftines. Ce 

Siège eft aftuellement occupa par MooS* 

gnor Oddi de Péroufe, 

On remarque près de TEglife une tour 
_quarrée de brique penchante qu'on af- 
pelîe torre délia communita, 

La place de Ravenne , qui eft us 
quatre long , eft décorée de deux ftatties 
de Papes ; Tune repréfcntc Clément XII 
affis ; cette figure eft en marbre , & fculp- 
^ée ^^T Pkîro Bacci i elle eft aflezbien 
compofée », & les maffes de fes draperiei 
font bonnes ; il y a des vérités dans la 
tece f ijui eil un porcrait fidt^lexïiiënt ra^ 



v' 



Ch. XXIV. Dtfcripu de Ravenne. 4ar 
idu ; mais les mains ne valent rien. Vis-à- 
vis eft une figuré de bronze , repréfen- 
tanc Alexandre VII , mais elle ne vaut 
rien du tour. 

San Vitale , Eglife de Bënédiélîns , $, rital 
bâtie vers le fixieme fiecle : elle offre en-» 
core des reftes précieux de l'ancienne ma- 
gnificence de Ravenne : le plan eft des 
plus finguliers ; c'eft une efpecc d'oélo- 
gone foutenue par de belles colonnes de 
fnarbre grec , qui furent apportées fans 
doute à Ravenne, fous les Exarques qui 
étoient des Souverains fortis la plupart 
. de Conftantinople , c'eft-à-dire , de la 
fource des rîcheffes & des arts. Ces co- 
lonnes ont leur bafe dans un fouterrain 
qui eft fouvent inonda ; leurs chapitaux 
. ne font d'aucun ordre , & leurs formes 
font extravagantes. L'Eglife eft environ- 
née de fept grandes niches , autour def- 
quelles paffent les bas côtés , dont les co- 
lonnes foutiennent une tribune tournante. 
On a ajouté le chœur vers l'arcade qui 
répond à une des niches. 

Le baldaquin du grand-autel étoit au- 
trefois foutenu par des colonnes fort fin- 
gulieres , qui font encore dans la.muraille 
voifine ; elles femblent être compofées de 
pierres précieufes , quoique d'une matière 



422 Voyage fn Italie, 
naturelle ; c'cft une efpece de marbre 
de brèche remplie de morceaux de p 
phire, d'albâtre, de ferpentine&depl 
iisurs autres marbres : on le noma 
Plajme à Ravenne. 

Parmi les marbres , les porphires , le 
mofaïques , les bas -reliefs dont cetu 
Egliie eft ornée , & qui en font un mo- 
nument admirable ; il y a deux bas-reliefs 
qui ont donné lieu en 1766 à une longue 
& favantc differtation du P, Belgradoj 
de Parme ; elle a pour titre il Irono ii 
Natuno. Ces deuxmarbres font fembla- 
blcs , ils ont chacun quatre pieds de long 
fur deux pieds quatre pouces de hauteur^ 
& ils paroi fient d'un fiecle plus reculé j 
que le bâtiment de S. Vital ; l'élégance 
de l'irchiredure ^ & rexprefli on desj 
res annoncent 




Ch, XXlY.Defcript^deRavenne. 42^5 
garde , & le trône eft couvert d'un 
roile. Ce voile préfente une idée de ref- 
)eft 9 de myftere & d'élévation ; & on 
\c- retrouve dans plufieurs anciens mo^ 
lumens. LeP. Montfaucon a fait graves 
m lit qui parok ainfi couvert d'un voile 
[Suppl. de l'Ant. expliquée, T. 2, ) : nous 
soyons cet ufàge très-bien exprimé dans 
Homère ( Iliad. ft. v. 440 y Jupiter 
ivoit indiqué Paflemblée de tous les 
Dieux ; ceux du fécond ordre étoient 
iéja au lieu de l'aflcmblée , Neptune avoic 
ievancé Jupiter ; & dès qu'il le voiçarri- 
rer , il va prendre fon char , dételé les^ 
:hevaux , fe charge du couffin de Jupiter, 
\c place fur un autel ^ & le couvre d'un 
voîlè fin & précieux ; voilà qui explique 
très-bien le marbre dont il s'agit. On 
voit au defius de l'entablement , des pilas- 
tres, plufieurs tridents, des dauphins en- 
trelacés , des coquilles , qui forment les 
attributs de Neptune. 

Dans la Sacriftie , un grand tableau 
du Barocbe , (*) repréfenrant le martyre 
de S. Vital ; la compofition en eft fort em- 
brouillée , 8c il eft d'ailleurs fans effet"; 
mais il y a be^coup d'expreflîon dans le 
juge qui ordonne le fupplice : la tête 
i * j Ce Pcl^trv- cékbre moiiruc à Ujrbio en i6i^ 



il 



de Th^odoîe le Grand , poi 
fépulcure à fa famille : on y \ 
trois grands tombeaux en ma 
de cette Impératrice ,= ceux 
reurs Honorius fon frère , & 
III fon fils ; on croit auili q\ 
Confiance, aflfocié à l'Empire . 
ré; elle mourut à.Ravenne vei 
Cette Princefle étoit pleine d 
CQurage & de piété ; elle eflTuy 
de contradiftions & d^adverfi 
vafion d'Alaric en 405) , & à 
de fon (ils. Le tombeau de T] 
plus grand que les autres , re 
corps de cette Princefle , afl 
fauteuil , & revêtu des ornen 
riaux , mais il n'en refte rit 



H. XXIV. Defcript. de Rai/enne, 42 J 
Te curieufe ; on y voit un trémouflbir 
na chine d'équitation , compofée par 
les Religieux , pour donner de i'exer- 
aux malades , avec une coUeftion de 
hines , & d'inftrumens de toute ef- 
î , à 1 ufage des Chirurgiens & des 
ides , des pièces d'anatomie en cire , 
î fur-tout qui reprëfente un corps en 
éfaôion , dont on trouvera Thiftoire 
îM.Grofley (T. i. p. 325 ). La def- 
tîon de tous les itiftrumens s'imprime 
ellemenr à Faenza , & formera un vo- 
ï in folio avec beaucoup de figures; 
)nftruftion , le jeu & Tufage de cha- 
inftrument y feronc expliqués en dé- 
: ce fera un ouvrage très-curieux. 
)ans TEglife de faint André , il y a 
)elles colonnes de marbre blanc & 
,e , qui font dignes d'attention. 
. RoMOALDO , Eglife de Camaldu- 
dans la féconde Chapelle à droite , 
a un tableau de Carie Cignanî , te- 
intant S. Nicolas avec deux enfans à 
)ieds : la tête du Saint eft belle , & 
nfans font vîgoureufement coloriés ; 
ce tableau eft d'ailleurs très-gâté , & 
uffé au noir , ce qui fait qu'on n*en 
pas bien juger. 
L la troifieme Chapelle ; une Annoa- 



428 Voyage en ÏtaliB, f 
tombeaux qui font au Capitole 9 » 
comme ceux qui renferment ks Eelioud 
de S. Barthilemi & de rimpératricerte 
lene. M. Groflcy a dît , diaprés Léandic 
Alberti , que les François l'abaitiremca 
1 5 1 2 , à coups de canons , peur avoir k 
bronze dont cette urne étoit garnie; ma 
d'autres difentque ce fut une bombe qd 
tomba deflfus ; & la fcélérateflè que h 
Italiens nous reprochent à ce fojet, pour- 
roit bien n'être qu'une fuite involontaire 
des mv.lheurs de là guerre. Les flatucs 
qui étoient fur le pourtour de ce couron^ 
nemcnt ont été enlevées par les Vém- 
tîens , & font aujourd'hui^ dans l'Eglift 
de S. Marc. 

Il y avoît encore à Ravenne deux fta- 
tues de Théodoric , dont l'une étoit une 




Ch. -XXIV. Vefcript. de Ravenne. 42^ 
iSonna en toute occafion des leçons de 
i:ette politeffe de. mœurs, & de cette dou- 
çeui: qu'il a voit acquife à Conftantinople z 
Nous ayons parlé de fes conftrujftions 
au commencement de ce Chapitre^ 

-On reviefit de cette Rotonde par mè 
très- belle promenade faite fur les boule- 
yards., ,qui eft plaintée d'arbres , & qu^ 
tourne tout autour de la-ville. 

Les Maifpns ou-Palais lies plus remar-» 
quables de Ravenne font cçux4^$ Raf^ 
foni ScàùsSpred 

Ravenne fe glorifie d'avoir le tombÉjau Tomht%\ 
du Dante , tout ainfi que Rome d'avoir- ^" ^*°^^* 
\es cendres du TaiTe ; Venife , celle de 
PArétin ; Arqua , celles de P^tçarquej 
f errare , celks de PAriofte ; Certaldo, 
celles de Boccace. Le célèbre Dante Ali^ 
ghieri étoit né à Florence en isdy > & 
ce grand Poëte mourut en 1321 à Ra* 
,venne, pu ion zele.pour le parti deJ'Efn.- 
peregr pu des Gibelins l'a voit fait exiler^ 
Charles de France, Comte de .Yalois ^ 
que le-Pape Boniface VIII avoît auiré î^ 
'Florence , & qui foutenoît IjB parti de$ 
Guelfes , fut le principal auteur de fa 
difgrace ; & voilà pourquoi le Poçte a Si 
^mal parlé de Torigine de Robert le Fort.i. Holêrtft 
:pptp du Roi Eudes qui fut la j)r«niie*ft ^^^^ 



^^^^Rîgc de la M^fon de France ; ce fut os 
^^^H^rince qui défendit le Royaume avec tant 
^^^nâe courage Se de fucccs vers Tan 862; 
^^^Lft^ais les Hiftonens n'étant pas d^accord 
^^^^{iiT Tes ancêtres , on a fait a ce fii}£t ua 
^m grand nombre de lyftêmes ; le plussb- 
H furde eft celai du Dante. Ce Poece auffi 
^Ë^ méchant que corrompu dans fes mœurs j 
^^^LnVn eft pas moins un des premiers ^u- 
^^Hçteurs de riralie ; fon Enfer , fon Purga- 
^^^^4oîfe, font remplis d'imagination , & ilt 
^ ^té fi célèbre qu'on lui a donné fouvem 
^H le furnom de divin , & qu'on avoir éiM 
^m une chaire pour Texplication de fes ouvra* 
H gcs : nous en avons parlé dans le feconJ 
volurrie de cet ouvrage- Son tombeau 
eft à Ravenne dans une petite rue , tout 
pihs du cloître des Francifcains, 

Cette ville a aufii produit quelques 

Gens de lettres , l'Académie des Infcré 

^ y a en de la réputation. V. 'la lettre k 

FAbbé Ginanni Sulla Uneratura Ravin^ 

nàh y imprimée en 1749- Un des hom* 

mes les plus diftingués qu'on y ait vus^a 

^té le Comte François Ginanni qui eft 

mort le 8 Mars 1766 a Tâge àe^^irii. 

Il a donn'é un ouvrage en 17 jp fur lî 

*''^'*^^jitialadie dès grains, plufieurs diflertatiow 

*4aJis ^« recudl du P, Calogerà ^ & ij^ 



I 



Ch. XXIV. Defcript. de Ravenm. 43;! 
planches d'Hifloire naturelle , quî con- 
tiennent une partie de fon cabinet , avec 
des explications ; il a publié le Traité des 
plantes marines & des teftacées du Comte 
Jofeph Ginanni fon oncle , &cJl forma en 
I7J2 une nouvelle Académie, dont l'ob- 
jet étoît de cultiver & d'éclaircir l'hiftoire 
de Ravenne, & tout ce qui y avoit rap- 
port, même l'hiftoire naturelle du pays. 
On a imprimé à Cefana , en l'^6^ 9 le 
premier volume des dilïertations de cette 
-Académie , i& l'on y trouve entr'autres 
un Mémoire du Comte Ginanni , fur k 
Scirpus de Ravenne , efpece de plante 
aquatique. M. Profpero Ginanni, Cha- 
-noine de Ravenne , fon frère , héritier 
de fes manufcrits , étant lui-même hom* 
-xne de Lettres , ne manquera pas de pro- 
-curer la publication des ouvrages que la 
:inort Pa empêché de donner. 

On cite encore parmi les Gens de 
Lettres , le P. Ifîdore Bianchi , Ca^* 
;|naldule. 

On peut. aller par la pofte de Raven- 
ne à Venife , en paflant à Magna vacca^ 
à Goto , à la Cavaneila & à Chioia , oii 
l'on s'embarque pour Venîfe. 

Mais nçus ne fuivrons pas cette route 
qui n'a rien de remarquable au-delà diS| 



432 ToYAGB ^N Itaii^; 

Ravennc ; nous allons reprendre la routf Ip 
de Bologne où nous l'avons laiffieit Ijjj 
fortant de Riniiînj, pour aller à Ofensj îy 
Forli , Faen^a ^ Imola & Bologne, \]^ 



CHAPITRE XXV< i 



Rome de Rimini â Bologne . 

iN o u s avons dit qu'à une demi-Ilcïte 
de Rîminï , l'on trouyok deux chemins , 
dont Pun ^toit le chemin de Bologne, 
& c'eft celui dont il nous refte à parler; 
de Rimini ^fanEia Giuflina , il y a deux 
lieues» On patle le Xiufb à une deipi* 
lieue pias loînp Savîgnano efl un villa- 
ge une à demi-lieue de cette rivière ;aa 




Ch. XXV, Route de Rimîni , GrT . 45 5 
çafle pour a voir été fondée par les Gau- 
lois Sénonois qui vinrent aflîéger Rome, 
3P I ans avant J, C mais Lcandro Al- 
bert! convient que l'on ignore fon origi- 
ne. Il en eft parlé dans Strahon , L. V. 
, dans Pline au Chapitre de la huitième 
région , & dans la guerre des GotKs de 
P.rocope , L. Il & IIL Cette ville fe 
fournit aux Boulonois l'an 12^6. Elle 
eut erifuite des Seigneurs particuliers, 
tels que Maghinardo da Safcrima , en 
12^3%, les Ordebffi & les Malatefti ; le 
dernier.fut Malafteta Novello qui la laifla 
au S. Siège , à qui elle demeura toujours 
fidèle. Alexandre VI la donna à fon fils, 
Céfar de Bor^a , après lequel elle re- 
vint à rEglife. 

Les vins de Cefena étoîent eftimés 
dès le temps des Romains. ( Pline , Le 
XLIV , Chap. 6. ) Cette ville paffe en- 
core pour être abondante en produc- 
tions naturelles ; les habitans y font d'une, 
gaieté qiri annonce la pureté du climat : 
de Cefena à Farlimpopoli , il y a trois 
• lieues ; de Forlimpopoli à Forli , une 
lieue & demie. 

Forli, en Latin Forum Livii , FoiH^ 
tire fon origine d'un petit établiflement 
' gue forma Livius Salinjator, aprèjs la dé« 
\ Tome VU T 



4H Voyage en Italie» 
faite d'Afdrubal dans l'endroit appdli . 
Caftelluzzo, qui eft à une demi-lieue de 
Forli. Les habitans de cette ville n'ont 
point dégénéré de la gloire de leurs Fon- 
dateurs : ils fe diftinguerent toujours par 
les armes , & conferverent long-tempi 
leur liberté; ils furent fournis enfuiteii 
la République de Bologne^ en 12489 
puis à difFcrens Seigneurs particuliers, 
jufqu'au temps de Jules 11^ qui futbire 
,valoir les droits du S. Siège par la force 
jdes armes , & qui s'empara de Forli eQ 
lyi j. Cette ville fut la patrie du Poète 
Cornélius Gallus , Sl de Flavio Bîondo, 
célèbre hiflonen d^Iralie > mort à Rome 
en 1^63, Le célèbre ^^âfgagnî, Pro' 
fefleur d*Anatomie à Padoue » y eft né 
le ay Février 1682, De Forli à Faetiza, 




Ch, XXV. Route de Riminî, &c. 43 jf 
Waventia finum. Cette ville fut ruinée 
plufieurs fois. Elle fut foumife long-t^mps 
aux Manfredi ^ à qui le Pape Alexandre 
VI l'ôta en lyoo. Le lin qu'on y cul- 
tive étoit très-eilimé du temps des Ro^ 
Enains^ Pline, L.XIXyChap« i . Mais dans 
ces derniers tempis la yîUe de Faenza eft 
devenue célèbre par le travail de la terre 
émaillée , qu'on appelle Maioliça en Ita- 
lie , & que nous appelions la Fdiance ; Faïaii< 
un Italien qui étoit venu accompagner 
en France un Duc de Nevers , ayant 
apperçu à Nevers une terre argilleufeou 
mêlée de glaife & dç fable , telle qu'on 
3'employoit à Faenza , occafionna le 
premier établifTement de Faïance qu'il y; 
ait eu dans le Royaume. 

De Faenza à Caftello Bolognéfe ; 
ideux lieues ; de Caftello Bolognéfe à 
Imolà^ une lieue & demie. 

I M o L A , en Latin Forum Cornelii ^ imot 
jjetite ville de la Romagne , fituée à fept * 
îieues de Bologne , fur les bords du 
Santerno, dans ufie piaine riante , qui efl: 
4e commencement de la plaine immenfe 
de Lombardie ,. dont, nous avons déjà 
parlé. Léandro Alberti croît que cette 
ville fut fondée par les Romains , & 
qu'elle prit fon- nom de quelqu'un des 



45<î Voyage en Ttaliï, 
CorndiUï que le Signât y avoit envoya. 
B.ondo.(ILft, UVIIL) duqueCUfi, 
devenu Rf^i après la mort d'Albnin, 
Roi des Lombards ^ bârir Imola im 
l'endroit où avoit été Forum Corndii, 
ville ruinée par Antiochus , Capitaînt 
des troupes de Narsès : il lui donna le 
nom d'Imola à Toccafion des maftjres 
qiiî ëtûlent fur une petite coH'ne ptb 
d4i fleuve , &: il y établit des quarriets 
pour tenir en relpeft les habirans de 
Faenya, de Forli & de Ravenne. De- 
puis ce temps-là il n'eft plus fait men: 
tlon de ceue ville dans l^hifloire j on 
voit feulement qu après l'çxpulfion des 
Lombards ^ elle tomba fous la puiffan- 
ce des Boulonoîs; Imola eut cependant 
aufli quelques Seigneurs particuliers 



1 




CH.XXV.RoutedtRimini^&'c. 4^7 
àppelloit le Monarque de la Loi. 

L'Académie d'imola qui: fut ëtablîe 
en 1656, faus te nom des Inàufthafi , 
a produit deë hommes' célèbres , fur-tout 
PAvt)cat Giovambatiftà Felice Zappi, 
né en 1667, & mort à Rome en 

Voîci deux Sonnets fameux éh Italie j 
qui font l'un & l'autre de lui , le pre-^ 
mier eft fur le triomphé de Judith* 



A L fin col tcfchîo d'atro fangue întrifo 
Tornô là gran Oiudictà ; e ognun dicearif 
Viva l'Eroe. Nulla di Donna avetf ,' 
Fuorcbè 'J tefluto inganno , e*l vago y'ifqf 

Corfer le vèrgînelle al lieto aWifô i 

Chi *1 pîè , chil mantoi di bacciar gode«/ 
La deftra no , ch* o^un di lei cemea- 
fa la memoria di quel moftro nccifo.' 

£eneo Profeti alla gran Donna mtorna 
Andrà , diccan , chiara di te memona 
. Finchè*! fol porti , e ovanque porti il gfornOr 

Forte ella fir nell* îmmortai vittorîa i 
Ma fu più forte ail or che fe' ritorno r 
Scavafl tutta umile in'tanta gloiia. 



(•)V. Rîmc ieW Av- 

éaocato Giovan - Battilia 
Felice Zsppi > c di Faufiina 
Marratn Jua conforte , in- 



• drjo deila fiorîa e delta ittf«» 
gione d^Ognî Poejîà » ii» 
Milano i74t, !• 73«^Hf 
344» 

tii] 



dtavano un ai , iciicizanao m nie 
Un di lor cominciô : fi voli un pc 
Dove } uo rifpofe ; ed cgli : in vc 

DifTe ; e volron tutti al mio bel fb( 
Quai nuvol d'Api al piu gentli de' 
Chi M crin , chi *1 labbro tumideti 
E chi ^uefto û prefe ; e chi quel ] 

Bel vedere il mio ben d'Amorî pienc 
Duî con le fàci eran negli occhi , 
Sedéan con Tarco in Ad ciglio fct 

Era cra quefti un Amorino » i cui 
Manc6 Ugota , e'I labbro > e cad< 
Piflc à glt altri : chi fta meglio di 

C^eft à Imola qu'habit 
Camille Zampieri , connu pa 
Italiennes & Latines. 

D'Imola à Caftcl S- Tu 



€fl. XXVÏ. Befcrîpt. de Ferrare. '4§p 
!■ , J 

GHAPltRÉ XXVL 
Defcription de Terrareê 

JLjA routé dé Bologne à Ferraré Ce 
peut faire , i^ par un canal de navi- 
gation, 2®. par la route de la Pofte , 5^.< 
Îar celle de Cento : voici la route de laf 
'ofte , qui eft auffi la grande route ; de' 
Bologne à Corticelfa , une lieue ; de 
Corticelfa àî Bôndanello ,• une lîeiie; de 
Êondanello à Funo, une demi-lieue i 
de Funo à Cafiello S. Giorgiô , une' 
fieue ; de Caftello S. Giorgio à S. Pietf rf 
în Cafate, urie li'eùé tk (femîe; Je SL' 
Pietro in Cafale à S, Vincenzo, une 
Béue ; de S. Vincenzb à Pbggîo , une 
^*eue ; de Poggîo à Ferrara , trois lieues i 
en tout , il y a dé Bologne à ï'errare y 
jfO lieues,- 

Quand on eft curieux de peintures^, 
on doit aller par Cento ;. il n'y a que deujtf 
lieues de plus ou ^6 milles , mais lé che- 
i^in eft fouvent impraticable par les inon- 
dations. On pafle le Rhenoà Lapîerre qui 
eft un gros bourg , Ton fe détourné pour 
aller à un mille delà voir Cmtû. 



:^40 VoTAGt IPK ÏTAITE, 

Cento elt une ville d'environ 4OOO 
fcabirans j, fitu<!'e à fix lieues de Ferrarej 
où naquît en Iî5?0t le célebn Pvintrej 
ttliîEi Jean-François Barbkrî , (utuorr^miGuif* 
âno j parce quM ctou borgne. Le GuÉ^ 
chîn airaou Ta j-atrie , & y habitok volon- 
tiers ;€nj6i5,ily ^rabiit une Acacfé- 
demie , où le*; jeunes Peintres venoient 
1 de louf pays pour le former ; il reçut trois 

Cardinaux qui paiibient à CePto , &kstiî 
l fervir à table par doL:7e iz les élevés les 

|H îïiieux faitÊ & les plus él^gan? : ce genre 
H de magni6cenre prouve bien la répara- 
^m tien qtif^ ce gr^nd Peintre avoir acqaile 
B dè<? l'âge de 26 atis. Il ne voulut poinc 
qnitter fon pays pour être premier Peintre 
du Roi de France ni du Roi d'Angle- 
terre ; U mourut à Bolcgne en i666f 
comblé de gloire , & avec une fortune 
confidérable ; il n'y a aucun Peintre qui 
ait plus travaillé que le Guerchin ^ avec 
plus de faclli'é : on compte de lui plus de 
106 tableaux d'autel , & i jo tableaux 
d'hifto!re,!2nsycomprendre les coupoles, 
les plafonds , les morceaux peints fur les 
murs des Eglifes , & les petits tableaux 
de chevalet : il en eft refté pli fieurs a 
Certo dans diflférentes Eglifes, & ils for- 
ment encore toute la réputation de Qnth 



Ch.XXVI. D^/cripf. de Fermre, 441} 
Je vais les parcoutir ^ en fuivant l'ordre 
iraturel des quartiers de cette petite villej 

Le collège des JéfulteSj pour lequel 
TAbbc Piombini a légué tout fon bien |[ 
qui monte à ij* ou i(^ cens livres de 
rente , fait bâtir une Eglife d'environ ^a^ 
pieds de longueur , fort bien décorée ^ 
qui coûtera plus de cinquante mille 
francs. On conferve dans ce collegp. 
un S. Jérôme & une Vierge du Guer-* 
chin f ehe allata il bambino ; l'Ait^* 
leur avoît chargé fes héritiers de ne . 
jamais les vendre ni les lâiffer copier i 
perfonne , fous quelque prétexte que ce 
fût : le faînt Jérôme a un Ange derrière 
lui fur lequel il répand, une ombre y qu: 
eft didribuée avec beaucoup d'intelli* 
gence,^ On conferve dans le même col- 
fege un vieillard du Guerchin , & quel- 
ques tableaux de Gennari fon coufin ,.& 
le compagnon de fes travaux : j?y ai ad>- 
miré fur- tout Elifée Teflufcitant le fils de 
la Sunamite ; la douleur de la mère , la 
noblelTc du Prophète , la figure cadavé*- 
reufe de l'enfant , y font rendues d'une 
manière frapantev 

Dans l'Eglife du Refaire , on voit un 
Chrift , un S. Jérôme , un S. Jean - Bap- 
tifle ; un S. Thomas , du même Maître* 

Tv 



j^2 VoTAos »N Italiï; 

ÂPEglifede Ste Magdeleine , un tablcuB 
de cette Sainte ; il a été un peu gâté par 
le fcrupule d'un Archevêque de Bologne^ 
qui avoulu faire defcendre les cheveuxk 
£i gorge de la trop belle pénitente.. 

rIoME Di Dio , Eglife de Confraîne; 
on y voit le plus fameux de tous les ta- 
bleaux de Cento , Jefus-Chhft reflufcité 
qui apparoit à (a Mère». 

Il Duomo , Eglife Cathédrale , te 
l'invocation de S. Biagio ou S. Blaile ; oa 
y voit une transfiguration de Genoaro, 
& une chaire de S. Pierre du Guerchin^ 
c'eft-i-dire > Jefiis-Chrift confîgnant les 
clefs à (àint Pierre ; celui-ci m'a paru ua 
peu noir : on remarque i main droite us 
Ange qui forme une epifode dans la com- 
pofitîon j maïs ilfent toujours la manière 



f 







Ch. XXVÏ- Defcrîpt. de Ferranl'44f 
fente une rofe ; aux Capucins qui font 
Ëors de la ville » les difciples dTmmaus, 
8c une madonne où le Peintre avoit^ 
dit-on , rendu le portrait de fa maîtrefle. 

La ville deGento dépend pour le tcm* 
porel , du Légat de Ferrare ; & pour le 
Ipîrituel , de P Archevêque rfe Bologne i 
te Pape Lambertini s'y plaîfoît beaucoup i 
Bt il y venoit en villégiature quanid^ilétoit 
Archevêque de Bologne , ^ffi Pa-t-il 
iTéclarée ville Epifcopale eni7 j;j",cepen- 
àant en laiflfant cet E vêché uni à rArche^- 
vêché de Bologtie. Le Dofteur Monfortî; 
Guré de S. Roch travaille à une hiftoîre de*- 
€!ento. La Coutume du pteys fut itnpfrî- 
diée à Ferrare en 160^ j eh un Volume 
iti-folio qui a pour titre Statuta terne 
€enn nuper reformata , anrto Dominl 

En fix hetires dé temps fës vôrturicrs 
vont de Centa à Ferrare dans les beaux 
temps. On va en panîe fur les anciennes 
digues du Rheno , & en partie dans le Ht 
même ou il couloir. Le chemin eft mau- 
vais dans cette Frovînce , & fou vent , on 
eft une journée entière à faire une pofte , 
ou plufieurs jours à attendre que les eaux 
foient retirées. 

FjtRRA-Rr eft une ville frtuée à Ferme 

Tvl 



444 Voyage fn Italie^ 
lo lieues de £ologne & à 20 lieaet 
de Venife» fur une des branches ds 
Fô> à 12 lieues de fon embouchute. 
L'iavarion d'Attila en Italie l'an4^2| 
.& la ruine de l'ancienne ville d'A* 
quilée fit remonter le Pô à quelque 
habitans du Frioul, qui vinrent fe mettre 
en fureté parmi les marécages & lesboisj 
à Pendroit oh eft Ferrare aôuellement, 
vers l'an ypjT. L'Exarque de Ravenne 
Smaragdus y fit. bâtir des nnirailles ; le 
Pape Vîtalien en 6j8 , lui donna le titre 
de ville ^ & y transféra TEvêché de Vog- 
henza. Ferrare fut comptée parmi les ^- 
les de la Romagne à caufe de fa fidélité 
aux Empereurs Romains; elle fut fouinife 
enfuite aux Exarques de Ravenne , aux 
Rois Lombards , & enfin au faint Siège» 




Ch. XXVL Defcript. de Ferrare. ^< 
avec fon neveu Aldobratidini , & il en fit 
la conquête en 1598 » malgré les préten* 
tions d'une branche de la même Maifon ^ 
qui eft celle des Ducs de Modene , recon^ 
nue pour légitime par lesEmpereurs, mais 
non par les Papes. ( V. Barufaldi, Hift. 
de Ferrare. Prifciano , antichità di Fer'- 
tara ). 

On trouve dans l'Ariofte un brillant 
éloge de la ville de Ferrare , qu^il met 
en forme de Prophétie dans la bouche 
du Pilote qui conduifoit Renaud , pour 
en venir à Piloge des deux Hercules , 
Ducs de Ferrare , qui régnèrent au comi- 
mencement du feizieme {iecle. 

O cicrâ bene arenturofa , diffe » 



Ch'anco la gloria tua falirà tantp^ 
C'havrai di tutcalcalia il pregio , e*l vanto-- 

Che v'havTÎa con le gracie e con Cupedo , 
Venere (lanza , e non più in Cipio , 6 in Gni^# 
E che farebbe tal per ftudia , e cura » 
Di chi al £apere , & al poter* unica , 
La voglia havendo > d'Argini e di mura > 
Havria si ancor la fua ciccà munica , 
Che contra tutco il mondo {lar (Tcura- 
Potria , fcnza chia mat di fuori aita , 
E che d*Ercol fîglivol , d*Ereol farebbe , 
Padrc il Signor , che quefto c quel far debbc. 



^uî a voit époufé une fille dé 
célèbre par fon goût pour 1 
& par la proteâion qu'il ac 
Savàns. A l'égard dé la Ion 
die la ville, on voh par ur 
Nouvellement gravé ,:qu'élh 
ches de Ferrare , qu 1444 ^ 
k porte S. Benoît jufqu'à 
George ; la grande rue S;- Be 
verfée à angles droits à Ter 
le Palais Filla, & celui di 
Fallapicini y pitr une autre 
fncore d'une longueur confi 
La Gitadeltequî eft à P< 
la ville , eft grande , forte & 
lè Pape y entretient 300 
garnifon, & un arfenal où il > 



Ch, XXVI. Defcrîpt. deFerrare. 44.7 
Ferrare,eft l'habitation ordinaire du Lé- 
gat ; mais le Cardinal MarcellaÇrefcen- 
ai y qui étoit Archevêque & Légat tout 
à la fois , habitoit le Palais Archîépif- 
copal » qui eft plus beau i )?ai vu avec 

flaifir ce Prélat, qui ayant été autrefois^ 
Paris y parle volontiers de la France ,. 
Se reçoit les François avec beaucoup de 
polîteflè ; je favois d'ailleurs qu'on avoir 
parlé de lui pour la Fapauté y ce qui fair 
déloge de fon caraftere&de fes mœurs*- 
I/' Archevêché vaut i6 mille écus Ro^ 
jnaios , la Légation en vaut rc y le tour 
revient a près de 140 mille livres de 
France. 

L'EgEfe Cathédrale occupe une par-^ 
tie de la grande place; elle n'a rien de 
bien remarquable , que le S. Laurent du 
Guerchin ;on y voit une înfcription k 
l^onneur de Clément VIII qui conquit 
Ferrare, & le tombeau de Lilia Gregorict 
Ciralii , célébré par M, de Thou , com- 
me un des plus favans hommes de fort 
jfiecle 5 ce fut fur fes Mémoire» & fur 
ceux de fon frère y X. Antonio , que fe 
fit la réformation Grégorienne du Cat- 
ien drier, en' T-j82^ 

.Visrà-visde kvCathédraîe eft un an- 



•448 VOYAGH EN ItALTI; 
cîen Palais oh habîtoient les Dacs Jd 
Ferrare , dans les temps où leur Cou; 
étoit la plus célèbre ; il appanient à la 
Beine de Hongrie , comme pâme des 
biens allodiaux qu'elle poiTedejîlyi 
deux ftatues à la porte de ce Palais. 

Un Lyonnoîs très- connu & très-effi» 
mé, M. Johannot de S. Laurent 1 ea 
occupe une partie. 

Au Collège des Jéfuites , on confave 
deux tableaux de i'Efpagnolet , S; Sok 
niflas communié par les Anges , & &• 
•François Xavier reflTufcitant un mort. 

A Santa Maria in vado , un> tableao^ 
de Paul Véronefe. 

A' la- Chartreufe , il y a dans PEglife 
une Afcenfion & un Jugement dernieri- 
de Bailianino Filippi ; dans lercfeâoire, 
les Noces de Cana , du Bononl, Fein 




Ch. XXVI. Defcript, de Ferrare. 449 
tafunEli an. 1471 ; fon tombeau a été 
refait en 1613 ,& poftérieurenient en- 
core en lyy^. 

L'Eglife de S. George eft remarqua- 
ble par le Concile de 1438 , que le Pape 
Eugène IV y aiïèmbla , & qui fut en- 
fuite transféré à Florence. 

Dans l'Eglife de S, Auguflin eft h 
tombeau de Laura Eujlochio , appellce L 
Berettara , maîtreiïe d'Alphonle II , der- 
nier Duc de Ferrare , & dont les en* 
• fans ont été exclus de la fucceffion par 
"le Pape Clément VIII. 
it. En entrant dans TEglife de S. Benoît ; 
la première Chapelle à main droite , ef. 
celle de S. Jean Baptiftc ; on y voit un 
tableau du Bononî , oi Ilérodes & Hé- 
rodias font reprélentés fous les traits du 
Duc Alphonfe & de fa maîtrelTe. Il y a 
auffi une fainte famille du Doflî. Cette 
Eglife de S. Benoît eft celle où P Ariofte 
eft enterré ; on lui a élevé un grand 
maufolé en marbre , à la droite du grand 
Autel , avec cette épitaphe : D, 0, M. Tombca 
Ludovico Anojio ttr illi max. atque ore^^^'^^^^^^ 
omnium celcberr. van. à Carolo V.Cxf. CO'» 
ronato nabilirate gemris atqiie animi cla- 
ro in nb. pub. adwinijlran. in regen.po^ 
^ulis , in gravijf. adjumm. Pontif. /çga* 



Notus & Hefperiis jacet hic Arcofti 
Cui mufa arternum nomen Het 

Scu facyram in vicio exacuic, feu ce 
Scii cecinic grandi bella ducefq 

Ter fummus vates cui fummi in vei 
Tcrgeminâ licuic cingere firond 

Dans le veÛibule du rét 
fy. Bénédidlins , on voit ur 
Benedetto da Garafoh l ceP 
ami de PAriofte, & il l'a ré| 
la droite avec une barbe m 
S'' Catherine & S. Sébaftîen 
lui dîfoît en plaifantant: N. 
dans ce Paradîs-là , parce « 
pas apparence que je fois d^n 

Dîfûngete me m queflo Faradifo perc 
non civo# 



Ch. XX VL Defcrîpt. de Fer rare. 4;t 
confervé à S. Onupbre de Rome , quel- 
ques mauvais meubles du TalTe , com- 
me une efpece de Relique. 

La mémoire du Taffe fait qu'un 
ëtfanger va voir PHôpitat S. Anne , oîi 
ce grand Poëte fut enfermé fous prétexte 
de folie ,. en 157p. Alphonfe, Duc de 
Ferrare , dont la fœur Eléonor étoit 
trop liée avec le Tàfle , retint pen- 
dant fept ans dans cette trifte captivité , 
celui dont il avoît reçu une couronnne 
immortelle , dans ce beau paflTage de la 
Jérufalem délivrée : Tu magnanimo AU 
fonfo^ &c. La fan té de ce Poëte qui ache- 
va de fe déranger dans fa prîfon , lui fît 
traîner dès-tors une vie trifte & languif- 
liante, & \\ mourut en t^gf, en arri- 
vant à Rome , oi le Pape Clément VIII 
Itil préparoit au Capitole un couronne* 
Hient & un triomphe folennel. 

L'Hôpital dont il s'agit y a été rebâti 
' depuis ce temps-là 5 il contient aftuelle- 
ment laj matades. 

Ceft dans la maifon Gi/^/en^o à Fer- 
rare» quiappartenoit autrefoisauxGuarini 
que fut repréfenté pour la première fois le 
Pajiorjidoy Poème qui jouit encore d'une: 
fi grande réputation j cette maifon étoir 
toute coniacréeaux Lettres , comme oa* 



clt ancienne , ex a eu beauco 
brite : l'acadcmie appellée di 
crt rcdu'te , conime la plapar 
acadcrnics d'Italie, àq.uelqi:eî 
diaqiie année , qui i'e tîcnn 
châreau. 

Le Palais BentivogUo eft 
habitoit le célèbre Cardinal 
dont nous avons un recueil de 
Pon confeille encore de lire 
moddle dans h langueïtalîeni 
été Nonce à ParK en 1^17 , 
dans fes lettres qu'il a voit bea 
clination pour la France ; noi 
déjà parlé , T. TU , p, 449. 

Il n'y avoir rien de phis 
Italie que la Cour dé Ferran 



Ch. XXVI. Defcripu de Ferrare. 45" 3 
:Dnnu par des ouvrages de poéfie & d'hif- 
oîre littéraire ; Jérôme Baruffaldi qui a 
îcrit fur les antiquités facrées i Vincent 
3ellini , habile Antic^uaire ; PAbbé 
[ean-Baptifte Paflferi, connu par plusieurs 
ï^nres d'érudition ,. aftuellement audi- 
çur du Cardinal tçgat ; le Marquis , Air 
•pnfe Varano , célèbre par fa tragédie de 
Demetrîo qui p^p pour une des meilleu- 
res que l'on ait en Italie : il a fak, encore 
une Sémiramvs qui eft très- belle. 
. Madame Riccoboni , Hjélçne Baileti 
juî a briUé à Paris , fur le théâtre Italietn, 
Ibus le nom de Flaminia , eft auflî née è 
Ferrare;i:'eft la femme de fon fîls,qui s'eft 
diftinguée d'abord fur le même théâtre 8c 
enfuite par des pièces cliafm^nt^s^& d^ 
Romans ingénieux. 

Quoique les Ducs de Ferrare aient toUr 
purs été de fort petits Souverains à caufe 
du peu d^étendue de leur domination , 
cependant il y en a eu plufieurs qui ont 
tenu un rangdiftingué parmi les Princes 
d^Jralîe ; le pays étoit alors très- peuplé , 
& très-bien cultLyé ; le revenu du Prince 
étoit confidérable, & fuffifoit pour foute- 
nir une Cour brillante : depuis que ce 
pays fait partie de l'état Eccléfiaftique , il 
j» été négligé , le fape n'en retire x\^tï^^ 



gorgés , (Sç. le peu d'Habitan 
plus pour ces travaux , Pair 
iiial fain ("). 

Il en eft de même du Pc 
un des bons cantons de lltî 
de cette Province qui eft po 
Vénitiens , eft très-bien p< 
cultivée. Aufli-tôt qu'on a f 
euro , le bras du Pô qui i 
tie du Polefmo appartenant 
blique , de celle qui apparti 
on trouve une diminution fi 
la culture & la population ; 1 
font déferts , & les campagr 
les Souverains n'ont pas aflf 
pour traivailler efficaceracnt 
leurs pays. 



( *) Voyex le Heau dîf- 1 trîhuent 
cours fur la Nature , où J l'air , & 



f:H.XXVîl.Defcripî, de Ferrure. 4^; 



CHAPITRE XXVII, 

'Des trjavaux faits pour récoutement 
des taux , entre Bologne & Ferrare. 

\J N ne peut voyager dans cette partie 
cle l'Italie , fans entendre parler à tout 
înftant des débordemens du Pô, des 
jnarëcages de Bologne, de Ferrare & 
de la Romagne , des remèdes qu'on fe 
propofe d'y apporter , & fans s'intérefler 
aux travaux qu'exige une telle calamité. 

De Bologne il y a 16 lieues vers Po- 
xîent jufqu'à Ravenne , & lo lieues vers 
le nord jgfqu'à Ferrare; toute cette fur- 
face de 1 60 lieues quarrées , eft pr^fque 
toute défolée par les eaux ; mais les in- 
térêts divers des pays voifins , ont été 
caufe que Von a difputé pendant un 
lîecle fur la manière d^y remédier , tan- 
dis que la dépenfe & les difficultés de 
l'entreprife contribupient à éloigner l'exé- 
cution. 

Le Pô, qui de tous les temps a été 
redoutable par fes débordemens & fes 
ravages , paâbit avant le douzième (x^d^g 



4yt5 Voyage en Italiî, 
près de Ferrare du côté du midi: ilfc 
fotma vers IIJJ, un nouveau lit aa 
nord de Ferrare , dès-lors la branche 
droite s'appauvrit peu-à-peu , & devint 
continuellement plus petite. Les hablm 
de Ferrare craignirent vers l'an i6oa,^ 
que le Panaro & le Reno continuant de 
couler par l'ancien lit , appelle Po il 
primaro , & d'y fornner des attérilfemens , 
il n'en réfultât des inondations dans le 
Polefuio de S. George & dans les val- 
lées de Comacchio : ils recoururent au 
Pape & demandèrent que le Reno fil 
détourné pour ne plus entrer dans le P4 
de Ferrare ; à l'égard du Panaro, il s'é- 
toit déjà fait une route pour fe réunir aux 
eaux du Pô, dans un lit abandonné, 
L étoit entre le Bondeno & la Stellaia 




Ch. XXVII. Defcript. de Ferrare. 4^7 
dans les vallées. Le Pape par un Br^f 
*#u 12 Août 1604 , Tordonna ainfi par 
intérim^ pour faciliter les travaux pro- 
jettes , qui cependant étoienr vifible- 
inént au-deffus des forces de l'Etat de 
àe, Ferrare, & qui d'ailleurs avec le temps 
feroient devenus inutiles. 

Le Reno fut d'abord conduit dans 
les Vallées dt fanta Martina i mais corn* 
one n y avoit peu de fond , elles furent 
.-bientôt comblées ; quand les Ferrarois 
virent que ce terrein étoit devenu fuf- 
ceptible de bonification , ils firent tous 
leurs efforts pour écarter de leur terri- 
toire les eaux du Reno ; lès Bolonoisfu* 
rent forcés d'élever de plus en plus Içs 
digues , mais les accidt^ns & les ruptures 

3ui*arrîvoient de temps à autres, ren- 
oient les travaux inutiles ; le Reno con- 
tinua de fe répandre dans les vallées , 
& defubmerger le terrein , fans qu'on ait 
pu y apporter de remède, 

La dernière rupture , arrivée en 1740; 
s'appelle Rotta Tflnfiliayt^cii par elle 
que fortenr aftuelleraent toutes les eaux 
qui fe rendant enfuite dans les vallées 
le Poggio & de Malalbcrgo ; à l'égard 
les autres fleuves qui furent auffi dé- 
tournés du Primaro, en 1604, co^me 

lomcviu Y: 



4y8 Voyage en Italh; 

le Santerno & le Setiîo , ils y retitrÊKi^ 
quelques années après : & te UmQÉ 
Ijuî tomboît dans le Primaro tatoin'' 
duit direflement à la mer 

^Les Bolonois comprirent les (uit* 
funeftes du bref de Clément VUl îs 
fe plaignirent vivement de l'injulEce 
gu*on leur faifoit: pour les calmer joa 
ordonna en 160 j une viûte , à la fuite 
de laquelle il fut décidé que le ^e^ 
feroit mené dans le Pô de Lombardie; 
mais cette décifion n'eut aticune fuite > 
non plus que les Brefs de Grégoire Xï 
& d'Urbain VIII qui l'ordonnèrent éga* 
}emcnt , & depuis long-temps les Bolo- 
pois n^ofent plus efpérer ce remède. 

Cependant on n'a point cefTé de fai^^ 
depuis ce renips-là des vifites , des pr^ 




^,^^H, XXVIL Defcfipt. de Ferrare. 459 
5^^<)îr celui de M. Caffini , qui étoit alors 
^'^bli en France , mais qui fe tranfporta 
^'''^•^ Italie en i6py> pour examiner l'étac 



^^^s lieux : fon avis fut encore de rfta- 

^>\îr le Reno dans le Pô de Lombardie ; 

^*^fcais on tint ce réfultat caché , & il n'eut 
^int d'exécution. 

^ te remède le plus complet & le plus 
|tt(le de tous , feroit véritablement de 
fkîre rentrer le Reno dans le Pô , au« 

c -deflTus de Ferrare. Les Bolonois infif- 
toîent encore à la fin du dernier fiecle fur 
ce moyen , fans vouloir s'en départir j 
mais les oppofîtions des Vénitiens & 
de la ville de Ferrare ont été fi fortes ,* 
qu'on y a , pour ainfi dire , renoncé : 
lorfque le Prince Lobkovitz , à la tête de 
{on armée , offrît aux Bolonois de faire 
exécuter ce projet par fes troupes f 
moyennant une fomme de 4 à y cent 
milles livres , ils n'oferent l'accepter , de 
peur qu'une autre voie de fait ne vînt 
enfuite rendre cette dépenfe inutile. 

Le Pape Benoît XIV qui defiroit beau- 
coup de foulager fa patrie, fit faire un ca- 
nal qu'on appelle Cavo Benedettino , pour 
recevoir les eaux de lldice , que fes Ducs 
de Ferrare avoient détourné du Primaro 
dans le feizieme fiecle , en le conduifant 



*4Cù Voir AGE EN iTAtlE, 
^ans les vallces de Marmorcaj & qui de? 
pMJS 1731 fe répandoit dans les campa- 
gnes ,. 8c inondoit les vallées de DugUolo. 
Beîiok XIV efperoit de réunir dam If 
même canal toutçs les eaux du Renoi 
la Savena, & de les conduire^ar lePtv 
maro julqu'à la mer ^ malgré l'oppûfition 
ledu des Ferr^rois, C'efl ce qu'on appelle la 
Jigne du Primarp ; ce canal coûta plus 
d'un million , mais il n'eut pas tout h 
fuccès qu'on en efpérou j Pldice donili 
pente droit très -forte, & les eauxtrès-!i* 
iTïQneufes, combla une partie du CavoEe- 
îiedettino ; le Reno s'ouv^rit une aotfÇ 
route , & le Pape Benoît XIV fut décou' 
ragé ; je crois cependant que c'eft le parti 
?iuquel on revient aéluellement. 

Les habitans de Ferrare qui fe font 




Ch.XXVIL Defcript. de Perran. ^èi 
Le P. Xîmenez , Jdfuite , égalemenc 
habile & célèbre en matière d'hydrauli- 
que , a fait plufleurs Mémoires lut cette 
matière : fon avis eft que toutes les lignes 
propoféespour la Conduite des eaux, font 
fondées fur des principes douteux-, oa 
décidément faux , & qu'elles pourroieht 
rendre la fituation du pays pire qu'elle 
h'eft aéluellement ; il juge que la dépenfé 
de la ligne fupérieure iroit à plus de qua- 
tre millions dcfcudi , Cq qui en rendroit 
l'exécution impoffible ; mais il penfe 
qu'on pourroit laiflfer le Reno tel qu'il 
eft , & faire tomber les eaux du Bolo- 
ïîois dans le Primaro ou parle Cat/o Bent-^ 
detino^Qw par un autre canal quiaboutiroit 
également au Primaro ; les fleuves trou- 
bles & limoneux du Bolonois & de la 
la Romagne ferviroient à combler les 
vallons & les marécages voifins , & les 
eaux clarifiées fe rendroieftt dans le Pri- 
maro. 

Mais un femedô encore plus fur , fui- 
vant le P. Ximeness, feroit de conduire 
toutes ces eaux dans les vallées de Cornac^ Vallées 
thio qui font au nord de Ravenne , & qui Comacchî 
communiquent à la mer ; la dépenfe n'iroît 
pas, félon lui, à loo mille écus Ro- 
mains* 

Viij 



^62 VOYAGB EK ItALtB, 

Le P, Hippolyte Sivieri Jéùxite^k^h 
habileingénieur de Ferrare^voudroii aui 
que l'on fît déboucher toutes les eauxpsf ^ 
les vallées deComacchio , en tirant une Ih 

Î;ne depuis Argenta jurqu'^à la mer jveîi 
'embouchure du Primaro , au traversât 
ces marais : \1 m'a affuré qu'avec un rnil- 
lion de Scudi , on acquerroit un efpace 
de terrein qui a huit lieues de long kt ^ 
une de large au moins ^ tandis qtiei* 
ligne fupcrieure coûteroit , félon Hj 
20 millions! d'ailleurs il eft perfuajjéqi^e 
l8 torrens & 45* ruifleaux , dont leîdi- 
reâions & la qualité des eaux fo!!ttrèE- 
différentes, ne pourront fe réunir & fc 
contenir , pour aller enfemble dans un ïïil 
me lit; il allure que leRenoqui a deseaaï 
clér^z avec peu de pente , & l'Idice» 




CH.Î(XVltl}e/cr//)^rfeFerr/tj?e* ^6}] 
allées font d'i{nnienf($s manéça^es i ter-^ 
linées par des écangsi qui ont tf ois iffiies 
Uns la oier ) qq Us Q(ivre îe deux.F^-^ 
loicr; le poifïbn y vient frgtyeren aboQ« 
iance , & pn les ferme au mqis de A/(af^ 
pour le retenir. Dans les ii^ois de.Sepr 
tembre , d^O^obre & 4e NoygiDbre ^ 
lerfque la lune comtnence à l^P^MFffT 1^ 
t>uit , que le vppt yient de tçrre «^ quç );^ 
Ftaiçheur de la mer détermine i&pçiiTpn à 
y aller : on ouvre les iflues ^ îc Vqn f. 
place de grandes claies de rofe^qx f|f^ite$ 
en forme de prifmes : tqpt ie ppiifon s'y, 
rend , & Ion fait une pêche imm^fe en 
peu de temps. AoilS 1^ Cppr d^.Rqiri^ ni^ 
permet-elle pas .elle ^ mêmp que l'on oi^^. 
vre des avis qui tendroient à de^jéçher là 
pays aux dépens desyalléesdeCpmacchioi» 
rai ouï dire d'ailleurs au P. Bofcovitb 
qui eft un excellent juge dans ces matie^ 
res^ que ce remede.ne durerait p^s long^ 
temps , &que les canaux feroientibieptôt 
remplis par les dépôts bourbeux & Ij^^^ 
moneuiç des torrens , qu'on ferpit oblige 
d'y conduire ; ainfi la ligne fiipéri^wrje 
paroît la plus certaine j mais elle efl: ex* 
trêmement coûteufe ; la route des v^ljées 
de Comaccfaio ôteroit à la Cqut de 
Rome un revenu trop confidérj^le; le 

Viv 



4^4 VoYAôK BK Italie, 
rétabliflement du Reno dans le P& ne 
convient ni à Venife ni à Ferrare , lâ 
aux autres pays intérefTés ; les autres 
moyens propoles font peu certains , tel 
cft le fommaîre des difficultés quioK 
retenu long-temps fous les eaux ceut 
belle partie de Tltalie. • 

En6n la Congrégation des eaux dé- 
cida au mois de Mars i76y,qu*on n'eié- 
cuteroit aucune des Hgnes propofées , k 
qu'on fero't encore examiner les chofes 
par des Experts tirés des pays oi il n'y 
auroit aucune relation d'intérêt qui pût 
les rendre fufpeâs : on choifit le P. 
Lecchi , de Milsn , M. Temanza , de 
Venife , & M. Veraccî , de Florence, 
qui firent une nouvelle vifite au mois de 
Novembre 1766 ; je ne fais pas le d^- 




Ch. XXVIII. Route de Ferrare. ^6$ 
*€/ Primaro , que j'ai indiquée cir 
LeCTus. 



CHAPITRE •XXVIII. 

" Rome de Ferrare à f^enife. 

V^N va quelquefois par terre de Fer- 
rare à Padoue ; on pafle le Rheno au pont 
de Lagoofcuro , enfuite le Pô , enfin 
l'Adige ; mais fur PEtat de' Venife , les 
portes font fort chères , les deux che- 
vaux d'une chaife coûtent plus de huit 
livres de France par pofte , fi ce n'eft 
pour les Nobles Vénitiens qui payent 
un tiers de moins ; car ils ont toutes for- 
tes de privilèges dan s^ PEtat. Si Ton ou- 
blie de prendre un billet de pofte avant 
que àç partir , on paie encore bien da- 
vantage. 

Lorfqu'on veut aller à Venife par eau ; 
Pon s'embarque à Ferrare- fur le Canale 
Painfilio 5 & Pon arrive en une heure & 
demie à Ponte di lago Euro où Pon dé- 
tiarque pour monter furies barques du 
Pô, qui portent les voyageurs jufqu*à la 
Cavanella à 40 milles de Ferrare il à 
JO de Venife ; il n'y a rien de fi beau 



^66 Voyage en Italie, 

que là vue du P6 , tant par fa gxzvÂc 
ctcndueque parles canaux qui y aboarif- 
fent, les fîtes quiPenvironnent & les bar- 
ques dont il eft couvert ; elles vont i 
la voile & font prefque toutes en bec âe 
corbin ; mais auflî c'eft un fleuve teni- 
b^e , dont les débordemens font fi dan- 
gereux , que dans toutes les provinces où 
il par'c, on a fans ceffe les yeux ouvert 
fur l'état de fes eaux ; les cailloux , It 
fable & le limon épais qu^il charrie & 
qu'il dépofc continuellement , Tauroient 
fait changer de lit , & parcourir fucceffi- 
vemcnt toute la largeur de la plaine, fi 
Ton n'a voit pris le parti fort ancienne- 
ment de le reflferrer entre des digues ; 
mais ce parti a entraîné d'autres incon- 
véniens ; le lit qu'on lui avoit formé 




Cn.KXVïll Route de Feirare. 4^7 
tlnueilement les villages & les campa- 
gnes d'une terrible inondation ; auifi 
prend-on des précautions extrêmes pour 
prévenir ce danger. Dès qu'il eft à 3 
pieds 8 pouces w-àtSus du ©itreau or- 
dinaire des moyeooes eaux » on le mec 
inguardiaj c'ell-à-dirc, qu'on ai&m- 
ble des faabitans pour garder les^haufliées 
nuit & jour , les «ifeer & remédier au 
moindre danger: quelquefois on eft obli- 
gé de le mettre en garde deux ou trois ^^^^ 
îois Pannée; quelquefois aofli il £e paiTe garde» 
deux ou trois ans uns qju'on Ty mette, 
cela dépend des pluies & des neiges qui 
viennent de toutes les montagnes du 
Piémont & de la Lombardie. 

Les gardes s'établiffent en vertu d'une 
coramiffion du Cardinal Légat , qui or- 
donne à tous Ifis «Gouverneurs , rodeC- 
tats , Juges , Capitaines de Milices à pied 
& à cheval , & à tous autres ^ quelque 
privilégiés qu'ils puiffent êtr^ , fous peine 
d'encourir fon indignation , d'obéir au 
porteur de la commiflion , comme dépu- 
té, de M, le Juge ides Sages , Scde MM, 
de la Congrégation des Travailleurs , 
pour préfider à la garde du Pô, dans une 
certaine étendue ; les Procureurs des 
Maifons Religieufes & les Particuliers 

Vvj 



I 



4^8 Voyagé en Italie; 
întéreflcs à la confervation des hénta-* 
gcs voifins du P6 , font ordinairement 
charges de ces fortes de commiiCons. 

A la fin d'Oélobre 176 f , fai 
ëté témoin d'une crue d'eau qui 
^toit de cinq pieds au-deiTus du teritc 
ordinaire de la garde , & de 11 pouces 
feulemcr\{ au-deflbus de la crue extraor- 
dinaire de 17 jy ; il y-avoît alors 3COO 
perfonnes dans le Ferrarois , occupées 
a garder nuit & jour les Argini , ou les 
chauffées, dans des cabannes établies 
lur les digues du Po , à droite & à gau- 
che , à des diftances de 1 00 ou 1 20 toi- 
fes ; il y a trois perfonnes dans chacune , 
avec des feux, munies de tous les infiru- 
mens ncceffaires pour porter de la terre , 
enfoncer des pieux , reboucher des ou- 




; Cb*XXYUÎ. Route de Ferrare. 4(^9 
- entendre , nous fûmes bientôt falués de 
pluficurs coups defufils, qui ne firent 
; mal à perfonne, mais qui obligèrent les 
mariniers d'aborder ver.sje Capitaine de 
lu: Garde pour lui montrer leurs papiers , 
&. y attendre qu'on eût envoyé l'ordre 
de nous laiiler paiTer à tous les autres 
Gorps- de- Garde. 

Les crues du Pô font longues , le 
danger & la gi^r de durent quelquefois 
quinze jours , parce qu'il a peu de pente 
dans fonlit; oh eftîrae cette pente d*un 
fur 6000 , ou un pied fur mille toifes , 
de même que pour la Seine ; cependant 
les eaux du Pô font plus épaiffesSc plus 
troubles; mais la grande quantité d'eau 
fait qu'il a befoin de moins de pente. 

Quand les chauflées d'un fleuve or- 
dinaire viennent par malheur à fe rom- 
pre en quelqu'endroit , on rebouche 
promptement l'ouverture yfi ripiglia la 
rot ta 9 mais dans un fleuve tel que le Pô, 
cela feroit probablement fans remède 5 
puifque dans le Keno, qui eft beaucoup 
moindre , on n'a pas pu rétablir la Rotta 
Pawjili , qui avoir été brifée. 

De la Cavanella , dans laquelle on 
entre en quittant le Pô , on va dans un 
i^anal h Laureo y gros village qur e(l cin(j 



\ 

470 Voyage bn ItAfiBj 
milles plus loin ; on va enfuite iilàùi* 
vantlla dcl Aàigt , qui eft trois milles au* 
delà , en faifant deux milles (ur le fleu- 
ve même de PAdige ; fept milles plus 
loin on trouve le Pont di Brondolo » ce 
font des éclufes par lefauelles on entre j 
dans les lagunes , c'en- à- dire , dans 
cette efpece de lac , dont les eaux baflfes 
& tranquilles ne communiquent pas aflez 
à la pleine mer pour en éprouver les 
agitations. 

Le ciel de ce pays eft le plus beau 
du monde , d'un bleu tendre avec des 
nuages d'un gris l^ger , vaporeux & ar- 
gentin qui fe marie admirablernent avec 
le verd de la mer qqi eft un peu cé- 
ladon. 

En entrant dans les lagunes , les 




/• Ch. XXVIII. Route deFerrare. 47 1 
5 Venife ; TEglife Cathédrale en eft belle , 
i'i les rues larges avec des portiques com- 
j modes ; delà on découvre les Alpes du 
> côté de Padoue , & Ton entre dans les 
:: lagunes , en fuivant le Lido ai Palefiri^ 
f. na ; c'eft une langue de terre qui fépa- 
: re les lagunes d'avec la pleine mer , 
» garnie d'un très- long & très- gros mur 
en pierre d'Iftrie, qui défend le canal 
contre la mer; ce mur s'étend prefque 
jufqu à Paleftrîne, & l'on fe propofe de 
le continuer dans Pefpace de fept à huit 
lieues. A fix milles de Chioza, on trouve 
Paleftrine, gros village fur le bord de la 
mer, dont tout le rivage fur une lon- 
gueur de près de fept milles , eft garni 
de maifons qui font un effet très-agréa- 
ble. On voit enfuite Malamocco , dont Malamoc 
le rivage eft également peuplé ; cette 
ville eft à cinq milles de Venife , & quand 
on y eft, on commence à diftinguer le 
clocher de S, Marc , & les principales 
tours de Venife ; mais lorfqu'on eft vers 
San Spirito , Couvent des Cordeliers 4 
trois milles de Venife , ou à S. Clemen-r 
te qui en eft un peu plus près , on corn- 
mence à jouir du fpcélacle frappant de 
cette belle ville ^ dontla fituation & la 



472 VOYAGB EN ItÀL1B,&C. 

magnificence étonnent toujours ceui 
même qui font le plus en garde contre 
Tadmiration, C'eft par le canal de la 
Ciudecay &c en face de la place S. jMatc 
que Ton arrive à Venîfe,&l'on entre 
dans le grand canal qui fait encore un 
des plus beau3( points de vue qu'il y 
ait dans TUnivcrs. 



Fin du Tome ftptkmtn 




4X5 

TA B LE 

DES CHAPITRES 

Contenus dans ce Volume. 

\^^ H A P IT R E L Defcripdon du PaU'»» 
Jilipe Gr de la route de PoujoL P. l» 

Ch. II. Defcription de Pou^ol Gr de 
Baies. 32 

Ch. IIL Defcription de Monte nuovo , 
du lac £Ai/erne &* de la Grotte 
de la Sibylle. yr 

Ch. IV. Du Château Royal de Por^ 
ticL jS 

Ch. V, Des découvertes faites à Her^ 
cidanum. §8 

Ch. VI. Defcription du Cabinet de 
Fortici, llp 

Ch, VII. Des Peintures antiques d^Her^ 

^ culanum. 133 

Çh. VIII. Du Mont Véfuve. ' ly? 

,Ch. IX. De la nature des layes du Mont 
^yéfuve/ ' ' ' ' 'i8<j[ 



474 TABLE 

Ch. X. Des ruines de Pompcîi , àîSîi^ 

LÎJ èr Je Pxjium. 207 

Ch. XL Dejcription du Château bit 

Vylqueduc de Caferte» 219 

Ch. XII. Route de Naples à Romtfss 

VAl baye du Mont Caffin. a^i 

Ch, XIII. Route de Rome à SpoktUj 

par Citta Caftdlana €r Terni. 26p 
Ch. XIV. Defcription de SpoUtu fr 

288 

2p8 



de Foligno 
Ch. XV. Defcription d'jfjfife. 

XVI. Defcription de Peroufe. 310 

XVII. Defcription deCortune. 

XVIII. Defcription d'Are\\o 

XIX. Dfi envirom d^An 



Ch. 
Ch. 

Ch. 

Ch. 



33J 
5)7 




DES CHAPITRES, 47; 

Ch. XXV [. Defcription de Ferrarei 

439 
Ch. XXVII. Des travaux faits pour 

V écoulement dts eaux ^rentre Bologne 

& Ferrare* 4JJ 

Ch, XXVIIL Route de Ferrare à Ve- 

nife. 455 



* Fin de la Table des Chapitres. 



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